Dans le cabinet de la sexologue Maylis Castet défilent des femmes de tous âges et de tous milieux souffrant d'un mal mystérieux : une « libido » à zéro. Ce n'est pourtant pas faute d'y mettre du leur : bon gré mal gré, une fois le linge plié et la vaisselle rangée, elles remettent le couvert, à l'ancienne, au rythme des « pulsions » de leur compagnon. Et de l'avis général, le problème, c'est leur absence de désir et non cette situation.
Pourquoi, au XXIe siècle, nonobstant #MeToo, les femmes se forcent-elles encore ? Levant le voile sur un sujet de société essentiel, l'autrice brise l'un des derniers tabous : celui du « sexe sans envie », avatar moderne d'un devoir conjugal qui a la dent dure et continue de broyer les femmes, génération après génération.
Un texte nécessaire, porté par une plume insolente et un humour corrosif, qui écorche les discours savants sur la sexualité et donne un coup de pied dans la fourmilière du patriarcat et de nos idées reçues.
« Ce dont je suis persuadée, c'est que ces femmes sont les dindons de la farce. Et moins elles en ont conscience, plus je me sens agressée à leur place […], jusqu'à ce qu'à leur rythme elles prennent la mesure des séquelles laissées par le sexe sans envie. »
J’aurais VRAIMENT voulu mettre plus, mais la forme… c’est trop relou (😉). Le propos est turbo pertinent et actuel, mais le verlan gâche tout. J’aurais voulu un texte plus international, aux références moins nichées. Plusieurs passages m’étaient inaccessibles, malheureusement. Une réédition pourrait m’accommoder.
Ça fait quelques lectures qui me font réfléchir sur le féminisme moderne. Je trouve les cousin.e.s un peu déphasés par rapport à la question. Sans dire que l’hexagone tire de l’arrière en terme de modernité, on ne s’entend clairement pas sur plusieurs sujets de société. La sexologue Maylis Castet représente donc une vague de fraîcheur, enfin.
Un ouvrage cru, percutant et profondément engagé, qui interroge (très) frontalement les rapports de pouvoir et les normes sociales.
« Ce dont je suis persuadée, c'est que ces femmes sont les dindons de la farce. Et moins elles en ont conscience, plus je me sens agressée à leur place [...], jusqu'à ce qu'à leur rythme elles prennent la mesure des séquelles laissées par le sexe sans envie. »
. Un livre qui me fait sortir de mes habitudes de lectrice, mais le sujet m'a vraiment interpellé ! Pourquoi les femmes se forcent encore au lit ? Un sujet vaste et encore trop d'actualité.
Dans le cabinet de la sexologue Maylis Castet défilent des femmes de tous âges et de tous milieux souffrant d’un mal mystérieux : une « libido » à zéro. Et si la raison de cette diminution de libido était attribuée au fait qu'elles se contraignent à avoir des relations alors qu'elles n'en éprouvent pas véritablement le désir ?
Les raisons et les contextes varient indéniablement d'une femme à l'autre. Toutefois, comme je l'avais anticipé, cela m'a profondément marqué.
Maylis ne marche pas ses mots, sa plume est tranchante et pleine de vérité. Pour appuyer ses propos, elle n'hésite pas à parler de sa propre expérience sur le sujet et elle ne s'épargne pas non plus. Il y a bien évidemment quelques termes médicaux, mais rien qui n'empêche de comprendre le texte et d'y voir quelques pistes d'amélioration.
Si le sujet t'intéresse booksta, je te conseille de le lire, il fait 280 pages et je l'ai lu en deux heures. Je peux également t'en parler un peu si jamais tu hésites à te le procurer. Car je pense que c'est important que l'on mette en avant sur nos RS des sujets plus profonds par moment.
Il t'arrive de sortir de ta zone de confort avec ce type de lecture booksta ? Le sujet te parle ou t'intéresse ? Dis-moi tout !
Je l'ai davantage apprécié que je ne l'aurais cru, d'autant que j'ai eu du mal avec le style adopté, outrancier et sans doute calibré pour les réseaux sociaux (la frénésie stylistique est plus supportable sur des formats courts type post instagram je suppose). Elle s'explique à un moment sur ses choix (une de ses patientes s'appelle madame sodomie, une autre, madame cotorep...) mais je n'ai pas été convaincue (être moins brute de décoffrage, ç'aurait été poser un voile pudique sur les outrages subis par ses patientes pour le confort de ses lectrices et peut-être d'une certaine bienséance). Can't say I agree même si Madame X claque moins. Elle réussit bien à faire se rejoindre le niveau individuel et le politique, le systémique et le psychologique. On part d'une statistique : aujourd'hui (à une vache près), 52% des femmes disent avoir des rapports sexuels sans en avoir envie (SSE). Pourquoi ? Il y a des explications qui ne passent par par la domination : - avoir envie de l'intimité générée par un rapport sexuel sans avoir envie du rapport sexuel lui-même (d'où l'utilité de faire appel à un.e sexologue, métier de l'autrice) - pas envie au début mais ça vient en mangeant (le témoignage d'une de ses amies, bien que je ne suis pas sûre qu'on puisse le faire entrer dans le cadre de SSE, du coup) et beaucoup qui passent par là : - pour éviter une dispute, des tentatives de culpabilisation - parce que les hommes ont des besoins et que ça fait partie du devoir conjugal - parce que c'est à ça que sert une femme Et on peut se dire : bon, à part les femmes qui sont dépendantes économiquement des hommes (bon courage à elles mébon, elles avaient qu'à mieux travailler à l'école, dixit une membre du gvt Macron), pourquoi elles partent pas ? Elles son bêtes ou quoi ? Et c'est à ce problème que s'attache à travailler MC. Partir, ça impliquerait beaucoup plus de ressources, d'estime de soi et d'énergie que n'en ont ses clientes, qui sont écrabouillées de toutes les manières par le patriarcat depuis (souvent) leur enfance. Ce n'est pas qu'elles sont bêtes, qu'elles le veulent bien, qu'elles manquent de courage... C'est qu'en tant qu'individus dominés, le fait de partir leur demande des ressources que le régime patriarcal dans lequel elles vivent leur ont précisément enlevé (si jamais elles avaient eu l'occasion de les développer, ce qui est douteux). L'autrice fait des allers-retours entre ses expériences perso (et elle montre bien combien la prostration de ses patientes l'énerve car elle revoit des moments où elle non plus n'a pas été capable de partir, dire non, mettre un poing dans la gueule...), pro et ses lectures.
Attention à bien regarder les refs du ou de la sexologue que vous souhaitez consulter parce qu'il y en a beaucoup qui tiennent un discours très conservateur qui naturalise des différences de libido (les hommes ont forcément envie de baiser, les femmes ont forcément la migraine) et qui silencient les raisons (en partie politiques) à ce désaccord (si une personne se tape l'intégralité des tâches ménagères/d'élevage de mioches, elle a peut-être pas l'énergie ou l'envie d'un rapport sexuel, qui demande pas mal de disponibilité mentale). Un bref passage sur le sensate focus, j'aurais aimé plus de détails.
Comment ça on en entend pas plus parler dans ce monde post-MeToo?? Dans le contexte québécois, c’est peut-être parce qu’on a moins tendance à parler de ce qui se passe dans le foyer, dans l’intimité de chacun.
Tu entres dans une relation long terme, tu as des enfants, et sourainement c’est comme si les sujets chauds du monde extérieur (consentement, empowerment, et ) ne s’appliquait plus à toi. Grand merci à Maylis Castet qui rappelle qu’il y a encore quelque chose à dire sur nous!
Comment reprendre en main sa sexualité sans exister comme “la somme des désirs d’autrui”? Le livre donne quelques pistes intéressantes.
Voici quelques éléments de contenu qui me resteront en tête:
- 52% des Françaises ont déjà eu du sexe sans envie - Se laisser baiser pour éviter les frustrations de monsieur: les frustrations sexuelles ne sont pas mortelles, mais messieurs n’ont pas appris à les gérer - appellation spécifique pour décrire le problème de manque de désir sexuel chez les femmes vs les conditions et l’environnement dans lequel on leur demande d’être sexuelle - la femme qui aurait besoin d’affection sous forme de câlin ou de caresse mais qui se retient parce qu’elle sait que ça mènera à du sexe (!!!! C’est crazy!!!!! Parce que c’est vrai!!!) -tout commence par l’estime de soi -la ligne est mince entre céder et consentir - sur qui on se base pour savoir ce qu’on aime sexuellement?
Et pleins d’autres! À lire absolument si on est une femme ou un homme en relation hétérosexuelle.
Corvée de Sexe était annoncé comme un essai « perspicace, mordant et salutaire », et il faut reconnaître que la promesse est tenue. L’autrice ne s’embarrasse pas de détours : elle adopte un ton cinglant, assumé, qui expose clairement ses positions, quitte à déplaire aussi bien à un extrême qu’à l’autre. Ce franc-parler sert un objectif précis : remettre au centre les femmes — celles qui souffrent (ou pas) du fameux « sexe sans envie» qui structure une grande partie de son propos.
Ce qui domine, c’est sa volonté de défendre ces femmes, leur posture, leurs besoins, leurs limites, et de proposer des pistes pour les accompagner. L’essai est résolument féministe, mais cherche à éviter les positions trop extrêmes, non pas parce que l’autrice ne les comprendrait pas, mais parce qu’elles risqueraient d’effrayer quelqu’un qui ne baigne pas dans les milieux féministes. Pour déconstruire des stéréotypes profondément ancrés, surtout chez des femmes qui ont appris à composer avec eux depuis longtemps, elle choisit de revenir à la base — et c’est probablement ce qui rend son propos accessible et utile.
Le livre est court, efficace, et se lit vite. J’en ressors convaincue qu’il valait la peine d’être lu. L’autrice apporte des éléments de réponse, mais laisse la suite du chemin entre les mains des lectrices : un « il va falloir travailler sur vous-même, mesdames », pour retrouver estime de soi, assurance, et la capacité de dire non — ou de dire oui, mais à ses propres conditions.
4.5 - j'ai adoré : le sujet est tout sauf léger mais l'écriture sarcastique de l'autrice parvient à rendre le propos plus digeste (quoique, la gerbe a plusieurs reprises). c'est un ouvrage très intéressant, qui aborde un sujet essentiel qu'on ne devrait plus taire, des actes et des mentalités qui ne devraient plus être banalisé.e.s.
l'alternance entre les témoignages, les extraits littéraires/juridiques et la déconstruction des théories accusatrices ou simplistes est très efficace ; cela donne de la force aux propos. quelque chose me résiste cependant... ce sentiment d’impuissance : constater sans pouvoir réparer. tant qu’un changement profond des mentalités (masculines et féminines) n’aura pas lieu, rien ne bougera, et encore... c'est tellement enraciné... ça rend dingue.
terrifiée (mais malheureusement pas étonnée) de lire les témoignages de ces "madame vide-couilles" et compagnie, qui pensent être le problème : la honte DOIT changer de camp. mesdames, vous êtes fortes <3 (et quittez vos sombres merdes si vous en avez la possibilité)
Je ne savais pas trop comment noter ce livre. D'un côté, je trouve qu'il soulève un problème de société dont on parle encore trop peu et qui reste plutôt tabou chez nous (et encore plus ailleurs) mais de l'autre je trouve que le ton est parfois assez condescendant. Pour un livre sur les femmes pour les femmes, je trouve qu'elle a tendance à être plutôt méchante envers ses patientes et à parfois penser que comme elle, elle s'en est sortie et a du sexe parfait, toutes les autres devraient aussi y arriver même si elles ont des contraintes qui ne sont clairement pas les mêmes que les siennes.
Bref, bravo pour aborder le thème et j'aime bien l'approche adoptée mais le ton pourrait être plus bienveillant.
lu pour la description des patientes de son cabinet (glauque)
le blabla autour est un peu lassant
j'ai quand même appris qu'une femme a été reconnue coupable dans une affaire de divorce en 2019 pour avoir refusé du sexe à son mari, que le viagra pour meufs existe, qu'il est vendu en pharmacie, mais qu'il est composé d'antidépresseurs, que les polyamoureux aiment chez autrui sa liberté, et que la Suède pénalise le fait de ne pas avoir dmd le consentement
franchement trop verbeux au point où je comprenais pas des paragraphes entiers (c’est peut être moi qui suis débile). Dommage parce que (quand je comprenais ptdr) elle soulève un VRAI problème auquel bcp trop de femmes sont encore confrontées :( parfois même inconsciemment et duquel il est difficile de sortir Un humour franc et pas pour tout le monde mais parfois ça me faisait un peu rire
très très cru mais sacrément pertinent. Une sexologue qui partage ce qu'est le "sexe sans envie", le mal du siècle et pourquoi il touche tant les femmes : peut être parce qu'en tant que femme on sait à quel point la sexualité est un lieu de domination et d'abus qui nous oblige à ne pas voir le sexe comme du pur plaisir sans enjeux !
Le ton du livre est trop cash et brutal, cela se voit dès le titre, mais le livre est intéressant pour mettre à jour des schémas qu'on imagine dépassés mais qui sont encore d'actualité dans notre société, les représentations et équilibres de la sexualité étant plus longs à évoluer qu'on ne le croit.
Assez intéressant jusqu'à la citation ChatGPT. Pourquoi avoir cité des avis divergents à chaque début de chapitre pour faire preuve de paresse intellectuelle à la fin? Je trouve ça très déplorable et décevant, et cela viendrait presque invalider son travail.
Le propos est bien, même si quand on est féministe et un peu versé sur la question on découvre pas grand chose. Par contre j'ai vraiment eu du mal avec le style.