Jump to ratings and reviews
Rate this book

Nourrices

Rate this book
Un premier roman français exceptionnel, aussi sensuel que bouleversant. A travers les aventures de quelques femmes, on découvre l'incroyable vie des nourrices, ces mères invisibles sur lesquelles a reposé toute une industrie pendant plusieurs siècles.
Dans ce village, c'est du corps des femmes qu'on tire l'argent qui fait vivre les familles. Car ici, on vend une denrée précieuse : le lait maternel. Sylvaine, son propre enfant à peine sevré, accueille chez elle comme tant d'autres une "petite de la ville". Mais une nuit, en pleine forêt, elle découvre un bébé abandonné dans une clairière et à ses côtés un carnet qui raconte son histoire. Elle ne pourrait veiller sur ces trois nourrissons et quand celle dont elle a la garde meurt dans son sommeil, elle n'hésite pas à échanger les bébés. L'enfant mystérieuse prend la place de Gladie, cette petite fille qui lui avait été confiée...
Avec ce premier roman sensuel et bouleversant, Séverine Cressan révèle les rouages troublants d'une industrie méconnue. Dans ces pages inoubliables, elle nous entraine dans un univers où la nature et l'enchantement ne sont jamais loin et réinvente l'histoire de ces mères invisibles.

272 pages, Paperback

Published August 21, 2025

11 people are currently reading
327 people want to read

About the author

Séverine Cressan

2 books4 followers

Ratings & Reviews

What do you think?
Rate this book

Friends & Following

Create a free account to discover what your friends think of this book!

Community Reviews

5 stars
86 (31%)
4 stars
123 (45%)
3 stars
50 (18%)
2 stars
12 (4%)
1 star
0 (0%)
Displaying 1 - 30 of 52 reviews
Profile Image for Floflyy.
530 reviews307 followers
July 16, 2025
Très intéressant d'en apprendre un peu plus sur les tours d'abandon (qui existent toujours dans certains pays!) et sur le trafic de lait maternel.

Le roman est très organique, plein de humus, de vent qui souffle. Le mythe de la Sorcière est un peu trop appuyé à mon gout mais l'autrice maîtrise très bien sa narration et déroule une histoire sur plusieurs temporalités avec brio. J'étais très vite captivé et attaché aux différents personnages féminins qui font la part belle aux très rares personnages masculins.

Assez jouissif tant par l'histoire que l'écriture.
Profile Image for Laura.
1,303 reviews42 followers
September 27, 2025
Un beau texte sur ce qu'est la maternité et le lien viscéral qu'il peut y avoir entre une mère (ou nourrice) qui allaite et son (l')enfant. J'ai un peu de mal avec le sujet, mais j'ai trouvé ces portraits de femmes très réussis. A classer avec le Sophie de Baer et La petite bonne, ce sont tous trois des portraits de femmes qui subissent les hommes et l'Histoire de façon injuste et/criante.
1,372 reviews56 followers
January 29, 2026
J’ouvre enfin ce roman dont le sujet ne m’intéressait pas spécialement, mais que tous les lecteurs avaient apprécié.

J’ai aimé Sylvaine qui n’est pas trop enthousiaste à l’idée de devenir nourrice et de ne plus allaiter son petit Jehan.

J’ai aimé le bébé de lune rousse qu’elle trouve dans la forêt, mais je n’ai pas aimé le père qui veut récupérer sa fille en faisant croire à la mère que c’est la sienne. Il apparait peu, ce père, et pourtant c’est lui qui décide de tout. J’ai eu de la peine pour sa femme qui ne peut se remettre du décès de son enfant.

De même, les hommes du village sont peu présent, toujours au bistro, mais ce sont eux qui décident pour les femmes et qui gardent l’argent.

J’ai aimé que Sylvaine parle de la douleur de la séparation d’avec son fils, à l’instar de toutes les nourrices dont c’est la première fois.

J’ai aimé leur chaine d’humanité dans les bois pour que Sylvaine ne se perde pas.

J’ai aimé suivre l’histoire de la mère du bébé de lune rousse, Zaïg, qui devient à son tour un peu sorcière.

J’ai aimé les prénoms : Zaïg, Jehan, Andoche le mari de Sylvaine, Avel le second fils du couple, le bébé de lune rousse Gladie qui devient Aglaé.

J’ai moins aimé l’enfant-vent qui hurle presque tout le temps (cela m’a rappelé de mauvais souvenirs).

J’ai découvert le mot de nourrice sèche, celles qui élèvent des enfants qui ne sont plus au sein.

J’ai aimé les sages femmes : Margot et Zaïg, puis Gladie.

Bien sûr, il est question d’allaitement et de mise au sein qui m’ont rappelé bien des souvenirs heureux ; mais il est également question de câlins et de tendresse pour les nourrissons payants, et je me suis demandé tout au long de ma lecture si réellement ces femmes avaient le temps de tant d’attention pour des bébés qui n’étaient pas les leur en cette époque difficile.

Au final, ce fut une belle découverte pleine d’émotions.

L’image que je retiendrai :

Celle de la forêt qui joue un rôle dans ce roman.

https://www.alexmotamots.fr/nourrices...
Profile Image for 3r1nette.
272 reviews25 followers
January 26, 2026
« nourrices » (sorry, je sais pas mettre l’italique sur GR, ça me tue les yeux de mettre des guillemets, désolée bernard & cbf & tous mes profs de fac) semblait être un livre assez prometteur à mes yeux, puisque l’on y retraçait un bout de l’histoire de ces femmes, ayant pour activité rémunératrice de nourrir les enfants des autres à l’aide de leur propre lait maternel. au sein de cette histoire, l’autrice est parvenue à la fois à y implanter un côté historique que l’on ne connaît que très peu (à vrai dire, je ne me suis JAMAIS posée la question sur ces femmes « « métier » », il ne m’effleure même pas l’esprit), et y a alors montré tous les sentiments que cette activité fait remonter chez ces femmes, bons comme mauvais.

on sent qu’il y a une volonté de mettre un côté réaliste dans cette lecture, comme si séverine cressan cherchait à plonger le lecteur directement dans cette époque assez lointaine. l’ajout des superstitions et d’un quotidien très connecté à la nature est assez très pertinent, et m’a donc même questionnée sur la tournure que pouvait prendre cette histoire (à savoir, presque du fantastique, tant on pouvait penser comme sylvaine tout au long de l’histoire). j’ai donc beaucoup apprécié ce point-ci.

cependant, j’ai trouvé le livre un peu… ennuyant? c’était très très intéressant, et m’a beaucoup appris sur la condition des femmes à une époque passée (qui n’est d’ailleurs pas nommée, je ne sais pas si c’est une volonté de l’autrice, mais j’aurai bien aimé pouvoir me situer), que ce soit leur soumission à un système patriarcal majeur et complètement injuste, et ce depuis leur époux et celui des autres jusqu’à leur employeur ; leur difficulté à élever multiples enfants, dont certains ne sont pas les leurs, mais aussi le vide laissé après la séparation avec le fils de lait ; ou encore les viols à répétition, les accouchements sauvages, les grossesses non-désirées… tellement de thèmes gravitent autour de ce lien entre mère et enfant, et c’était réellement interessant. mais c’était parfois vraiment dur de continuer à s’accrocher à ma lecture, sans que je ne puisse réellement expliquer pourquoi. j’ai par ailleurs trouvé la fin assez expéditive et même si c’est assez contradictoire, trois ou quatre pages de plus ne m’auraient pas déconvenue afin qu’elles puissent venir mieux souligner la volonté de l’autrice.

la plume n’a pas non plus réellement matché de mon côté. je ne sais pas si c’est, comme un commentaire l’a déjà souligné, parce que l’autrice cherche à trop en faire, ou si c’est parce qu’elle parvient presque à toucher un style parfait du bout des doigts (précisons, que c’est un premier roman, donc sa plume reste très jeune !). quoiqu’il en soit, sur certaines phrases et passages, je sentais presqu’on effleurait quelque chose, pour que cela retombe finalement (je ne suis pas très claire, j’en ai bien peur)
Profile Image for Aude Bouquine Lagandre.
725 reviews228 followers
September 15, 2025
« Nourrices » a l’odeur du lait maternel et le son des pièces qui tombent dans les escarcelles. Séverine Cressan y raconte une pratique sociale méconnue : l’industrie nourricière des enfants. Ce procédé révèle comment l’intime se transforme en valeur marchande, puis en véritable filière. « Nourrices » siège dans un monde où allaiter est un métier rémunéré. Un enfant peut être pris en charge par une autre femme que sa mère. Les services sont tarifés en fonction de la qualité du lait. Il s’agit là d’un prix pour service rendu géré par les hommes.

Dans cet espace-temps indéfini, force est donnée aux corps des femmes, celles qui accouchent, celles qui nourrissent, celle qui prennent soin des générations futures. Entre réalisme social, conte noir aux accents parfois fantastiques, « Nourrices » est un récit fascinant qui répand une atmosphère envoûtante.

Ce premier roman s’ouvre sur une scène lyrique teintée de magie où Sylvaine ressent l’appel de la forêt sous un ciel de lune. Celle-ci lui confie un enfant abandonné là, à qui elle donne le sein. Avec lui se trouve un petit carnet qu’une femme a rempli. Ces missives seront ajoutées entre les chapitres du récit et c’est la voix d’une autre femme qu’il nous est donné d’entendre, une femme qui n’a pas pu s’occuper de son bébé, mais qui a respecté un pacte tacite : laisser une trace.

« Qui peut vivre dans le monde sans savoir qui il est ? Et d’où il vient ? Personne. Les bêtes n’ont pas besoin de savoir cela, elles naissent, vivent et meurent sans questions car elles sont les enfants de la Terre. Les humains, c’est autre chose. Ils ont besoin de savoir sinon, ils passent leur vie à chercher le point d’ancrage qui leur fait défaut. Ce faisant, ils en oublient de vivre. »

Par petites touches, « Nourrices » glisse d’un cas personnel à un « système ». Derrière celui-ci existe une véritable économie. Derrière l’économie, une façon de faire, et une politique. Et derrière cette politique, une éthique. Tout cela donne au roman sa portée de coeur battant d’une société.

Lorsque les choses intimes deviennent semblables à une prestation, le vocabulaire de Séverine Cressan se rétrécit. On parle de louer, de payer, de rendre service. Ainsi, le récit installe un fossé entre prix et coût. Le prix équivaut à la somme négociée contre le lait. Le coût relève de tout le reste : l’énergie nécessaire qu’il faut pour s’occuper des enfants, la fatigue, le sommeil escamoté, les soins constants, les réputations qui se font et se défont, la place sociale que l’on acquiert. En partant de ce principe de « marché », « Nourrices » interroge en filigrane une question politique de responsabilités, et une vérité plus contemporaine d’externalisation du service. Le fait de déléguer la vie au quotidien pose question.

Séverine Cressan explicite les différentes catégories de « Nourrices ». La « nourrice sur lieu » qui part en ville allaiter l’enfant d’une autre famille à domicile, la « nourrice à emporter » qui nourrit l’enfant chez elle. Le « meneur » jauge les aspirantes comme des pièces de boucherie et l’argent circule d’homme à homme. Le corps de la femme n’est qu’un moyen.

Mais, « Nourrices » est un formidable récit sur la maternité dans toutes ses dimensions. Si la fonction est de nourrir, de veiller et d’apaiser, si la loi nomme, décide et reconnaît, l’amour, lui, regroupe l’attachement, la présence et la responsabilité. Ces différents plans, fonction, loi, émotions s’entremêlent et empêchent surtout les évidences. Il est possible de remplir une fonction sans en avoir la reconnaissance (nous, les mères, le savons bien), l’amour est une force qui ne suffit pas à remplir les assiettes. Dans cette triangulation instable entre l’enfant, la mère et la nourrice, les positions de chacun bougent sans cesse.

Mais le corps des femmes, lui, est tout-puissant, indétrônable et essentiel. Les descriptions faites par l’autrice sont d’une poésie fulgurante et d’une tendresse singulière.

« Nourrices » oppose deux lieux : la campagne et la ville. Le passage de l’un à l’autre coûte et transforme. À la campagne, le temps s’étire, il y règne une économie des subsistances, une vraie maîtrise des gestes, et une certaine épaisseur dans les solidarités. À la ville, le temps se contracte, on y délègue les choses du quotidien, on y décèle le vernis des bonnes manières et la pression du paraître. J’ai aimé cette opposition des terrains qui oppose le savoir-faire au savoir se tenir. Le roman explore ce que chaque territoire fait aux corps et la fiction permet de définir ces « régimes » par leurs actions, et leurs transactions.

Au coeur de « Nourrices » se glissent le savoir-faire des femmes nourricières et leurs compétences. Ces gestes de femmes qui se transmettent de génération en génération. La sororité naît alors de la conscience d’une expérience partagée et de l’envie de se soutenir. Entre ces femmes, il y a de l’écoute et un respect mutuel. Ainsi l’apprentissage des gestes circule, les conseils et encouragements deviennent réussite. La victoire de l’une, c’est la victoire de toutes. Côté à côté, elles avancent, faisant montre d’une force commune.

« Nourrices » utilise une langue qui repose sur des descriptions exactes autant que sur une portée symbolique. Le texte a des allures de conte. Sa temporalité est élargie, et il s’ancre dans un imaginaire où le réel se laisse pénétrer par l’étrange. Et comme la voix paraît héritée de moralité, la langue développe des croyances qui se rapprochent d’allégories. Les lieux possèdent une puissante symbolique, les lois s’assouplissent face aux coïncidences mystérieuses. L’inexplicable n’existe plus et permet l’ouverture au merveilleux.

Ce roman ressemble à un miroir ancien d’un temps qui fut. Il évalue le travail pour autrui, éclaire l’attachement, et met en lumière le corps des femmes, source de toute vie. Il rappelle aussi une sororité possible entre elles (la fin est d’ailleurs superbe). Dans la grande veine des romans de terre où la nature rappelle les hommes à l’ordre, « Nourrices » se rapproche de Franck Bouysse, et parfois de Cécile Coulon. « Rares sont les humains qui osent se regarder tels qu’ils sont. Encore plus rares sont ceux qui osent se montrer aux autres dans leur vérité nue. » Mais Séverine Cressan possède sa patte littéraire dans le traitement de l’intime, le rapport à la terre, et la façon dont on se tient debout. Une écrivaine à suivre, assurément.
Profile Image for Pauline Bilisari.
Author 8 books167 followers
October 13, 2025
4,5 ✨ un roman tellement différent de ce que je lis habituellement, et que j’ai pourtant adoré. Brûlant, sauvage, sensuel, parfois presque animal, un texte profond et essentiel. Je recommande chaudement.
553 reviews50 followers
August 2, 2025
Dans ce beau premier roman, Séverine Cressan détaille le fonctionnement de l’industrie nourricière, une autre façon de marchander le corps des femmes. Face à cette violence, l’autrice oppose la beauté et la force animale de l’attachement. Un texte envoûtant porté par une langue poétique d’une sensualité folle. 
345 reviews11 followers
August 5, 2025
Séverine Cressan signe un premier roman saisissant qui m'a emportée dès les premières lignes. L'histoire débute par une nuit de pleine lune : l'instinct de Sylvaine, nourrice, la pousse vers la forêt où une nouvelle-née affamée a été abandonnée. La scène d'allaitement décrite est hors du temps, sublime...
À la maison, elle nourrit également son petit Jehan, mais aussi Gladie, un bébé de la Ville. On la paie pour allaiter la petite. Andoche, son mari, ne voit pas d'un bon oeil l'arrivée de la petite trouvée dans la forêt : comment nourrir ces trois bouches avec si peu d'argent à la maison ? Quand Gladie est retrouvée sans vie au petit matin, une idée folle germe dans la tête de Sylvaine : remplacer la petite morte par le bébé qu'elle a trouvé dans la forêt. Andoche accepte, ce sera leur secret et ainsi, ils pourront continuer à toucher le salaire que Sylvaine perçoit pour nourrir Gladie...
L'autrice rend hommage aux "nourrices", ces femmes oubliées, issues des milieux populaires, qui, au Moyen Âge et jusqu'au XVIIIème siècle, avaient en charge des bébés de la ville et les allaitaient en échange d'un maigre salaire. Plus que jamais, à cette époque, l'alimentation et l'éducation des enfants  sont affaires de femmes. Sylvaine peut cependant compter sur le soutien de l'accoucheuse, Margot, qui lui prodigue ses conseils et lui apporte son aide quand le malheur frappe. Le roman, véritable ode à la maternité, offre ainsi une réflexion sur l'évolution de la place de la femme dans la société, le prix de son corps et l'importance des origines. L'on suit donc Sylvaine à travers le lien fusionnel qu'elle entretient avec la petite et son Jehan, mais l'on découvre aussi, progressivement, les origines de la nouvelle-née abandonnée, à travers un cahier écrit par sa mère, récit précieux et violent qu'elle a déposé près de l'enfant.
L'univers évoqué et le style poétique de Séverine Cressan m'ont rappelé l'écriture de Franck Bouysse, puissante et axée sur les sens. La force imposante de la nature est décrite de façon subtile et percutante. Quand la misère sévit dans cette contrée, tempêtes intérieures maternelles et célestes se répondent de façon magistrale. C'est assurément une pépite de cette rentrée littéraire à ne pas manquer ! Sortie en librairie le 21 août 2025.
Je remercie vivement Babelio et les éditions Dalva de m'avoir offert ce livre en avant-première, dans le cadre d'une Masse Critique privilégiée.
#Nourrices
#SeverineCressan
Profile Image for Eva Reymbaut.
29 reviews
November 8, 2025
Ge-nial 🤍🤍🤍
Vraiment je le reco à moitié pour l’écriture en elle même ; si poétique et immersive. Les tournures, les métaphores, la manière d’amener les sujets, même les plus sombres, la description de la nature et de la relation entre l’enfant et son « parent » (ou nourrice en l’occurrence)… tout était si pertinent et bien écrit !
Et j’ai adoré le sujet de la monétisation du lait maternel et cette traite dont les femmes et les enfants sont à la fois victimes et pièces centrales. Les histoires entremêlées de femmes offrent un récit vraiment beau et bien construit ; une découverte plus que positive de cette autrice que je ne connaissais pas !
40 reviews
November 9, 2025
Le sujet est intéressant, mais la réalisation ne va pas vraiment jusqu’au bout. Les thématiques et ambiances se mêlent et nous perdent un peu, je trouve. + le choix de placer l’intrigue dans une époque passée me paraît inutile, ca instaure une distance et amoindrit la force des problématiques traitées
Profile Image for Marion.
58 reviews12 followers
October 12, 2025
Belle découverte ! J'ai lu qu'il s'agissait du premier roman de Séverine Cressan, hâte de découvrir les prochains.
Profile Image for Elise.
92 reviews1 follower
October 29, 2025
Écriture sensuelle, vies de femmes meurtries par les hommes, cheminements de mères qui l'ont désiré ou subi, sororité intergénérationnelle, tout est vraiment très très beau et très puissant.

TW VSS / TS
Profile Image for Sombre Grimoire.
1,547 reviews19 followers
August 7, 2025
J'ai reçu ce livre en service presse de la rentrée littéraire.

J'attendais celui-ci avec impatience puisqu'il m'avait très rapidement intrigué avec ses thématiques. C'est un roman fort sur la figure des femmes mais aussi celles des mères.
J'ai adoré cette lecture prenante, pleine d'émotions et de sensibilité.
Profile Image for Alex.
140 reviews17 followers
Read
October 19, 2025
3.5 ★
Un livre atmosphérique, une plume (parfois excessivement) poétique, et un sujet que je n'avais jamais rencontré en littérature.
À travers des images toujours très travaillées, Nourrices met en avant ces femmes qui vivent de leur corps, de leur lait. Parfois, par choix. Parfois, parce qu'elles y sont forcées. Le sujet est difficile, quoique terriblement intéressant. J'ai trouvé le clin d'œil aux sorcières bien amené, mais l'ambiance ésotérique qui se dégageait m'a un peu freinée. De même, l'autrice parvient à retranscrire une certaine vision de la femme et de son corps, si bien écrite, si réaliste, que la lecture est parfois devenue difficile. En soi, c'est bon signe — c'est un sujet important qui mérite d'être traité comme tel, et de ne pas être caché ou embelli avec des euphémismes.
Profile Image for jujou.
94 reviews4 followers
August 6, 2025
(reçu en anticipé par NetGalley)

wow wow wow. je suis touchée et énervée. dingue de se dire que c’est un premier roman. j’ai eu légèrement du mal à accrocher, le début est assez difficile je trouve, j’étais perdue et je trouvais peu de repères. l’écriture alimentait beaucoup ce contexte étrange je crois, ou c’est peut-être moi qui cherche des choses qui n’existent pas du tout, mais même si ça prend forme sur le long c’est un texte vraiment atypique.

c’est révoltant, c’est abject, je me sens désolée. Sylvaine et l’enfant lune taclent fort dès le début, penser à la détresse de ces mères et de ces enfants, à cette objectification du corps de femmes précaires au profit de celles privilégiées en ville, devoir abandonner son enfant et servir celui d’une autre pour assurer un revenu à sa famille, j’ai entendu beaucoup d’histoires de nourrices et j’avais à peine connaissance des tours d’abandons et des trafics de lait maternel, ce livre donne envie d’hurler.

le mythe et toute la projection de la sorcière était un chouillat poussif, mais c’est quelque chose qui marche à chaque fois quoiqu’il arrive (pour moi en tout cas). j’ai vraiment beaucoup aimé ce sentiment de voir des paroles de femmes aussi protégées. l’homme impliqué à sa façon certes, mais il n’est pas nommé, pas acteur, pas directement concerné, ne déforme aucun propos, altère aucun vécu, des expériences et traumatismes de femmes relayées de façon libre et préservée. intentionnel ou non, c’est un détail qui a donné beaucoup de force à cette histoire pour moi. je suis d’avis à mettre en priorité les récits de sororité sur la table, celui-là en fait partie, je me répète mais c’est assez impressionnant de se dire que c’est un premier roman. je garderai defo un œil sur les (j’espère) prochains de Séverine Cressan. vraiment un bijou de cette rentrée littéraire. un gros merci NetGalley.
This entire review has been hidden because of spoilers.
Profile Image for Matatoune.
630 reviews29 followers
August 11, 2025
Attention, ce premier roman, Nourrices, est une réussite littéraire. Il raconte à une époque non précisée, en tout cas, au Moyen-Âge, dans la ruralité paysanne, le travail des nourrices qui vendent leur lait pour tenter d’échapper à la misère.
Aux corps usés par les travaux et par l’allaitement des bébés, l’écrivaine oppose une sororité qui permet aux femmes de se libérer. Séverine Cressan raconte avec justesse, la maternité, l’accouchement, la relation maternelle et même un viol. Les mots qu’elle pose révèlent avec réalisme les conditions de vie des femmes du Moyen-Âge, mais celles de maintenant aussi, poursuivant son exploration de leur émancipation en sachant convoquer des émotions très vives. Impossible de ne pas être au côté de Sylvaine et de ses compatriotes dans la révolte presque silencieuse qui les anime.
Bref, un premier roman extrêmement réussit qui devrait faire parler de lui !
Chronique entière et illustrée ici
https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Profile Image for Clémence Inès.
20 reviews
September 19, 2025
Je ne savais pas trop combien noter ce livre, j’aurais mis 3,5.
J’ai adoré son côté féministe évidemment, mais surtout l’instruction sur la réalité heureusement passée.
Je n’avais JAMAIS entendu parler des tours d’abandon et du triste sort des victimes du trafic de lait maternel.

L’écriture poétique est une arme puissante pour faire passer des messages. Parfois, je ne m’y suis cependant pas retrouvée. J’ai trouvé la frontière trop ténue entre imaginaire et réel, l’autrice brouillait les repères spatio-temporels ce qui me perdait. Longues étaient les descriptions naturelles et les images corporelles féminines, mais c’est un parti pris qui va avec l’image de la sorcière. C’est cohérent.

J’aurais vraiment aimé en apprendre plus sur ce que l’autrice souhaitait dénoncer, mais j’apprécie le fait qu’elle n’ait pas édulcoré sa plume et son identité dans le récit.

Un beau premier roman 🫶🏼
Profile Image for Nathalie Vanhauwaert.
1,099 reviews43 followers
August 24, 2025
C'est un immense coup de cœur, un premier roman magnifique mettant en avant des femmes qui par nécessité sont devenues nourrices, une ode à la maternité, à la femme, à la transmission et l'attachement et aux liens à la nature.

Un drôle de commerce a lieu dans la région, c'est la Chicane, alias Allouin le meneur qui en détient le monopole. Il propose aux mères du village de vendre ce qu'elles ont de plus précieux, le lait maternel.
La femme n'a juste aucun droit, juste celui de faire ce que son mari décide. Elle ira en ville laissant son enfant ici s'il le décide et nourrira les enfants des autres.

La Chicane lui s'enrichit sur ce commerce car c'est lui seul qui est l'intermédiaire, il conserve une partie de la pension à sa guise, il fixe les tarifs. La marchandise ne manque pas car il y a la Tour d'Abandon où les bébés peuvent être déposés dans un tiroir. Les conditions de survie sont difficiles.

Sylvaine vit dans la forêt avec son mari Andoche et leur fils Jehan maintenant sevré. Elle va faire le voyage de deux jours en chariot avec d'autres pour la première fois et revenir avec Gladie une enfant de la ville. Une nuit de lune rousse, elle est attirée vers l'extérieur, guidée par la nature et trouve l'enfant de la lune dans une clairière, auprès d'elle un mystérieux carnet.

Sylvaine va s'occuper de cet enfant et lorsque Gladie, trop faible périra, elle décide avec Andoche de substituer le bébé pour conserver sa réputation et la rente.

En parallèle on découvre le carnet dans lequel Zaïg nous raconte son parcours et l'histoire de l'enfant.

C'est un récit captivant, un enchantement, la plume est magnifique, très poétique en lien complet avec la nature, la terre originelle. L'écriture est fluide, j'ai dévoré cette petite merveille qui bouleverse, émeut.

C'est l'amour maternel, l'attachement, le sort des femmes considérées comme la chose des hommes à leur disposition, c'est aussi la révolte, la solidarité , la sororité qui est décrite. Ce livre est insitué tant dans le temps que dans l'espace car il est universel, toujours actuel , un roman féministe, engagé que j'ai adoré et qu'il faut absolument découvrir.

Immense coup de cœur. ♥♥♥♥♥

Les jolies phrases

C'est la première fois qu'elle arpente les rues de la Ville, est confrontée à sa démesure, sa clameur, ses odeurs. Tout oppresse la jeune femme, agresse ses sens. Elle a l'impression d'être entrée dans la gueule d'un animal monstrueux, se sent perdue, minuscule au milieu de cette foule bruyante, de cette multitude mue par des motifs qui lui échappent. Tournis, vertige de tant d'impressions sensorielles inédites. Est-ce cela que ressent un nouveau-né lorsqu'il sort du cocon protégé et doux de la matrice ? Une lumière qui aveugle, des sons qui assourdissent, des odeurs qui donnent la nausée, des contacts rugueux qui malmènent.

En s'entendant prononcer ce patronyme avec assurance, sans l'once d'une hésitation ni le moindre tremblement de voix, Sylvaine mesure le pouvoir de la parole qui fait exister ce qui n'est pas, par le simple fait de le nommer.


La pire chose c’est le non-dit, le tu. Même si on veut le dissimuler, l'enterrer soigneusement en érigeant des barrières, des barricades que l'on croit imprenables, le secret suinte, s'écoule de toutes parts comme une eau impossible à retenir dans un poing fermé. Tout individu trahi sait, au fond de lui, que quelque chose lui est caché. C'est un fardeau immense à porter, un de ces fardeaux qui vous écrasent au point de vous empêcher d'avancer. La plupart des hommes craignent la vérité, croient qu'elle va les empêcher de vivre. Au contraire, c'est le mensonge et le secret qui tuent. »


Qui peut vivre dans le monde sans savoir qui il est ? Et d'où il vient ? Personne. Les bêtes n'ont pas besoin de savoir cela, elles naissent, vivent et meurent sans question car elles sont les enfants de la terre. Les humains, c'est autre chose . Ils ont besoin de savoir sinon, ils passent leur vie à chercher le point d'ancrage qui leur fait défaut. Ce faisant, ils en oublient de vivre

https://nathavh49.blogspot.com/2025/0...
Rares sont les humains qui osent se regarder tels qu'ils sont. Encore plus rares sont ceux qui osent se montrer aux autres dans leur vérité nue. J'ai pensé qu'elle avait raison. Que si on avait le courage de regarder les choses en face, les filles seraient pas obligées de faire des choses pareilles.

Profile Image for Exuline.
476 reviews9 followers
September 3, 2025
En quelques mots :

Un roman fort et bouleversant qui parle du corps des femmes, de maternité, d’allaitement, et de ce que signifie nourrir. L’écriture est à la fois poétique et brute, pleine de sensations et de vérité. C’est une lecture intense, parfois dure, mais profondément touchante. Un vrai coup de cœur.

En beaucoup plus de mots :

Il y a des textes qui ne se lisent pas seulement avec les yeux, mais avec le corps tout entier et qui prennent racine au creux du ventre. Nourrices est de ceux-là.

Dans une campagne rude et pauvre, des femmes n’ont d’autre choix que de devenir nourrices. Vendre leur lait, louer leur force vitale pour survivre. Elles ont le ventre vide mais les seins pleins, lourds du lait nourricier qu’elles offrent en arrachant leur propre enfant de leur poitrine pour nourrir celui d’une autre. Le roman s’ancre dans cette réalité brutale, celle d’un temps où le corps féminin était utilisé comme une ressource, une marchandise.

Au cœur de ce récit, des femmes. Chacune se débat avec ses douleurs, ses contradictions, ses sacrifices. Et à travers elles, Séverine Cressan rend à la femme sa communion avec la nature : imprévisible, fertile, protectrice, violente.

J’ai dévoré ce livre. L’écriture de Séverine Cressan est à la fois poétique et viscéral, incantatoire, presque chamanique. Elle hypnotise, elle envoûte, elle impose le sacré du corps féminin au cœur du monde naturel. Les phrases se lisent comme des vers. Elles résonnent, s’enchaînent, frappent ou caressent, mais toujours elles marquent.

Mère, épouse, nourrice, amante, mais aussi sorcière, déesse, matrice. Elle allaite, elle souffre, elle aime. Amour filial, amour lacté : quelle la différence ?

Lire ce roman, c’est entrer dans une matière dense et organique : la terre humide, le vent qui fouette les branches, le froid qui mord, la chaleur d’un nouveau-né blotti contre soi. Ce texte fait ressurgir l’instinct animal, percute la raison, secoue les valeurs. J’ai retrouvé la rudesse, le climat, l'environnement de Né d’aucune femme, et pourtant si différent, car il n'y a pas que l'obscurité, le pire de chacun. C’est dur, brutal, mais aussi tellement beau et Séverine Cressan a rendu son texte finalement tellement lumineux.

Jamais ce roman ne tombe dans le misérabilisme. Ici, l’homme n’est plus qu’un décor. La femme est tout. Et d'ailleurs les peu de fois où l'homme est présent dans le texte, il est mis de côté, oublié, vengé, rabroué. Pas qu'il est inutile, non, simplement il n'a pas sa place dans ce monde révéré.

Nourrices m’a bouleversée. J’y ai retrouvé des sensations enfouies, des souvenirs intimes d’accouchement et d’allaitement que je croyais oubliés. C’était douloureux, beau, nécessaire. Ce livre est un chant pour toutes les femmes : celles qui donnent la vie, celles qu’on prive, celles qui transmettent, celles qui résistent, il l'élève, il l’embrase. Il la fait déesse.

Coup de cœur absolu. Un texte rare, viscéral, sensoriel, où la nature et la féminité cohabitent, s’entrechoquent, se magnifient dans toute leur brutalité et leur beauté. L’un des plus puissants que j’aie lus cette année.
Profile Image for Thebensbookoflife.
231 reviews2 followers
July 6, 2025
Résumé :
Dans ce village, c'est du corps des femmes qu'on tire l'argent qui fait vivre les familles. Car ici, on vent une denrée précieuse : le lait maternel.
Sylvaine, son propre enfant à peine sevré, accueille chez elle comme tant d`autres une "petite de la ville". Mais une nuit, en pleine forêt, elle découvre un bébé abandonné dans une clairière et à ses côtés un carnet qui raconte son histoire. Elle ne pourrait veiller sur ces trois nourrissons et quand celle dont elle a la garde meurt dans son sommeil, elle n'hésite pas à échanger les bébés. L`enfant mystérieuse prend la place de Gladie, cette petite fille qui lui avait été confiée...
Premier roman de Séverine Cressan et j'ose espérer que cela ne sera pas le dernier.
NOURRICES est un livre bouleversant, brut et pourtant sensuellement poétique qui vous troublera, choquera et vous éblouira aussi par la force et l'incroyable courage de ses mères nourricières.
Car le thème réside en l'histoire toujours tue et invisible de ces dames dont le seul travail est de "fournir" le lait maternel à d'autres enfants que ceux qu'elles ont porté.
La trame se déroule dans un monde intemporel, sans repère précis, presque imaginaire. Une atmosphère moyenâgeuse où les castes rurales et urbaines sont bien définies, où la pauvreté est plus que courante et où les femmes comme Sylvaine doivent exploiter leur corps pour tenter de subvenir au besoin de la famille.
Ces nourrices sont considérées comme du bétail avec tout le mépris et la maltraitance que l'on peut sous-entendre. Elles n'ont plus l'état d'humain mais d'organes nourriciers pour les familles riches ou les nantis campagnards.
La romancière,avec un style très hybride entre dure réalité et douce poésie, nous offre un récit sur la cruauté des hommes, sur l'impact culturel et spirituel que la nature possède sur nous. C'est aussi une ode à la sororité, à la force intérieure incommensurable que l'instinct maternel peut apporter.
L'écriture est sûre, profonde. On est envoyé dans ce monde parallèle en parcourant ces chapitres et on en revient chahuté, troublé mais aussi éclairé. 
NOURRICES est donc une très très belle lecture. Tellement de sentiments différents vécus durant ces quelques heures entre les lignes de ce livre. Violences, humiliations, espoirs, tendresses,... Un chamboulant roman d'une grande justesse pour un premier essai. --
428 reviews9 followers
August 18, 2025
Dans ce premier roman, Séverine Cressan revient sur une fonction méconnue des femmes, celle de nourrice au sens premier du terme. Dans les campagnes autrefois, le corps maternel était avant tout nourricier: on l’utilisait, on le monnayait pour nourrir les bébés les plus chétifs ou ceux dont les mères n’étaient pas capables de subvenir à leur besoins. Ces nourrices sont regroupées sous le joug d’un « meneur » qui tire bénéfice de la vente de leur lait. L’élevage des petits de la ville rapporte bien… Ces femmes ont le choix d’aller vivre dans la famille de l’enfant en laissant les leurs à à la maison ou de l’accueillir à leur domicile. Leur rôle implique un investissement constant, mais elles sont néanmoins traitées comme du bétail…

Sylvaine est mariée à Andoche, un bûcheron. Ensemble, ils ont un fils Jehan, qui à peine sevré, laisse sa place à une petite fille de la ville. Il s’agit pour le couple d’échapper à la misère. Une nuit de pleine lune, Sylvaine recueille un bébé abandonné dans les bois et s’y attache comme s’il était son propre enfant. Lorsque la petite de la ville, trop faible pour survivre, décéde malgré ses soins, elle échange les nourrissons et garde ainsi près d’elle sa petite protégée. Alors qu’elle est surveillée comme peut l’être un animal par son propriétaire, Sylvaine tente de garder pour elle ce secret. En parallèle de la vie de Sylvaine, nous suivons les écrits d’une mère qui explique pour quelles raisons elle a dû abandonner son enfant.

Ce roman est une ôde aux femmes et aux mères, longtemps astreintes à cette première fonction nourricière. Au plus proche de la nature, d’une façon presque animale, ces femmes ont nourri et aimé de nombreux enfants et se sont peu à peu opposées aux décisions des hommes, jusqu’à se libérer grâce à leur solidarité, de leur joug. Ce texte exprime avec beaucoup de poésie cette communion des femmes avec la nature, et ce sentiment de révolte qui les guidera vers la liberté. Un très beau premier roman qui n’est pas sans me rappeler Madelaine avant l’aube de Sandrine Collette ou le rural noir de Franck Bouysse. A découvrir sans hésiter !

Je remercie Babelio pour l’envoi de ce bel ouvrage lors d’une masse critique privilégiée.
Profile Image for La fée bleue 28.
123 reviews2 followers
October 13, 2025
NOURRICES de Séverine CRESSAN
Narrateur : Cristelle LEDROIT / Julia TARAQUOIS
Editer chez LIZZIE
Temps d’écoute : 5 h 47
Sortie le 21 août 2025.

** Résumé : **

Un premier roman français exceptionnel, aussi sensuel que bouleversant. À travers les aventures de quelques femmes, on découvre l’incroyable vie des nourrices, ces mères invisibles sur lesquelles a reposé toute une industrie pendant plusieurs siècles.
Dans ce village, c’est du corps des femmes qu’on tire l’argent qui fait vivre les familles. Car ici, on vend une denrée précieuse : le lait maternel. Sylvaine, son propre enfant à peine sevré, accueille chez elle comme tant d’autres une « petite de la ville ». Mais une nuit, en pleine forêt, elle découvre un bébé abandonné dans une clairière et à ses côtés un carnet qui raconte son histoire. Elle ne pourrait veiller sur ces trois nourrissons et quand celle dont elle a la garde meurt dans son sommeil, elle n’hésite pas à échanger les bébés. L’enfant mystérieuse prend la place de Gladie, cette petite fille qui lui avait été confiée…

Avec ce premier roman sensuel et bouleversant, Séverine Cressan révèle les rouages troublants d’une industrie méconnue. Dans ces pages inoubliables, elle nous entraîne dans un univers où la nature et l’enchantement ne sont jamais loin et réinvente l’histoire de ces mères invisibles.

** Mon ressenti : **

Concernant les voix, j’ai trouvé que l’alternance des deux narratrices était parfaite. La lecture était fluide et le rythme complètement adapter au récit. L’écoute fut un vrai régal.

L’histoire quant à elle est aussi dure que douce. Nous voici plonger dans la campagne ancienne où pour subvenir aux besoins de leurs familles, des mères se font rémunérer pour allaiter d’autres enfants que les leurs.

Avec une plume poétique, l’autrice nous fait découvrir l’histoire si touchante de ses femmes courageuse.
Sylvaine m’a émue et j’ai verser quelques larmes à l’écoute de ce récit.

Ce roman est magnifique avec une plume percutante et addictive.

Un primo roman d’une justesse et d’une beauté qui me restera longtemps en mémoire.

Je tiens à remercier les éditons LIZZIE pour leur confiance et l’envoi du service de presse via la plateforme NETGALLEY.
Profile Image for Laetitia.
1,105 reviews7 followers
August 10, 2025
Je remercie #NetGalleyFrance et les Éditions Lizzie pour la découverte de #Nourrices de Séverine Cressan, lu par Cristelle Ledroit et Julia Taraquois.

Voici plusieurs histoires de femmes qui s'entremêlent pour nous livrer un chœur dissonant où seule la souffrance de procréer, d'enfanter ou de perdre le fruit de sa grossesse rassemble les mères malheureuses. Riche ou pauvre, maîtresse ou domestique, indépendante ou servile, peu importe le statut dans les affres de la maternité. Si ce n'est que l'argent aide les mieux dotées à nourrir leur progéniture, que ce soit en achetant ou en vendant le précieux breuvage maternel.

Je suis entrée assez rapidement dans cet univers sombre, rural aux relents de violences tantôt criantes, sourdes ou silencieuses, que les femmes ont pu subir à cause ou pour l’enfantement. En revanche, j'ai dû accélérer la vitesse de lecture (encore !) à 1,25 car le rythme lancinant des lectrices risquait de m'éloigner du texte. Et effectivement, malgré les développements étonnants et les croisements des histoires, j'avoue avoir eu besoin de "lever le pied" pour ne pas décrocher. Excepté quelques lenteurs regrettables, l'écriture de Séverine Cressan est soignée, poétique et désuète. L'autrice s'approprie un style de langage ancien, en totale harmonie avec l'histoire. Rien n'est situé ni daté, mais on comprends rapidement que les récits ne sont pas contemporains et qu'ils se déroulent en Occident (probablement en France). Séverine Cressan crée des personnages profonds, des femmes très différentes les unes des autres, unies par le lait maternel de Sylvaine, le savoir de la vieille Margot et les naissances et morts des bébés...

Lizzie a bien fait de choisir deux lectrices aux voix si différentes : l'une plus âgée représentant l'expérience de savoirs ancestraux et l'autre plus jeune, incarnant la candeur et le désarroi des filles mères qui n'ont jamais eu le choix. Malgré un rythme un peu trop lent à mon goût, j'ai apprécié cette lecture à voix haute (mais à vitesse 1,25 par moments...)

#Nourrices #NetGalleyFrance
Profile Image for Litote.
672 reviews12 followers
December 16, 2025
Avec Nourrices, Séverine Cressan signe un premier roman d’une puissance rare, qui donne voix à des femmes longtemps restées dans l’ombre. L’histoire, volontairement floue dans l’espace et le temps, se situe quelque part entre le XVIIIᵉ et le XIXᵉ siècle, dans une campagne pauvre et isolée. Dès les premières pages, j’ai senti que ce monde rural allait me saisir, un monde où le lait maternel est devenu une véritable monnaie d’échange.
Sylvaine est nourrice. Une femme droite, consciencieuse, qui n’exerce pas ce métier par choix mais par nécessité. Son mari est bûcheron, l’argent manque, et comme tant d’autres, elle accepte de louer son corps pour nourrir l’enfant d’une famille aisée de la ville, la petite Gladie. Autour d’elle gravite un système sordide : meneurs, médecins, recruteuses, une organisation masculine qui traite les femmes comme du bétail, les palpe, les humilie, et confisque l’argent gagné.
Une nuit de pleine lune, appelée par la forêt, Sylvaine découvre un nourrisson abandonné, accompagné d’un carnet. Lorsque la petite Gladie meurt, un geste irréversible s’impose : la substitution. Deux récits s’entrelacent alors, celui de Sylvaine et celui de la mère inconnue, révélant un destin commun de femmes broyées, mais debout.
Le roman ne ménage pas le lecteur. Certaines scènes sont dures, crues, dérangeantes, mais jamais gratuites. La plume de l’autrice est sensorielle, visuelle, profondément poétique. La nature agit comme un refuge autant qu’une force primitive. Colère et amour s’y affrontent, s’y équilibrent, et je suis sortie de cette lecture profondément bouleversée.
Nourrices est un texte puissant, traversé par une rage sourde et une immense tendresse. Un hommage aux corps féminins, à la maternité choisie ou subie, et à la sororité. Un roman bouleversant et nécessaire, qui mériterait une reconnaissance littéraire à la hauteur de son intensité.


https://latelierdelitote.canalblog.co...
Profile Image for Jul.
45 reviews
February 6, 2026
J'ai du mal à comprendre tous les avis élogieux au sujet de ce livre.
Pour commencer par les points positifs je trouve que la plume de l'autrice est assez belle. J'ai aimé le fait que le récit soit entremêlé à une espèce de conte car c'est joli à lire.
Cependant, cet aspect un peu fantastique du récit nous perd dans l'histoire de temps en temps.
Je suis une éponge émotionnelle et suis touchée très facilement mais pour le coup, ici, je n'ai pas réussi à m'attacher énormément aux protagonistes.
Autre point positif, le principe du carnet qui vient s'entremêler au récit a du sens et apporte une certaine dynamique au récit.

Passons désormais aux énormes points noirs pour moi qui font que j'ai n'ai pas du tout accroché. Déjà, par pitié, en 2026, il serait peut être temps de mettre les TW en début de livre car ça me fatigue de payer des livres où on parle aussi librement de viol de manière explicite sans prévenir le lecteur. Pour moi, c'est lunaire d'encore faire ça sous prétexte que ça apporte une dimension tragique au récit. Je vous assure que sans les détails, la dimension y est quand même, pas besoin de plus.
Ensuite, beaucoup parlent d'un beau portrait féminin dépeint, d'un récit féministe etc.
Selon moi, il n'y a absolument rien de féministe et de moderne lorsque que la tétée prend une dimension incestueuse.

Bref, j'ai apprécié la plume de l'autrice car elle est belle mais j'ai détesté les incohérences du récit et le côté cru de certains passages qui, à mon sens, desservent le récit.
Profile Image for Anaïs.
63 reviews
August 4, 2025
Un premier roman intense, viscéral et d’une poésie sombre.

Avec Nourrices, Séverine Cressan signe un premier texte aussi dérangeant qu’envoûtant. Elle nous plonge dans un univers hors du temps, aux allures de conte cruel, où les corps des femmes et plus particulièrement ceux des mères deviennent marchandise.

À travers le personnage de Sylvaine, l’autrice donne voix à celles qu’on n’a jamais entendues : les nourrices, réduites à leur capacité à allaiter, traitées comme des instruments plutôt que comme des êtres humains. Ce système de domination brutale, installé dans une société archaïque où la misère est omniprésente, fait froid dans le dos tant il trouve des résonances troublantes dans notre monde contemporain.

Ce qui frappe, au-delà du sujet, c’est la force de l’écriture : un style singulier, parfois rugueux, parfois lyrique, toujours incarné. Entre violence crue et beauté brute, Séverine Cressan parvient à créer une langue propre à son univers, où se mêlent douleur, maternité, résistance, et une forme de sororité salvatrice.

Certains passages peuvent heurter par leur brutalité, d’autres apaiser par leur profondeur poétique c’est ce déséquilibre assumé qui rend le roman aussi marquant.

Nourrices est une lecture qui dérange, secoue, interpelle. Un hommage puissant aux corps exploités, aux silences transmis de mère en fille, et à cette force maternelle instinctive, viscérale, qui devient acte de survie. Un premier roman maîtrisé, singulier et profondément humain.
Displaying 1 - 30 of 52 reviews

Can't find what you're looking for?

Get help and learn more about the design.