Alors qu’elle tente d’élucider le destin d’un ancêtre banni par sa famille, une femme reprend l’histoire de sa propre vie. Des années auparavant, son mari, son premier et grand amour, lui a révélé être homosexuel. Du bouleversement que ce fut dans leur existence comme des péripéties de leur émancipation respective, rien n’est tu. Ce roman lumineux nous offre une leçon de courage, de tolérance, de curiosité aussi. Car jamais cette femme libre n’aura cessé de se réinventer, d’affirmer la puissance de ses rêves contre les conventions sociales, avec une fantaisie et une délicatesse infinies.
Caroline Lamarche werd geboren in Luik, 1955, waar zij haar studie Romaanse filologie voltooide. Zij publiceerde haar eerste werk, een dichtbundel getiteld L'arbre rouge (De rode boom), in 1991. Daarna richtte zij zich voornamelijk op het schrijven van proza. In 1996 verscheen Le jour du chien, gevolgd door onder andere La nuit l'après-midi in 1998 en J'ai cent ans in 1999. Voor De dag van de hond, verschenen in de Franse Bibliotheek, ontving zij de Belgische staatsprijs voor literatuur 'Victor Rossel', ook wel de Belgische Prix Goncourt genoemd.
Pas une lecture facile, ni particulièrement agréable par endroit. Au départ, ce récit est structuré autour de la quête par la narratrice à élucider la mort à trente ans de l’un de ses ancêtres - Edmond – en partant d’une ancienne photo (sur la couverture) et de quelques faits divers. « L’Histoire est pleine de morts obscurs : ils n’ont pas de descendance, les voilà privés de récits. » En passant, j’ai trouvé un peu incrédule qu’elle avait en sa possession tellement d’effets personnels – des carnets, des lettres – d’un ancêtre de 1856, (sûrement pas la norme, je ne suis pas sûre que les miens étaient même lettrés), mais j’ai apprécié cette partie du récit comme répit dans la misère de la vie du personnage principal, qui était vraiment le thème principal de ce livre.
Après sept ans de mariage et deux enfants, Vincent le mari avoue qu’il est attiré par les hommes et aimerait un mariage ouvert. Le mariage continue alors largement à être une façade, où un mari à l’aise avec sa sexualité invite une série d’amants dans leur vie commune. Deux victimes d’homophobie, dans un monde qui offrait peu de possibilités aux gens LGBTQ+ de sortir du moule de la famille traditionnel. L’autrice nous évoque, les épouses de fameux homosexuels par exemples Constance Lloyd, femme d'Oscar Wilde, Mathilde Mauté femme de Paul Verlaine ou même les 13 millions de ‘Tongqi’ en Chine – aussi victimes, souvent silencieuse, de l’homophobie et des mœurs.
Parfois, c’est difficile de comprendre ce syndrome de martyr avec lequel la protagoniste vit ce rejet, son « incorrigible idéalisme » surtout quand le mari semble le vivre si bien. Clairement nous n’avons qu’un côté du tableau, mais l’impression est que la situation arrange bien très bien Vincent – il a bien le beurre et l’argent – et aussi possiblement une belle excuse pour se délaisser d’un amant devenu lassant au moment venu. Et puis, les faits dont elle parle dates des années 90 /00 en Belgique, j’apprécie qu’il y ait une grande libération de pensée depuis, mais l’homosexualité même il y a trente ans n’était pas si inouïe, à devoir supporter ce compromis. Surtout que la situation ne semblait pas vraiment être un grand secret pour son entourage.
La narratrice revient toujours sur ce message enraciné que reçoivent les femmes « Toi, ça n’a pas d’importance, ce qui compte c’est que les autres soient heureux », alors elle devient cette épouse de convenance, presque comme si c’était une chose qu’elle avait méritée.
Un moment qui m’a vraiment marqué était quand l’un des nombreux amants, Brian, était venu chez eux, et qu’elle est partie préparer l’apéro pour eux pendant qu’ils prenaient le soleil à la terrasse, comme une maman amène le goûter quand il y a un copain qui vient jouer. Et l’amant qui cessait de lui répéter qu’ elle était une personne merveilleuse pour avoir l’ouverture d’esprit pour ce modèle de mariage. Quel contrôle psychologique insipide.
J’étais aussi très intéressé quand elle parlait des causes de divorce avec son père. Elle demandait s’il y avait eu auparavant des divorces dans la famille, et son père lui parle d’une cousine un peu lointaine divorcée parce que le mari s’avérait être homosexuel. Alors peut-être simplement une anecdote pour lui donner sa permission, mais aussi intéressant au sujet des limites qu’on se fixe. Un mari homosexuel, et une vie célibataire, est-ce la limite de ce qu’on peut tolérer dans un mariage ? Mais est-ce vraiment pire que de supporter des violences conjugales, ou un mari qui dépense toute sa fortune comme celle de l’ancêtre qui s’est marié en Prusse pour pouvoir divorcer, mais ne l’a finalement pas fait, même après que le mari a perdu toute la fortune familiale. C’est vraiment un sujet intéressant et nuancé, et je pense que c’est le premier livre que je lis qui explore ce thème sous cet angle. Quels sont les compromis qui sont tolérables, et lesquels vont trop loin ? La narratrice n’offre pas de réponse, mais je pense qu’en fin de récit, le prix qu’elle a payé pour la possibilité de vivre ce rêve de couple traditionnel, ne valait peut-être pas le coup.
Entrelacé avec l’histoire du mari homosexuel, il y a aussi des passages où la narratrice questionne elle-même, non pas sa sexualité, mais son genre. Elle parle d’une enfance de garçon manqué et de la puberté où le gouffre entre les sexes grandit. Elle regrette ce passage. Elle parle d’une soirée où elle-même se travestit en costume, cravate et comme elle voulait aller comme deux hommes. Je ne sais pas vraiment si ces parties étaient nécessaires au texte, on se demande aussi si ces interrogations s'auraient fait si elle ne vivait pas la situation avec son mariage.
Finalement, une écriture vraiment précise et évocatrice qui rend ces thèmes un peu ardus plus facile à lire. Une seule plainte, dans ce livre d’une autrice belge, et qui se déroule à Liège, pourquoi est-ce qu’elle nous raconte ce qui se passe dans les années quatre-vingt-dix, et non les années nonantes ? En tant que belgo-suisse, je trouve cette manie des éditeurs à altérer le langage pour satisfaire l'Académie française un peu frustrante.
J’étais curieux de lire celle qui a figuré – en tant qu’outsider, mais qui a finalement terminé en deuxième position – dans la liste finale du Goncourt 2025. Avec Le Bel Obscur, Caroline Lamarche était parfaitement dans la tendance de l’année, le roman – ou l’autofiction – familial.
J’ai soulevé le couvercle au bois gonflé et sorti une pile de documents.
La photo retrouvée dans une vielle malle, on a déjà vu ça assez souvent. Anne Berest avec La carte postale et cette année Finistère, Christophe Boltanski dans Les vies de Jacob sans oublier le maître de la mémoire partiellement effacée, Patrick Modiano. Et il faut avouer que ça fonctionne plutôt bien, les enquêtes sont par essence prenantes et l’écriture dynamique teintée d’ironie de l’autrice rend la lecture agréable.
Jusqu’à ce que ses problèmes de couple prennent le dessus – dommage. Votre mari bien aimé qui vous annonce son homosexualité après des années de vie en commun, ça chamboule une vie – petite précision pour dire que je ne divulgâche pas puisque cette information est révélée dès la deuxième phrase de présentation du livre. Bien que ce mélange entre l’aïeul et le mari ne soit pas fortuit, j’ai eu le sentiment qu’elle a fait ce choix car elle se trouvait à court de matière. Même si l’écriture est convaincante, la liaison entre ces deux récits n’est pas très convaincante.
Livre étonnant par le mélange de deux histoires / trames narratives en apparence assez distinctes. Et puis malgré tout, le personnage nous émeut, sincère et authentique, dans ces doutes, sa souffrance pudique et sa curiosité sans faille pour une vie intérieure qui la tient debout, lui permet de continuer, d’avancer et de rendre un hommage touchant à la liberté des femmes et à l’écriture.
Je suis déçue qu'elle n'ait pas gagné le Goncourt. J'ai bien aimé ma lecture et les différentes émotions par lesquelles elle m'a faite passer. Je suis contente d'avoir été poussée à le lire car aussi non je serais passée à côté de cette pépite locale🇧🇪🔥
Des documents : une photo, une lettre à un père et une déclaration signée de la ville de Liège et puis un brouillon. Tous ont un lien avec un certain Edmond. Seulement, dans l’arbre généalogique paternel, Edmond (1834-1865), l’ingénieur, en fut effacé. Son cheval porte le nom Schlemyl, drôle de nom ! Schlemil existe en yiddish et signifie l’éternel malchanceux, comme une caractéristique de l’histoire de la narratrice. Au lendemain de cette découverte, la narratrice associe le geste héroïque d’Edmond à celui de son Vincent, son mari. Lui aussi a voulu sauver des eaux deux noyés. Seulement, lui fut « un sauveur sans sauvés », les deux étaient morts. Remontant la particularité de cet Edmond, la narratrice rouvre aussi ses carnets intimes et réorganise son propre passé. Les recherches généalogiques se poursuivent mais ce qui fait la spécificité du Bel Obscur ce sont les similitudes avec la propre situation de la narratrice. Lorsqu’elle a découvert son homosexualité, elle a choisi de rester à ses côtés par fidélité à leur amour et à la beauté qui l’avait séduite. Sans compromission, la narratrice évoque son déni, son éducation l’aidant à accepter cette liberté pour laquelle elle n’était nullement préparée. Cette situation ne fera qu’amplifier son désir de mourir que la narratrice arrive à dominer par son envie d’écrire. Jusqu’où Caroline Lamarche se confie dans cet écrit ? Cette réponse lui appartient. Mais, cette acuité si juste permet de penser que les liens sont étroits. Chronique entière et illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
J’ai lu le roman Le Bel Obscur dans le cadre de mon cours universitaire sur le prix Goncourt, en tant que membre du jury pour le Prix étudiant de l’Allemagne. Le roman raconte deux histoires parallèles mais intimement liées dans la vie de la narratrice. D’un côté, elle mène une enquête sur Edmond, un de ses ancêtres, banni de la mémoire familiale. De l’autre, elle apprend que son mari, Vincent, est homosexuel. Même s’ils restent ensemble dans un premier temps, elle doit affronter une nouvelle réalité : repenser leur couple, leur identité, leur vie familiale et amoureuse. Dans les deux cas, le cœur du roman est une quête de vérité. L’ouvrage ne se centre pas sur l’homosexualité de ces hommes, mais plutôt sur une voix encore plus oubliée, celle des femmes d’homosexuels.
Le style est à la fois élaboré et familier. Il est élaboré par l’usage d’un vocabulaire recherché, d’images sensibles et de nombreuses figures de style. On trouve aussi beaucoup de références culturelles et intellectuelles qui enrichissent le texte. Il est familier parce que l’écriture prend souvent la forme d’un monologue intérieur. le lecteur a l’impression de lire un journal intime, ce qui crée une forte proximité avec la narratrice. Par moments, le texte devient contemplatif, surtout lorsque la narratrice réfléchit à la figure d’Edmond. Le ton est intime, empathique.
La structure du roman manque parfois de clarté. On ne sait pas toujours si les deux lignes narratives se déroulent simultanément, ni depuis quel point de vue exact la narratrice écrit. La construction fragmentée reflète cependant la réalité morcelée de sa vie, elle assemble des morceaux épars qui constituent sa pensée et ses souvenirs.
Le suspense autour d’Edmond repose sur la question : pourquoi a-t-il été banni ? Pour un lecteur qui sait déjà qu’il est homosexuel, ce n’est pas vraiment surprenant, mais pour les autres, cela crée une tension initiale. Le premier tiers du livre, centré presque exclusivement sur Edmond, manque d’intérêt car on ne connaît pas encore assez la narratrice. L’intrigue ne m’a pas entraînée par le suspense mais plutôt par la vie de la narratrice. Je voulais comprendre comment elle allait gérer son mariage et ce que cela disait de sa vision du monde et d’elle-même. Le lecteur reste toujours très proche d'elle.
Les personnages sont profondément humains : leurs contradictions les rendent crédibles et touchants. La narratrice, par exemple, reste auprès de Vincent malgré sa souffrance, par amour mais aussi par sens du devoir envers les autres. Vincent suit ses désirs sans mesurer l’impact sur la narratrice, ce qui renforce le conflit émotionnel. Edmond, en revanche, reste mystérieux. Sa figure est idéalisée, presque mythifiée, ce qui rend sa description subjective et imprécise.
Le roman adopte une focalisation interne. Cela donne une voix à un groupe largement oublié. La vision du monde est intime, empathique, centrée sur la dignité humaine et le sentiment de rejet. Même si la narratrice fait face à l’homosexualité de son mari tout, elle préserve le respect lors du collectif homosexuel. Les thèmes principaux sont mémoire, liberté, identité, vérité et progrès (en comparant la situation d’Edmond et la sienne). C’est une vision originale, engagée, et singulière sur un sujet déjà très traité dans la littérature contemporaine, mais rarement sous cet angle-là.
Je recommande ce livre comme une lecture intéressante et certainement enrichissante, mais je ne le considère pas comme un chef d'oeuvre qui devrait gagner le Prix Goncourt.
C'est dans un vieux coffre qu'elle découvre un ancêtre oublié. Edmond est effacé dans l'arbre généalogique de la famille de sa mère. Tout ce que l'on sait c'est qu'il était ingénieur des mines comme beaucoup dans la lignée, qu'il est né en 1834 à Liège, mort le 15/06/1865 à Orléans. Une distinction de la ville de Liège lui avait été remise le 7/8/1863 pour avoir sauvé deux personnes de la noyade le 21 mars 1862.
Deux photos dont l'une où il est 'travesti', fardé.
Caroline Lamarche est interpellée par ce "fantôme" familial, perdu dans les ombres du souvenir, les secrets de famille. Un parallèle à sa propre histoire et son mari Vincent lui vient à l'esprit, lui aussi en bord de Meuse avait sauvé deux personnes de la noyade malheureusement sans vie, elles. Cet élément troublant l'a fait se pencher sur son histoire, en archiviste dans ses cahiers Clairefontaine.
Elle pense à la révélation de l'homosexualité de son mari, l'amour de sa vie, à son éducation, une phrase de sa mère qui lui avait dit 'Toi, ça n'a pas d'importance, ce qui compte c'est que les autres soient heureux". Une chose est certaine, elle est restée s'accrochant peut-être à un rêve, celui d'une maison qui vole et dont tout résiste - comme leur couple.
Elle a vécu avec Brian, Markus, Jerôme, Joâo, Nikolaï, les amants de son mari. Elle a cherché à comprendre à l'époque la place, la vie d'une femme d'homosexuel, cherchant des réponses en littérature; Virginia Woolf dans "Orlando", Oscar Wilde "De Profondis". Elle a fait des recherches sur l'homosexualité, les réseaux LGBT .
En croisant son histoire et l'histoire d'Edmond, elle se réfugie dans l'écriture par des détours, des chemins de traverses. C'est le récit d'une femme libre, indépendante qui a su se réinventer, s'affirmer.
Le texte est somptueux, une écriture d'orfèvre où chaque mot est pesé, mesuré, pensé. Une plume marquante, touchante, percutante nous racontant ses tourments et contradictions, pour trouver une manière d'habiter ce monde.
Un livre incontournable de cette rentrée.
Ma note : 9.5/10
Les jolies phrases
Je suis persuadée que sans le trois, le deux s'effondre.
Quand les vivants se dérobent, il arrive que les morts viennent à votre secours.
Toi, ça n'a pas d'importance, ce qui compte c'est que "les autres" soient heureux.
Avant de tenter de le déchiffrer, je me suis dit que toute existence ressemblait à un brouillon. Année après année nous transformons à tâtons le minerai de notre propre destin sans jamais parvenir à l'or rêvé. La voilà, notre vie, notre seule vie. Raison pour laquelle nous en raturons parfois des pans entiers avec violence. Néanmoins, ils restent là, ces vestiges de nos essais et erreurs, illisibles mais bien présents.
Pourquoi ne pas agir comme si j'étais moi aussi aux portes de la mort puisque tout l'est, bêtes, plantes, insectes, glaciers ?
De nombreux fantômes circulent entre des archives lacunaires. Si j'en choisis un plutôt qu'un autre - ici la remarque amusée de ma mère - c'est comme on passe et repasse devant un puzzle, plaçant une pièce, puis une autre, découvrant peu à peu le motif. Ma mère, si expéditive pourtant, adorait les soirées consacrées à cette passion lente. L'image entamée pouvait rester durant des semaines inachevée sur la table du salon. Chaque personne de passage rajoutait une pièce ou se contentait d'observer quel coin de ciel ou de frondaison s'était comblé, quel animal avait trouvé sa patte ou sa tête, quelle maison son toit ou sa porte. Ma récolte d'éléments offre autant d'entrées qu'un puzzle de mille pièces. La main du lundi n'est pas la main du jeudi, ni celle du matin aussi leste que celle du soir, mais toutes finissent par relier entre elles les couleurs et les formes. Sur ma table, je déplace ces fragments ancestraux que j'ai sortis de leur relégation comme on va chercher, un jour de pluie, la boîte contenant l'image aux pièces mélangées. Il suffit que je les rapproche pour que se révèlent des motifs qui se trouvaient déjà là.
Ma mère, championne de l'éducation genrée, m'avait instruite en ces termes : 'Qu'un homme trompe sa femme, c'est normal, qu'une femme le fasse, c'est dégoûtant.' Ma grand-mère plus modérée, avait lâché un jour : 'Dommage qu'on ne puisse épouser une femme, ce serait quand même plus simple'.
On peut se tromper jusqu'à quarante ans, après on n'a plus le temps, il faut prendre la bonne décision.
J'ai décidé que ma vie irait désormais comme on respire, comme on nage, comme on chante si on est une fourmi.
Raconter est la plus intime manière d'être intime. Le récit remplace le lit.
«Le chevalier tel-que-tu-me-vois devenait une énigme vivante, et cette énigme un cruel tourment.» -p68
Selon Lamarche, père, les personnages effacés sont en quête d’un auteur. Edmond, l’ancêtre homosexuel banni de l'arbre généalogique au XIXe siècle, a trouvé en son aïeule-autrice une enquêtrice dédiée. En même temps, Edmond est la porte d’entrée pour l’histoire intime de la narratrice qui a fait famille avec un mari-homosexuel pendant trois décennies.
«[..] c’est un angle mort de la littérature. Un sujet qui n’a jamais été traité. L’homophobie, elle atteint aussi les familles et les conjoints: ça veut dire qu’on est au placard en même temps que le conjoint. Surtout si on lui est attaché et qu’on veut le protéger. [..] C’est l’histoire d’une solitude et c’est l’histoire d’un amour.» - Caroline Lamarche, Rtbf, 25.8.2025.
Le Bel Obscur, roman tissé d’une langue littéraire d’une rare beauté: Caroline Lamarche ose aborder le grand tabou de la vie sexuelle au sein d’un couple où l’un des partenaires est homosexuel, et nous offre un kaléidoscope chatoyant d’émotions, de passions brûlantes, d’humiliations profondes et de solitudes abyssales que l’on accepte (?), au nom de cet «amour» entre guillemets, énigmatique et douloureux…
NL: Een Schimmig Bestaan, vertaling Katelijne De Vuyst, uitgeverij Vleugels, 2026.
Je suis allé fouiller la première liste du Goncourt, puis la deuxième est sortie, et Le Bel obscur y était toujours. J'ai commencé la lecture de ce texte sans avoir lu la quatrième de couverture, attiré par cette photo en première de couverture et le titre du livre. Le nom de Caroline Lamarche me disait vaguement quelque chose (puis en fouillant ma bibliothèque le mystère a été résolu ; en effet, j’ai lu un livre d'elle qui ne m'a pas marqué, je me souviens juste d'une absence de déplaisir). Je commence donc ce livre en pensant rapidement entrer dans une enquête à la Dora Bruder, mais très vite je comprends que ce pauvre Edmond et son histoire de jeune homme maudit ne seront pas le centre du livre. Tant pis, tant mieux. Est-ce un récit ou un roman que j'ai lu ? Un peu des deux, peut-être. Qu'importe, j'ai, comme le personnage, pris un vrai plaisir à lire dans la solitude de mon lit l'histoire de cette narratrice qui est tout de même très drôle, bien que des moments m'aient foutu un peu le bourdon : on se croit parfois aux antipodes d'expériences individuelles et nous voilà cueillis, ou arrachés comme l'a été le buddleia. Était-ce une métaphore prophétique que cet incipit : "J'arracherai le buddleia" ? Mon buddleia a été arraché !
Récit plus que roman assez déconcertant. L’acceptation d’une situation « inhabituelle » : vivre avec son mari homosexuel et avec ses amants apparaît liée à l’équilibre que la narratrice y trouve. Difficile de comprendre si cet équilibre repose sur l’amour qu’elle lui porte, le confort affectif ( au delà du confort matériel ) qu’il lui apporte, le défi que représente la situation, la liberté qu’elle lui autorise. Sans doute tout cela et d’autres. Le parallèle avec l’enquête sur son ancêtre lui aussi homosexuel, mais pour le coup non assumé est séduisant mais à mon sens proportionnellement trop peu présent.
Je m’attendais à ce que l’enquête sur Edmond, son aïeul, soit au centre de ce récit, alors qu’en réalité on est bien plus focalisés sur ce que la protagoniste vit dans son quotidien, épouse d’un homme homosexuel, et comment ce couple s’ouvre à un nouveau mode de vie, d’amour et de sexualité bien moins exclusif. En somme, c’était intéressant comme perspective mais je n’y ai pas trouvé ce que j’espérais.
A very intriguing story of a woman chasing the shadow of two gays. One erased from the history of her family. And the other one, her husband with whom she stays all those years despite being more and more marginalised in their relationship. At the end, she’s the looser. And that’s what bothers me the most - why stay in a marriage that gives you nothing? Guess like for many other people the answer is simple yet real - life takes over and before you know it it’s too late…
Cette histoire m'a beaucoup touché. C'est une situation tellement compliquée dans laquelle chacun est sincère et pas entièrement heureux, sans vouloir blesser l'autre. C'est un roman, mais certainement autobiographique.
Sentiment plus que mitigé... J'ai eu beaucoup de peine à entrer dans le sujet. Et j'en suis venue à détester les protagonistes, Vincent pour ce qui m'apparaît comme un profond égocentrisme et la narratrice pour son apathie.
une fois de plus l'écriture de Caroline Lamarche, son intime force et sensibilité pour chacun de ses personnages me bouleversé, ainsi que son humour délicat pour aborder les évènements les plus douloureux. bravo.
C'est une enquête familiale qui se double de l'apprentissage d'une nouvelle vie. Un texte personnel, touchant et emprunt d'une belle détermination. C'est beau de sobriété.
Belle écriture mais l'histoire m'a peu touchée. Si je comprends que cette femme était si amoureuse de son mari qu'elle s'est refusée à le quitter malgré l'aveu de son homosexualité, ça a davantage suscité ma pitié que mon admiration... L'histoire d'Edmond m'a parue plutôt plaquée sur sa propre histoire, sans vraiment apporter quelque chose d'intéressant au récit. Bof
Bon, j'ai pas aimé. En vrai j'ai pas grand chose de constructif à dire, le fait qu'ils restent ensemble pendant 30 ans est super malsain (oui je suis homosexuel, je vais coucher avec des hommes mais vient quand même on reste mariés parce que je tiens à toi, mais laisse moi faire ma vie lol), surtout Vincent qui à des discours super incohérents... Pas du tout le genre d'émancipation à laquelle je m'attendais malheureusement. Et puis j'ai trouvé l'écriture lourde, le rythme super lent.