Quand la prise de position remplace l’investigation.
Le livre Les nouveaux antisémites de Nora Bossigny se présente comme une enquête sur l'antisémitisme contemporain, mais il s'apparente davantage à un pamphlet politique qu'à un véritable travail journalistique. Il faut préciser d’emblée que je ne suis pas journaliste et que je n’ai pas le temps — d’autres l’ont déjà fait — de vérifier si toutes les sources citées (souvent issues de journaux à bord politique de droite) sont fiables, ni si tout ce qu’elle avance est exact. Certains journalistes ont d’ailleurs déjà remis en question la crédibilité de certaines de ses références.
Ce qui ressort toutefois d’une lecture attentive, c’est une critique sur sa méthode d’enquête en elle-même : elle apparaît très unilatérale et partiale. L’approche est loin d’être exhaustive ou équilibrée, comme devrait l’être une enquête sérieuse, neutre et sans idées préconçues. Dès le début, l’auteur adopte un ton qui met en cause certaines personnes ou mouvements et semble présumer d’une enquête à charge, plutôt que de chercher à comprendre ou analyser les phénomènes de manière objective.
Le titre évoque l’ultragauche, laissant penser à une critique approfondie de ce courant, mais le contenu ne s’y attarde guère. Cela crée un décalage entre le titre et le contenu réel, où l’accent est davantage mis sur un plaidoyer politique que sur un travail d’investigation.
À mon humble avis, l’ouvrage tend également à confondre antisémitisme et le fait de ne pas cautionner le sionisme ou les crimes commis dans le cadre du conflit israélo-palestinien. Cela ne remet nullement en cause la véracité des propos qu’elle a pu entendre lors des manifestations, mais certains articles montrent que des personnes citées affirment ne pas avoir tenu ces propos, ni dans ce contexte, ni parfois du tout.
En résumé, Les nouveaux antisémites fonctionne surtout comme un texte d’opinion engagé, avec un point de vue très marqué, plutôt que comme une enquête journalistique rigoureuse.