J’ai tout de suite su que j’allais aimer ce roman en lisant ce passage, dès le premier chapitre :
« — Cam... Tu le sais qu'il parlait pas de toi, hein?
— Ouain pis! Ça aurait pu être moi. Je me suis imaginée sur la civière, à la place de cette pauvre fille...
Je me tais. Les mots se coincent dans ma gorge, prise au piège par la honte de mes propres pensées.
— Le ventre à l'air, les seins à peine couverts, pleins d'yeux qui me jugent, mon gras qui gigote sous la pression du massage cardiaque... Une image de la laideur.
Estelle est pensive, son silence, éloquent. Voit-elle la même scène que moi?
— Tsé, ton résident... Il est ouvertement grossophobe. Mais toi, tu l'es aussi, Cam.
Je me redresse, surprise par ses propos. Elle touche ma tête du bout du doigt avant d'ajouter :
— Mais toi, c'est envers toi-même. »
J’ai littéralement lâché un « Wouah! » à voix haute. Cet extrait m’a percutée de plein fouet, comme une révélation, une vérité qu’on ne peut plus ignorer. À quel point l’autrice a raison… Ces mots-là, justes, durs mais lucides, m’ont profondément touchée. À cet instant précis, j’ai su que ce roman allait me marquer. Qu’elle m’avait conquise dès les premières pages. Ce roman n’a pas seulement confirmé une réalité ; il m’a aussi aidée à m’aimer un peu plus. Beau, touchant et réconfortant, il suit l’évolution de Camille, une héroïne dont le parcours est aussi émouvant qu’encourageant pour toutes les femmes qui se reconnaîtront en elle. Dans une société où l’oppression féminine reste omniprésente, l’autrice aborde ces thématiques avec une douceur salvatrice – une douceur qui devrait s’appliquer à nous-mêmes. Je me suis retrouvée dans certains souvenirs de Camille, notamment ceux de l’enfance, où l’on apprend aux petites filles à surveiller ce qu’elles mettent dans leur estomac. On oublie trop souvent que la nourriture est avant tout une relation : elle peut être toxique, comme un ex violent, ou saine, comme un Thomas. À travers son personnage, le roman nous enseigne l’art de s’aimer comme il le faut. Merci à l’autrice de m’avoir plongée dans cet univers, de m’avoir fait sourire, pleurer, m’indigner et, surtout, m’accepter un peu mieux.