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Le bruit de nos pas perdus

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À la Crim’ de Versailles, le commandant Cérisol a enfin une équipe opérationnelle. Un jeune pro du taekwondo à l’instinct très sûr, un adjoint sexagénaire qui gère ses dossiers aussi bien que sa famille nombreuse et une nouvelle recrue, jeune femme de caractère prête à se tailler une place dans ce cercle résolument masculin. Ils ne sont pas trop de quatre pour faire face aux affaires qui s’accumulent : d’abord un corps anonyme momifié est abandonné au cimetière. Ensuite, il y a l’apparent suicide d’une jeune femme à qui tout semblait sourire. À ces deux mystères vient s’en ajouter un qui bouleverse Cérisol : sa femme Sylvia, partie pour une compétition handisport au Japon, ne donne plus signe de vie...
Au gré des enquêtes de cette équipe de flics, on découvre leurs rêves brisés, leurs combats du quotidien, des mensonges et des vies qui basculent. Benoît Séverac signe un nouveau roman policier plein de finesse et d’humanité qui nous raconte que c’est parmi les hommes et les femmes ordinaires que l’on trouve les criminels comme les héros.

336 pages

Published August 21, 2025

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Benoît Séverac

39 books5 followers

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Displaying 1 - 6 of 6 reviews
Profile Image for Aude Bouquine Lagandre.
725 reviews227 followers
September 23, 2024
Dans « Le Bruit de nos pas perdus », Benoît Séverac nous plonge au cœur d’un polar où l’humain est au centre de tout, bien au-delà des simples enquêtes criminelles, d’où mon attirance pour ce roman. À la Crim’ de Versailles, le commandant Cérisol est à la tête d’une équipe hétéroclite, mais complémentaire : un jeune policier au flair aiguisé et aux compétences martiales, un adjoint vétéran qui jongle entre sa vie de famille et ses dossiers, et une nouvelle recrue, une jeune femme déterminée à s’imposer dans cet univers dominé par les hommes. Tous ensemble, ils affrontent des mystères qui s’accumulent : le corps d’un homme retrouvé momifié dans un caveau familial et le prétendu suicide d’une jeune femme à qui la vie semblait sourire. Cérisol est également troublé par une angoisse plus personnelle : sa femme, Sylvia, aveugle et athlète de haut niveau, a disparu sans laisser de traces au Japon, où elle participait à une compétition handisport.

Benoît Séverac sait tisser avec habileté des fils narratifs complexes tout en insufflant à ses personnages une profondeur précieuse dans le genre du roman policier. Les membres de l’équipe de Cérisol ne sont pas que des silhouettes fonctionnelles servant à faire avancer l’intrigue : ce sont des hommes et des femmes avec leurs propres histoires, leurs faiblesses et leurs forces, des vies ordinaires prises dans les filets d’une réalité souvent cruelle. Le lecteur suit leur quotidien, se glisse dans leurs pensées, découvre leurs doutes et leurs rêves brisés. Cérisol, par exemple, doit composer avec son passé trouble d’alcoolique, qu’il a maîtrisé, mais jamais totalement surmonté, tout en maintenant un équilibre précaire entre sa vie privée et son travail accaparant.

L’auteur réussit à capturer l’essence de ces vies de flics marquées par les compromis, les désillusions et les moments de grâce, en jouant sur une variété de tons, passant de l’ironie douce à la tension. Ce qui commence comme un polar classique, avec ses enquêtes à résoudre et ses indices à déchiffrer, devient peu à peu une réflexion sur la nature humaine, sur les blessures invisibles et les cicatrices que chacun porte en soi. Les deux affaires centrales ne sont que la surface d’un récit bien plus profond, où l’on découvre la complexité de chaque personne, sans tomber dans les stéréotypes du genre.

L’une des forces de « Le Bruit de nos pas perdus » réside dans son approche chorale, où chaque voix et chaque perspective enrichit le tableau d’ensemble. Le lecteur suit évidemment les policiers dans leurs enquêtes, mais il partage aussi la détresse et les espoirs des victimes et des suspects, des témoins et des proches. À travers les regards croisés de Cérisol, de la jeune vice-procureure Louise Gairal, du lieutenant Krzyzaniak, ou encore d’Amos, réfugié tchadien en quête de survie, le récit prend une dimension sociale, offrant un aperçu des failles et des injustices de notre monde contemporain. Cérisol par exemple, avec l’arrivée de Krzyzaniak dans son service, prend conscience que le monde change, « (…) qu’il fallait faire attention à ce qu’on disait, à la manière dont on le disait (…) » même dans le milieu de la police.

Amos, personnage secondaire, mais déterminant, incarne le désespoir et l’espoir. Venu du Tchad, il a quitté son pays avec sa compagne Grace pour tenter de fuir la misère et la guerre. Leur voyage vers l’Europe est un véritable chemin de croix, où chaque étape est marquée par la violence, la peur, et la mort qui rôde. À travers leur périple, Benoît Séverac montre la face sombre de notre société, celle qui se nourrit des malheurs des autres, où des vies humaines sont marchandées et abandonnées à leur sort. En parallèle, le sort d’Emilie Vaudray, cette jeune femme morte dans ce qui semble être un suicide, soulève des questions sur la souffrance cachée derrière des sourires apparents, sur les silences qui étouffent et finissent par tuer.

« Le Bruit de nos pas perdus » s’attache également à explorer les dilemmes moraux et éthiques auxquels sont confrontés les policiers eux-mêmes. Ce ne sont pas des héros invincibles, mais des individus faillibles, qui se battent chaque jour pour maintenir leur intégrité face aux pressions politiques, aux manipulations, et aux compromissions inévitables de leur métier. Dans cette équipe, chaque personnage est confronté à ses propres choix et à ses propres démons, et c’est cette dimension profondément humaine qui rend leur parcours si fascinant et authentique. Benoît Séverac nous montre ainsi que, derrière l’uniforme, il y a des hommes et des femmes qui doutent, qui souffrent, qui aiment et qui luttent. Ils deviennent plus importants que l’enquête elle-même et c’est ce que j’apprécie avant tout.

La disparition de Sylvia, la femme de Cérisol, ajoute une touche personnelle et sensible à l’intrigue. Son absence inexpliquée devient une métaphore des zones d’ombre que l’on porte en soi, de ces questions sans réponse qui hantent et pèsent sur les jours. Cérisol, habituellement si rationnel, se retrouve plongé dans une enquête plus intime, plus douloureuse, où il ne s’agit plus seulement de découvrir la vérité, mais aussi de se confronter à ses propres peurs et à ses propres fragilités.

Le titre, « Le Bruit de nos pas perdus », suggère cette quête perpétuelle, cette errance de l’âme à la recherche d’un sens, d’une direction. Les pas perdus sont ceux des migrants qui fuient leur pays avec l’espoir de jours meilleurs, mais ce sont aussi ceux de Cérisol qui arpente les couloirs de son commissariat, de Louise Gairal qui doute de sa vocation, de Krzyzaniak qui cherche à trouver sa place. À travers ces trajectoires, l’auteur montre comment le désespoir peut pousser à des extrémités, mais aussi comment, malgré tout, il y a toujours un espace pour l’espoir, pour le changement, pour la renaissance.

Le style de Benoît Séverac, tout en retenue et en finesse, capte les nuances de la vie et les contradictions de ses personnages. Son écriture, à la fois directe et pleine de subtilité, parvient à créer une atmosphère chaleureuse, où le lecteur a l’impression de faire partie d’une famille. Il y a également une forme de musicalité dans sa prose, qui rappelle son aptitude de conteur hors pair, capable de jongler entre les registres, entre les rires et les larmes, entre l’humour et le drame.

En terminant la lecture du roman, on touche du doigt l’essence de ce qu’est l’humanité, celle qui traverse toutes les épreuves, tous les désarrois, celle qui nous rappelle que derrière chaque visage, se cache un monde de nuances et de complexités. « Le Bruit de nos pas perdus » est un hommage aux hommes et aux femmes ordinaires qui, dans leur quotidien souvent banal, font preuve d’un courage extraordinaire. On referme ce livre avec le désir de retrouver cette équipe de flics attachants, d’en savoir plus sur leurs vies, leurs secrets, leurs rêves inachevés. C’est un roman qui, sans bruit, marque profondément et laisse des traces.
Profile Image for Bruno Menetrier.
303 reviews4 followers
September 14, 2024
L'auteur, le livre (288 pages, septembre 2024) :
On profite de la Rentrée littéraire 2024 pour prendre le train en route et rattraper notre retard : on ne connaissait pas encore Benoit Séverac, auteur (entre autres romans et nouvelles) d'une série policière avec, en héros récurrent, le lieutenant Cérisol, chef de groupe à la PJ de Versailles.
L'épisode précédent s'intitulait Tuer le fils (février 2020).
Benoit Séverac est un touche-à-tout, il a même été berger au Larzac ou restaurateur de monuments funéraires (bon, d'accord on n'a pas choisi les moments les plus pertinents de sa bio !).
Cette tardive découverte (pour nous) ne peut que nous donner envie de lire d'autres romans de cet auteur.

♥ On aime :
• On aime l'ambiance "série tv" où l'on prend son temps pour dénouer lentement des intrigues parallèles et pour profiter pleinement de l'équipe chargée des enquêtes.
Les personnages sont joliment dessinés (ah les confitures d'abricots du lieutenant Cérisol !) et les dames ne sont pas là que pour le décor : le livre passe allègrement le fameux test de Bechdel et la nouvelle recrue au nom imprononçable n'a pas sa langue dans sa poche.
Même des personnages secondaires (comme Fabienne, celle qui tient le resto du Chaudron) sont dépeints avec humour, ou bien avec tendresse, souvent un peu des deux, mais toujours avec soin.
• Avec Benoit Séverac, pas de tueur en série à la Franck Thilliez ni de poursuites survoltées à la Olivier Norek. On est plus proche de la veine très "sociologique" des polars nordiques.
Les vies privées de chaque personnage, les intrigues elles-mêmes, tout est prétexte à décortiquer un aspect ou un autre de notre société contemporaine.
• "Le bruit de nos pas perdus" fait partie de ces (rares) bouquins "gentils", dans le bon sens du terme, des bouquins bienveillants. Dans son polar, Benoit Séverac, n'entend pas nous emmener au fin fond du bas de la noirceur de l'âme humaine, celle d'un affreux tueur en série par exemple. Il nous donne à voir notre société d'aujourd'hui. Bien sûr, même à Versailles, il y a des côtés un peu plus sombres que d'autres, des côtés qu'on n'a pas toujours envie de voir. Mais le final du bouquin (très réussi) reste du côté de l'espoir et de la bienveillance. Benoit Séverac est sans aucun doute un furieux optimiste : remercions-le de savoir nous partager son humanisme.

Le canevas :
Nous voici plongés au cœur de la PJ de Versailles aux côtés du lieutenant Jean-Pierre Cérisol qui mène une vie compliquée avec son épouse non-voyante.
Son "groupe" comprend également le vieux portugais ronchon José Nicodemo, le jeune intello et taekwondoka Jean-Baptiste Grospierres et son alyah ratée, et enfin une nouvelle recrue, Sara Krzyzaniak, au nom polonais imprononçable, alors appelons-la "K" tout simplement.
Côté intrigue : d'un côté, le décès d'une jeune femme, un suicide trop évident pour être honnête, on va vite s'en rendre compte.
Et puis de l'autre côté, la découverte d'un cadavre dans un caveau funéraire. Rien de plus normal ? sauf que ni la famille ni personne ne le connait et ça fait vraiment désordre dans la bourgeoisie de Versailles !
En filigrane, entre deux chapitres, le voyage périlleux d'un réfugié tchadien à travers la Méditerranée, l'Italie et la France ...
Où tout cela va-t-il nous mener ? Que cachent les façades en pierre de taille de la ville du Roi-Soleil ?
1,899 reviews50 followers
September 29, 2025
Run-of-the-mill French police procedural that tries to be noir , psychological and a commentary on modern policing at once, with a bit of social critique thrown in for good measure. There are 2 events to be investigated here : the suicide of a young woman and the discovery of the mummified body of an African in a burial crypt belonging to the Versailles bourgeoisie. The suicide leads to reflections on the treatment of women by men, the body to commentary on modern slavery and the refugee question. The main character, a middle-aged police inspector, is a French variant on the well-known Anglo-Saxon model. Not divorced, but married to a blind woman who suffers a mysterious psychological breakdown. Not a jazz aficionado but a lover of the classic French chanson. And having to control a difficult addiction to... confiture!

His coworkers seem to serve more as prototypes - the paterfamilias of an immigrant Portuguese family; the independent, tough young woman.. and a couple of xenophobic blowhards, of course.

All in all not very original, and the parallel narrative of a refugee leaving Africa across the Mediterranean added nothing to the story.
Profile Image for Hajer.
718 reviews
February 3, 2025
2.5
Un texte qui s'écarte du précédent du même auteur. Loin du roman noir qu'est ' Tuer le fils', ce texte est une pure enquête policière qui ne laisse pas de véritable espace à l'évolution psychologique des personnages.
Profile Image for Verress.
105 reviews
May 12, 2025
Plaisant à lire, un peu déroutant au début, mais très vite les personnages deviennent attachants
1,221 reviews5 followers
November 17, 2024
Nous voici à Versailles, à la brigade criminelle dans l'équipe du commandant Cérisol. Deux affaires l'occupent lui et son équipe:
Un cadavre "squattant" un caveau , découvert à l'occasion de l'inhumation de la grand-mère de la famille.
Le suicide d'une jeune femme entouré de tellement de zones d'ombre que la procureur s'interroge.
Mais ce ne sont pas les affaires à proprement parler qui ont retenu mon attention. J'ai beaucoup apprécié les portraits des différents acteurs du récit. Membres de la brigade, victimes ou mis en cause, tous sont admirablement cernés par l'auteur. le décor est planté, Versailles , ville cossue, conservatrice dans l'âme , où les nantis et les particules ont le bras long.. Dans le même temps les personnages évoluent dans leur temps, affrontent les évènements du quotidien et les secousses de la société.
le Bruit de nos pas perdus est un roman fort bien ficelé où les personnages sont crédibles, occupent l'espace .
Un roman à découvrir si ce n'est déjà fait .
Displaying 1 - 6 of 6 reviews

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