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Nos puissantes amitiés - Des liens politiques, des lieux de résistance

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On aime à se dire qu'elle est essentielle. Mais, en réalité, l'amitié est souvent raillée, considérée comme futile ou invisibilisée. Dans les films, les livres, les imaginaires et les récits que l'on fait de nos parcours, elle passe presque toujours à l'arrière-plan : la jeunesse terminée, elle devrait s'éclipser au profit du couple et de la famille. Elle est ce lien que l'on sacrifie volontiers les années passant, quitte à abandonner une petite part de soi avec. Mais pourquoi le couple romantique représenterait-il l'unique façon de cheminer avec d'autres dans l'existence ?
Depuis quelques années, de plus en plus de personnes décident de revendiquer leurs amitiés et de s'engager pleinement dans ces relations. Elles y découvrent des lieux de joie, mais aussi de solidarité et de résistance face aux aliénations du système patriarcal, capitaliste et dans une période de grande incertitude écologique. Hétéros ou queers, entre femmes, entre hommes ou dans des groupes mixtes, elles et ils sont nombreux à réinventer, entre ami·es, des manières de militer, d'habiter, de consommer, de faire famille, de vieillir ensemble et, finalement, de prendre soin les un·es des autres.
Mobilisant de nombreux entretiens, des références culturelles, des études sociologiques aussi bien que des textes philosophiques, Alice Raybaud montre que l'amitié porte une dimension libératrice puissante, qu'elle peut être une force de dissidence et d'émancipation. Elle appelle ainsi à réinventer ce lien, intime et politique, et à remettre nos amitiés au centre de nos vies.

336 pages

First published January 11, 2024

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Alice Raybaud

4 books5 followers

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13 (1%)
1 star
1 (<1%)
Displaying 1 - 30 of 160 reviews
Profile Image for Myrage .
45 reviews10 followers
September 18, 2025
À offrir à vos copines hetera qui ne jurent que par le couple et la famille nucléaire. Si vous êtes queers et/ou déjà au courant qu’un mariage sur deux termine en divorce ça devrait aller !
Profile Image for darcy.
1,393 reviews35 followers
September 30, 2024
LOVED IT I can't explain how important this book is to me, how necessary it was for me to FINALLY read and learn and discover other people who have a mindset closer to mine, who live the lives I can project myself into, it's just so inspiring and it gives me so much hope for the possibility of a future that looks like what I want, and not the bleak and lonely future I fear.
Profile Image for Dolly Wood.
14 reviews53 followers
March 8, 2025
Une note entre 3.5 et 4, mais je nivèle vers le haut parce qu'il y a de nombreuses réflexion passionnantes et bien amenées et un travail de recherches fouillés.

MAIS (il y a donc un mais) je suis déçue d'avoir vu si peu de réflexion autour de la fragilité de l'amitié notamment dans la précarité, pourquoi certaines personnes peinent à se faire des ami.e.s, qu'est-ce qu'il est bon de déconstruire et réfléchir pour voir fleurir des amitiés durables.
Ce sont autant de pistes de réflexions qui sont évoquées dans la conclusion alors qu'elles auraient mérité plus de place.
Plus de place notamment pour atténuer les retours d'expériences de personnes dont on devine un capitale confortable et qui donne une teinte un peu bourgeoise à une partie du livre qui semble nous dire "vous avez vu, c'est plus facile quand on a de l'argent en fait" et bon baaaah... Ça on le sait déjà, le rappel était pas forcément nécessaire.

Donc mitigé sur certains points, très enthousiasmée sur d'autres, c'était une lecture captivante en tout cas!
Profile Image for Charlotte Martigné.
61 reviews1 follower
May 3, 2024
Incroyable ode à l’amour, à l’amitié et tout ce qu’il y a entre. J’ai particulièrement aimé les chapitres “les gosses de l’amitié” et “vieillir ensemble” qui donnent à réfléchir sur de nouvelles façons d’envisager l’avenir à plusieurs et hors du schéma nucléaire classique.

“bell hooks nous rappelait toutefois que l’amour est à envisager avant tout comme une action plutôt que comme un sentiment. […] Cela doit s’appliquer aussi, je le crois, à nos amitiés.”

“Car entre l’intériorisation du cliché de la rivalité en femmes, l’injonction à cacher leur affection pour les hommes ou le soupçon de romance qui pèse systématiquement sur les amitiés mixtes, il faut bien avouer que nous avançons en amitié comme en terrain miné.”

Gilles Deleuze “Le système nous veut tristes et il nous faut arriver à être heureux pour lui résister.”
Profile Image for eight.
153 reviews14 followers
February 6, 2025
pur banger + bravo les lesbiennes
Profile Image for Lou Maix.
407 reviews15 followers
October 7, 2024
Un essai qui retourne le cerveau. Je touchais déjà pas mal d’éléments du doigt mais les lire (qu’il s’agisse de concepts ou de témoignages) était un vrai bonheur.
Enfin l’amitié (les amitiés) au cœur d’une étude longue, documentée, nuancée !
Beaucoup de joie, de tristesse, d’inspiration mais aussi de terreur (à l’idée du travail titanesque qu’il nous faudra mettre en œuvre pour avancer vers des liens sociaux divers, vers des « amours plurielles ») à la lecture de cet ouvrage.
Est-ce que j’ai pleuré ? Oui.
Est-ce que j’ai envie de l’offrir à toustes mes ami•e•s ? Très certainement.
Bref, lisez.

(Et maintenant il faut que j’ajoute à ma PAL la montagne de références qui m’ont l’air tout aussi passionnantes citées par l’autrice)
Profile Image for Zéro Janvier.
1,778 reviews133 followers
September 30, 2024
J'avais beaucoup aimé 3: Une aspiration au dehors, l'essai de Geoffroy de Lagasnerie où il racontait le trio amical qu'il forme avec Didier Eribon et Edouard Louis et partait de cet exemple pour explorer la place prise par l'amitié, et ses limites, dans notre société. Sur le même sujet, mais sur un format plus journalistique, j'ai également beaucoup aimé cet ouvrage d'Alice Raybaud, que j'avais eu le plaisir de voir échanger sur son livre dans un entretien vidéo sur le média Blast.

A travers des témoignages, des recherches en sciences humaines, et quelques références culturelles, l'autrice interroge la place des relations amicales dans la société et dévoile des perspectives de transformations plus ou moins radicales basées sur des expérimentations qui sortent du modèle de la famille nucléaire classique.

C'est très intéressant, bien documenté, joliment écrit, parfois émouvant, et surtout très enthousiasmant !
Profile Image for Eline Becht.
25 reviews
May 2, 2025
Friendship is everything. I already believed this to my core but this book is a great reminder of it and expanded my views and imagination of what friends and communities can look like. So inspirational to see people raising children with their friends (or supporting them so actively), living with their friends, caring for their friends, growing old with their friends (not surprised most of the initiatives were led by women and/or queer people ✨). We need more representations like these; friendships create spaces for care, support, love, and activism in an increasingly more individualistic world. Also, I am just so grateful to my friends (I love you) (edit : and to my sister who gifted me this book).
Profile Image for morgane .
33 reviews12 followers
April 20, 2025
ENFIN un livre qui traite sur les amitiés et en particulier les amitiés entre femme & LGTBQIA+. Le couple mit en avant et sur un piédestal dans cette société patriarcale, c'est zerooooo. I wish ne pas avoir perdue autant de temps, plus jeune, à chercher cet amour digne des films & romans, et de pas m'être rendue compte, qu'avec certain.es de mes ami.es j'ai pu ressentir de l'amour et créée des liens intimes si fort.

J'ai été plus touchée par certains chapitre que d'autres, mais ils restaient intéressant à lire. coeur sur mes amies, j'ai maintenant envie d'aller acheter une maison en campagne et qu'on élèvent nos enfants toutes ensembles <3
Profile Image for Lucie.
5 reviews
May 29, 2026
Envie de l'offrir à tout le monde, et surtout à mes ami•es 🧡
Profile Image for Laurence Guav.
14 reviews2 followers
August 9, 2024
J’aurais aimé écrire ce livre tant il m’a plu. Hâte de m’y replonger pour une relecture bientôt ! À lire absolument
Profile Image for Philippine.
130 reviews4 followers
April 22, 2026
Pas incroyablement révolutionnaire pour moi, mais agréable à lire, j'ai bien aimé les réflexions sur la vie en communauté hors du couple et de la famille nucléaire
Profile Image for Loubna.
4 reviews1 follower
August 19, 2024
tellement nécessaire !!! je suis grave en train de redessiner tout mon plan de vie, ça m'a trop ouvert l'esprit je vais le préter à toutes mes copines
Profile Image for Marie.
67 reviews2 followers
July 20, 2026
3,5*
Symptomatique des "essais 2026" selon ma nouvelle appellation, c'est à dire que c'est bien écrit, c'est bien sourcé, je suis d'accord avec quasi tout mais je n'apprends rien et j'ai l'impression de lire une compilation d'autres essais et idées qui sont tout aussi bien sans pour autant me stimuler intellectuellement ou émotionnellement
Je crois que je vieillis 😬
93 reviews2 followers
December 14, 2025
J’ai adoré ce livre, qui met en lumière plein de questions intéressantes sur la place du couple dans nos sociétés, par rapport à celle de l’amitié. Ça m’inspire vraiment sur la manière de vivre mes relations et les attentes que je peux avoir sur mon compagnon.

J’ai surtout accroché à la première partie, et moins à celle qui donne des exemples de vies communes - parce que je n’arrivais pas à me retrouver dans le concept de vie commune ? Ou bien parce que je préfère lire des concepts plus théoriques ? - mais le travail n’en reste pas moins très qualitatif, et autour d’un sujet qui reste assez peu abordé.
Profile Image for Bagot .
15 reviews
August 11, 2026
J’ai été assez mitigée voire déçue de cet ouvrage.
Le projet de l’autrice est explicitement de faire de l’amitié un lien politique et un espace de résistance au patriarcat et au capitalisme ; elle s’appuie notamment sur des objets de pop culture, des expériences de personnes qui habitent, militent, font famille ou vieillissent entre ami·es.
J’ai plusieurs critiques en tant que féministe avec une perspective matérialiste / marxiste et queer.

Je trouve que le livre semble parfois proposer une « révolution des relations » comme réponse à une organisation sociale oppressive. C'est séduisant, mais je me demande si l'on ne transforme pas (voire si on ne réduit pas) ainsi un problème politique en problème de sociabilité. Le capitalisme produit de l'isolement, certes. Mais si l'on répond : « Faisons davantage communauté, habitons ensemble, prenons soin les un·es des autres » on risque de faire porter aux individus et aux petits groupes la responsabilité de réparer les dégâts produits par les structures économiques. La solidarité interpersonnelle est indispensable, mais elle peut aussi devenir une manière de privatiser la reproduction sociale. Par exemple, si l'État se désengage du logement, de la santé, de la vieillesse ou de la petite enfance, des groupes d'ami·es peuvent effectivement inventer des solutions. Mais pourquoi est-ce aux communautés affectives de prendre en charge ce que la société socialisée devrait garantir collectivement ?
Globalement si l’amitié est une alternative au couple, c’est surtout une alternative principalement accessible à celles et ceux qui disposent déjà d'une certaine autonomie économique.
Le livre selon moi a une vision assez « classe moyenne blanche » de l'émancipation relationnelle (non pas nécessairement parce que toutes les personnes interrogées appartiennent à cette classe, mais parce que l'autonomie affective présuppose souvent une autonomie matérielle).

On peut déconstruire le couple et reconstruire nos amitiés, ce qui peut impliquer un nouveau modèle normatif : le groupe d'ami·es idéal, solidaire, horizontal, inclusif, qui mutualise le soin, habite ensemble, vieillit ensemble, etc. Pourquoi ce groupe serait-il nécessairement plus émancipateur ? Et surtout, la forme collective n'est pas intrinsèquement antihiérarchique. Un collectif de dix personnes peut reproduire davantage de domination qu'une relation à deux. Ce n'est pas la forme relationnelle qui est émancipatrice en elle-même ; ce sont les rapports sociaux qui la structurent. Les amitiés peuvent conduire des exclusions, des normes implicites, des rapports de pouvoir, du travail émotionnel (et matériel) inégalement réparti etc. Même si l’autrice soulève ces enjeux, il me semble que les approfondir aurait été plus intéressant que de faire un listing à chaque chapitre de films et de séries.

De plus, je trouve que l’autrice tend à réduire les difficultés des amitiés entre femmes à de la compétition et de la jalousie (induite pas le besoin de plaire aux hommes), d’où sa promotion entre autre des espaces non mixtes pour faire émerger la sororité. L’idée de faire des « femmes » une classe sociale tend à homogénéiser les rapports sociaux et ce raisonnement ne m’a pas convaincu. Ce serait ignorer que les femmes, même féministes, ne partagent pas mécaniquement les mêmes intérêts (cf féministes abolitionnistes, libérales, blanches, hétéras, TERF etc.).

Le livre donne une place aux personnes hétérosexuelles et queer, aux groupes de femmes, d'hommes et mixtes. Mais cette analyse se voulant je pense plus intersectionnelle est parfois plus « descriptive » qu’analytique, en particulier concernant la classe, la race, le handicap, l'âge, le statut administratif et économique etc. Les réseaux d'amitié ne sont pas des espaces neutres, on ne choisit pas ses ami·es dans le vide ; la question de reproduction sociale des amitiés (le réseau d'amitié pouvant être une infrastructure de solidarité, mais aussi une infrastructure de classe) n’a pas été posée pour moi. La plupart des récits de modes de vie alternatifs sont issus de personnes plutôt diplômées et/ou avec un capital culturel élevé ; ce n'est pas un défaut en soi évidemment, mais ne pas le problématiser c'est invisibiliser le caractère très situé de ces expériences et circonscrit à un certain type de groupes.

Un autre aspect sur lequel je suis tombée en désaccord consiste en l’amalgame fait entre l’idée de « changer sa manière de vivre » et de véritablement « transformer les rapports sociaux qui rendent cette vie possible ».
Le livre appuie beaucoup sur cette première dimension ; l’autrice souhaite élargir l'imaginaire du possible : faire famille autrement, habiter autrement, organiser notre quotidien…
Mais là vient ma déception. L'autrice ne pousse pas le raisonnement jusqu'au bout, ou plutôt ne le politise pas ; et si nous changions aussi les rapports de propriété, les rapports de production et les institutions qui organisent ces possibilités ? Sinon, on risque d'aboutir à une forme de « queer lifestyle politics » ou de politique du quotidien : créer des micro-communautés alternatives dans une société dont les structures fondamentales restent inchangées.

Avant de terminer, je vais m’attarder sur deux points du livre qui m’ont rendue perplexe.

Premièrement : Lors d’un chapitre, l’autrice parle de l’importance des « groupes de paroles », de groupes de sororité entres femmes qui permettent de se réparer mutuellement, d’échanger, et selon elle, de radicaliser et de politiser les expériences. Je comprends cette idée, mais quelque chose me dérange, je trouve ça un peu simpliste. Le problème, ce n'est non pas que les groupes de parole soient inutiles ou apolitiques ; c’est plutôt la manière dont le passage de l’expérience individuelle à la politisation est parfois présenté comme presque automatique par l'autrice. Certes, on peut très bien partager des expériences et produire de la consolation, de la reconnaissance mutuelle, une identité commune, une meilleure compréhension de soi. Tout cela peut être précieux sans être, au sens fort, une politisation. Il y a une différence entre reconnaître une souffrance ou appartenance et former une théorie politique. L’idée d’instaurer ce care mutuel entre femme peut rapidement passer
d’une expérience collective en problème psychologique individuel. C’est là que le terme de « réparation » mérite particulièrement d'être interrogé. Parce qu'on peut demander : Pourquoi sommes-nous blessées ? Si la réponse est essentiellement psychologique (violences, manque de reconnaissance, relations toxiques, injonctions) on risque de rester dans une logique thérapeutique.
Une autre lecture plus politisée demanderait : Quels rapports sociaux produisent les conditions dans lesquelles ces blessures apparaissent ? Qu'est-ce qui change matériellement une fois que nous avons été « réparées » ? Parce qu'il y a un risque assez subtil de produire une boucle : le patriarcat nous blesse, nous nous réunissons entre femmes, nous nous réparons, nous pouvons retourner vivre dans les mêmes structures.
La question révolutionnaire serait plutôt : Comment la souffrance partagée devient-elle une capacité collective à transformer les structures qui la produisent ?
De même, il y a une problématique inhérente au format du groupe de parole : Qui décide de ce qui constitue une expérience légitime ? Dans un tel dispositif, certaines expériences deviennent facilement reconnaissables comme « féministes » : violence, charge mentale, sexualité, maternité, rapports aux hommes, etc. Mais qu'en est-il d'une femme qui ne se reconnaît pas dans les normes du groupe ? Ou qui critique la catégorie « femme » elle-même ? Ou qui considère que son principal problème est son exploitation économique plutôt que son rapport aux hommes ? Le groupe peut alors devenir, malgré de bonnes intentions, un lieu de production d'une certaine norme de la femme féministe. C'est là qu'une perspective queer pourrait être assez corrosive ; elle demanderait si le groupe ne produit pas parfois la catégorie même qu'il prétend simplement « libérer ». Donc à la question « qu'est-ce qui transforme une communauté d'expérience en sujet politique collectif », je ne dirait pas forcément la parole. Si Alice Raybaud pointe possiblement un nouveau mode d'organisation, une analyse des rapports de force, des revendications communes, une action collective, elle ne mentionne jamais un conflit avec une institution, une grève, une mobilisation, etc. Le tout s’arrête (comme beaucoup de fois dans le livre) à une sphère assez interindividuelle.

Deuxième chose, j’ai été agréablement surprise de voir apparaître une partie concernant les agresseurs et auteurs de VSS, et de la place qu'il convient de leur laisser lorsqu'ils sont dans notre entourage. Elle partage l'idée de créer des espaces de paroles pour permettre à l'agresseur de "verbaliser" : l’occasion pour l’agresseur de demander le pardon, de faire preuve de repenti, dans une approche presque religieuse. Cela m’a questionnée quant à la manière dont on pense la responsabilité politique des auteurs de VSS. Le vocabulaire religieux de la "faute" produit une logique assez particulière : « j’ai commis une faute, je la reconnais, je me repens, je demande pardon, je suis éventuellement pardonné ». Or une analyse féministe matérialiste cherche précisément à déplacer la question de la faute individuelle vers celle des rapports sociaux.
Un agresseur n'est évidemment pas innocent parce que le patriarcat existe. Mais inversement, comprendre le caractère structurel des VSS implique de ne pas réduire le problème à : « Il a fait quelque chose de mal et doit devenir une meilleure personne. » La question devrait être : Quels rapports de pouvoir ont rendu cette violence possible, tolérable, invisible, ou impunie ? Et surtout : Qu'est-ce qui empêche qu'elle se reproduise ?
De même, pourquoi l’accès au pardon devrait-il constituer l'horizon de la justice ? La victime peut ne pas pardonner. Elle peut ne pas vouloir entendre ses excuses. Elle peut considérer que sa repentance ne change absolument rien pour elle. Le pardon est une catégorie morale ; la justice est une catégorie politique. Dans la même idée, le pardon appartient à une logique de relation interpersonnelle : « Je t'ai fait du mal ; reconnais-le ; je peux éventuellement te pardonner. ». La justice pose une autre question : quels rapports doivent être transformés pour que cette violence ne puisse plus se reproduire ? Et ces deux choses ne coïncident pas. On peut pardonner quelqu'un sans qu'il y ait justice. On peut aussi ne jamais pardonner quelqu'un tout en obtenant justice. Selon moi, il est essentiel de se méfier du vocabulaire de la repentance parce qu'il risque de faire de la transformation morale de l'individu le mécanisme principal de résolution du problème.
Nous n’avons pas nécessairement besoin de savoir si l'agresseur est désormais « bon ». Nous avons besoin de savoir si les victimes sont protégées, quelles sont les institutions qui ont permis la violence, ou comment les autres membres du collectif peuvent-ils agir autrement.
De même, nous savons que les auteurs de violences ne sont pas des monstres mais bien des hommes que nous connaissons. Le problème féministe n'est pas seulement de distinguer les « mauvais hommes » des « bons hommes ». D'autant plus, cette posture peut vite mener à un tri entre les hommes dit "déconstruits" (plutôt de classe supérieure, blancs) et les autres (de classe populaire, racisés), logique qui est à l'oeuvre dans notre système carcéral.

Finalement, ce qui me gêne dans ce livre, c’est peut-être cette illusion que la politique semble se jouer principalement dans les consciences, les émotions et les relations.
Or, les émotions et les subjectivités comptent énormément, mais elles sont elles-mêmes produites dans des rapports sociaux et ne suffisent pas à les transformer.
L’autrice propose une politique de la relation : transformer nos amitiés, nos manières de parler, de prendre soin, de nous soutenir et de nous rapporter aux auteurs de violences. Mais on pourrait lui reprocher de ne pas toujours faire le passage entre transformation relationnelle et transformation des rapports sociaux.
Ainsi, je me demande si le déplacement du centre de gravité du couple vers l'amitié suffit à défaire les rapports sociaux qui produisent cette organisation. Ce livre, selon moi, peut davantage être vu comme point de départ à la réflexion sur les injonctions à l'hétéropatriarcat que comme proposition de projet politique.
32 reviews2 followers
December 10, 2025
Quand une amie m'a recommandé ce livre, j'ai eu un mouvement de rejet croyant qu'il encouragerait à remplacer la famille par les amitiés.
Finalement, c'est une lecture qui sera sûrement importante pour moi qui ait tendance à ne pas dédier suffisamment d'énergie a mes amitiés.
plus généralement j'ai beaucoup aimé le livre qui met en évidence un sujet visiblement insuffisamment abordé.
J'ai quand même trouvé qu'il y avait des longueurs et je ne me suis pas privé de zapper certaines parties ou illustrations qui ne me parlaient pas.
Par contre, je suis un peu resté sur ma faim pour le chapitre sur la vieillesse. C'est pour moi une question clé et les pistes de réponses proposées m'ont paru parcellaires.
Profile Image for Stella Noo.
53 reviews
March 29, 2025
⭐ 2/5 – Sujet essentiel, mais une lecture difficile.

J’étais très attirée par le thème de Nos puissantes amitiés, qui met en lumière ces liens parfois plus puissants que l’amour, et qui méritent clairement d’être mieux racontés. Le sujet est passionnant, profondément nécessaire, et je suis ravie qu’un livre lui soit consacré.

Mais malheureusement, j’ai eu beaucoup de mal à le terminer. Les témoignages s’enchaînent trop vite, les sujets changent constamment, et le rythme est assez décousu. On passe d’une histoire à l’autre sans vraiment s’attacher, sans avoir le temps de plonger dans la profondeur de ces relations.

Je tiens aussi à préciser que je suis une femme hétérosexuelle engagée pour les droits LGBTQ+ et les valeurs féministes. Mon avis ne remet absolument pas en cause la légitimité des récits présents, mais j’ai ressenti un manque de représentation de parcours comme le mien : une femme en couple hétéro heureux, pour qui sa meilleure amie est malgré tout une âme sœur. Ce type d’amitié mériterait aussi d’exister dans ce genre d’ouvrage.

De la même manière, j’ai trouvé dommage qu’il y ait si peu de place accordée aux amitiés masculines, alors que c’est un sujet encore trop peu visibilisé.

Cela dit, certaines parties m’ont vraiment touchée, notamment celles sur la parentalité alternative et sur le fait de vieillir avec ses amis. Ces passages m’ont émue et auraient gagné à être développés davantage.

Ma note de 2 sur 5 reflète donc davantage la difficulté que j’ai eue à aller au bout du livre que la valeur du sujet lui-même. L’intention est belle, mais j’aurais aimé un format plus profond, plus nuancé et plus inclusif dans sa diversité.
Profile Image for Emilie Gibert.
54 reviews
February 7, 2024
J’adore le sujet, mais je trouve que l’autrice essaie de traiter tellement de sujet différents qu’on s’y perd un peu et qu’il y a moi s cet effet manifeste que l’essaie de Salomé Saqué sur les jeunesses par exemple..
pas un coup de coeur mais un tres bon livre (et une premiere a ce sujet donc on recommande quand même)
Profile Image for sasha.
105 reviews
April 21, 2024
un bel essai sur l'amitié, avec une perspective féministe et queer. chaque chapitre explore une thématique différente, j'ai beaucoup aimé celui sur la coparentalité par exemple. et ça m'a donné envie de faire encore plus de câlins à mes ami-es (notamment celles qui m'ont offert ce livre 💛)
Profile Image for Jeanne.
12 reviews
December 27, 2025
J'ai énormément aimé ce livre qui remet en question la place très restreinte accordée aux amitiés dans la société. Les propositions de changement sont intéressantes et poussées sans être culpabilisantes. ça m'a apporté plein de pistes de réflexion.
Profile Image for Ysé Bellot.
60 reviews
August 13, 2026
2.5

Beaucoup de choses à dire donc je vais me concentrer sur deux critiques.

- premier problème, le livre n’avance qu’à coup d’exemple et d’impressions personnelles de l’autrice, ce qui en soit n’est pas grave mais dans ce cas il faut le présenter comme un essai et pas comme de la recherche parce que là il se retrouve dans un entre deux étrange et pas très intéressant qui aborde tout et n’importe quoi comme sujet et qui paraît parfois un peu moralisateur (alors qu’elle dit en conclusion que le but du livre n’est pas de créer de nouvelles injonctions, je trouve que c’est pourtant le cas). Du coup les chapitres que j’ai trouvé intéressants et qui ont nourri ma réflexion sont ceux qui abordaient des sujets qui m’intéressaient déjà, le reste ma laissé complètement sur le côté et m’a donné l’impression qu’on voulait m’imposer de nouveaux systèmes (le chapitres sur les enfants ou sur les communautés agricoles par exemple, c’est dommage parce que ces sujets sont intéressants).

- deuxième problème, c’est beaucoup trop bourgeois centré. Une fois de plus les problématiques liées à la création de nouveaux modèles ne se fait qu’au prisme des regards bourgeois qui ont le temps d’y penser et délaisse complètement tout le reste. C’est cool d’aller voir dix groupes de bobos qui décident de vivre en communauté d’amitié mais quid de toutes les autres configurations ou l’amitié est centrale sans même être pensée comme telle, comme solidarité. Elle parle dans un chapitre des personnes défavorisées mais c’est un peu léger sur un livre de 250 pages qui se veut « de gauche » et aborde, au moins en façade, des questionnement sociaux en permanence. J’avoue que j’ai du mal à considérer les problèmes de subsistance d’un groupe de bobo qui abandonnent leur taffe pour créer une ferme comme une réflexion sur la pauvreté…
Profile Image for Valérie Montour.
467 reviews
December 1, 2025
Ce livre est devenu ma bible personnelle. À lire absolument et à mettre entre toutes les mains.
C'est rare que les livres agissent activement sur la vie réelle, mais je me sens changée (pour le mieux). Je le dis souvent, mais je crois que je suis un petit peu en amour avec chacun.e de mes ami.es. Pour moi, une rupture amicale est plus déchirante qu'une rupture amoureuse. Les amitiés sont des lieux de résistance, où on peut être soi même et cultiver un véritable jardin de secrets, passions, rires, confidences, etc. Et notre société encourage tellement le couple hétérosexuel et la famille nucléaire que les amitiés sont rapidement dégagées. Mais ce livre offre une vision différente, offre des alternatives dans lesquelles les amitiés sont le centre de nos vies et de nos sociétés et ce, jusqu'en fin de vie. À un moment dans le livre, l'autrice parle d'une femme qu'elle a questionné et qui a dit, sur son lit de mort, que son plus grand regret n'était pas en lien avec sa carrière, son couple ou sa famille, mais bien avec ses amies, qu'elle n'avait pas su garder et cultiver. Et qu'elle dit qu'avant de partir, c'est un verre et des rires avec ses amies qu'elle aurait voulu partager. Et je me suis tellement reconnue et que j'ai direct écrit à mes ami.es pour leur dire que les aimais et qu'iels étaient important.es. Puis j'ai proposé des activités, puis I went out there.
C'est incroyablement beau, subversif et inspirant. Les amitiés sont puissantes.
9.5/10
Profile Image for Nathalie Hasson.
72 reviews
November 20, 2025
C'est pas forcément un livre que j'ai envie de noter, déjà parce que l'exercice ne m'intéresse pas tellement quand il s'agit d'essais, et ensuite parce que je suis totalement biaisée sur le sujet et je n'aurais jamais le cœur de ne pas le soutenir avec un maximum de petites étoiles.

L'amitié est un sujet auquel je n'ai commencé à réfléchir que récemment, notamment quand j'ai décidé d'en rompre deux (d'ailleurs j'aurais aussi besoin d'un essai sur les ruptures amicales, pour m'apprendre à faire ça autrement qu'avec lâcheté). Mais ce qui m'a le plus intéressée dans ce livre, c'est l'amitié comme alternative à la construction familiale. Moi qui ne veux pas d'enfants, qui m'aidera quand je serai vieille ou malade ? Moi qui suis célibataire depuis presque toujours, sur qui vais-je pouvoir me reposer de manière inconditionnelle ? Comment cultiver une vraie entraide, pas juste des petits services rendus, mais du vrai care, en-dehors de la sphère familiale ?

J'ai encore beaucoup de choses à dire et à penser sur le sujet donc je m'arrête là, mais j'ai bien l'intention de continuer cette discussion autour de moi, en commençant par les quelques personnes de mon entourage qui sont également en train de le lire !
Profile Image for Chula.
23 reviews3 followers
March 6, 2025
magnifique essai sur l'amitié, j'ai adoré les témoignages et le fait de découvrir plein de modes de vie différents dont on ne parle pas assez !!
ça redonne de l'importance à l'amitié, dans un monde où l'on a tendance à ne parler que de l'amour romantique
bref j'ai adoré <3
Profile Image for Mari.
316 reviews
August 15, 2026
c'était trop bien hâte de l'offrir a tous mes cops
Profile Image for Marine.
144 reviews2 followers
August 17, 2026
Plus féministe que prévu (j’aime), des bonnes références contemporaines autant de la culture pop que plus sciences sociales, pas moralisateurs, ça ouvre plein de perspectives. Je recommande.
Édit: je mets 5 étoiles en fait au lieu de 4
Profile Image for Oscar.
16 reviews
July 19, 2025
très bon essai sur une thématique assez peu abordée. le livre est très bien documenté avec un large pan de références culturelles. il permet de déplacer le regard que l'on porte sur nos relations sociales (amoureuses et amicales). je recommande++
Profile Image for Gaby Sarthou.
105 reviews1 follower
May 13, 2026
Vraiment un beau livre bien inspirant qui nous pousse à repenser les modèles classiques de vie. Pourquoi pas ne pas faire des enfants avec des amis.es, vivre avec des ami.es, vieillir avec des ami.es ? L'amitié est politique. Elle peut aussi être révolutionnaire.

Pour moi les idées n'étaient pas renversantes, mais ça fait toujours du bien de retrouver des pensées qui s’enlignent avec ses valeurs.
Displaying 1 - 30 of 160 reviews