Un essai sensible et passionnant sur les visages multiples de la solitude tels que les ont exprimés les écrivains et artistes. Y a-t-il des solitudes heureuses ? Dans un monde où, depuis son origine, l'individu s'est construit par ses liens à autrui, le solitaire n'est-il pas une anomalie de la nature ? Comme l'être naît et meurt seul, sa vie se passe habituellement à essayer de ne plus l'être. Et pourtant, ainsi que le disait Pascal, le malheur des hommes vient d'une seule chose : de ne pas pouvoir rester seul, en repos dans une chambre. De Sénèque à Tolstoï, de Rousseau à Stendhal, cet essai de Dominique Fernandez explore les multiples visages de la solitude à travers les œuvres et les vies de philosophes, d'artistes et d'écrivains. Solitudes philosophique, sacrée, bourgeoise ou tragique : chacune révèle une manière d'être au monde. Ce texte met plus particulièrement en avant des exemples de solitaires chez trois grands artistes : l'homme qui contemple, à l'écart du groupe, chez Tiepolo, les figures bourgeoises et hiératiques chez Seurat ou encore l'avion cabossé et incapable de voler, figurant la mélancolie tragique chez Anselm Kiefer. Au terme de cet essai stimulant, la question est posée : la solitude est-elle un devoir moral ou une irresponsabilité ? Dans la lignée de Montaigne, Dominique Fernandez offre ce précieux précepte à son lecteur : sois un monde à toi-même.
Né le 25 août 1929 à Neuilly-sur-Seine, Dominique Fernandez est ancien élève de l’École normale supérieure et agrégé d'Italien (1955). Il devient en 1957, professeur à l’Institut Français de Naples. Il soutient sa thèse sur L’Échec de Pavese, et est nommé professeur d’italien à l’université de Haute-Bretagne.
Depuis 1958, il mène carrière d’écrivain et de critique littéraire, d’abord à la Quinzaine Littéraire, et à L’Express, puis au Nouvel Observateur.
En 1974, Porporino ou les Mystères de Naples est couronné par le Prix Médicis. Ce roman met en scène, un castrat napolitain au XVIIIe siècle. Une fresque colorée qui offre une pluralité de lectures, historique, idéologique et freudienne. De ce roman a été tiré un opéra, joué au festival d’Aix-en-Provence.
Dominique Fernandez a inventé la « psychobiographie » utilisée déjà en 1967 dans L’échec de Pavese.
Il obtient en 1982 le Prix Goncourt avec Dans la main de l’ange. Un roman qui puise dans la vie de Pasolini, écrivain et cinéaste italien assassiné à Ostie en 1975.
Élu à l’Académie française, le 8 mars 2007, au fauteuil de Jean Bernard (25e fauteuil).