De tous, c'est celui qui a l'intrigue la plus classique (un flic un temps écarté du service sur le retour, un tueur en série à la Jack l'Éventreur, la société secrète libertine façon Marquis de Sade qui complote contre l'Etat, etc) et ça révèle malheureusement encore plus que d'habitude les faiblesses narratives de l'auteur, qui n'est décidément vraiment pas bon pour nouer et dénouer une enquête sans être outrageusement artificiel. Ça se veut méta et complice avec le lecteur façon "Oh je sais que je viens de sortir la solution de mon chapeau dans les 5 dernières pages mais *wink wink* la vie a bien souvent l'air d'un roman, et le roman n'est rien comparé à la vie !" mais oui, non, en fait. C'est juste chiant. Quelques scènes un peu mignonnes mais sans plus.
Et je ne vais même pas relever les tropes de Jean-François le Boomer (victime pas vierge = ah ben ça devait forcément être une pute, hein ; et alors vraiment les hommes qui s'habillent en femmes, ils font les meilleurs monstres de cauchemar et les meilleurs prédateurs, n'est ce pas, c'est bien connu...), parce qu'on n'est plus à ça près avec cette série hein -___- Il a le mérite d'avoir essayé d'adresser le côté systémique du droit de cuissage pratiqué sur les femmes domestiques à l'époque, et d'avoir écrit un prologue du point de vue de la première victime où il montre que les filles n'avaient souvent absolument pas d'autre choix que de céder à tous les hommes de la hiérarchie si elles voulaient garder leur place et survivre, mais ça se limite au prologue justement, et le reste du roman (entièrement du point de vue des personnages masculins) n'en a plus rien à foutre, et donc ça tombe complètement à plat. Et c'est d'autant moins crédible que le héros lui même termine le roman en avouant à quel point ça le faisait chier que la mère de son fils soit une ancienne prostituée, et tout le monde d'approuver le "sacrifice" de ladite mère qui disparaît du paysage pour "sauver l'honneur" de son gamin et de l'homme qu'elle a aimé, et surtout pour que ce dernier puisse se remettre avec une petite jeune de haut rang plus intéressante sur le marché social. Je sais que ces romans datent des années 2000, que l'auteur veut à tout prix rester historiquement réaliste sur les opinions et les échelles de valeurs de l'époque, mais ça n'excuse pas tout. Globalement j'aime toujours bien la plupart des personnages, mais dans ce tome-ci les bons côtés n'étaient plus du tout suffisants pour que je pardonne les mauvais, et ça m'a bien refroidie dans mon envie de continuer le marathon.