« Volia » est un mot ukrainien aux multiples visages. C’est la volonté : une détermination intérieure calme, inébranlable, un mouvement qui ne renonce pas. C’est aussi la liberté : celle qu’on ne peut confisquer, même sous la contrainte, comme l’eau qui glisse entre les mains.
Depuis 2014, et plus encore depuis 2022, « Volia » est devenu bien davantage : un droit vital, l’exact contraire de la soumission ; une endurance intérieure presque silencieuse ; une liberté intime qui demeure intacte malgré la violence, la perte, l’exil. Un mot-refuge, un mot-boussole.
Pour Anastasia Fomitchova, « Volia » est un appel viscéral. Quelques jours après l’invasion de grande ampleur, elle quitte la France pour retourner en Ukraine et s’engage comme « medic » sur la ligne de front. Un rôle qu’elle connaît déjà, mais qui prend ici une ampleur vertigineuse : stabiliser les blessés, coordonner les évacuations, soutenir psychologiquement les soldats, tenir malgré la fatigue et la peur.
À travers l’histoire de sa famille, Anastasia raconte aussi celle de l’Ukraine, offrant des points de vue multiples et passionnants. Elle témoigne de l’horreur de la guerre, de la perte des collègues, de la nécessité de garder une distance émotionnelle pour survivre, de la difficulté à « débrancher » loin du front, du mur qui se crée parfois avec ceux qui vivent la guerre autrement.
Un récit profond, nécessaire, qui permet au lecteur d’approcher, un peu, de l’inénarrable.