Dehors, la lune commence à se pointer les rondeurs. Frigo plisse ses yeux enflés pour mieux la détailler. Pendant une fraction de seconde, il a l'impression que le ciel est une carte de bingo. Il jurerait que l'astre de la nuit est une pitoune qui s'est déplacée d'elle-même pour aller se parquer quelques instants sur le carré des gagnants.
Décembre 1976, quelques jours avant Noël. Frigo est à l'hôpital. Il s'est fait arranger le portrait par Marco le macro, le proxénète de Chantale Choquette, sa dulcinée. Des pans de sa vie lui reviennent en mémoire : enfance, errances, désirs, déboires, grandes joies et petites morts. Dans une autre chambre, le narrateur est en train de venir au monde. Après avoir suivi les destins croisés des personnages de Mélasse de fantaisie, Francis Ouellette se penche sur le chevet de Frigo, robineux lumineux, pour assembler les éclats de vie qui ont fait de ce héros doux et taiseux une légende du Centre-Sud.
J’ai adoré tout autant que le premier. Je lirais absolument n’importe quoi, écrit par Francis Ouellette. On se sent transportés dans une autre époque, c’est tellement coloré. Je n’ai pas aimé le bout bizarre à la fin avec la fée des étoiles pas claire, mais sinon c’était une super lecture.
J’ai l’impression que Francis Ouellette, c’est un peu le Fred Pellerin du Centre-Sud en version 16+. Ses histoires sont à mi-chemin entre le conte et le roman historique, avec des personnages hauts en couleur et attachants (c’est moi ou Frigo me donne des petits airs de Babine?).
Le livre est un hommage au mythique Frigo, âme ambulante du Faubourg à m’lasse. On l’a connu dans le premier roman de l’auteur, où il incarnait l’éclaireur de Francis. Ici, les rôles sont inversés, et c’est Francis qui l’accompagne de chapitre en chapitre.
J’ai aimé l’écriture imagée qui recelait de bijoux d’expression littéraire. Les nombreux clins d’oeil à Mélasse de fantaisie étaient exécutés avec brio.
J’ai moins aimé le ton parfois moralisateur et le fil narratif de l’hôpital, qui m’a semblé une façon quelque peu artificielle de rabibocher les bouts d’histoires entre eux.
Mais celui-ci, incapable de m’y accrocher. Trop de joual. Trop de moments éclatés. Une trame narrative un peu décousue. Rien pour m’accrocher assez solidement à Frigo.
Excellent morceau d’histoire populaire de Centre-Sud. La plume de Ouellette est sans pareille. Les thèmes abordés sont crus et violents, mais avec la fatalité décomplexée de celles et ceux qui n’ont rien connu d’autre, ça en fait un roman tellement vrai et honnête.
C’est par une narration imagée qu’on en apprend plus sur un robineux, sur ceuxes qui auront été sur son chemin, et sur des lieux qu’on aura connu ou pas. L’auteur, dont la vie s’est brièvement entremêlée à celle de son personnage principal, a une force pour raconter les anecdotes d’un homme qu’on a jamais connu. Vraiment une très cool écriture, et donc, une très cool lecture. (4.25 ⭐️)
« Frigo ne reconnaît plus sa mère. Elle dévore ses saucisses comme une valkyrie qui revient de la chasse aux trolls »
Dans une temporalité aussi décousue que la pensée de Frigo, Francis Ouellet nous replonge au cœur des contes et légendes du Centre-Sud, où se côtoient une multitude de figures québécoises à la frontière du mythe et de la réalité.
Le joual y résonne encore plus incisif que dans son premier roman (et parfois difficile à déchiffrer). La temporalité est fragmentée et chaotique. Si la cohérence narrative s’effrite (comparé à la trame bibliographique de sa première oeuvre), cette disjonction confère au texte une texture d’oralité qui rappelle les histoires ancestrales transmises de génération en génération (ou une version trash et urbaine des contes d’Andersen).
À l’image de Frigo, le lectorat s’enfonce peu à peu dans une zone trouble où la réalité s’empêtre. Les repères vacillent, et les frontières entre le vrai et le faux deviennent indéchiffrables.
La vérité du Centre-Sud n’est peut-être ni vécue ni racontée, mais se situe dans cet entre-deux où la mémoire et la légende s’entremêlent.
Quel bon moment j’ai passé! Au début j’avais un peu de misère avec l’écriture en joual mais je me suis vite habitué. Il y a des pépites de phrases et d’expressions! J’ai préféré celui-ci à mélasse de fantaisie mais je l’avais écouté en audio, je devrais peut-être le lire.
J'ai aimé la langue colorée, mais j'ai eu du mal à m'attacher à Frigo vu le récit qui n'est pas complètement linéaire. Je ne sais pas si de lire Mélasse de fantaisie précédemment m'aurait fait apprécier davantage ma lecture.
Francis Ouellette conte si bien qu’il raconte le crasseux, le tout-croche et le laid comme on parlent des choses les plus belles : passionnément, soigneusement, en menus détails. « Ça a ça de bon, [ses] histoires; c'est une des rares places où, des fois, les écœurants reçoivent ce qu'ils méritent »... et les gentils aussi, fiou! Personne n’écrit les p’tits crottés comme lui; avec tant de poésie, d’amour et de reconnaissance. C’est la suite-pas suite parfaite à Mélasse de fantaisie.
Après avoir lu Mélasse de fantaisie que j’ai adoré, j’avais très hâte de lire l’histoire de Jean-Baptiste Frigeault surnommé Frigo. Frigo se retrouve à l’hôpital après avoir reçu une raclée. Il se remémore sa vie parsemée de petits bonheurs et de gars pas chanceux!!!! Il y a des moments cocasses et tristes. J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de longueurs. J’ai persévéré malgré tout pour connaître la fin…Le style d’écriture est un peu plus joual que son premier livre.
C'est la découverte d'un personnage vraiment attachant du Centre-Sud. J'étais sceptique au début du langage utilisé, le trouvant un peu intense, mais il reflète finalement bien l'univers dépeint. J'avais aussi peur que ce soit un spin-off un peu inutile de Mélasse de fantaisie, mais pas du tout. C'est une histoire à part entière qui nous permet d'en comprendre davantage sur ce quartier méconnu de Montréal, et ce, à travers l'émouvant et attachant personnage qu'est Frigo.
J’ai bien aimé ! L’utilisation d’un langage québécois pur et dur est super intéressant. Ça rajoute à l’ambiance de l’histoire de la vie de frigo dans le centre-sud de Montréal. Je n’avais pas l’ensemble des références sur les auteurs cités et nommés, mais ça n’a pas nui à ma lecture (sauf l’avant dernier chapitre un peu). Je suis très contente de cette lecture et je recommande.
J’avais beaucoup aimé Mêlasse de Fantaisie, je me devais de lire le 2e de Francis Ouellet! J’ai pas été déçue, super touchant, belle plume, j’adore qu’il utilise le type de langage du quartier, plus accessible et doux que le premier livre! Un super belle hommage à nos personnes SDF, ils méritent tous pleins d’amour🥺
Je ne peux pas ne pas mettre 5⭐ Pour l'originalité, les tournures de phrases tellement québécoises pure laine, c'est un bijou. La vulgarité décomplexé, la misère en toute conscience... Mais j'ai plus aimé le début que la fin où les histoires sont plus abstraites, décousues, j'avais un peu plus de misère à suivre. Je vais lire mélasse de fantaisie aussi c'est certain ❤️
2⭐️ 1/2 : on dirait que la langue utilisée a été un gros frein pour moi. En même temps, on sentait le personnage de Frigo ancré dans sa réalité du Centre-Sud. J’ai eu de la difficulté avec les sauts dans le temps et les retours en arrière. C’est la raison pour laquelle j’ai mis cette cote.
Le style d'écriture est remarquable comme dans le premier livre, mais j'ai eu de la difficulté à suivre l'histoire par moment. À lire avec Google sur le côté pour en apprendre plus sur le stade De L'Orimier, le parc Belmont, les Rock Machines, etc.
Le Faubourg à m'lasse, je ne connaissais pas l'origine de ce quartier de Montréal. L'écriture joual poétique, la pauvreté, Frigo le sans-abri, c’est touchant et attachant. Les récits du personnage et de ses proches m'ont vraiment fait rire!
On y retrouve Frigo qui, de son lit d’hôpital, remonte le temps et se remémore des pans de sa vie. À l’aide des cicatrices qui parsèment son corps et des blessures qui habitent son coeur, il retrace tout le chemin qu’il a parcouru dans la rue.. Une vie de misère marquée par la cruauté mais surtout, la gentillesse des gens.
L’histoire de Frigo nous plonge en plein coeur de l’itinérance. Là où la violence, la pauvreté et l’errance.. valse ensemble.
« Frigo sent que son heure est proche. Demandez-y pas comment ni pourquoi il sait ça. Il le sait, c'est de même pis c'est toute. Il est un peu triste de s'en aller, mais t'sais, il est brûlé. Frigo ne veut plus coucher dehors ni en dedans. Il veut juste se coucher une dernière fois. »
Bien que la vie de Frigo m’a ébranlé.. je n’ai pas réussi à accrocher à son histoire autant que je l’aurais souhaité !
Je pense que ce qui m’a tenu éloigné, c’est la la façon dont le tout est raconté. Le langage populaire qui se mélange au conte.. c’était moins mon genre !
Reste que j’ai bien aimé retourner dans le faubourg, connaître Frigo plus en profondeur et faire la connaissance des gens colorés et amochés qui ont croisé son chemin !
C’est un livre plein d’amour.
L’auteur rend un bel et grand hommage à un homme qui a marqué sa vie.