Oof. This was not it 🫠Et vraiment je suis trop navrée parce qu’à la vue du résumé, de la prémisse tout court, ce roman me semblait si prometteur quand je l’ai repéré à Bucarest. En commençant, j’avais bien l’impression que l’histoire allait être superbe, mais plus j’avançais, plus cette impression s’est écroulée.
Sur les Carpates habite un groupe créé par la déesse Bendis : des chèvres à qui on a accordé une humanité, faisant d’eux des capricornes. Thiaper est l’un de ces capricornes et il passe ses journées avec son amie Zia à profiter de la nature. Mais quand ce dernier s’aventure au dehors et qu’il rencontre Zaria, et qu’il a vent de Zalmoxis et de son grand loup blanc qui souhaitent le convoquer, la vie du jeune homme change du tout au tout.
Nous avons, dans ce roman, droit à la prémisse classique de l’Élu. Thiaper est choisi par les dieux afin de devenir le sauveur de la Dacie en raison de l’envahisseur romain qui menace de les assimiler. En soit, quand on assume ce fondement et qu’on se contente de profiter quand même du voyage, il n’y a vraiment rien de mal au récit en tant que tel. Et force est d’admettre que l’auteur a fait ses recherches pour parler de la Dacie antique : j’ai moi-même appris certaines choses.
C’est sans doute l’aspect fort du roman, par ailleurs. Même sur fond fantastique, la base de l’univers est bien maîtrisée. Tout se tient et il n’y a aucun élément qui nous cause des interrogations.
Mais le problème, avec le fait que Thiaper est l’Élu, c’est bien qu’il se retrouve très rapidement vénéré… et sans véritable fondement dès le départ. Les humains se méfient d’abord de lui (normal, il a des cornes et ne passe pas inaperçu), mais il lui suffit d’une petite interaction pour que, finalement, tout baigne. Et c’est pratiquement la même chose pendant tout le roman, à des sauces différentes. Thiaper est d’abord un jeune insouciant, puis il devient l’Homme de la situation… parce que. Son évolution n’est pas expliquée plus que ça.
Mais ce qui m’a dérangée par-dessus tout dans ce livre, c’est bien tout ce qui touche aux femmes. Parce qu’on a, avec ce roman, un merveilleux exemple du phénomène des men writing women. L’auteur a beau mentionner qu’il y a trois protagonistes, dont deux femmes (Zia et Zaria), Thiaper est toujours placé sur un piédestal par rapport à elles qui agissent vraiment plus à titre décoratif, pour le mettre lui en valeur.
Des filles aussi pick-me, je n’en ai pas vu souvent. Et ça m’a tellement énervée parce qu’à part être amoureuses de Thiaper (littéralement, la très grande majorité des interventions de Zaria existent pour rappeler à Thiaper qu’elle l’aime)… elles n’ont pas vraiment d’utilité. Et l’auteur le dit lui-même, par ailleurs : le destin de Zaria est d’aimer Thiaper, celui de Zia est de devenir sa femme ET de devenir la mère de substitution de son fils (genre, on ne lui demande même pas son avis). Je ne parle même pas du fait que Zia est absente pendant près de 2/3 du livre dans un cas rappelant le meme de Toy Story « I don’t want to play with you anymore ». Vraiment, quel est l’intérêt de les avoir, à ce point-là? Elles n’ont servi à RIEN.
Le pire, c’est que le cas s’étend à l’ensemble de la gent féminine dans le roman. Celles-ci sont là pour servir les hommes, ranger derrière eux (mais hey, elles le font avec plaisir !) s’occuper des enfants… et c’est tout. Elles n’ont pas d’autre fonction. Et quand bien même le contexte est antique, I’m sorry to say, ce n’est pas exact.
On en arrive à l’intrigue principale, soit l’invasion romaine et le besoin de défense, mais puisque Thiaper est surpuissant et qu’il surmonte le moindre obstacle sans effort… on sait déjà ce qui va se passer et ce n’est pas passionnant.
Ici, j’ai aussi un petit avis concernant le travail éditorial qui a été fait. Il y a tellement de répétitions (notamment, sur une page, on retrouve deux interventions de Zaria qui disent la même chose, soit « Thiaper, je t’aime ») et de passages qui sont fondamentalement inutiles (donc des longueurs). Il m’arrivait de sauter des paragraphes, puis je n’avais aucun mal à me replacer. C’est comme pour les chapitres : plusieurs auraient pu en constituer deux ou même trois, il aurait peut-être mieux fallu les couper.
Bref : en ce qui me concerne, le roman m’a bien déçue. C’est vraiment un cas de ça avait si bien commencé… que s’est-il passé ? Alors bon. C’est juste très dommage.