Une île interdite d'accès devient métaphore du dernier refuge dans un monde en surchauffe.
Nathan Devers poursuit son exploration littéraire et philosophique de la modernité : l'île des Sentinelles, théâtre de la mondialisation, est dans ce nouveau roman la métaphore du dernier refuge dans un monde en burn-out.
Il n’y a que 3 personnages féminins nommés dans ce livre. On souffle. C’est plus une fanfic de la classe politique de droite avec qui l’auteur s’amuse qu’une réflexion sur le monde actuelle.
Jade Elmire Fasquin, cadre dans une grande chaîne hôtelière et marié à Thomas, est au bord du burn-out. Son mari, intervenant TV en vogue semble vivre à côté d’elle sans la croiser. Chacun vit dans son monde et elle est même agacée par Thomas.
Dans cette ambiance tendue, elle se voit offrir l’opportunité d’implanter un nouveau complexe hôtelier dans l’archipel des Andaman, à proximité de l’île des Sentinelles. Vous avez sans doute entendu parler de cette île où vit une population qui refuse tout contact avec le monde moderne et n’hésite pas à tuer quiconque pose le pied sur son territoire.
Jade accepte cette mission et se rend sur place. Tiraillée entre sa vie sous pression et l’image renvoyée par cette île interdite, elle part un peu dans un délire personnel et se met en tête de se rendre sur l’île en question. A partir de là, je ne vous raconte pas la suite en détails pour ne pas divulgâcher, mais elle s’interrogera sur les conséquences de ses actions.
Le roman pose des questions sur la recherche de la réussite à tout prix et sur la contradiction entre aspirations intimes et façade sociale. La protagoniste principale s’empêtre dans un modèle social qu’elle critique mais qu’elle encourage par ailleurs en s’y conformant.
Comme toujours, c’est très bien écrit. Le style est percutant, un brin sarcastique par endroits. Pour autant, j’ai préféré « Les liens artificiels », sans doute pour son aspect dystopique, tout de même moins ancré dans notre réalité.
Plutôt que de choisir un extrait qui a trait au fond, je choisis cette fois-ci un passage qui met en lumière (c’est le cas de le dire) la forme car je le trouve très beau.
En lisant la première partie du livre, je me suis dit que ça me faisait penser à du Houellebecq, mais le très très bon Houellebecq de ses débuts. Sauf que ce dernier n'aurait jamais un personnage principal féminin... Jade est cynique, prompte à juger son entourage et notamment ses collègues. Sa vie de couple est misérable. Elle se pose beaucoup de questions sur sa vie sans pouvoir agir, en la subissant. Et en parallèle, on a cette réflexion sur la surchauffe du monde, le changement climatique à court terme et la fin du système solaire à un peu plus long terme. Et puis arrive cette fameuse île des Sentinelles et l'histoire devient passionnante jusqu'à culminer au 2/3 du roman.
!SPOILER! Et là, au moment ou Jade entre en contact avec les Sentinelles, et passe le rite au cours duquel ses lèvres entrent en contact avec celles d'une Sentinelle, je me dis que c'est incroyable, que l'idée est géniale : Jade va contracter une maladie contre laquelle les Sentinelles sont immunisées mais pas le reste du monde. Et ce sera la fin de notre monde. Mais non. Et quel dommage.... Ce qui suit est trop prévisible... !FIN DU SPOILER!
Le reste du roman redouble de cynique, trop pour moi, et le rythme retombe. Je suis déçu par cette fin. Au point que je ne recommanderais pas le livre. Mais peut-être lire un autre roman de Nathan Devers car j'ai beaucoup aimé son écriture dans la première moitié du roman.
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Personnages détestables (ayant lu les autres romans de l'auteur, je me demande s'il n'est pas totalement misanthrope !), intrigue chétive, allusions politicosociales discutables, vagues réflexions philosophiques inachevées... ce roman se lit péniblement, et ne mérite pas, à mon sens, le prix reçu. Dommage, j'attendais autre chose après Les liens articifiels.
Livre réellement intéressant De bonnes (auto)analyses du personnage principal et aussi du monde qui l'entoure, le rythme est dynamique, le style est vif J'ai passé un bon moment lors de cette lecture