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Combustions

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Un premier roman vertigineux, une fresque humaine profondément émouvante où se dévoile la vérité nue des hommes lorsqu'une centrale nucléaire explose et condamne trois amis à une fin imminente.

352 pages, Paperback

Published August 20, 2025

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Profile Image for Bruno Menetrier.
303 reviews4 followers
August 17, 2025
Trois portraits, très parisiens, croqués juste avant la fin du monde, à l'heure où remontent les
souvenirs, viennent les regrets et tombent les masques.

François Gagey fut diplômé de Sciences-Po puis consultant chez Deloitte avant de devenir
avocat.
Combustions est son premier roman, truffé de références à la vie parisienne des beaux
quartiers (où l'on apprend beaucoup de choses).
Trois amis-collègues ont délaissé les arrondissements chics de Paris pour randonner sur les
sentiers côtiers du Cotentin, histoire de se recentrer comme on dit.
Pas de chance, l'EPR de Flamanville explose et empoisonne toute la région, façon
Tchernobyl : les trois compères se retrouvent irradiés, isolés, confinés dans une région
contaminée et désertée.
Ils ne peuvent s'échapper : « ils étaient trop irradiés, trop toxiques. Ils ne sont pas passés. »

Il y a là Paul, un banquier, un cadre de la finance parisienne qui se croit amateur d'art
contemporain mais dont la famille part en sucette : le bonhomme, pas très sympathique, est
en roue libre, « il était en train de tomber et la vérité d’un homme est dans sa chute ».
Il y a là Darko, un gars d'origine serbo-croate, il fut d'abord hooligan au PSG jusqu'au drame
de Julien Quemener, avant de s'occuper du marketing d'une start-up de geeks et de se
passionner pour les catacombes (Xavier Niel fut le parrain des cataphiles).
Le troisième larron, c'est Baptiste, collègue du banquier Paul, « jeune idéaliste apprenant le
cynisme », c'est lui le narrateur, peut-être un avatar de l'auteur : il nous parlera de lui, un peu
bien sûr, mais aussi de sa compagne Marine et d'une petite fille Andrea.

L'accident nucléaire n'est ici qu'un artifice, une astuce de scénario pour précipiter le monde et
surtout les personnages vers une fin inéluctable. Une situation qui rappelle fortement celle
imaginée il y a peu par Michael Mention : Combustions pourrait donc passer pour une version cool (?) du Sang Impur.
« [...] – Comment tu te sens ?
– Je ne sais pas, ça va. Il y a eu une pluie bizarre.
– Comment ça une pluie bizarre ? »
Cette fin annoncée est l'occasion pour maître Gagey de nous brosser trois portraits très
parisiens et quand il trempe son pinceau dans le vitriol pour brocarder les travers de la riche
élite germanopratine, et l'avocat parisien sait de quoi il parle !

À l'approche de la fin programmée, on réalise enfin que "la vie" n'était peut-être pas que sexe
et argent.
Alors les souvenirs remontent, les regrets se font plus vifs et les masques tombent.
Au sens propre comme au figuré puisqu'avec la desquamation due à la radioactivité,
paupières et lèvres partent en lambeaux.
Le premier portrait sera celui du banquier Paul, un personnage cynique et franchement
antipathique : visiblement, François Gagey a quelques comptes à régler avec des amis
parisiens !
« [...] Tout le monde vous craint. On vous déteste, nous le petit peuple, vous et vos amis.
Surtout depuis Macron. Ne vous en faites pas. Un jour on vous coupera la tête. C’est au
programme. »
« [...] Il avait pris le parti de déballer ses problèmes et de s’en divertir. Il racontait au premier
venu l’infidélité de sa femme, la trahison de ses enfants, son hypocondrie, ses nouvelles
envies. Il était drôle, spirituel, obscène. ».
Ensuite viendra Darko, le hooligan devenu cataphile. Un personnage un peu plus agréable
que Paul, c'est pas difficile, dont les souvenirs et les regrets nous feront même voyager
jusqu'au Brésil.
La troisième partie du bouquin nous offre des visages multiples : celui de Baptiste bien sûr,
troisième larron et narrateur, mais aussi celui de sa compagne Marine, une avocate
pénaliste, « une vraie Parisienne de droite » avec qui il a vécu une relation complexe et enfin
celui d'Andrea, la fille de Marine.
François Gagey a laissé tomber le vitriol pour ces portraits émouvants peints dans une
lumière douce, juste avant qu'elle ne s'éteigne, juste avant l'effondrement du monde.
On l'a noté, c'est un premier roman mais il faut saluer la fluide élégance de la plume de
l'auteur (même de la part d'un avocat, cela ne coulait pas d'évidence). La prose est limpide
qui fait la part belle à l'ironie, souvent féroce, mais aussi à l'humanité des personnages que
l'on jurerait vivants même s'ils ne sont pas tous aimables : le moteur à combustion de
François Gagey carbure à l'humain.
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