Publié en 1974, Écarlate est le récit autobiographique d'une jeune fille qui raconte à sa mère qu'elle parle avec un spectre de la fenêtre de sa chambre, qui attend toute la nuit l'arrivée du matin, assise au pied de son lit, qui se demande, si elle dort, qui lui donnera la lune, qui désire la mort, qui est sans cesse en fuite, qui veut rester dans sa folie et garder sa violence.
Écarlate est un cri du coeur qui se lit en un souffle. Un livre inouï, oublié et révélé.
Splendeur. "Jamais jamais je ne deviendrai adulte (...) Ce n'est pas possible. Jamais je ne deviendrai comme ces écrasantes grandes personnes qui oppressaient mon enfance par la sécheresse de leurs raisonnements."
Je regrettais son rire, sa chaleur et la tendresse douce-amère de sa voix, mais c’étaient là de très belles choses et il eut été ingrat de se mettre à sangloter, car après tout ces très belles choses avaient été miennes.
« Mais moi, j'aimais le feu, je l'aimais jusqu'à la brûlure, j'aimais l'amour jusqu'à la plaie et la vie jusqu'à la mort. Moi, je n'étais pas raisonnable. Elle s'en fut, définitivement, me laissant pour toujours […] la douleur d'offrir la mer à boire à qui n'a de soif que pour un verre d'eau. »
Quelle merveille !!! Merci Flamme, Volcan, Tempête de Pierre Boisson de m'avoir mené à cet ouvrage. J'ai la sensation de retourner en seconde quand j'avais découvert Bonjour Tristesse de Françoise Sagan. C'est si incroyable la poésie et la rage qui se dégagent de cette petite centaine de pages. C'est délicieux que son unique livre ait pu être dépoussiéré et soit de retour en librairie parce que c'était une vraie perte littéraire de le voir disparu. J'AI ADORÉ !!!
"et je ne veux être femme, ni mesure ni sagesse, mais jaillissement déchiré, toute entière à mon cri, tout au bout de mon souffle ; et ce n'est pas ma faute si je suis plus loin de moi que mon corps, si je suis aussi loin de mes yeux que la portée la plus lointaine de mon regard, aussi loin de mon oreille que les musiques que j'entends, si je suis l'espace qui me couvre. Je ne suis que cri et violence du cri. Je ne suis que désire d'adoration."
Nous sommes toutes les mêmes... Je garde ce livre pour toujours ; il s'est déversé en moi et s'est imprimé dans mon âme pour faire partie de moi, ce qu'il a toujours été, en fait.
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Lu d'un souffle, c'est sensible, poétique, touchant et universel d'autant plus qu'il a été écrit entre ses 15 et 18ans! Ça parle d'amour, d'amitié, relation maternelle etc. Ça m'a donné envie de lire la biographie de Pierre Boisson sur cette personnalité un peu mystérieuse et oubliée alors.
"Jamais, jamais je ne deviendrai adulte. Jamais je ne deviendrai comme ces écrasantes grandes personnes qui oppressaient mon enfance par la sécheresse de leurs raisonnements. [...] Je ne veux pas devenir raisonnable, ni calculatrice, ni économe de ma tendresse, je veux garder ma violence."
soyons clairs et honnêtes : oui c’est une jeune femme blanche et bourgeoise qui écrit mais cet ouvrage est très beau dans la mesure où il touche beaucoup de sujets sensibles tels que l’amitié fusionnel, le refus de la conformité/de grandir, la mort, la dépression, le lien à la figure maternelle, tout ça avec une langue très très poétique et avec les mots d’une jeune fille de 12/15 ans donc il y a quelque chose de très universel
« Si j’avais cédé, reconnu mon amour, aussitôt je me serais soumise, toute résistance brisée. Je ne pouvais pas l’aimer, car alors c’eut été renoncer à toute rivalité, accepter sa puissance et sa supériorité »
« Toutes les fois que j’ai aimé quelqu’un, j’ai ressenti avec horreur sa fragilité et la facilité avec laquelle je pouvais le perdre. Toutes les fois que j’ai aimé, j’ai pensé à la mort. »
toutes les fois que j'ai aimé quelqu'un, j'ai ressenti avec horreur sa fragilité et la facilité avec laquelle je pouvais le perdre. toutes les fois que j'ai aimé, j'ai pensé à la mort.
[...]je ne veux plus grandir. je ne veux plus devenir raisonnable, ni calculatrice, ni économe de ma tendresse. je ne veux pas me conserver à moi-même ni rancir dans de vieilles passions rassises. je veux rester dans ma folie et aimer comme on s'enivre jusqu'à ce que mort s'ensuive. je veux garder ma violence
Un roman sur la passion, presque christique, de la jeune autrice. Une découverte qui m’a envoûté par cette capacité qu’à Christine Pawlowska à prendre le lecteur “en otage”. Impossible de ne pas le finir d’une traite. La beauté de ses mots m’a ému plus d’une fois.
Après avoir lu « flamme volcans tempête » j’ai lu ce petit livre qui l’a inspiré. En effet, c’est d’une beauté rare,c’est plein de fougue de jeunesse et la langue est magnifique. Ça aurait dû être un de nos classiques et j’aurai aimé le lire à 15 ans, je pense que je serai tombé amoureuse de la littérature par ce livre.
4,5. « La douleur, c’était en quelque sorte ma façon de me sentir vivre » Il est de ces femmes qui peignent la douleur d’être soi, d’aimer furieusement et terriblement avec une justesse qui bouleverse. J’ai vu un commentaire qui parlait de Clarice Lispector, d’Anna de Noailles, moi elle m’évoque Alejandra Pizarnik, Sylvia Plath, toutes ces femmes qui façonnent le sublime par la lucidité de leur désespoir. Qu’est-ce que je les adore.. Explorer ainsi l’adolescence et toutes les émotions que le corps produit et subit, le plus intime, la lassitude et l’ennui de vivre, ça a fait beaucoup écho à ma propre expérience alors il y avait quelque chose d’assez déchirant mais aussi de cathartique (oui j’écris ça les yeux baignés de larmes..). Merci pour la redécouverte de ce texte, merci pour son écriture, c’est une merveille.
Mon dieu que j'ai aimé cette lecture. J'ai vu qu'une review précisait que le livre avait été écrit par une jeune femme blanche et bourgeoise et effectivement je trouve que c'est un point à garder en mémoire. Mais malgré tout, l'autrice arrive à écrire je trouve avec tellement de précision ce que cela fait de trop ressentir, de trop aimer, celui de la dépression, mais aussi celui de la fusion. Ce que cela fait d'être enfant/ado et de ne pas supporter la perte qui s'opère chez l'adulte et de ne pas vouloir en être victime. j'ai trouvé ce livre hyper touchant, tant dans sa manière d'aborder la fusion amicale qui peut se vivre enfant, mais aussi les premières étincelles d'amour, et celles du deuil. Et la peur de voir ce qu'implique de grandir et de ce fait, d'appartenir à la société et à ses attentes. Bref ça se dévore
C’est le seul roman de Christine Pawlowska. Cette femme a écrit ce livre, bouleversant, brut, et ensuite a disparu dans les obligations patriarcales. Et rien que pour ça, il vous faut le lire. J’ai adoré la préface de Blandine Rinkel aussi qui donne plus de contexte sur qui est Christine Pawlowska. C’est un livre qui parle de dépression, de passage à l’âge adulte mais aussi, et surtout d’amour.
c'est un livre absolument sublime sur le désir, la mort, la perte et l'amour. Ecrire comme ça à seulement 20 ans, c'est très impressionnant. Je le relirai sans aucun doutes. J'ai eu envie de tout souligner. C'est plein de beauté et de fulgurances.
"On considéra donc avec indulgence ma fragilité d'enfant sensible et on ne me contraria plus. Jusqu'à ce que j'en eusse bien profité et que toute la famille s'en mordît les doigts." (ch.7)