Alice a quatorze ans quand elle est internée dans un hôpital. Elle découvre un autre langage, un autre monde fait de blouses blanches et d’insomnies.
Comment tombe-t-on malade à cet âge ? Qu’est-ce qui peut conduire un enfant à cesser de s’alimenter ? Entre ces murs où elle subit des traitements révoltants, Alice rencontre d’autres filles comme elle, tombées du ciel. Elle décide de raconter ces vies minuscules dans un cahier. Écrire devient un moyen de ne pas oublier, et surtout de résister.
Tombée du ciel est un roman d’amitié, d’adolescence et de révolte.
pas de note comme d'habitude pour moi lorsqu'il s'agit d'un texte issu de la vie de quelqu'un. des fulgurances d'une cruauté rare, un mélange de violence et de sublime qui arrive souvent à embrasser l'immensité de ce qui se joue et se déchire dans nos cœurs d'adolescente. certains passages : c'est très, très grand. des mots qui vont chercher et creuser très très loin au fond de ce qu'est l'anorexie, non pour ceux qui la regardent ou étudient, mais pour ceux et surtout celles qui la vivent. pour autant, je ne peux m'empêcher de ressentir une forme de malaise : moi qui me suis mangé l'anorexie dix ans de ma vie, ces mots n'ont pas été une réparation, ni une reconnaissance, mais m'ont heurtée beaucoup. je ne sais pas vraiment si c'est un livre à mettre entre les mains de quelqu'un qui a connu ça, et je me demande dans quelle mesure il va vraiment ouvrir une porte, émouvoir, instruire ceux à qui l'appétit de néant et de vide est étranger. je me demande pourquoi tout le dégoûtant, tout le repoussant, tout le glauque et le macabre et le bizarre et le violent et le sale qui sont racontés ici le sont. je ne suis pas sur le principe contre le fait de montrer tout ça, voire de choquer. mais ici, je n'ai pas compris l'intention. tout ce qui est dit est vrai, mais m'a sans doute aussi fait très mal, et je n'y ai pas trouvé d'élévation. sans doute parce que ce sont des choses que je préfèrerais moi-même garder pour moi et ne pas partager avec autrui. j'ai eu beaucoup de mal à croire à la voix de la narratrice de 14 ans, l'autrice adulte derrière est assez visible à mon sens, et met parfois dans sa bouche des analyses et des idées qui m'ont arrachée à elle, m'ont presque fait de la peine. je pense que tout ça est très propre à la façon dont moi j'ai vécu la maladie et la violence psychiatrique, et je me rends bien compte que je parle comme je le fais parce que j'attends probablement un livre très spécifique sur tous ces sujets, et que ce ne serait pas juste envers Tombée du ciel d'attendre qu'il le soit.
D’abord l’histoire : celle de l’autrice, anorexique et internée en hôpital psychiatrique.
Et les mots : une plume foudroyante et maîtrisée, presque poétique, qui rajoute une strate de déchirement au vécu raconté ici.
J’ai moins apprécié la fin, pas forcément assez explicite et qui laisse planer quelques interrogations malgré tout. Mais je crois que cela relève presque du détail étant donné la précision chirurgicale avec laquelle Alice Develey autopsie l’aspect émotionnel de ce qu’elle raconte.
Tw : TCA, hospitalisation, automutilation, tentative de suicide, violence, maltraitance
Un livre dur et poétique à la fois, une lecture puissante mais difficile de par les sujets et thématiques abordés. Cependant, c'est un premier roman important et nécessaire.
Alice, 14 ans, mange seulement une pomme à chaque repas. Elle a cette voix, ce personnage dans la tête, qu'elle nomme Sissi, qui lui dit des choses atroces et lui ordonne de manger toujours moins. Alice va être conduite à l'hôpital : elle ne comprend pas ce qu'elle a fait de mal, personne ne lui explique ce qui lui arrive. On la prive de sa liberté et sa colère va éclater. La rage d'une ado pour qui le monde est injuste et violent.
Le roman parle de l'anorexie, de tous ses aspects les plus retors et de cette maladie si mal traitée dans les hôpitaux. Ce récit livre cette violence envers les malades.
C'est une lecture qui m'a bouleversé et énormément touché. L'écriture est brute, crue : elle n'épargne rien, elle dit tout, mais elle reste poétique et prenante.
Alors c'est extrêmement bien fait et expliqué, normal, l'autrice a vécu elle-même l'anorexie. Mais c'est une torture à lire, la violence médicale, le chantage, le fameux "contrat de poids"... dur à lire car terrible. Mais factuellement, c'est un bon livre.
C’est atroce, cru, vraiment faut avoir l’estomac accroché. Un fin mélange entre doux et amer qui nous mène de la colère à l’attendrissement. Encore plus impactant quand on sait que c’est inspiré de faits réels
Seigneur…. Je n’en ressors pas indemne. Je suis secouée. C’était terriblement touchant et prenant. Quelle force! C’est vraiment une réponse de courage d’écrire sur cette expérience traumatisante. Respects.
Lu pour les cours donc j’en attendais rien de particulier et j’ai été BLUFFÉE, faut absolument que je vous partage des citations parce que la plume est sublime. C’était super dur mais surtout très poétique, la note de fin m’a giga tuée et vraiment c’etait tres beau. Attention aux TW par contre !
Bien que je n'aie jamais vécu cette maladie, j'ai trouvé que Tombée du ciel d’Alice Develey en parlait avec un réalisme saisissant. L’autrice y partage son vécu sans rien cacher, ce qui permet de comprendre pleinement sa souffrance, sa colère, les origines de sa la maladie et ce qui l’y retient prisonnière. Elle met aussi en lumière l'impact de la sphère familiale sur la naissance de la maladie. La plume est juste, cru et vive. J’ai ressenti chacune des émotions d’Alice avec une vivacité rare.
Le livre dénonce également le système hospitalier, notamment l'hôpital psychiatrique où elle a été internée. Si elle y a rencontré de magnifique personnes, son séjour aura aussi été marqué par un manque d'écoute sur les causes profondes de sa maladie et un acharnement parfois cruel. Elle évoque des traitements très durs : contention, isolement, privations… Tombée du ciel est un récit qui m'a profondément touchée. Il est cru, sans filtre, mais essentiel pour mieux comprendre cette souffrance et sensibiliser à cette maladie. Attention aux trigger warnings, car rien n'est édulcoré, mais c'est justement cette honnêteté qui rend le livre si percutant.
Une des lectures les plus difficiles et déchirantes que j'ai pu lire dans ma vie. L'anorexie est montrée dans ce qu'elle a de plus terrible, pour la personne concernée comme pour autrui. Les hopitaux et la maladie sont montrés avec un réalisme déroutant mais nécessaire. L'écriture violente et incisive termine de rendre ce roman essentiel pour se rendre compte d'une réalité qu'on connait trop peu.
« Tombée du ciel » est le premier roman d’Alice Develey, journaliste littéraire au Figaro. À partir de souvenirs personnels, elle y raconte la vie d’Alice, 14 ans, hospitalisée en pédiatrie, puis en psychiatrie. Dans le premier service, on la force à manger à l’aide d’une sonde, puisqu’elle refuse de s’alimenter par la bouche. Dans le second, elle subira la contention à de nombreuses reprises (dispositif d’immobilisation) et sera obligée de se soustraire à toutes sortes de traitements médicamenteux qui lui feront perdre toute forme de réalité. Si l’héroïne de « Tombée du ciel » porte le même prénom que son auteure, le roman n’est pas pour autant un témoignage. Alice Develey s’est servie de ses souvenirs de l’époque, mais elle se glisse bien dans la peau d’une adolescente de 14 ans, internée du jour au lendemain sans explications. Sa vie se résume alors à l’enfermement, à la révocation de tous ses droits : pas de musique, pas de téléphone, pas de livre, pas de visites. Un grand rien qui va prendre toute la place. « Depuis que je suis là, j’habite une terre sans soleil. Un monde de volcans éteints, de cendres grises et de cratères profonds comme mes trous de mémoire. »
Le personnage d’Alice est comme une ombre dans un monde sans lumière, évoluant dans un environnement stérile, aseptisé, où les murs blancs de l’hôpital se dressent comme les témoins silencieux de son combat intérieur. À 14 ans, elle n’est plus une enfant, pas encore une adulte. Elle se situe entre deux périodes charnières de l’existence, entre le regard candide de l’enfance et la révolte adolescente envers le monde des adultes. Alice, « Tombée du ciel », vit dans un lieu où le temps s’est arrêté, où il lui faut trouver en elle des espaces de respiration qui s’apparentent à une liberté perdue. « L’hôpital est l’espace du non-lieu. C’est un continent à la dérive, où l’on passe et transite comme dans une gare, au milieu d’autres voyageurs et d’autres bagages on attend notre heure. » Lorsqu’elle trouve un cahier, elle se met à écrire. Si raconter est une libération, elle le fait pour de sombres desseins. « Je suis en guerre. J’écrirai comme on tue. » Elle décrit son existence comme une bataille incessante, une guerre contre elle-même et contre les autres, où le moindre geste, la moindre pensée est une lutte pour la survie et la destruction. Alice est double, Alice vit avec une voix dans sa tête, Alice veut vivre et mourir. Car, derrière le refus de manger se cache toujours une détresse plus profonde…
Sauf que, l’hôpital a des protocoles, et la première des priorités est de faire fonctionner le corps. Or, refuser de s’alimenter le met en danger. Le nourrir devient une obsession du personnel médical et pour y parvenir, il est prêt à tout. « Plus qu’un endroit, il faudrait peut-être mieux parler d’une machine à broyer les enfants. » Le récit d’Alice devient glaçant, et si terrifiant qu’il vous tétanise. J’ai été pétrifiée, glacée jusqu’aux os par l’horreur de ce qu’elle a subi « Je n’ai pas peur de mourir, c’est vivre qui m’effraie. Chaque jour qui passe sous ce plafond blanc se réduit à la dimension d’un matelas. » La gamine « Tombée du ciel » nous fait entrer par la grande porte dans un univers dépourvu de toute empathie où maintenir en vie équivaut à de la maltraitance.
Si l’on appelle aujourd’hui cette maladie l’anorexie mentale, c’est pour accentuer que le fait que deux batailles se jouent : le corps et l’esprit. La psychologie y a évidemment une place primordiale. Or, devant le refus ou l’impossibilité de manger d’Alice, le corps médical va prendre des mesures : la pesée journalière et les remarques du genre « C’est pas joli, joli », les prises de sang et le corps qui bleuit sous les hématomes, les auscultations des « ternes » sans visages (internes), l’absence de respect de la pudeur. « J’ai le corps presqu’île, je me défais de moi-même. » Jusqu’à cette insupportable scène de gavage : la pose d’une sonde gastrique par laquelle on va la forcer à manger. « J’ai toujours pensé que j’avais un démon dans le ventre. Et voilà. Il n’a ni grandes dents, ni oreilles velues. C’est un simple tuyau. Un ver de terre. Un ténia qui défèque dans mon estomac. C’est l’ennemi intérieur. L’ultime terreur. » Alice, « Tombée du ciel » qui avait peur des monstres enfant, connaît maintenant la cruauté des adultes : l’indifférence, la maltraitance, les traitements révoltants, l’absence de solutions au cas par cas, le chantage affectif et le fameux « contrat de poids ». « C’est simple, si tu prends un kilo, tu as le droit à du courrier, un de plus, c’est le téléphone, puis, les visites, la sortie de la chambre, la sortie en salle de jeux, un de plus, c’est une permission, c’est-à-dire une sortie pour aller voir tes amis ou ta famille, un de plus, et c’est la sortie définitive. (…) Mais à chaque kilo perdu, c’est retour à la case départ. Plus d’appels, plus d’amis, plus de soleil. Adieu la vie, adieu le vent. »
Face à ces actes médicaux, Alice raconte toutes émotions qui la traversent. C’est à s’en arracher les tripes tant les souffrances qu’elle décrit sont insoutenables. « Je ne m’aimais pas avant, désormais je me déteste. Et l’hôpital va me donner les raisons que je cherchais pour me bousiller. » Pour Alice, l’hôpital symbolise la puissance implacable de la médecine qui, au lieu de guérir, impose des traitements brutaux, qui la réduisent encore plus à l’état d’objet, de sujet d’expérience. Sa maigreur est une forme de disparition, une tentative désespérée de devenir invisible, de s’évanouir dans l’oubli. Son esprit, malgré les drogues, malgré les sévices, reste combatif, plein d’une rage sourde. Elle se révolte, dans le silence de sa chambre, dans les mots qu’elle couche sur le papier. Son journal devient son ultime arme, une manière de laisser une trace, de raconter sa version des faits avant que le système ne la dévore entièrement. Elle y décrit les tortures, l’absurdité de ces « soins » qui la déshumanisent encore plus, et ce qu’est réellement l’anorexie mentale. Car, à travers elle, Alice Develey dissèque également les causes de cette maladie. Dans « Tombée du ciel », c’est aussi l’anorexie qui tombe sur les êtres…
Je n’ai pas été confrontée directement à cette maladie, mais « Tombée du ciel » m’a fait comprendre ce qu’elle impliquait réellement. L’anorexie, bien plus qu’un simple refus de s’alimenter, est la manifestation physique d’un mal-être profond, d’une haine de soi que rien ne semble pouvoir apaiser. On est en guerre contre soi-même, contre son propre corps, contre des souvenirs qui hantent, contre un passé qu’on voudrait effacer. Paradoxalement, c’est à chaque gramme perdu qu’on se sent le plus vivant. Voici quelques citations disparates.
« D’abord, l’anorexique ne refuse pas de manger. Elle ne ressent pas la faim, ce qui est bien différent. »
« L’anorexique n’est pas dans la privation mais dans la disparition. »
« Quand l’anorexique ne mange pas, c’est l’anorexie qui le lui interdit. »
« L’anorexique bouffe ses émotions. »
Alice Develey dit beaucoup sur le miroir que la société renvoie aux femmes : les magazines féminins, les vitrines, les réseaux sociaux, le regard de l’autre. J’y ai trouvé une grande justesse dans les propos, prenant conscience qu’un minuscule détail peut faire basculer n’importe qui dans cette maladie. Ce qui m’a énormément touchée c’est l’ensemble de ces petites phrases que l’on a toutes entendues et qu’on a parfois même dites à ses propres enfants. « Peut-être que tu manges trop au dîner », « Comme il fait chaud, c’est bien de ne pas trop manger. ». Et celle à retenir : « Une phrase, c’est pas que des mots, c’est une sentence qui peut vous coûter toute une adolescence. » Le style de l’écriture reflète parfaitement l’état d’esprit d’Alice : haché, brutal, sans concession, cynique, parfois poétique. Les phrases sont courtes, tranchantes comme des lames de rasoir, elles capturent l’urgence de ses pensées, le chaos de son esprit. Chaque mot semble peser une tonne, chaque phrase est comme un coup de marteau sur l’enclume de sa souffrance.
« Tombée du ciel » m’a mise à terre, en pièces, tant j’ai souffert avec Alice. Malgré tout, il y a dans ce texte une forme de beauté, une lumière ténue qui perce parfois à travers les ténèbres. Alice, en dépit de son désespoir, de sa volonté de mourir, conserve en elle une petite flamme, une étincelle de vie qui refuse de s’éteindre complètement. Cette flamme, c’est peut-être l’écriture elle-même, cette capacité à transformer sa douleur en mots, à laisser une trace, à ne pas s’autoriser à disparaître totalement. « Toute écriture est une blessure. Soit on la cicatrice, soit on la creuse. Mais c’est toujours dans le sang qu’on plonge la plume. La beauté ne surgit qu’à cette condition. » La littérature sauve, et encore une fois, « Tombée du ciel » nous en donne un somptueux exemple, autant sur la forme qui sur le fond. « Il y a des personnes qu’on croise et il y a des personnes qu’on rencontre. » Quelle belle rencontre que celle-ci !
c'était aussi horrible que prenant, il y avait beaucoup de passages difficiles et qui faisaient mal au cœur, et sachant que c'est inspiré de l'histoire de l'autrice ça fait froid dans le dos (le personnel de l'hôpital était ABJECT)
la plume était très belle, incisive et poétique, c'était une histoire complètement maîtrisée et j'ai beaucoup aimé suivre Alice dans son malheur et sa colère, j'avais juste envie qu'elle s'en sorte, c'était juste une enfant 🥹
Je suis bouleversée. Superbe livre déchirant sur l’anorexie, les TCA, la santé mentale, l’amour maternel et paternel, la souffrance, et l’hospitalisation des enfants. C’est absolument magnifique. À lire !!
Un roman autobiographique choquant et violent. Alice Develey nous raconte l'hospitalisation qu'elle subit pour traiter son anorexie alors qu'elle n'est âgée que de 14 ans. Lorsque l'on est une jeune adolescente et qu'on "n'a rien demandé" les conditions d'hospitalisation psychiatrique sont rudes ; plus que rudes, elles s'apparentent presque à une détention : la jeune fille est enfermée, isolée et attachée ... En tant que personne extérieure on se doit de penser que ces traitements sont "nécessaires", que c'est pour son bien. Cependant à la lecture de ce récit, qui traite aussi bien de l'anorexie mentale - ici personnifiée et appelée "Sisi" dans la tête de la narratrice - que de la dépression et des envies suicidaires, on est obligé de se questionner sur les limites de cette hospitalisation. Comment peut-on infliger de pareilles conditions de vie à une jeune fille de 14 ans qui vit désormais à l'hôpital depuis plus de 5 mois ? Où demeure l'humanité et la compréhension du personnel soignant dans ce qu'a vécu et raconte Alice Develey ? Rien ne passe dans cette chambre d'hôpital : ni la douleur, ni la colère et l'incompréhension face à l'absence maternelle, ni l'envie d'en finir ... Alice Develey ne nous épargne aucun détail (pourtant on peut lire de l'autrice en fin d'ouvrage qu'elle n'a pas TOUT décrit) : c'est un récit brutal, sans doute trop "vrai", trop proche de la réalité, pour que l'on puisse prendre du recul et "souffler". Certains passages ont été étouffants à lire, d'autres rageants tant on se sent impuissant pour aider la jeune Alice. Un roman à lire absolument pour ne rien ignorer de ce qu'il peut se passer dans nos hôpitaux ...
De nombreux passages très forts, des images poignantes, des scènes trash et des punchlines qui claquent. C’est un roman important pour dénoncer le traitement inacceptable de personnes anorexiques, plus largement des mineur.es dans les hôpitaux, et rien que pour ça, il vaut la peine d’être lu. Mais la rage de l’autrice, toujours palpable plus de 16 ans après les faits, nuit parfois à une certaine forme de justesse. La narration au présent d’une ado de 14 ans est tellement colorée de métaphores et d’un vocabulaire littéraire qu’elle en perd de sa crédibilité - tout comme les dialogues. J’ai l’impression que l’autrice a combiné un essai sur l’anorexie et les hôpitaux de son point de vue de jeune femme dans la trentaine avec un roman. À mon sens, cela donne un effet un peu bancal au livre, comme si on lisait deux textes en un. Il n’empêche que c’est un livre important - même si j’aurais souhaité que l’autrice ait pris davantage de recul.
Dans ce livre audio, lu et interprété de manière exceptionnelle et intense émotionnellement par Ariane Brousse, nous suivons Alice alors qu’elle a 14 ans et qu’on décide de l’interner à la suite de ses problèmes de santé. Alice ne se nourrit plus. Elle obéit à cette petite voix dans la tête qui lui dit qu’elle est grosse et qu’elle ne doit pas manger si on veut qu’on l’apprécie. Alice sera hospitalisée dans un service “normalement” adapté aux troubles complexes. Elle y subira des traitements très durs surtout psychologiquement ce qui n’aidera absolument pas notre jeune fille à trouver la clé de ses problèmes.
Mais elle trouvera la force d’y survivre grâce aux autres filles qu’elle rencontrera dans les allées de ce service et surtout grâce à l’écriture qui lui permettra de soulager ses maux sur papier.
Ce récit, témoignage de la vie d’Alice Develey, l’autrice, est éprouvant, choquant, interpellant. On ne ressort pas sans émotions de ce récit poignant et pourtant empli de révoltes et d’amitiés. C’est une vision unique de ce qu’une personne souffrant d’anorexie peut réellement vivre. Cette incompréhension qu’elle a envers son entourage qui ne la comprend pas et qui ne fait rien pour la comprendre. Avec des mots simples mais qui vous remuent, ce livre est un message appelant à changer les choses pour qu’on adapte les thérapies et à plus de respect envers les patient.e.s.
Un percutant morceau de vie que j’ai écouté en pleurant parfois et dont je vous recommande en audio au vu de la qualité de la prestation de la lectrice.
Il y a des livres qui laissent une trace, qui vous abîment, qui vous transpercent, qui vous bousculent. Et celui ci en fait partie, et de loin. Je l'ai commencé la boule au ventre, je l'ai terminé les yeux rempli de larmes. Avant même de m'attacher à Alice, à son histoire, j'ai été complètement bouleversée par l'écriture d' @alicecilad . C'est le genre d'écriture dans laquelle chaque mot à sa place, chaque phrase a un sens profond, rien n'est laissé au hasard. Et pourtant c'est une jeune fille de quatorze ans qui parle dans ce récit, mais avec un regard si perçant sur le monde qui l'entoure. Il y a des passages tellement difficiles à lire, des situations dramatique, une jeune fille à la limite de la mort à chaque instant et pourtant... Il y a l'amitié, il y a la beauté, il y a l'espoir. Le corps médical y est vivement critiqué, et comme le précisé l'autrice, même si ce livre n'est pas autobiographique, il recèle de "débris de souvenirs". Et comment peut il en être autrement lors qu'à quatorze ans vous êtes nourrie de force et mise en camisole ? C'est un récit plein de colère, plein de regret, mais aussi plein de pardon et de résilience. Vous ne saurez pas comment terminé cette histoire, mais je ne peux que souhaiter le meilleur à cette petite fille, qu'elle ai dix ans, quatorze ou trente.
Tombée du ciel est un livre dur. Brut. Percutant. Il aborde l’anorexie dans ce qu’elle a de plus sombre, de plus extrême, sans jamais édulcorer la réalité. On est plongé·e dans la maladie à son stade le plus grave, le plus bas, et c’est parfois éprouvant à lire.
Le roman parle aussi beaucoup des liens sociaux, de leur importance quand on se sent seul·e, quand on est au bord du gouffre. De ce qui peut nous retenir, nous tendre une main, même quand on n’y croit plus. Il est aussi question de psychiatrie, d’hospitalisation, de ces décisions parfois prises contre le gré des patient·es, mais pour leur survie.
Ce n’est pas une lecture facile. Il m’est arrivé d’être hantée la nuit par cette histoire, d’avoir envie d’arrêter parce que c’était trop dur, trop intense. Et pourtant, je n’ai pas pu lâcher le livre. La plume de l’autrice est cinglante, directe, sans détour. Elle dit tout. Elle ne protège ni ses personnages, ni ses lecteur·ices.
Je recommande ce livre, vraiment, mais avec de gros warnings : troubles alimentaires, souffrance psychique, hôpital psychiatrique, perte de contrôle. À ne pas mettre entre toutes les mains, ni à lire dans un moment de fragilité. Mais c’est un roman fort et marquant.
Une lecture incroyable, un livre fort et "magnifique" si l'on peut dire.
Avec cette lecture, nous découvrons les vices de l'anorexie à travers Alice, quatorze ans. C'est un récit qui nous prend à la gorge. Grâce à cette très belle plume, l'auteure nous dépeint un univers horrible plein d'angoisse et d'autodestruction. On ressent toute la terreur, la rage de la protagoniste, ses sentiments d'injustices envers sa famille, les professionnels qui l'entourent.
Mais ce roman permet également de mettre en avant les failles du système hospitalier, les traitements médicaux parfois inhumain mis en place et pratiquer. Cela à également engendrer les sentiments de solitude du personnage, la perte des repères, et parfois même l'identité propre.
Avec ce premier roman qui démontre la force de l'auteure pour de tels récits, c'est un premier roman impressionnant. Celle-ci a su user de son expérience pour dépeindre un milieu où règne encore une grande part d'inhumanité, abordant ceci sans fioritures. Une lecture dure, mais puissante.
Pour le moment, le roman de la rentrée littéraire qui m'a le plus bouleversée. C'est dur, brut. Un témoignage sur les conditions et traitement des enfants anorexiques à l'hôpital psychiatrique. Alice ne peut pas manger, elle va mal , terriblement mal et personne n'essaye de la comprendre. La seule chose qu'ils veulent c'est qu'elle mange pas n'importe quel moyen, même s'il faut la forcer, la gaver, l'attacher. Ils veulent qu'elle soit normale, il faut taire le mal-être, taire la différence... Les adultes jugent, menacent, contrôlent. C'est finalement la colère qui la maintient en vie, la colère et la présence des autres enfants, comme elle, même s'ils finissent toujours par partir.. C'est un roman très fort, bourré d'émotions. écrit à la première personne.
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L'écriture est brute, raide, éclair. On ressent vraiment l'urgence d'écrire pendant toute la première partie. Les phrases sont courtes, sèches, piquantes, glaçantes. L'histoire est violente et je me suis vraiment demandée comment c'était possible. Alice Develey met le doigt, il me semble, sur les derives du système psychiatrique en France. Où est le suivi psychiatrique ? Où sont les dialogues ? Où est l'empathie ? Comment peut-on croire que ce qu'elle a vécu puisse l'aider à aller mieux ? Le roman se lit tout seul et j'aurais envie de lire la suite pour connaître les suites de ce "parcours de soin".
« Mon enfance est morte dans cette chambre, carré parfait aux dimensions de caveau, Où tous mes cris blancs resteront enterrés. »
Alice est adolescente lorsqu’elle entre à l’hôpital, malade d’anorexie. En plongeant dans ses pensées les plus profondes, elle nous fait vivre sa douleur de n’être pas écoutée, ignorée. Le personnel ne semble même pas chercher le mal à la racine, ne voulant que l’anéantir, en utilisant jusqu’à la menace, la manipulation, et une forme de torture psychologique sur les jeunes filles hospitalisées. Il est alors difficile, face au tumulte de ses descriptions glaçantes, alertantes, de ne pas questionner l’aspect du traitement des malades par le corps médical.
« J’étais une enfant en entrant ici. J’avais peur de mes monstres, mais c’est parce que je ne connaissais pas vraiment les adultes. »
Le roman, par sa sincérité évidente, invite aussi à comprendre ce que les personnes malades d’anorexie peuvent ressentir, à quel point, il s’agit d’un tout complexe, infusé par des facteurs différents. Il invite à voir ces jeunes différemment, qu’est-ce qu’il faut dire / ne pas dire, de quelle manière aider. Ce texte permet aussi de nous faire prendre conscience des peurs, des émotions que iels traversent.
J’ai été profondément empathique à la lecture, Alice fait preuve à la fois d’innocence avec des comportements encore impulsifs, enfantins, mais s’avère être d’une maturité certaine, elle est maline, a un fort caractère. Même en mettant de la distance, elle se lie d’amitié avec les autres filles du service.
Avec un sujet encore trop peu exploré en littérature, Alice Develey nous livre un premier roman sincère, authentique, intime. Un texte qui fera indéniablement parler à la rentrée, à côté duquel il sera difficile de passer !
Sachant Alice Develey critique littéraire, j’étais très curieuse de la découvrir en tant qu’autrice, et je dois dire que je ne suis pas déçue !
Entre journal intime et tranches de vie, Alice Develey s’inspire de son expérience pour raconter une hospitalisation pour anorexie dans une unité pédiatrique alors qu’elle avait 14 ans.
J’ai eu du mal à m’immerger dans ma lecture car j’étais souvent un peu en colère. Ce qui m’a chagrinée? Le manque de recul de l’adulte face au récit de l’adolescente. J’ai moi-même été admise dans une unité TCA, plus ou moins à la même époque que l’autrice. Je l’ai vécu comme un sauvetage, et non comme un calvaire mais je sais que ce n’était pas le cas de tous patients et patientes. Cependant, j’ose imaginer qu’ils ont réalisé plus tard à quel point une certaine intransigeance est nécessaire quand on a affaire à des êtres qui se laissent littéralement mourir de faim. La sonde, la contention, le gavage et les contrats de poids paraissent violents mais sauvent des vies! Pas toujours, notez bien, n’est-ce pas ma douce Johanne?
J’ai fini par comprendre l’autrice voulait un côté un peu brut, non lissé par son soi de 30 ans. C’est ce que reflète d’ailleurs très bien la fin, incroyablement émouvante. Le souci c’est que le lectorat ne semble retenir que l’inhumanité des traitements plutôt que la réalité d’une maladie qui s’avère parfois fatale.
Une roman qui me touchait peut-être trop personnellement pour me garantir une certaine objectivité. Rien à redire par contre sur la version audio, interprétée par une Ariane Brousse (déjà entendue dans « Katie ») qui réussit à traduire parfaitement les émotions de la narratrice.
“Depuis que je suis au sixième, il demande à la voir toutes les semaines, jamais mon père, comme si la folie était une affaire féminine. Je serais la fille d’une folle, mais pas d’un fou.”
Une lecture très éprouvante (je lis ça depuis ma chambre d’hôpital en plus) mais indispensable. La manière dont on traite la maladie mentale dans ce pays est une honte, et lire la façon dont on a traité cette toute jeune fille me donne envie de hurler
Ce livre est très touchant, j'ai adoré l'écriture de l’autrice. Si je ne mets pas 5 étoiles c'est parce que je l'ai trouvé parfois un peu long et redondant. Mais en même temps ça rend le propos plus proche du vécu ! Lire un livre aussi dur que poétique, mérite un bravo. L'anorexie est une maladie dur à comprendre, merci à ce livre de permettre de mettre des mots dessus et de nous éclaircir sur ce sujet !
Tombée du Ciel de Alice Develey J'ai trouvé hyper intéressant le côté "réflexion" qu'entraine l'autrice avec son histoire mais heureusement je pense que je l'ai écouté et non pas lu parce que j'ai quand même ressenti un manque de "sentiments" qui fait que le roman est assez "plat" dans sa narration. 15/20 - https://www.leslecturesdemylene.com/2...
Dévoré ce roman en deux jours qui est une pépite tant j'ai été bouleversé par l'écriture réaliste sur le destin d'une jeune fille anorexique. Alice Develey nous parle de cette maladie terrible qui est l'anorexie comme d'un monstre qui peu à peu efface la personne qu'il habite, le tout avec une écriture parfaite !