Un homme s’éveille, drogué jusqu’aux os, dans un sauna gai où il est entré soixante heures plus tôt. Entre euphorie et violence, dépossédé de son corps et animé par le crystal meth, il fait le récit exact de ce qui a secoué ses derniers jours et ses dernières années, en un va-et-vient d’images intime et douloureux habité tout entier par un dur deuil amoureux.
Éric Noël a étudié la littérature avant de compléter le programme d’écriture dramatique de l’École Nationale de Théâtre en 2009. Depuis, sa pièce Faire des enfants (Leméac) a remporté le prix Gratien-Gélinas 2010, a été créée au Théâtre de Quat’sous en 2011, en plus d’être traduite en anglais et en allemand.
En collaboration avec Laurent Muhleisen, il a traduit de l’allemand la pièce Hamlet est mort (gravité zéro), présentée aux Écuries en 2012. Il a interprété lui-même l’unique personnage de sa pièce, Ces regards amoureux de garçons altérés, dans le cadre d’une lecture publique au Festival du Jamais Lu 2015. Ce texte a également remporté l’Aide à la création du Centre national du théâtre en France. Sa dernière pièce pour enfants, Astéroïde B 612, était présentée par le théâtre La Roulotte en 2018.
J’ai lu ce livre en grand groupe avec mon cercle de lecture et j’étais rester quelque peu perplexe à la suite de notre lecture. J’ai donc décidé de prendre le temps de le relire par moi-même afin d’avoir une opinion complète. Je pense que lire du théâtre est toujours délicat, car il est dure d’avoir l’expérience complète sans avoir le visuelle, la mise en scène et le jeu d’acteur. Je dis ça en étant une fan ABSOLUE de Shakespeare.
C’est un monologue rythmé par les répétitions et le début m’a fait un peu peur je dois avouer. On nous présente un univers sombre, on est dans la drogue, on est triste, on est seul et on est dans un sauna. C’est déjà bien introduit et on comprend bien le lieu et le personnage en quelque pages, par contre, le deuxième chapitre va dire exactement la même chose et n’apporter rien de nouveau créant seulement des lourdeurs. J’ai donc commencé ma lecture trouvant ce livre lourd. Il va y avoir plusieurs répétitions artistiques, ce que j’adore, mais plusieurs répétitions dans le texte qui m’ont sembler inconsciente, ou du moins, moins contrôlé et qui vont seulement alourdir un texte déjà très lourd. L’auteur va prendre la peine de nous mentionner des choses qu’il aurait pu laisser sous-entendu, on les avait compris, ce qui aurait laissé plus de place pour notre propre interprétation de ses sentiments et nous aurait plus fait vivre sa misère avec lui. Je pense que tout était trop dit, redit et expliquer, alors que c’est le genre de texte qui doit se vivre, se ressentir.
Il a une écriture très crue, il ne craint pas les mots, et j’ai beaucoup aimé ça, mais je pense qu’un peu plus de figure de style aurait embellit le texte rendant la crudité pas son unique aspect. Par contre, plusieurs passage était extrêmement bien écrit et je crois que narré devant un publique, ça doit vraiment bien se dire. La vulgarité ne me dérange pas, mais doit être lu par un publique avertie, mais je pense que ça servait bien à montrer la détresse du narrateur.
Il y avait, parallèlement, deux histoire qui se déroulaient linéairement. L’une sur sa relation toxique avec Manu, son ex, dont la rupture la détruite et sa chute dans la drogue et la revente au Sauna. J’ai eu l’impression de recevoir une formation rapide sur les Sauna, moi qui à travailler tellement longtemps dans le village sans jamais pouvoir rentrer dans ses institutions mythiques! Finalement c’est mieux comme ça ahah J’ai aimé voir sa vision sur sa relation avec Manu, sans pour autant qu’on diaboliser Manu. On comprend que c’était une relation toxique, mais qu’il le savait aussi. On passe d’un amour obsessif pour un garçon qui ne l’aime pas, à un amour obsessif pour une drogue qui le détruit.
Je pense que c’est un texte pertinent, c’Est toujours important de parler de la toxicomanie et de ses conséquences, mais je pense aussi que ce n’était pas un texte parfait que qu’il aurait gagner à être plus travailler et raffiner.
On embarque dans un univers sombre, différent aussi. On aborde la dépendance, autant amoureuse qu'avec de la drogue. On parle de déception amoureuse aussi, comment on passe à travers une rupture. Ce n'est pas un univers que je connais beaucoup, donc j'ai un eu peu de la misère à m'identifier aux enjeux qui sont relevés dans le texte (aussi je ne suis pas un homme gay donc ça part mal !).
J'ai eu malgré tout de l'empathie pour le personnage qui ne sait pas quoi faire de sa propre peau et qui est passé par des questionnements et des émotions que nous avons presque tous vécu (non je ne parle pas de la drogue, je parlais de la rupture amoureuse).
La plume d'Éric Noël a quelque chose d'accrocheur, d'un peu poétique. Oui, il y a des passages que je n'ai pas très bien compris, mais je crois aussi que c'est un monologue qui montre qu'on ne peut pas tout comprendre justement.
Bref, c'était une nouvelle perspective, c'était marquant, un témoignage poignant. Un beau récit.
Monologue troublant, dérangeant et cru sur la spirale descendante que prend un jeune homme après une rupture amoureuse. La détresse et la peine côtoient une lucidité insoupçonnée. Fort intéressant.