Après l'immense succès de La Cuisinière des Kennedy, le nouveau roman de Valérie Paturaud : une histoire d'amitié bouleversante pendant la Première Guerre mondiale. Sur le champ de bataille, un obus éclate. Abel n'écoute que son courage et, au péril de sa vie, sauve un inconnu d'une mort certaine. Alors qu'Abel est en convalescence dans un hôpital de fortune, un officier défiguré vient occuper le lit voisin. Abel est ouvrier, Adrien est médecin : un gouffre social les sépare et jamais ils ne se seraient rencontrés dans la vie civile. Mais ici, dans ce lieu hors du temps, ils ne sont plus que deux hommes en souffrance. Adrien s'intéresse à la vie d'Abel. Privé de l'usage de la parole, il écrit sur un cahier d'écolier pour communiquer. Abel, peu instruit, lit avec difficulté. Entre paroles et écrits, l'officier et le soldat partagent au fil des jours ce qu'ils ont de plus intime, de plus enseveli... jusqu'à découvrir que leurs chemins, avant la guerre, se sont déjà croisés.
Pris sur le vol, avant un vol - vers l'Allemagne justement, comme quoi des fois j'ai du mal à croire au hasard.
Une justesse et une simplicité, une cruauté aussi dans le conte de la mort qui fauche et fauche encore.
Et une beauté, celle de liens créés dans les pires des moments, en un centième de seconde. Des liens qui resteront pour l'éternité gravés dans la pierre des monuments ayant fleuri dans tant de communes de France.
J'ai lu ce livre en deux grandes goulées - le contact d'abord, l'amitié au milieu de la douleur. Puis la recherche, coupées comme ça par pur hasard. Deux points de vue si différents mais si touchants ! Entourés d'autres voix également, qui viennent aider les protagonistes. Je voulais écrire un vrai commentaire, structuré et lisible, mais je n'ai pas pu m'empêcher de tout balancer en désordre !
Un peu sans queue ni tete avec de nombreuses facilités scénaristiques (trop) mais en soit ça se lit bien. J’adore la période de la Première Guerre mondiale aussi alors il m’en fallait peu (mais quand même rien à voir avec l’homme sous l’orage de Nohant)
Dès les premières pages, j’ai été saisie par la sécheresse du style, une écriture âpre, martelée, où les dialogues se font rares, presque absents. C’est une langue blessée, comme les corps qu’elle décrit. Nous sommes dans les entrailles de la Grande Guerre, là où l’horizon s’est éteint et où l’espoir ne survit qu’à demi-mot.
La douleur, le silence, la boue – tout respire l’oppression. Mais ce roman, s’il frôle des thématiques puissantes – la guérison, le pardon, l’amitié improbable entre deux blessés de classes sociales différentes – ne descend jamais tout à fait dans les profondeurs de l’émotion. Tout semble effleuré, comme si les mots avaient peur d’appuyer là où ça fait mal. Les souvenirs affleurent et se dissipent, les blessures sont pansées à la surface, sans atteindre le cœur.
J’aurais voulu ressentir davantage – le vertige de l’horreur, le dégoût, l’attachement, la compassion. Mais rien ne s’ancre durablement. Les multiples analepses coupent trop souvent le rythme, et les dialogues mentaux tournent parfois à vide.
Le passage sur la chirurgie reconstructive m’a pourtant interpellée. La figure réelle de Suzanne Noël ou d’Anna Coleman Ladd offre une respiration inédite, un souffle historique bouleversant. Mais ce fut tellement court ! J’aurais aimé que l’autrice leur donne davantage de place. Elles incarnent une autre forme de guerre, celle du soin, de la réparation, presque de la résurrection.
Et puis vient la dernière partie. Une tension nouvelle, une quête de vérité presque viscérale. Pour la première fois, j’ai senti une pulsation, un frisson. Mais là encore, tout va trop vite. L’enquête passionne, mais l’émotion ne trouve toujours pas sa place. Elle passe, fugace, comme un souvenir refusé.
L'enseveli est un roman qui a du fond, une matière grave et noble. Mais il manque l’âme, le souffle, l’empathie qui m’auraient permis de plonger. Je suis restée spectatrice, à distance, face à des personnages ensevelis dans leur silence autant que dans leur douleur.
Je n'ai pas lu La cuisinière des Kennedy, il est désormais dans ma pal, coup du destin ou du coup du sort, lors de cette lecture, une femme ouverte d'esprit me l'a offert. Merci à toi, mais après cette lecture, je vais attendre un certain temps avant de le découvrir.
Fraternité au cœur de l’horreur Je referme ce roman avec un pincement au cœur. L’Enseveli ne m’a pas seulement raconté une histoire, il m’a accompagnée. Si les cinquante premières pages m’ont semblé un peu lentes, une fois entrée dans le récit, j’ai été happée. Et j’ai lu d’une traite, bouleversée par la pudeur, la sincérité et la lumière que Valérie Paturaud fait surgir au cœur de l’horreur. Le roman s’ouvre dans les tranchées du nord de la France, en pleine Première Guerre mondiale. Abel, ouvrier dans le civil, sauve un camarade à moitié enseveli dans un cratère d’obus. Puis vient le noir. À son réveil dans un hôpital militaire, Abel découvre qu’il a été gravement blessé. Son voisin de lit, défiguré, est l’homme qu’il a sauvé : Adrien, un médecin, officier, issu d’un tout autre monde. Abel ne dit rien. Une amitié naît pourtant, fragile, silencieuse, née d’un besoin d’humanité plus fort que les classes sociales ou les grades militaires. Valérie Paturaud raconte cette relation avec sobriété, à travers les pensées d’Abel, les souvenirs de guerre, les lettres, les silences. Le récit est fluide, sans pathos excessif, mais porté par une émotion discrète et constante. On sent le respect de l’autrice pour ses personnages, et pour cette mémoire collective trop souvent oubliée. Ce n’est pas un roman qui cherche l’effet ou le spectaculaire. Certains lui reprocheront un certain classicisme, un déroulé un peu attendu. Mais moi, j’y ai trouvé un équilibre rare entre authenticité et retenue. Ce n’est pas tant la guerre qu’on lit ici, mais ce qu’elle révèle de l’humain : la souffrance, la solidarité, la résilience. L’Enseveli est un roman simple mais profondément humain. Un récit de fraternité né dans la boue et le sang, qui nous rappelle que parfois, dans les pires ténèbres, une lumière subsiste.
En 1916, deux hommes que tout oppose, classes sociales, caractères, situation familiale, profession... oui que tout oppose se retrouvent dans une chambre d'hôpital. L'un a un pied fracassé, l'autre est une gueulée cassée. C'est ainsi que commence ce roman très émouvant, écrit avec une vraie sensibilité où tout n'est que nuances, compréhension et compassion. J'ai lu d'une traite cette histoire très simple qui évite le piège du fameux "la guerre c'est moche !" pour mieux raconter l'évolution de ces deux hommes, à l'écoute l'un de l'autre, et qui vont nouer une relation intense, puisée dans la souffrance partagée.
Bien évidemment, il y a un secret, mais qui, en fait, n'est pas si important que cela. Ce qui compte, c'est le récit d'Abel, l'ouvrier révolté, jeté dans la guerre comme chair à canon... sa rage qui va peu à peu s'émousser devant le courage d'un homme qui se reconstruit avec entêtement et dignité.
L'idée de départ était bonne, dans quel espace-temps autre qu'une guerre, ici la 1ère guerre mondiale, un ouvrier syndicaliste et un médecin bourgeois auraient pu lier des liens d'amitié aussi puissants et profonds aussi rapidement. De même que le choix de l'autrice de suivre le quasi quotidien des "gueules cassées" étaient très intéressant sur le papier.
Malheureusement la plume de l'autrice, un peu trop classique et sobre pour moi, n'a pas réussi à me transmettre l'émotion et la compassion que j'aurai dû éprouver envers les personnages.
En bref, je ne suis pas parvenu à rentrer dans l'histoire qui m'a semblé trop convenu et le manque d'originalité me l'a fait paraître un peu fade.