Derrière ce titre très provocateur, on trouve une analyse très fine et nuancée. Le livre aborde beaucoup de problématique tout en étant court, ça va à l'essentiel et c'est facile à comprendre.
Les réflexions sur la non-mixité sont particulièrement importantes et, je trouve, très bien traité. Pourquoi refuser l'accès aux hommes cis dans les luttes féministes, quand ce sont des hommes racisés, gay, qui subissent des violences ? La présence des femmes cis hetero n'est pas remise en question - à raison - dans les luttes féministes intersectionnelles, cependant, être une femme ne dédouane pas d'être responsable de violences. Ca fait du bien de lire une remise en question de cette dichotomie "femme victime" et "homme coupable". Oui, les hommes ont les outils pour faire subir des violences aux femmes ; mais certains subissent d'autre oppressions, d'autre violences qui peuvent être très bien commises par des femmes. "Le privilège et la marginalisation ne sont pas une jauge unique qui ne pourrait que monter ou descendre".
J'apprécie le fait que le livre soit très nuancé; les vécus des hommes trans ne sont pas hétérogènes et ne doivent pas être traités comme si c'était le cas et c'est aussi important de le rappeler.
La critique du slogans 'All Men" et de l'essentialisme était vraiment très intéressante aussi. J'ai beaucoup resonné avec cette peur décrite des personnes transmasc de commencer un THS pour ne pas "pervertir" le corps féminin, souvent jugé comme pure, à l'inverse des corps masculin. C'est vraiment une très bonne synthèse sur le sujet et c'est important de remettre en question nos espace queer et / ou féministe, surtout avec la non-mixité sans homme qui s'est imposée comme une norme, sans qu'il n'y ai forcément de critique à ce propos.
(je souligne tout de même que les informations sur Goodreads ne sont pas du tout bonnes, à commencer déjà par la couverture)
First thing first : c'est un ouvrage intéressant, qui a le mérite de s'attaquer à une question complexe qui traverse depuis longtemps les communautés queers et féministes en y soulevant souvent des débats houleux. Il était nécessaire de s'emparer du sujet, et on ne peut que remercier Alistair pour cela. C'est la première fois que j'étais confrontée à un espace qui me permette vraiment de développer ma réflexion sur la question. Et c'est pour cela que je ne peux pas faire l'impasse sur les limites de cet espace. Globalement, j'ai eu l'impression de lire le script d'une longue vidéo de vulgarisation (la mise en page a clairement joué sur cette impression), avec tous les écueils que l'on peut craindre : des éléments simplifiés voire raccourcis, des affirmations non étayées par des sources, et un manque cruel de références. L'essai ne s'inscrit ni dans un courant de pensée, queer ou matérialiste par exemple, ni dans la continuité de réflexions déjà existantes, notamment sur les masculinités. Cet appui théorique me semble pourtant primordial pour un sujet si complexe. J'espère donc que le travail d'Alistair agira comme un point de départ, une première pierre posée à la réflexion dont d'autres s'empareront pour l'enrichir.