De décembre 134 à juin ou juillet 133 av. J.-C., dans la fièvre des partisans de Tibérius Gracchus, tribun de la plèbe en lutte contre le Sénat et les riches, dans la haine des nantis qui allaient les massacrer, les pourchasser, les juger, les condamner, un mythe s'effondre – celui de la sagesse et de l'équilibre du gouvernement de la République. Mais aussi celui de la solidarité profonde des Romains qui avait permis de triompher d'Hannibal. Ils se brisent sur la question sociale. La crise agraire qui couvait depuis les conquêtes a enfin éclaté. Elle va durer un siècle. Les contemporains ne s'y sont pas trompés, qui dès le départ ont le sentiment d'une rupture, d'une révolution : Rome pour toujours a changé.
est un historien français, spécialiste de la Rome antique, des institutions et des idées politiques. Ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé d'histoire et membre de l'École française de Rome de 1957 à 1959, il fut professeur d'histoire ancienne aux universités de Tunis, de Caen, puis de Paris-I Panthéon-Sorbonne, et directeur d'études émérite à partir de 1997 à l'École pratique des hautes études. Élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1986. Il fut directeur de l'École française de Rome de 1992 à 1995. Il fit une courte carrière politique en tant que membre du cabinet de Pierre Mendès France, en 1956. Il fut secrétaire, puis rédacteur en chef, des Cahiers de la République, et chargé de missions au cabinet de Jean-Pierre Chevènement, entre 1984 et 2002, sur l'éducation civique. Il se montra soucieux tout au long de sa vie d'articuler son engagement républicain et son métier d'historien. Cela contribua à l'originalité de son œuvre, à cheval entre la Rome antique et l'époque contemporaine, autour notamment du fonctionnement de la société et des institutions politiques. Comme le souligne Catherine Virlouvet, « c'est un même questionnement qui unit le Métier de citoyen dans la Rome antique (1976) et L'Idée républicaine en France (1982)