Pour certains, l’enfance est un paradis perdu. Pour Anne, c’est une terre aride. Fuir, briser sa chaîne, vivre sa vie, c’est tout ce qu’elle espérait. Devenue mère, la voilà rattrapée par son histoire. Et une obsession : comprendre la femme qui l’a élevée seule.
Anne est journaliste. Son dernier article, écrit en réaction au procès d’un chasseur jugé pour avoir tué une louve, la plonge dans une tempête médiatique. Mise en retrait des sujets sensibles, elle s’offre une parenthèse estivale et embarque avec elle sa fille, sa mère et sa vieille amie. Mais dès leur arrivée, l’étrange s’invite dans leur quotidien : événements inexpliqués, coïncidences, déjà-vu… Les détracteurs de Anne auraient-ils décidé de ne plus la laisser en paix ? Ou est-ce autre chose, de plus ancien et de plus sauvage, qui s’éveille autour d’elle ?
Odyssée de femmes, fable contemporaine, voyage palpitant au cœur d’une mélancolie familiale, roman sur les mythologies et la violence qui nous peuplent, Notre part féroce pose une question : jusqu’où peut-on aller pour réparer notre enfance ?
les premiers chapitres sont exquis ; la révélation tellement forte et plaisante symboliquement qu'on lui pardonne ses gros sabots, ce n'est pas grave qu'on la voie venir, car on a trop envie qu'elle arrive. je regrette cependant que le livre n'aille pas beaucoup plus loin qu'au-delà de son idée première, de son concept, qui est très chouette, mais je pense que quand on arrive avec un high concept comme ça, c'est trop dommage de s'en tenir là ; les chapitres qui sont censés nous faire croire qu'il y a autre chose sont en réalité pur habillage, le livre ferait une meilleure nouvelle qu'il n'est roman, et cela ne veut pas dire que ces pages d'habillage sont inutiles ou à jeter, juste qu'elles n'ont pas de nécessité. c'est peut-être un peu illusoire de croire que dans un roman tout doit être nécessaire, mais j'y crois et j'ai en tête plein de titres qui s'y astreignent, même des pavax de 600 pages (essayez de retirer une page aux Hauts de Hurlevent : impossible. c'est long hein, parfois on s'ennuie, mais chacune de ces pages d'ennui porte en elle une nécessité. ceci est une façon pour moi de procrastiner ma critique des Hauts de Hurlevent que j'ai fini de lire il y a déjà un mois). j'ai aimé beaucoup de moments du roman, mais je suis déçue qu'il ne parvienne pas à devenir plus que la somme de ses parties. j'aurais aimé et voulu qu'il soit plus englobant, plus viscéral, plus lié (comme une sauce, lié !), moins fragmentable ; ma lecture pouvait être interrompue beaucoup sans que j'en perde, je piochais plus que je ne vivais. je crois que cette exigence d'ampleur aurait permis à ce bon roman de devenir excellent, et je regrette cette explicité des thèmes qui ne s'autorisent pas à se teinter d'ambiguïté, à se mélanger.
Ambitieux, original, troublant, éminemment politique sans en avoir l'air, "Notre part féroce" fait entrer Sophie Pointurier dans la lignée de ces autrices qui restent, tant son propos interpelle et questionne. Grand livre !
4,5/5 Très beau roman sur les relations mères filles, des mythes de la dame blanche et du loup garou. J’avais adoré « femme portant un fusil » de l’autrice il y a deux ans et vraiment ce roman me conforte dans l’idée que j’adore son travail
Écriture vive et sobre. Ambiance d’inquiétante étrangeté. Le doute qui plane quant à la nature surnaturelle de la mère maintient le lecteur en tension. C’est un roman intéressant mais ce n’est pas un coup de coeur.
Je mets 4 étoiles parce que c'est un livre très correct, qui se lit vite et bien. Mais moi personnellement, il m'a manqué des choses.
Il y a d'abord cette fameuse "suspension de l'incrédulité", et pour moi elle n'a jamais eu lieu. Pas moyen d'arriver à croire à cette histoire de garou, dans ce contexte, avec ces personnages. Pas moyen de croire que cette journaliste -- un métier où on doit tout analyser, tout décortiquer froidement, comme une autopsie -- se mette à croire aussi facilement au supernaturel.
Je pense que le problème vient de 2 choses : - le livre est beaucoup trop court, il n'y a aucun crescendo, une minute c'est une journaliste qui fait un reportage d'été sur les fantômes pour payer un voyage à sa fille et la suivante, c'est une femme convaincue d'avoir un loup garou dans sa famille. Elle n'a pas un seul instant de doute. Conversion instantanée. Bah, du coup j'ai cru tout du long que la chute du livre serait "oh la belle hystérie collective" (d'ailleurs, le vrai nom scientifique de l'hystérie collective est "trouble de conversion", c'est drôle). Mais non non non, on est bien sur du surnaturel jusqu'à la fin.
- L'autre problème, c'est que presque tous les personnages secondaires sont plats, unidimensionnels, et que celui qui est le plus transparent est... le loup-garou. On ne sait jamais ce que ce personnage pense et croit vraiment, il est un réceptacle des pensées et croyances des autres. C'est ballot pour un perso qui est LE SUJET du livre.
En bref, c'est un livre prometteur, mais pour moi, très inachevé. Mais assez correct pour mériter 4 étoiles, parce que je pense que ça marchera plus pour d'autres que pour moi.
Ce livre ambitieux mais parfaitement maîtrisé est peut-être le plus abouti de l’autrice. L’héroïne, journaliste de son état, enquête sur le mystère des dames blanches, des loups garous, et de sa mère, patraque depuis toujours. Il y a aussi un chat qui pourrait appartenir à la famille Addams, et la fille de l’héroïne qui offre à voir une autre relation mère-fille. Avec comme trame de fond cette question : connaît-on jamais vraiment sa mère ? L’héroïne réussira à faire la lumière sur la personnalité de la sienne (de mère), à mesure que vous rallumerez toutes les lumières de chez vous parce que tout ça est quand même un peu flippant. Aussi, un enseignement sous forme d’avertissement : vu le nombre de dames qui portent des fourrures dans l’ouest parisien, je vous déconseille de vous aventurer en ces lieux la nuit.
Et où est passée Kate Bush dans tout ça ? Entre les spectres, les métamorphoses animalières et le thème de la riposte, elle est partout. Kate Bush qui avait surnommé elle-même son album le plus osé « my "she’s gone mad" album ». Celui qui restera comme sa plus géniale création, exactement comme ce livre à offrir à toutes les copines qui ont un problème avec leur mère (ça devrait faire un certain nombre de ventes).