« Ce roman poétique [...] joue avec la beauté des mots pour réinterpréter l'histoire racontée par Virgile dans l'épopée de L'Énéide, et la transformer en un poème épique singulier. » El CorreoAprès avoir fui le pillage de Troie avec son fils et ses hommes, Énée fait naufrage sur les rivages de Carthage. Son destin est entre les mains de la reine Elissa, également connue sous le nom de Didon, et de l’espiègle dieu Éros, déterminé à tirer ses plus belles flèches pour faire naître l’amour entre les deux héros. Des siècles plus tard, Auguste demande au poète Virgile d’écrire le récit des épreuves d’Énée, à l’origine du mythe fondateur de la civilisation romaine. Mais Virgile ne parvient pas à répondre au désir de l’empereur. Ce qu’il veut raconter, ce n’est pas le courage des hommes et le destin épique de Rome, mais la souffrance, l’incertitude et la peur des naufragés. Parce qu’il sait que « la défaite est toujours le point de départ d’une grande histoire ». Mêlant les voix des protagonistes de l’épopée à celle de Virgile en proie au doute, Irene Vallejo réinvente le mythe avec les mots d’aujourd’hui, livrant une réflexion moderne sur la place des femmes, le pouvoir, le destin et la nature du coeur des hommes.Récit d’aventures, de guerre, d’exil et d’amour, ce premier roman de l’autrice de L’Infini dans un roseau est un miracle de beauté, empreint de poésie tragique.
Irene Vallejo Moreu (Zaragoza, 1979) estudió Filología Clásica y obtuvo el doctorado europeo por las universidades de Zaragoza y Florencia. En la actualidad lleva a cabo una intensa labor de divulgación del mundo clásico impartiendo conferencias y a través de su columna semanal en el diario Heraldo de Aragón. De su obra literaria destacan las novelas La luz sepultada (2011) y El silbido del arquero (2015), la antología periodística Alguien habló de nosotros (2017) y los libros infantiles El inventor de viajes (2014) y La leyenda de las mareas mansas (2015).
Une lecture avec du potentiel qui malheureusement s'est retrouvé être fade et sans saveur.
On nous retrace une part de l'Eneide avec Carthage et sa reine Didon/Elissa cependant hormis la pluralité des points de vues (Enée, Ana, Elissa, Virgile, Eros) le style du roman dans son ensemble reste fade. Je n'ai pas réussi à vivre une expérience immersive au court de ma lecture tant le style de l'auteur me paraissait impersonnelle. A croire qu'il s'agissait d'un livre d'histoire relatant des faits sans autre travail de réécriture...
Je cherche depuis des années, des textes sur la mythologie, qui me feront vibrer. Depuis que j’ai lu en fait ceux de Madeline Miller, qui ont le mérite de proposer un autre regard sur ces récits d’aventure bien trop souvent décrit au masculin. Irene Vallejo a aussi entendu mon appel. Et je suis ravie en cette rentrée littéraire de pouvoir découvrir son texte grâce au Prix des Lecteurs 2025 que ma librairie est en train de mettre en place et auquel je participe.
Je ne connaissais pas Irene Vallejo, qui jusqu’ici était plutôt une autrice reconnue d’essais, et c’est peut-être justement en cette qualité, mais pas seulement que son texte m’a attirée, car je voulais, non pas ces sordides ou plates réécritures qui pullulent depuis plusieurs années, mais un texte puissant et en quelque sorte documenté, sur ce qui fut parmi les premiers textes forts de notre histoire. Ici, elle fait aussi oeuvre de femmes de lettres qui connaît celui dont elle s’inspire : L’Enéide, mais également de poétesse, tant la plume est belle. Elle ne m’a d’ailleurs pas donné de fil à retordre en soi, mais m’a donné envie de me poser, de la savourer, de la relire à plusieurs reprise.
Il est ici question d’un mythe relaté par Virgile, celui d’Enée, le fondateur de Rome et accessoirement, un prince troyen qui a participé à la dite guerre et qui comme Ulysse aura bien fort à partir quand il décida de quitter ce lieu. Sauf qu’on parle bien peu souvent d’Enée et encore moins de son voyage. Or l’autrice décide de s’arrêter avec lui lors d’une de ses étapes : celle qu’il fait à Catharge, et quelle pause !
Il y a vraiment une très belle ambiance dans ce roman, un roman d’atmosphère qui est un peu celui des vaincus, ces hommes et surtout ces femmes, qui tentent de se relever, se reconstruire, oublier, passer à autre chose. Cela donne de suite une teinte très particulière, assez mélancolique et triste, mais également pleine de profondeur et d’introspection où l’on revient notamment avec force sur les violences faites aux femmes et aux enfants, les premières victimes des guerres.
Le récit est ainsi porté par plusieurs voix. Celle d’Enée bien sûr, mais également celle d’Elissa qui l’accueille à Carthage, dans la ville qu’elle a fondé après sa propre débâcle, sa propre fuite, ainsi que celle de »prophétesse », sa »Cassandre » : Ana, une enfant qui apportera un autre regard, notamment sur le fils d’Enée : Iule, et pour finir des acteurs externes et pourtant essentiels : Eros, le représentant des divinités qui les comprendra étrangement si bien et sera porteur d’espoir pour une fois, et Virgile, le conteur à l’origine de ce récit porté jusqu’à nous. C’est peut-être le seul point sur lequel j’aurais à redire. J’ai trouvé la plupart du temps, les incursions dans la vie à l’époque de Virgile peut intéressantes par rapport au récit global, venant casser le rythme inutilement, donnant des informations dont l’utilité était ici à prouver… Pour le reste, j’ai été conquise.
J’ai aimé cette narration multiple où les voix féminines étaient tellement entendues. J’ai aimé l’atmosphère que chacun dégageait et cette sorte de romantisme, dans le sens littéraire du terme, avant l’heure. Ce sont tous des personnages attachants et irritants à la fois. On comprend qu’ils ont vécu des drames et tout le propos est non pas d’en faire le récit mais de montrer l’après, dans cette sorte de pause que permet leur rencontre. Enée a besoin de souffler après la guerre et avant la construction de sa cité. Elissa est dans cette respiration après avoir réussi à s’échapper et en continuant à fuir les griffes des hommes cherchant à la remettre sous sa coupe. Enée est un espoir pour elle. Il est ainsi, ici, question des violences de guerre. Il suffit de voir le sort de la femme d’Enée, mais aussi le statut d’Elissa et ses luttes au quotidien. L’autrice a des phrases à la fois très fortes et subtiles sur le sujet, sur la place qu’on leur donne, le statut qu’on leur octroie, ce qu’on leur fait subir au quotidien. C’est intense. Et elle en fait de même pour les enfants à travers les figures d’Ana et Iule, avec en prime les focus sur la transition vers l’âge adulte, le poids des secrets et la solitude. C’est d’une émotion !
Alors le récit se veut plein de langueur. Peut-être que ça ne plaira pas à tous les lecteurs. Moi, j’ai trouvé cela entêtant, cela m’a pris aux tripes, retourné l’estomac parfois et serré le coeur assurément. J’ai eu de la peine pour ces âmes tristes, vaincues, en quête de repos. La romance de l’histoire n’est pas piquante ou fougueuse, elle est triste et poignante, comme une épaule sur laquelle se reposer et pleurer. Ce sont des émotions et des moments rarement mis en lumière habituellement dans les récits mythologiques. J’ai apprécié cette originalité, cette quête de plus d’intimité.
Quant aux amateurs de mythologie, si vous vous posez la question, l’autrice joue à merveille avec les écrits de Virgile. Elle y est fidèle et en plus l’implique dans sa narration lors de ces encarts. C’est ludique dans un sens. On retrouve ici les gros marqueurs de l’histoire d’Enée avec en prime quelques coulisses, le rendant encore plus humain, sans que cela s’éloigne trop du canon. C’est exactement ce que je recherche.
Première lecture pour ce prix que nous mettons en place et je frôle déjà le coup de coeur avec ce récit qui est tout ce que j’attends désormais des revisites mythologiques : une plume, de l’originalité, de l’intériorité et de l’humanité, un regard aussi et une vision engagée. Irene Vallejo m’a comblée et je suis assez époustouflée par la qualité de ce récit pour un premier roman ❤
📖 Ce court roman d’aventures, entre mythologie et guerre, n’est pas forcément dans mes thématiques de prédilection. Je n’ai pas ressenti de réelle connexion intime avec le récit, mais il possédait ce petit quelque chose qui me poussait à tourner les pages. ⚔️ Le texte joue habilement entre légendes, récits mythologiques et faits historiques, au point qu’il devient parfois difficile de distinguer la frontière entre l’un et l’autre. 🌿 Les personnages forment un mélange étonnant et marquant : Énée, encore hanté par la guerre de Troie, en quête d’un lieu paisible où voir grandir son fils Iule. Élyssa, reine veuve en fuite, qui fonde Carthage et la défend coûte que coûte. Anna, petite fille prématurément mûrie par les épreuves, fidèle compagne d’Élyssa et protectrice d’Iule à travers son enseignement. ❤️🔥 L’intrigue est traversée par l’incertitude, la violence, la peur et la mort, mais aussi ponctuée par l’intervention d’Éros, dieu de l’amour, qui tente maladroitement de semer des sentiments — apportant parfois une note comique bienvenue. Ajoutez à cela un personnage énigmatique dont l’identité est révélée peu à peu, avec beaucoup de maîtrise, et vous obtenez un récit qui sait maintenir son mystère jusqu’à la fin. ✨ Alors, est-ce que j’ai aimé ? Oui. Est-ce que j’ai adoré ? Pas vraiment. Le recommanderais-je ? Oui, surtout aux amateurs de récits d’aventures, de guerres et de mythologie. En définitive, ce n’est pas le genre de livre qui me correspond le plus, mais il m’a permis de découvrir une autrice et un style différents — et rien que pour cela, la lecture en valait la peine.
Virgile erre dans la ville . Il arpente Rome d'Est en Ouest, du Nord au Sud, tout plutôt que d'être assis devant son écritoire! Auguste lui a passé commande d'un poème à la gloire de sa famille, celle des Iulii , les descendants de Iule le troyen fils d' Enée... Virgile est son obligé mais là il ne peut pas... ses pensées se tournent vers Enée, vers son naufrage sur les rives de Carthage, vers la belle Elissa , reine de la ville. Enée a du abandonner Troie après dix années de guerre , la prophétie des Dieux lui a prédit un long voyage et l'arrivée sur les terres d'Italie où il pourra poser armes et bagages.
Irène Vallejo nous propose un roman atypique à mi-chemin entre le récit épique et un roman d'amour sirupeux. Eros omniprésent se charge d'expliciter les situations ... à défaut de pouvoir changer le cours des évènements. Je referme ce livre au demeurant fort bien écrit songeuse. J'avoue ne pas être arrivée à percer les intentions de son auteure... cette absence de perspective ajoutée à des personnages presque transparents m'a déconcertée et je l'avoue un peu ennuyée. Dommage !
J’ai lu Carthage d’Irene Vallejo et j’ai passé un très bon moment. On y suit Énée, héros troyen, arrivé à Carthage, et des siècles plus tard Virgile, en train d’essayer d’écrire l’Énéide.
J’ai beaucoup aimé les passages qui se déroulent à Carthage : l’ambiance, les intrigues, les émotions… tout cela est très bien rendu et se lit avec beaucoup de fluidité. Petite pincée au cœur pour Ana à la fin. La partie sur Virgile m’a un peu moins captivée, mais elle reste intéressante.
La plume d’Irene Vallejo est vraiment belle, élégante sans être compliquée, et c’est une autrice que je découvre avec plaisir. Fan de mythologie grecque, c’est toujours un plaisir de lire des réécritures de ces récits si connus.
Le livre se lit très vite, presque d’une traite, et on se laisse embarquer facilement.
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Est-ce à cause de la traduction mais l’écriture est tellement lourde ou mal agencée que je me perds très souvent et je n’arrive plus à suivre l’histoire. J’ai l’impression de personnages plats. Les différents personnages qui prennent la main dans le récit ont tous la même narration, sans différence donc à quoi bon ? Je n’ai rien ressenti et je n’ai pas compris l’aparté avec Virgile qui finalement me dérangeait plus qu’autre chose.
une très bonne lecture. je trouve la plume très belle et la traduction est réussie. je dirais qu'on est un peu dans la même veine que les ouvrages de Madeleine Miller ; un plaisir de se replonger dans des réécritures mythologiques aussi réussies
Livre qui s’améliore au fur et à mesure. La fin est excellente mais n a pas réussi à sauver tout ce roman. L idée est intelligente d’intercaler le naufrage d Enee à Carthage et celui de Virgile à Rome. Mais le début est juste inintéressant. Bon roman quand même.
j'abandonne à la moitié, désolée tom et merci pour la reco tout de même je supporte à moitié les romans avec différents pov, d'autant plus quand le rythme est quasi léthargique et fade. pas ma tasse
J'attendais peut être trop de ce roman. L'autrice étant philologue de formation, on retrouve quantité de détails qui donnent presque vie au récit et permettent d'entrer dans une forme de réalisme historique: les descriptions de Carthage sont vibrantes et vraiment belles, elles mettent des images sur le mythe. malgré une tentative visible d'entraîner les lecteurices dans un univers sensoriel et vivant, le récit ne trouve jamais véritablement son souffle. ce n'est pas sa dimension chorale qui le handicape, au contraire, cela aurait pu être très réussi (si on retirait la voix d'éros, je crois que tout irait mieux). mais un rouage se grippe dans le récit. Le fait que les focalisation internes alternent entre les protagonistes ne fonctionne pas. c'est sans doute en partie dû à l'homogénéité du style. Le travail sur le flux de parole et de pensée des personnages propose une série de lieux communs (l'hétéroérotisme, la haine de la violence) qui ne restitue ni les enjeux politiques, ni les enjeux tragiques du récit. L'errance de Virgile qui ponctue le récit semble être une sorte de démonstration historique (Rome était corrompue et sale) mais sans profondeur psychologique réelle. en somme, c'est potentiellement un excellent roman... raté.
C'était très bien écrit et, dans l'ensemble, d'une grande beauté tragique. J'ai aimé le personnage d'Ana et son amitié avec Iule, l'ombre de la guerre et la mélancolie de l'exil. La force de la résistance finale d'Elissa.
Certains aspects m'ont cependant moins convaincue. Notamment la relation entre Elissa et Enée. J'aurais pu me passer de cette Elissa qui s'inquiète sans cesse de vieillir et qui est obsédée par le fait de devenir la mère des enfants d'Enée. On nage en plein stéréotypes Didon/Elissa étant un personnage écrit par un homme dans l'Enéide, il aurait été intéressant de donner un point de vue. J'ai aussi poussé un soupir de fatigue en voyant que tout le monde doute d'elle parce qu'elle est une femme. Alors qu'elle est la reine qui a conduit ses gens jusqu'ici...Encore une fois, c'est une vision bien binaire et simpliste de la souveraineté.
(Je me serais aussi passée de ce passage où Enée ne viole pas cette femme qu'il a pourtant faite captive. Tout ça pour nous dire quoi ? Quel grand prince ?)
Les passages avec Virgile auraient pu être intéressants. Cependant, ils étaient trop peu nombreux pour retenir mon attention.