Younes veut croire en sa dernière chance. À vingt-trois ans, il sort de prison. Sa libération anticipée est assortie d'un placement sous surveillance électronique : chaque soir, après le travail, il devra rentrer à Berlioz, la cité de son enfance.
Il reprend aussitôt du service comme coursier-moto chez Panam'Expres, où il s'apprête à revoir Serge, son meilleur ami. Ils ont grandi sur la même dalle de béton. Ont fait ensemble les quatre cents coups. Et, malgré le fossé qui se creusait entre les communautés, ils sont restés fidèles l'un à l'autre.
Retrouvant tour à tour ses camarades de course, la frénésie parisienne, les périls du dernier kilomètre, Younes s'accroche à cette drôle de liberté, suspendue au joug de son bracelet électronique. Jusqu'au jour où l'amour frappe à sa porte.
Avec Quitter Berlioz, Emmanuel Flesch tisse une intrigue sociale haletante dans la France black-blanc-beur des années quatre-vingt-dix. Un roman grave et lumineux. Une ode à l'amitié.
3.5 ⭐️ un presque coup de coeur. Superbe écriture. Belle et melancolique histoire d’amitié dans les années 90, et une critique des patrons qui pressent leurs employés comme des citrons pour un pauvre smic. Il m’a manqué de la tension, de la rage peut être.
Quitter Berlioz, c’est l’histoire d’une main tendue à l’image de celle d’un professeur d’histoire géographie, qui se fait passer pour un acheteur de shit, venu braver » la dalle » pour dire à Younès : « tu vaux mieux que ça » ! Peut-être, était-ce le fantôme d’Emmanuel FLesch ? Mais c’est surtout l’histoire d’une assignation sociale qu’il faut contourner, malgré tout les déterministes existants, c’est-à-dire l’origine, l’épuisement du corps d’un père, tué au travail de son usine, de la discrétion d’une mère qui aspire uniquement à préserver sa dignité, la drogue qui a dévoré son frère aîné, l’argent facile que l’on récolte contre un sachet revendu. Alors, Quitter Berlioz devient aussi l’histoire d’une amitié, celle entre Stéphane Bailleul, blanc fils d’un ouvrier déchu et Younès Cherkaoui, intelligent, même brillant, qui petit à petit s’est perdu dans les halls de Berlioz, insalubres de trafics. L’écrivain raconte ce lieu et la renaissance d’un jeune homme de vingt-trois ans qui doit prendre un nouveau départ, lui dont l’univers se trouve cadenassé par un bracelet électronique, le premier à cette époque. Coursier avant, il redevient coursier après. Sauf que huit mois de prison peuvent rendre plus responsable un homme s’il trouve des appuis pour le soutenir ! Quitter Berlioz est un premier coup de cœur de cette rentrée littéraire 2025 ! Chronique entière et illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...