Entre les ruines fumantes de Gaza et les pages jaunies des livres, un vieil homme attend. Il attend quoi ? Peut-être que quelqu'un s'arrête enfin pour écouter. Car les livres qu'il tient entre ses mains ne sont pas que des objets – ils sont les fragments d'une vie, les éclats d'une mémoire, les cicatrices d'un peuple. Quand un jeune photographe français pointe son objectif vers ce vieillard entouré de livres, il ignore qu'il s'apprête à traverser le miroir. " N'y a-t-il pas derrière tout regard une histoire ? Celle d'une vie. Celle de tout un peuple, parfois ", murmure le libraire. Commence alors l'odyssée palestinienne d'un homme qui a choisi les mots comme refuge, résistance et patrie. De l'exode à la prison, des engagements à la désillusion politique, du théâtre aux amours, des enfants qu'on voit grandir et vivre, aux drames qui vous arrachent ceux que vous aimez, sa voix nous guide à travers les labyrinthes de l'Histoire et de l'intime. Dans un monde où les bombes tentent d'avoir le dernier mot, il nous rappelle que les livres sont notre plus grande chance de survie – non pour fuir le réel, mais pour l'habiter pleinement. Comme si, au milieu du chaos, un homme qui lit était la plus radicale des révolutions.
«Τράβα λοιπόν τη φωτογραφία του γερο-Ναμπίλ Αλ Τζάμπερ που θέλεις. Χαμένο στα βιβλία του, όπως ακριβώς είναι μέσα σε τούτο τον παράλογο, λυσσαλέο, απάνθρωπο κόσμο».
Ο Rachid Benzine γράφει για τον βιβλιοπώλη της Γάζας, ο οποίος προσπαθεί να διατηρήσει την ανθρωπιά του σε μια πραγματικότητα που την καταστρέφει καθημερινά. Ο ηλικιωμένος βιβλιοπώλης είναι ένας απλός άνθρωπος που αντιστέκεται στην αδικία διαφυλάσσοντας τις λέξεις και τη μνήμη του τόπου του.
«Ξέρετε, εδώ, το κάθε βιβλίο έχει την ιστορία του και τη δική του ξεχωριστή θέση. Μπορείτε να επιλέξετε, ασφαλώς. Όμως, και τα βιβλία τα ίδια επιλέγουν τους αναγνώστες τους», λέει.
Ο συγγραφέας χρησιμοποιεί μια απλή, σχεδόν ποιητική γλώσσα για να δώσει φωνή σε έναν ήρωα που έχει χάσει σχεδόν τα πάντα, αλλά εξακολουθεί να πιστεύει στη δύναμη των ιστοριών. Τα βιβλία στο μαγαζί του γίνονται σύμβολα αντίστασης. Γίνονται μια υπενθύμιση ότι η κουλτούρα δεν μπορεί να σβηστεί, ακόμη και όταν όλα γύρω καταρρέουν.
Η γραφή του Benzine είναι ήσυχη, αλλά γεμάτη ένταση. Πρόκειται για ένα βαθύ μυθιστόρημα που σε πολλά σημεία με έκανε να δακρύσω. Το συνιστώ ανεπιφύλακτα!
Un livre d’une grande poésie, où l’on raconte la vie d’un Gazaoui de 1948 à 2023. Outre la forme que je trouve très bien faite, la place de la littérature et des mots dans ce livre propose une grande richesse dans un monde qui arrache, pille et tue. Les moments de poésie sont absolument sublimes, et la famille de Nabil est inoubliable. Un récit profondément humain et indispensable aujourd’hui 🇵🇸
Comment noter ce récit autrement que 5 étoiles ? Quand je finis ma lecture dans le tram avec une larme qui coule, avec la gorge serrée, ramenée aux horreurs que je tente de suivre sur les réseaux sociaux de ce qu’il se passe à Gaza. Ce roman rappelle encore et toujours que les horreurs durent depuis bien longtemps, des dizaines et dizaines d’années.
L'épigraphe de S. Weil n'est vraiment pas terrible, avec cette idée de prédestination, de don "reçu", c'est vraiment très marqué par une culture chrétienne nocive (exacerbée chez les protestants pour ce qui concerne la doctrine de la prédestination). Tout le début du livre est vraiment gênant, malaisant. Il y a des frappes qui tuent des enfants, mais on ne sait d'où elles viennent. Qqs clichés aussi, "le rouge des tomates, le vert des herbes fraîches, le jaune de citrons" au milieu de scènes de désolation, de ruines, de morts et de blessés. Et le mot qui apparaît p: 23 pour parler de ce qui se passe, c'est "Hamas". Les gens ont été "chassés de la ville", p. 24, mais on en dit tjrs pas par qui ni quand ni pourquoi. Le mot "Israël" (ou ses dérivés) n'apparaît que p. 65 ! Pire encore, p. 32 : "Cette terre est une litanie de représailles sur représailles, de haines empilées, de tristesse recouverte de tristesse." Rachid Benzine crée une symétrie dans une guerre qui est pourtant coloniale (l'histoire du libraire l'illustre !). Il y a clairement un État colonisateur, depuis sa création, et une population colonisée. C'est mon plus gros reproche à ce livre, renvoyer colonisés et colonisateurs dos à dos. Pareil p 33, "Mes parents ont bcp souffert, mais ils ont toujours su pardonner" => comme si c'était bien de pardonner aux colons qui tuent, pillent et déportent. C'est l'éloge de la résignation... Et évidemment, le libraire est de père chrétien pour qu'il soit un héros possible, que ce ne soit pas un méchant musulman. Benzine prône d'ailleurs un œcuménisme bien lénifiant, comme si mélanger des sourates du Coran à des paraboles bibliques allaient changer quoi que ce soit à une situation qui est avant tout politique et coloniale. Dans les références, Shakespeare, Primo Levi, Saint-Exupéry et Mahmoud Darwich pour mettre quand même une petite couleur locale. Ça fait fake, pour séduire le plus grand nombre, surtout le lectorat occidental bien sûr (manque juste Dos Passos pour le lectorat hispanophone). p. 105, "la lutte armée, le combat suicidaire", c'est R. Benzine qui parle. Il aurait prôné le désarmement du FLN comme du Front national de libération du Sud Viêt Nam... Sinon, les aspects historiques me semblent bien retranscrits à travers le récit de la vie du libraire, la Nakba, les camps de réfugiés, la Guerre des six jours etc. J'ai bien aimé ces épisodes et la façon dont ils étaient racontés. Mais sous couvert d'une fable, R. Benzine nous sert une vision bien biaisée de ce cette guerre, dédouanant de fait très largement Israël qui ne décide que de "représailles" (6 lignes avant la fin du texte). Pas étonnant qu'il soit invité dans les médias mainstream pour servir cette soupe bien tiède qui arrange tout le monde.
4,5 J'aime Rachid Benzine. J'aime comment il écrit en toute simplicité sur des sujets aussi importants. J'aime la justesse du ton employé, jamais trop. Ce livre est à lire de toute urgence, encore plus avec le contexte actuel. Il est primordial de rappeler que la Palestine a existé avant la II guerre mondiale, de rappeler l'arrivée des juifs, la nakba, la proclamation de l'état d'Israël, les camps de réfugiés , la création de Gaza, l'Intifada, les bombardements, la prison, les injustices... J'applaudis le choix très judicieux de Rachid Benzine d'arreter les actions de ce livre bien avant 2023 afin de rappeler que ça n'a jamais commencé le 7 octobre! Et surtout, surtout, que c'est beau de ramener les Palestiniens à leur condition d'HUMAINS en dressant le portrait de Nabil, cet homme qui aimait lire les livres.
Un récit qui prend racine à Gaza, là où la vie avance malgré les ruines et le vacarme. On suit un homme qui essaie simplement de rester debout au milieu du chaos, entre les pertes, les peurs, les silences et ces moments suspendus où l’on se raccroche à quelque chose qui dépasse le quotidien. Dans son cas, ce sont les livres : des repères, des refuges, une manière de garder une part d’humanité intacte quand tout se fragilise autour.
L’écriture est d’une grande poésie, fine, lumineuse. Une lecture brève, mais marquante. Une vraie découverte.
To βιβλίο του αυτό: 1️⃣ θα σε κάνει να κλάψεις με αναφιλητά και 2️⃣ δε θα μπορέσεις να ξεχάσεις ποτέ
Μία πένα που γράφει τα πιο επώδυνα ποιήματα, λέξεις που αισθανόμουν πως έχουν γραφεί με αίμα αθώων κάπου στη Γάζα. Δε ξέρω πώς να περιγράψω το άδικο, το «κρίμα» που αισθάνθηκα κρατώντας αυτό το βιβλίο και διαβάζοντας για την τύχη αυτού του δύσμοιρου βιβλιοπώλη στη Γάζα που στέκει ακούνητος φρουρός του βιβλιοπωλείου του έχοντας υποταχθεί σε μία ζωή γεμάτη δυστυχίες, έχοντας νοσταλγήσει μία πατρίδα που δε γνώρισε και έχοντας χάσει ό,τι πολυτιμότερο είχε σε έναν πόλεμο που του φόρτωσαν στις πλάτες ήδη από την κοιλιά της μάνας του.
First book of 2026 and wow - what a read. I rarely finish a book in a single day, but I truly couldn’t put this one down.
The Man Who Read Books by Rachid Benzine tells the story of Nabil, an elderly bookseller in Gaza, who, through his encounter with a young French photographer, shares his own life story and that of his family. It’s a narrative of exile, tragedy, resistance, and hope, woven throughout with literature, poetry, and theatre.
I highly recommend it — but keep some tissues nearby. 💔📚
Au fil de discussions avec un bouquiniste de Gaza, un photographe de presse s'entend dérouler le fil de l'Histoire des Palestiniens et de leur errance sans fin depuis la Nakba de 1948 jusqu'à nos jours.
Un texte puissant, riche et intelligent, où les références à la littérature classique et contemporaine, orientale et occidentale, servent de bouée de sauvetage, de lumière dans les ténèbres, dans une guerre qui dépasse les civils, mais qui ne leur a pas laissé le choix que de rythmer leur vie à leur place.
On ne ressort pas indemne de cette lecture, courte mais chargée, ô combien nécessaire.
Νιώθω άβολα να του βάλω το 4αρι που μάλλον αξίζει. Η φωνή του αφηγητή φωτογράφου μοιάζει παράταιρη και επιτηδευμένη σε αρκετά σημεία. Η φωνή του βιβλιοπώλη από την άλλη σηκώνει το βάρος πολλών χρόνων, από το διωγμό μέχρι το σημερινό 2025, το δικό του πνεύμα βασιλεύει στις σελίδες, ευτυχώς 🙏🏽
Extrêmement touchant et émouvant. C’est un texte magnifique qui revient de manière très clair sur l’histoire de l’invasion et l’occupation de la Palestine par Israël. C’est magnifique, c’est nécessaire.
Not once did I read this book in actual privacy, you'll need tissues. Sad that my friends don't understand french because this is worth the read a million times...
Σήμερα το ξημέρωμα, περίπου μισή ώρα αφού τελείωσα το βιβλίο, λόγω της κακοκαιρίας το σπίτι άρχισε να πλημμυρίζει. Δεν μπορώ να περιγράψω το συναίσθημα του να διαβάζεις για ανθρώπους που για δεκαετίες ολόκληρες βομβαρδίζονται τα σπίτια τους και ξαφνικά να κοιτάς κάτω από την πόρτα και να γεμίζει νερά το δικό σου. Έξω στην αυλή το νερό κάλυπτε τα πόδια. Δίνουμε ονόματα στις κακοκαιρίες για να γνωρίζεις ποια θα είναι αυτή που θα σε καταστρέψει, ώστε να μην την μπερδέψεις με αυτή που κατέστρεψε κάποιον άλλο.
Τι σχέση έχει αυτό με το βιβλίο; Απλά, οποιαδήποτε στιγμή ο οποιοσδήποτε μπορεί να βρεθεί δίχως σπίτι. Στην περίπτωσή μου, το γλυτώσαμε. Βρήκαμε λύση και απομακρύναμε τα νερά. Δεν καταστράφηκε κάτι, απλά τρομάξαμε λίγο. Το ίδιο δεν μπορούν να πουν και οι άνθρωποι της Γάζας για τις Ισραηλινές βόμβες που τους έχουν καταστρέψει οικογένειες και περιουσίες.
Η πραγματική κακοκαιρία είναι η διαχρονική ανευθυνότητα ενός κράτους που το μόνο που ξέρει να κάνει είναι να στέλνει καθυστερημένα μηνύματα με το 112. "Μείνετε μέσα" και "Να αποφεύγετε τις άσκοπες μετακινήσεις".
Έγινε, μάγκα, θα κάτσω μέσα να πνιγώ.
Το βιβλίο είναι καταπληκτικό και η μετάφραση εξαιρετική. Λάτρεψα τη χρήση του Β' προσώπου στην αφήγηση. No notes.
Ο πραγματικός τρόμος εντοπίζεται στη συνήθεια της βίας. Έχουμε συνηθίσει τα σκάνδαλα, τις πυρκαγιές και τις πλημμύρες. Έχουμε συνηθίσει να βλέπουμε μια γενοκτονία σε ζωντανή μετάδοση. Όλα είναι μια συνήθεια.
j’ai une drôle d’impression en quittant ce livre, comme si il avait mis le colonisateur et le peuple colonisé opprimé et génocidé dos à dos, qu’il faut chacun se pardonner etc etc. comme si les fautes étaient partagées. le texte était poétique, mais trop lisse et jsp c’est typiquement le genre de récit semi engagé qui plait bcp aux médias car il ne tape pas vraiment sur l’agresseur mais est dans une démarche pacifique. free palestine et fuck israël
Ένας Γάλλος φωτογράφος, περιπλανώμενος μέσα στα ερείπια της Γάζας, βλέπει έναν ηλικιωμένο βιβλιοπώλη να κάθεται δίπλα σε στοίβες βιβλίων έξω από το κατάστημα του και να διαβάζει. Ο βιβλιοπώλης τον προσκαλεί να περάσει μέσα και του λέει ότι πριν τον φωτογραφίσει καλό θα ήταν να ξέρει την ιστορία του. Κι έτσι αρχίζει η αφήγηση….
«Δεν είμαι μόνος. Οι λέξεις των βιβλίων σκίζουν όλες τις σιωπές. Σου επιβάλλονται.»
Με γλώσσα απλή μα ταυτόχρονα συναισθηματική, ο Ναμπίλ αφηγείται την ιστορία της ζωής του και ταυτόχρονα του λαού του. Την προσφυγιά που έχει ποτίσει το DNA του αλλά και τη βοήθεια και το στήριγμα που βρήκε στις λέξεις.
«Κληρονομούμε, φαίνετα, και την οδύνη των προγόνων μας. Χωρίς να την καταλαβαίνουμε πάντα. Κι αυτός ο πόνος, γίνεται κάποια μέρα ο δικός σου πόνος.»
Dans ce court roman écrit merveilleusement, un homme âgé raconte l'exil forcé, la souffrance qu'il a héritée de sa famille chassée de Palestine par les soldats, l'espoir, la révolte et la résilience... J'ai été happée et touchée !
que dire sur ce livre a part qu'il est a mettre entre toutes les mains, que cette histoire est profondément touchante et importante et terriblement triste. Triste de voir la détresse de ce peuple depuis 1948.
Que peut la littérature face à l’indicible, que peuvent les mots, les histoires, face au déracinement et au deuil ? Un moyen de survivre, de lire ce que nous ne pouvons dire, de chercher à comprendre l’incompréhensible.
À Gaza, un vieux libraire nous retrace sa vie, ses espoirs, ses désillusions ainsi que ses instants de beauté volés à la souffrance…
Un roman court mais dense, où l’Histoire s’écrit dans la chair d’un homme. Nabil, né avant la création de la bande de Gaza, a tout connu : l’exil, la faim, les camps, les deuils — mais aussi la résistance, la sagesse, l’espoir. Sans jugement ou parti pris, Rachid Benzine donne à voir l’essentiel : une vie, une voix, une vérité nue, le tout à travers les livres qui l'ont suivi tout au long de sa vie.
En beaucoup plus de mots :
Un roman court, une respiration ténue dans le vacarme de l’actualité. Rachid Benzine nous emmène à Gaza, non pas dans un manifeste politique, non pas dans un plaidoyer, mais dans l’intimité d’un homme : Nabil Al Jaber qui est né, a grandi, a aimé, a combattu, a été emprisonné sur cette bande de terre qu’on voit tous les jours aux infos. Et c’est peut-être ça la force du roman : il n’explique rien, il ne justifie rien, il raconte. L’homme. Pas la cause. Pas la carte. L’homme. Et pour plus de neutralité encore, l'auteur présente Nabil comme un chrétien, aussi loin que proche du conflit.
"Une photographie capte un homme dans un instant, mais que reste-t-il dans l'image, de la vie de cet homme ? Surtout si on ne connait rien de lui."
Le regard posé sur lui est celui de Julien Desmanges, jeune photographe français, dont la narration m’a un peu tenue à distance. L'auteur a utilisé la seconde personne du singulier pour le présenter créant un étrange flottement, comme une fausse proximité. J’aurais aimé le voir, lui aussi, sortir un peu de l’ombre de son objectif, se sera trop tard, car il passera derrière l'objectif qu'à la toute fin du roman.
"Je n'ai pas pardonné, mais je sais qu'il existe des justes. Que l'impossible paix est la douleur partagée des justes des deux côtés."
Mais finalement peut importe puisque c'est Nabil qui attrape le lecteur. Il parle d’exode, de camps, de faim, de morts, de fatigue, de deuils en série, mais sans se plaindre. Il ne pardonne pas, il ne pleure pas. Il veut comprendre. Alors il lit. Encore, toujours, des livres comme des balises, des livres comme des armes, des livres comme une main tendue.
"Il est plus facile de parler des horreurs du monde que de la beauté des choses."
Ce qui m’a touchée, c’est la sagesse de Nabil. Il croit encore que l’homme peut contenir une part de lumière.
À travers ce récit, j’ai pensé à cette question : Si un inconnu venait vous écouter, que choisiriez-vous de dire ? Ce roman le montre bien : il faut du courage pour raconter sa vie sans maquiller ses failles.
Un texte qui rappelle que l’éducation est une force, que la neutralité peut avoir du sens, que la littérature peut faire lien là où la politique casse tout.
"C'est cela un grand livre. C'est un monde, un refuge et un miroir."
Un livre sans pathos, lucide, plein d’humanité. Il ne crie pas, mais il dit l’essentiel. Peut-être s’effacera-t-il avec le temps, mais il laisse une trace juste — celle de la dignité, et de la foi dans les livres.
Merci à #NetGalleyFrance pour la découverte de #Lhommequilisaitdeslivres
Il y a un mois que j'ai lu ce livre, et au moment de rédiger ma chronique, Nabil m'accompagne toujours au quotidien. C'est un livre fort, puissant, magnifique, un livre teinté d'espoir et de résilience.
Julien Desmonges est un photographe français qui circule dans Gaza dévastée, tout est chaos, désarroi, désolation ; immeubles éventrés, gravats, poussière fumante. Au milieu de tout cela entre l'étal d'un boulanger et d'un cordonnier, une devanture avec des centaines de livres et un homme âgé s'accrochant à ses bouquins qu'il lit dans les décombres.
'Un vieux libraire accroché encore à ses bouquins qui lit à deux pas des ruines. Comme si les mots pouvaient le sauver du bruit, de la souffrance, de la mort lente de la ville.'
Julien veut le prendre en photo, Nabil, le narrateur lui suggère de se rencontrer autour d'une tasse de thé et d'écouter son histoire.
'Mais n'y a-t-il pas derrière tout regard une histoire ? Celle d'une vie . Celle d'un peuple parfois.'
Il lui offre des livres ("La comédie humaine" de Malraux et "La terre nous est étroite et autres poèmes" de Mahmoud Darwich) et lui suggère de les lire et de le revoir le lendemain.
Nabil Al Jaber va lui raconter sa vie, son histoire, celle de son peuple, de son pays. Nabil est né en 1948, il est Palestinien, il a fait ses premiers pas dans un camp de réfugiés, il a toujours connu l'exode, la résistance, l'enfermement, la peur, la répression. Il a toujours gardé l'espoir, a appris à accepter , les mots sauvent, aident, le théâtre lui a permis de comprendre la littérature, de saisir le pouvoir des mots salvateurs.
Un roman trop court, puissant, pudique sur la mémoire, la résilience. Un style sobre et dépouillé, il va à l'essentiel. Un texte bouleversant qui permet de voir la guerre par le regard de ceux qui la subissent. Un hommage aux livres, aux mots qui permettent l'espoir, de voir une beauté dans ce monde en perdition.
A lire absolument.
Immense coup de coeur ♥♥♥♥♥
Les jolies phrases
Vous savez, ici, chaque livre a son histoire et sa place réservée. Vous pouvez choisir, bien sûr. Mais les livres, eux, choisissent aussi les lecteurs.
Le lecteur est un prisonnier consentant, attaché à l'illusion que chaque page tournée le libèrera.
On sous-estime toujours combien une occupation peut se substituer au monde.
Toute leur vie, bien des Palestiniens n'auront connu que ce traitement. Et toute leur vie également, bien des Israéliens ne se seront représenté les Palestiniens que comme des terroristes. Ces images inversées expliquent l'impossible réconciliation.
Lis lis jusqu'à perdre la raison. Mais lis, petit frère, lis.
"Mais moi, je les attends. Je les attends tous mes lecteurs. Imaginaires ou réels, qu'importe. Je ne suis pas seul. Les mots des livres déchirent tous les silences. Ils s'imposent à vous. Le lecteur est un prisonnier consentant, attaché à l'illusion que chaque page tournée le libérera. Pourtant, il se perd toujours plus, absorbé, jusqu'à être incapable de se détacher de ce labyrinthe de mots. C'est pourtant ce supplice choisi qui me rappelle pourquoi je suis là, dans cette boutique, à attendre."
J’ai pas les mots tellement ce livre ma bouleverser
Fijn boek om te lezen in de kerstperiode. Ergens in Gaza ontmoet Julien, de fotograaf, Nabil, de oude Palestijnse boekhandelaar die leest, opnieuw leest, anders leest en boeken uitleent, weggeeft. Nabil vertelt Julien zijn leven, dat vaak overleven was temidden geweld, armoede in kampen, lijden. Hij vertelt vooral aan de hand van boeken die hij Julie meegeeft hoe lezen hem redde en blijft redden. Het is geen mooi, geen vrolijk en eigenlijk ook geen hoopgevend verhaal, maar wel heel erg hartverwarmend. Fijne, wijze man, die Nabil.
A short story, a brief encounter between a young photographer and a bookseller in Gaza. As their conversations unfold, the bookseller shares his own story and that of Palestine. It's a beautiful, well-written novel that demonstrates the power of words and books in the face of a world of violence and war.