" Seul celui qui a traversé la nuit peut la raconter. " Le roman événement de Michel Bussi. Une œuvre magistrale entre suspense et Histoire.
Octobre 1990. Le capitaine français Jorik Arteta, en mission au Rwanda, rencontre Espérance, jeune professeure engagée dans la transition démocratique de son pays. 6 avril 1994. Un éclair déchire le ciel de Kigali. Le Falcon du président rwandais explose en plein vol. Commencent alors cent jours de terreur et de sang. Les auteurs des tirs de missiles ne seront jamais identifiés. Quelqu'un, pourtant, connaît la vérité. Noël 2024. Jorik, sa fille et sa petite-fille s'envolent pour le Rwanda. Tous poursuivent leur propre quête, tourmentée par les fantômes du passé.
Dans Les Ombres du monde , Michel Bussi fait entrer l'Histoire dans le roman et le roman dans l'Histoire, articulant, en maître du suspense, la construction romanesque avec les faits historiques. Une fresque éblouissante, à la croisée de trois générations, sur la transmission de la mémoire, et dont les rebondissements sont de puissants révélateurs de l'expérience de la violence, de la perte et du pardon. Une langue où les images poignantes affleurent au cœur du tragique et traversent sur un fil les ombres du monde.
Michel Bussi est un auteur et politologue français, professeur de géographie à l'université de Rouen. Il est spécialiste de géographie électorale.
Michel Bussi is one of France's most celebrated crime authors. The winner of more than 15 major literary awards, he is a professor of geography at the University of Rouen and a political commentator. After the Crash, his first book to appear in English, will be translated into over twenty languages.
4,5🦀 oh waw….autant le début ne m’a totalement convaincu, autant plus on avance plus ce livre est ADDICTIF. J’ai rarement eu autant envie de crier sur des plot twists qu’en lisant ce bouquin!! C’est également très documenté sur le genocide au rwanda, on en apprend vachement sur ses causes ET notamment sur l’implication de la france (les négationnistes we see you). Je recommande ++
Il y a des livres qui se contentent de divertir, et il y a ceux qui s’installent en vous, qui vous collent à la peau comme une odeur que rien ne dissipe. Les Ombres du monde appartient à cette seconde catégorie. Michel Bussi, qu’on croyait connaître pour ses casse-têtes malicieux et ses fins à couper le souffle, se jette ici dans une matière noire, brûlante : le Rwanda, 1994. Le génocide. Mais au lieu de nous livrer une fresque historique à distance, il choisit de nous prendre par la main et de nous enfermer dans une chambre où chaque page fait l’effet d’une porte qui grince. Vous voulez l’ouvrir ? Tant mieux. Mais sachez que ce que vous trouverez derrière ne vous laissera pas indemne.
Tout commence presque doucement, à travers le regard de Maé, adolescente normande comme on en croise dans n’importe quel bus de collège. Et puis vient le cahier noir. Le journal de sa grand-mère, Espérance. Et c’est là que Bussi fait ce qu’il sait faire de mieux : il nous attire dans un piège. Parce que la voix d’Espérance, cette institutrice tutsi, est tellement vivante, tellement lumineuse, qu’on sait dès le départ qu’elle ne pourra qu’être engloutie par la tragédie. Mais on lit quand même, comme hypnotisés, parce que sa voix est une flamme. On ne veut pas la quitter.
Et puis il y a Jorik, le grand-père. Militaire français, visage buriné, mâchoire serrée. Un homme droit ? Peut-être. Mais surtout un homme d’ombres, pris dans les compromissions et les zones grises de l’Histoire. On ne sait jamais s’il faut l’admirer ou le craindre. Comme souvent chez Bussi, ce n’est pas un personnage : c’est un masque. Derrière, il y a une vérité qu’on repousse jusqu’au dernier moment. Et quand elle surgit, elle vous gifle.
Bussi ne se contente pas de raconter : il manipule, comme toujours, en déjouant nos attentes. Le roman, structuré en actes, se lit comme une fresque où l’intime rejoint l’universel. L’intrigue avance par strates successives, révélant tour à tour les secrets de famille, les compromissions politiques et les mensonges nécessaires à la survie. Le Rwanda, décrit avec une précision quasi cinématographique, devient un personnage à part entière : collines verdoyantes, forêts des Virunga, hôtel des Mille Collines, lieux de mémoire comme Bisesero ou Kibeho… chaque décor résonne d’une charge émotionnelle qui amplifie le récit.
Mais ce qui rend ce livre inoubliable, c’est la manière dont Bussi relie l’Histoire et le présent, le collectif et l’individuel. Le génocide, avec son cortège d’horreurs, n’est jamais abordé de manière frontale ni voyeuriste, mais toujours à hauteur d’humain, à travers des voix, des chants, des gestes quotidiens interrompus par la folie meurtrière. Et dans cette obscurité surgit un fil rouge : la survie par la mémoire et l’amour, cette obstination à transmettre malgré tout.
Avec Les Ombres du monde, Michel Bussi signe un roman à la fois bouleversant et haletant, qui dépasse les frontières du polar pour s’imposer comme une fresque historique et intime. Il réconcilie son goût du suspense et de la manipulation avec une ambition plus large : faire dialoguer mémoire individuelle et mémoire collective, éclairer les zones d’ombre de l’Histoire sans jamais sacrifier l’émotion.
Le twist final, fidèle à la marque de fabrique de l’auteur, surprend et reconfigure une dernière fois la lecture, mais ce que l’on retient surtout, c’est la puissance des personnages et la capacité de la fiction à nous faire ressentir l’indicible. Rarement Bussi aura paru aussi grave, aussi engagé, tout en restant fidèle à son art du récit accessible. Un roman qui marquera durablement ses lecteurs, à la croisée du drame historique et du polar psychologique.
Les Ombres du monde n’est pas seulement un livre. C’est un roman hanté. Hanté par les voix des morts, par les silences des vivants, par les ombres qui persistent quand on éteint la lumière. Bussi signe ici l’un de ses textes les plus sombres, les plus ambitieux, et les plus nécessaires. Et croyez-moi : une fois entré dedans, vous n’en sortirez pas indemne.
A priori, c'est un bussi : récits multiples, retour en arrière, personnages troubles... et bien non, c'est un très bon livre pour raconter le génocide du Rwanda! c'est un grand livre: peut être le livre de la rentrée !
Nel 2024 Mae’ è una ragazzina e la madre Aline e il nonno Jorik le regalano un viaggio in Ruanda per ammirare i gorilla in libertà, nella sua terra di origine. Per vivere al meglio questa esperienza, il nonno le affiderà il diario della nonna Esperance, morta durante il genocidio del 1994, che nasconde diversi segreti, scritto a partire dal 1990.
“ Perché dovrebbe esserci un equilibrio da trovare tra l’incitamento all’odio e i diritti dell’uomo?”
Un romanzo che fra passato e presente ricostruisce una delle pagine peggiori della Storia moderna. L’autore ha scritto un vero e proprio capolavoro, estremamente straziante, ma ben dettagliato e articolato dal punto di vista storico e geografico. La finzione si interseca con la realtà in maniera magistrale, alcuni avvenimenti paiono talmente incredibili che sembra impossibile siano accaduti realmente.
“I genocidi hanno rapidamente messo d’accordo tutti. Oltre agli stadi, le chiese sono i luoghi in cui si è ucciso di più, nonostante il Ruanda sia un paese cristiano per il novanta percento”
I colpi di scena si susseguono in modo vorticoso, portando alla luce dinamiche politiche e diplomatiche sconvolgenti, annullando i diritti dell’uomo e l’umanità stessa.
“L’ONU aveva abbandonato i suoi soldati pur potendo salvarli, sarebbe bastato far intervenire un commando della MINUAR.”
Le riflessioni sulla guerra e il genocidio, sui comportamenti degli esseri umani sono raggelanti per la loro lucidità, non è possibile non rimanere attoniti. Leggere quanto è successo nell’indifferenza generale è doloroso, inspiegabile e intollerabile.
“Tutti i genocidi del mondo hanno almeno un punto in comune. A parte pochi giusti, nessuno resiste alla macchina per uccidere quando è su di giri. La disubbidienza civile è un mito, tutti ubbidiscono, e ancora di più quando gli ordini non hanno senso”
L’autore consiglia di approfondire il tema attraverso una lunga bibliografia e visitando il sito francegenocidetutsi.org e credo sia doveroso farlo, le informazioni riportate permettono di avere un quadro complessivo della vergognosa guerra civile in Ruanda.
“Scrivere libri gialli porta a interrogarsi sulle radici del male. Occuparsi del genocidio dei tutsi in Ruanda significava prendere in esame il male assoluto, inspiegabile e imperdonabile, un odio che superava ogni limite della ragione.”
Dopo la fine della lettura ho avuto bisogno di un po’ di tempo per riprendermi emotivamente, ma considero questo romanzo di Bussi la sua opera migliore per l’intensità e la potenza della narrazione e del tema trattato.
“Un giorno forse saremo tutti giusti ed eroi, altrimenti a cosa servirebbero i libri, le poesie, le canzoni e le opere teatrali se non a rendere migliori uomini e donne? Se non a fare versioni di noi sempre migliorate, generazione dopo generazione?”
Rwanda. Trăiau bine mersi Hutu cu Tutsi, nu exista nicio diferență între ei, deși se zicea ca Tutsi sunt mai înalți, cu o piele mai albă, cu trăsături fine, mai ales femeile, iar Hutu mai mititei, cu o frunte mică și cu nas mare. Dar trăiau în armonie, Tutsi erau crescători de animale, Hutu cultivatori.
Adevărata separare s-a născut la începutul secolului 20 când coloniștii belgieni au sosit în Rwanda. Ca să-i domine mai bine, i-au împărțit în două, după niște criterii idioate: dacă aveai mai mult de nouă vaci, erai tutsi, s-au amuzat măsurându-i, Tutsi trebuiau să aibă cel puțin un metru opt zeci, le-au măsurat și nasul cu un sistem de calcul complicat. Așa că le-au dat și cărți de identitate diferite.
Așa a început cel mai mare genocid din istoria umanității, nerecunoscut mulți ani după ce a avut loc, căci erau în joc bani și funcții. Tăcerea și ascunderea faptelor au produs mai multe victime decât reversul. Belgia și Franța implicate. Și America. Pentru că supremația asupra Rwandei s-a jucat la masa celor mari, iar America a învins. Azi nu se mai vorbește franceză în Rwanda sau se vorbește foarte puțin.
Divide et impera va mai spune ceva? Istoria care se repetă până când învățăm ceva din ea va mai spune ceva?
Cartea lui Michel Bussi este pe lista cărților propuse pentru premiul Renaudot 2025
✍️ MICHEL BUSSI 💬 LES OMBRES DU MONDE 🏠 PRESSES DE LA CITÉ 📚 576 Pages 📆 2025 📈 4,5/5
Wiriwe : « prends soin de survivre à la journée »
Génocide 🩸: crime consistant en l’élimination concrète intentionnelle, totale ou partielle, d’un groupe national, ethnique ou encore religieux et ce de manière méthodique, ce qui veut dire que des membres du groupe sont tués, brisés mentalement et physiquement, ou rendus incapables de procréer… 💀Le génocide peut être perpétré par divers moyens, le plus répandu et le plus évident étant le meurtre collectif.
J’ai dérogé à ma règle: 1 seul Bussi par an, et en sortie poche. J’aurais dû attendre 1 an mais j’ai pas pu. Ça fait tellement longtemps que je voulais comprendre l’Histoire du Rwanda 🇷🇼. J’en connaissais des bribes mais pas assez, je restais dans le flou. J’ai croisé les doigts pour apprendre🤞
Et bien, ce livre EST le livre qu’il me manquait 📚sur le sujet. (il y en a peu être d’autres mais ils n’ont pas croisé mon chemin ). J’ai lu Gaël Faye, Scholastique Mukasonga… qui livrent des récits très personnels, poignants 😔 et je pense d’ailleurs que je les jugerais différemment si je les relisais maintenant.
J’aime pas avoir des pourquoi 🧐 plein la tête, quand il manque le contexte, la scène d’exposition. J’aime pas sentir pendant une lecture que des choses m’échappent 🎈. Maintenant je suis prête à entendre vos recommandations de lecture pour approfondir le sujet.
Et si le Rwanda vous intéresse je vous conseille de lire ce livre en premier (connaitre l’Histoire pour comprendre les histoires). C’est vraiment bien expliqué et détaillé. Et pour les puristes de Bussi, soyez rassurés le twist 🌪️ est bien là (on pourrait même dire qu’il est double), et comme souvent ce sont nos préjugés 🙈 qui nous empêchent de le voir venir.
J’ai prolongé la lecture en écoutant pas mal de podcasts 🎧 sur le sujet qui corroborent ce récit et j’aimerais trouvé également des livres sur #dianfossey 🦍
« Ce roman puise ses racines dans l’un des génocides les plus terrifiants de l’histoire de l’humanité, celui des Tutsi au Rwanda. » Ainsi se termine « Les ombres du monde » dans les précisions données par Michel Bussi. Ainsi s’achèvent cinq cent soixante-seize pages qui laissent exsangue, tant ce texte est puissant par son propos et formidable par son caractère romanesque. Pour raconter la grande Histoire, Michel Bussi ouvre son roman comme s’il s’agissait d’un conte « Il était une fois un petit royaume grand comme un département français. », mais ce qui va suivre est très différent. Nous sommes en avril 1994, au lendemain de l’attentat contre l’avion du président Habyarimana. Abattu par missile, cet événement devient le déclencheur de l’un des génocides les plus meurtriers de l’histoire de l’humanité.
« Tu commences à comprendre ? Pas de chambres à gaz ici, pas de mitrailleuses lourdes, pas de solution finale inventée par des savants. C’est un génocide agricole, commis par des meurtriers équipés d’outils archaïques, mais aucun n’a jamais été aussi efficace depuis que l’humanité existe. Un million de morts en cent jours, plus de dix mille par jour. Même les nazis n’ont pas fait mieux. »
Trente ans plus tard, en Normandie, une famille s’apprête à fêter Noël. Maé, 15 ans, ouvre ses cadeaux avec sa mère Aline et son grand-père Jorik : une cassette de chants rwandais insérée dans un vieux magnétophone rouge, un cliché des gorilles dans leur habitat naturel, et 3 billets d’avion pour le Rwanda. Maé sait très peu de choses sur ses origines rwandaises, mais, dans l’avion, son grand-père lui confie le journal d’Espérance, sa grand-mère, rédigé entre 1990 et 1994. Il s’ouvre sur la rencontre improbable entre une professeure de mathématiques rwandaise, et son grand-père, alors parachutiste dans l’armée française.
Entre passé et présent, « Les ombres du monde » se déploie sur un va-et-vient constant entre deux temporalités, et une double quête. Dans le passé, Michel Bussi décortique les événements historiques et livre peu à peu des vérités effrayantes du conflit. Dans le présent, Maé découvre sa famille et prend conscience de ses origines. Cette architecture narrative permet au lecteur de ressentir la tension des événements au Rwanda et d’éprouver, en même temps que Maé, l’importance de ses découvertes.
Depuis son plus jeune âge, Jorik entretient les racines rwandaises de Maé par des contes, des chants et une fascination certaine pour les gorilles. Elle ne connaît pas les montagnes verdoyantes de ce petit pays, mais a souvent exprimé le désir de s’y rendre. Quant à sa mère qui a quitté le Rwanda à l’âge de 3 ans, elle ne se souvient de rien et ne ressent pas la nécessité d’en savoir plus sur ses origines. Plus qu’un cadeau et la promesse d’un beau voyage, les trois billets d’avion offrent en réalité un droit de savoir.
Cette quête des origines se tisse sur plusieurs générations. À travers le journal intime, Maé noue avec Espérance un lien d’une beauté inouïe. J’ai adoré les parties au présent pour la grâce de ce lien autant que pour les informations qu’on y déniche sur le passé. La réappropriation de soi à travers l’Histoire fait de Maé l’héritière d’un peuple, d’une culture, et d’une solidarité implicite. L’identité n’est jamais un état figé, elle se compose de multiples fragments du passé et du présent pour devenir un grand tout qui nous façonne. En cela, l’évolution de Maé, la découverte de l’histoire de sa famille, la force des liens permettent aux « ombres du monde » de faire don de moments de tendresse, de beauté, d’empathie et d’amour.
Mais, « Les ombres du monde » est surtout un récit de mémoire, de levée du silence et de transmission. Michel Bussi travaille sur ce roman depuis 1994, il deviendra un passeur des faits, à l’image du journal d’Espérance. Le traumatisme collectif qui marque la famille de Maé affecte également toute une communauté à une échelle plus large. Ce qui n’a jamais été raconté à voix haute, avec preuves à l’appui, doit maintenant être révélé. La vérité est douloureuse, mais n’est-elle pas nécessaire ? Il est temps d’y faire face, de dénoncer les faits au risque de raviver les blessures.
Le choix du roman historique permet à l’écrivain d’entremêler l’histoire intime et l’Histoire collective. La réalité historique s’allie avec le romanesque pour rendre l’ensemble plus clément et ne pas rebuter par la gravité du sujet. N’ayez pas peur de vous y plonger, il saura ravir les plus rétifs qui ne sont attirés que par la fiction pure. Pourtant, et j’en suis intimement persuadée, « Les ombres du monde » restera une œuvre-témoignage puissante dans la mémoire collective, car, elle oblige à une réflexion sur ce que nous faisons, ou pas, face à la violence et à l’injustice. Ignorer, se taire, ne pas agir, c’est déjà prendre position, et le Temps ne fait pas disparaître les fautes. Au contraire, il les met en lumière. L’âme du roman relève autant les crimes commis que les silences ou les volontés de les dissimuler.
« Ce 6 avril 2044 est une date qui restera dans les livres d’histoire. Comme pour la responsabilité de la France dans la déportation et l’extermination des Juifs français, il aura fallu cinquante ans pour qu’un chef d’État ose la confesser, avec ces mots du président Chirac restés gravés : reconnaître les fautes du passé, c’est défendre une idée de l’Homme, de sa liberté et de sa dignité. Cinquante ans… C’est le temps nécessaire pour que les principaux acteurs disparaissent, le lobby des grands commis de l’État, des militaires et des élus, au pouvoir en 1994, qui refusaient toute repentance. Et maintenant ? Qu’ont-ils gagné ? N’est-il pas préférable d’avouer sa responsabilité quand on est vivant plutôt que de passer à la postérité pour des actes abominables qu’on a toujours niés ? La mémoire collective finit toujours par triompher. »
Ce que fait dire Michel Bussi à l’un de ses personnages ici me semble essentiel, et nous oblige à regarder les conflits qui agitent le monde en 2025. L’Histoire finit toujours par rattraper les silences, et l’absence d’action. Les plaies de la mémoire collective ne s’effacent pas. Comment ne pas penser à la guerre/génocide* Gaza-Israël, ou à celle en Ukraine ? Des tragédies humaines sont en train de s’écrire, avec les mêmes ingrédients que celles d’hier… Populations civiles bombardées, massacres perpétrés, et surtout, absence d’action de grandes nations qui laissent faire, tout en condamnant verbalement. Comme à Kigali en 1994, les grandes puissances constatent, appellent à des cessez-le-feu, mais n’interviennent pas.
L’Histoire jugera notre inaction. L’Histoire osera faire le bilan des responsables et des responsabilités. L’Histoire tranchera sur nos passivités. Il sera difficile de dire que nous ne savions pas, quand des images circulent en continu sur nos chaînes de télévision. Passivité rimera alors avec complicité.
« Les ombres du monde » démontre bien qu’il n’y a rien à gagner à tourner les yeux ou à minimiser nos responsabilités. Bien au contraire. Nous serons tous jugés très sévèrement, et le calcul économique ou diplomatique ne nous sera d’aucun secours. Nous serons moralement coupables de nos inerties.
Car, dans « Les ombres du monde », Michel Bussi dit la vérité. « En effet, les événements racontés dans ce roman, aussi incroyables et effroyables qu’ils soient, sont tous tristement réels. » Il décortique les manipulations politiques, les mécanismes de propagande et de désinformation, les mises en scène orchestrées par le pouvoir en place pour obtenir des interventions militaires de pays dits « amis ». Dans le texte, il prouve bien à quel point la guerre des récits appartient à ceux qui détiennent les informations. Il est ainsi plus aisé de les façonner à leur avantage.
Il n’hésite pas non plus à mettre en lumière les responsabilités et implications de la France dans ce génocide. « Les ombres du monde » n’est pas un texte politiquement correct. À travers les yeux d’Espérance, la position de la France apparaît comme très ambivalente. Officiellement protectrice, elle est en réalité complice d’un système qui prépare un génocide. L’inaction à des moments clés et la peur de faire de mauvais choix diplomatiques ont contribué à exterminer toute une partie de la population, « les cancrelats », donc le peuple tutsi.
Michel Bussi sort ici de sa zone de confort et je salue sa volonté, sa détermination et son courage d’avoir pris cette route où personne ne l’attendait. Mais, Michel Bussi reste Michel Bussi, le roi du twist que personne ne voit venir. Habitué aux intrigues à tiroirs, il excelle ici à surprendre son lectorat avec plusieurs rebondissements saisissants ! Vous risquez fort d’être abasourdis par l’ingéniosité de sa construction narrative qui permet de laisser échapper ses révélations. J’ai pris un plaisir fou à me faire avoir comme une débutante !
En conclusion, sachez que « Les ombres du monde » est une lecture qui émeut autant qu’elle dérange par l’ampleur des révélations qu’elle contient. Le roman est aussi romanesque que réaliste. Le dosage des deux fonctionne à merveille, car l’un contrebalance l’autre lorsque c’est nécessaire. En mêlant la petite histoire et la grande, Michel Bussi parvient avec maestria à nous passionner, à nous faire prendre conscience, à nous éduquer. Nous savons si peu de choses sur ce génocide, comme nous en savions si peu sur celui qui s’est déroulé en Arménie avant le roman de Ian Manook « L’oiseau bleu d’Erzeroum ».
À l’image d’Oliver Norek avec « Les guerriers de l’hiver » l’année dernière, je croise les doigts pour que « Les ombres du monde » soit sur toutes les listes de prix littéraires.
Ce roman est un indispensable de cette rentrée littéraire.
Je termine par cette citation : *« Il n’y a jamais de génocide sans guerre. La guerre offre le droit de tuer, elle banalise la mort, elle normalise la barbarie, les barrières psychologiques sont attaquées, les normes morales abolies. Mais le génocide est bien différent. Il vise à exterminer un peuple, définitivement. Pour ne te donner qu’un exemple, dans une guerre, on tue les hommes en premier, les soldats ennemis représentent la menace principale. Dans un génocide, on tue d’abord les femmes, parce qu’elles portent la vie, puis les enfants parce qu’ils représentent l’avenir, ainsi que les vieux, parce qu’ils sont les gardiens de la mémoire. »
Molto più saggio storico che giallo, per tre quarti il libro descrive il genocidio dei tutsi in Ruanda. A un quarto dalla fine avviene uno dei plot twist a cui ci ha abituato Bussi, a cui ne seguono altri (alcuni intuibili). La vicenda di conclude con un appello a non dimenticare. Scritto bene come sempre, ma non sono riuscita ad empatizzare con i protagonisti, certo non con Aline, che ho trovato odiosa nonostante fosse la vittima; forse un po’ con Jorick e con Maé. Per il resto lo consiglio a chi abbia voglia di approfondire una vicenda vergognosa per tutta l’umanità.
Michel Bussi at his best, proprio! Oltre al ritmo martellante e allo stile coinvolgente, questo romanzo vanta una lunga sequenza di eventi e colpi di scena, dall'inizio alla fine. Tra questi, annoveriamo colpevoli inattesi , scambi di persona e persino "scambi" di... oggetti Sullo sfondo, uno dei più tragici eventi della storia contemporanea: il genocidio del Rwanda. Nemmeno tanto sullo sfondo, a dire il vero, se consideriamo la grande attenzione e l'estrema rigorosità con cui l'autore affronta il tema. Ne rievoca gli avvenimenti e li analizza criticamente, con un grado di competenza tale da lasciare talvolta storditi, sopraffatti da una serie di dinamiche politiche non immediatamente comprensibili a chi non vi è addentro. Tolto ciò, restano il livore e l'incredulità per un episodio storico che ha dimostrato come, a neppure cinquant'anni dalla Shoah, già l'uomo non avesse imparato un bel niente dal passato. Figuriamoci oggi.
Maé rêve d’aller au Rwanda et rencontrer les gorilles sur la terre des volcans. Sa mère Aline et son grand père Jorick décident donc de lui offrir cette chance merveilleuse et s’envolent tous les trois pour ce petit pays. Le Rwanda a vu naître Aline, sa mère est morte durant le génocide et son père, militaire français envoyé la bas, l’a finalement ramenée en France pour la mettre en sécurité. Mais ce voyage ne se passera pas comme prévu ! Retour sur trente ans d’une histoire méconnue… Ce roman est une pépite, qui éveille au génocide Rwandais. Derrière l’intrigue, c’est mieux comprendre l’impact d’un peuple sur un autre. J’ai adoré !
Lecture audio - en partenariat avec #Netgalley et #Lizzie
En quelques mots :
Une véritable claque !!! Un grand roman, loin de tout ce qu’il a écrit jusque-là. Entre mémoire et rédemption, il mêle avec brio fiction et réalité, donnant voix à des personnages bouleversants, complexes, humains. Un récit dense, viscéral, profondément habité, dont on ne sort pas indemne. Ce roman choral croise fiction et réalité, personnages inventés et figures historiques.
En beaucoup plus de mots :
J’ai découvert Les Ombres du monde dans sa version audio, portée par trois voix — deux féminines et une masculine. Si, au départ, j’ai eu du mal à distinguer les voix des deux narratrices Clémentine Domptail et Lila Tamazit, cette confusion je l'ai volontairement oubliée à mesure que le récit prenait de l’ampleur. Leur interprétation reste douce, posée, parfois trop, donnant une certaine pudeur aux émotions d’Aline et de Maé alors qu'elles auraient pu être plus violentes. La voix masculine de Daniel Njo Lobé , en revanche, chaude et puissante, incarne à merveille Jorik, cet ancien militaire à la fois solide et brisé. Elle donne au texte une dimension presque charnelle, pleine de retenue et de gravité. Le travail des narrateurs ont mis en valeur la richesse du roman, sa complexité, ses failles et ses silences. L’écoute devient alors une immersion totale : on ferme les yeux, on entend la pluie sur la tôle, les voix du passé, les bruits du monde. Une expérience sensorielle et émotionnelle forte, qui m’a fait vivre ce roman différemment, peut-être plus intimement encore que par une simple lecture papier.
Mais revenons au livre en lui-même.
Quelle claque que ce roman, loin de la traditionnelle littérature populaire dans laquelle Michel Bussi est régulièrement emprisonné. Il vient, avec son dernier livre, faire exploser sa cage de verre et donner une toute nouvelle dimension à son œuvre. Il va traquer les racines du mal dans un petit pays très connu et propose un roman historico-géo-politique incroyable.
Loin de se départir de son style traditionnel, de sa marque de fabrique avec des twists imprévisibles, ce roman n’a clairement pas été fait en un jour. Une très solide base documentaire, des années à collecter des informations pour les assembler, pour en faire sans doute un de ses meilleurs romans.
C’est à travers une famille qui retourne en une sorte de pèlerinage que les événements du génocide rwandais de 1994 sont contés, mais il y a aussi l’avant et l’après. Même si le lecteur n’est pas féru de géopolitique, il va se faire embarquer par cette histoire sans rien demander et suivre ces événements vécus de l’intérieur, sans jamais être oublié sur le chemin.
C’est à travers les souvenirs de Jorik Arteta que tout va commencer, car il a fait la promesse à sa petite-fille Maé de l’emmener là où il est considéré comme persona non grata, pour aller voir les gorilles. C’est cliché, oui, c’est gros aussi, mais finalement nécessaire, car Michel Bussi y introduit un concept touristique et environnemental qui a toute sa place, et ça donne vraiment à réfléchir.
Il y a aussi Aline, la mère, élevée par son père en France. Elle a toujours voulu se tenir loin de ce pays, mais elle va en prendre plein les yeux, plein la tête, souvenirs qui remontent, impressions de déjà-vu… quelque chose ne colle pas. Qu’a-t-elle oublié ? C’est ce que l’on va tenter de découvrir.
Même si certains, et j’en fais partie, trouveront qu’il y a des clichés, ils sont finalement vite balayés par le fond de l’histoire. Cette famille, aux générations monoparentales, va rester soudée au fur et à mesure des découvertes. Un journal intime de cette mère absente, Espérance, qui va être la colonne vertébrale de cette histoire ; Maé, ses jambes ; Aline, son système sanguin qui donne vie à une histoire oubliée ; et Jorik, ce cerveau mutilé qui n'assemble pas tout et donne sa vision de sa propre histoire.
De nombreux personnages vont intervenir dans ce récit campé dans trois époques différentes pour assembler une vérité dont je ne suis pas sortie indemne. Michel Bussi a œuvré magistralement pour lier fiction et faits réels, personnages inventés et personnages réels, tel un casse-tête irrésolvable, avec un rythme maîtrisé et plusieurs révélations fracassantes.
Contrairement à mes lectures passées du même auteur, où je cherche comment il a essayé de me manipuler, je n’ai pas eu envie d’anticiper. Je me suis laissée porter par ces villes, ces villages, ces personnages, ces histoires qui ont fait l’Histoire de ce pays. Michel Bussi a clarifié les événements, ce qui rend la lecture tellement facile à appréhender pour un sujet qui ne l’est pas à première vue, en y ajoutant une tension historique grave et une tension émotionnelle maîtrisée.
Devoir de mémoire, personnages rongés par la culpabilité avérée ou inconsciente, transmission de son histoire et rédemption sont au cœur de cet ouvrage, avec cette nuance imposée par les émotions de ces personnages. Loin d’être manichéen, ce roman explore les profondeurs de l’âme : celles des bourreaux, des sauveurs, des traîtres, des miraculés, des oubliés, des passeurs, des braconniers, des idéalistes, des rêveurs, des hommes et des femmes qui auraient dû être ordinaires et qui, à un moment donné, ont fait leur choix ; pour vivre, pour survivre, pour résister, pour combattre, pour oublier, pour avancer, pour protéger, pour idéaliser, pour vaincre, pour défendre, pour protéger, pour oublier.
Impossible à lacher ! Un gros gros coup de coeur. Hyper bien documenté, on entre dans le coeur du drame du génocide de 1994 sans pour autant tomber dans le trash. L'histoire est menée d'une main de maitre Et pensées éternelles pour toutes les victimes de ce génocide et de la folie humaine.
C'est un immense coup de cœur de cette rentrée, Michel Bussi dont je découvre l'écriture nous propose un voyage à diverses temporalités, un récit passionnant bien instructif à plus d'un titre reprenant l'histoire du Rwanda et la responsabilité de la France dans l'attentat du Président Habyarimana déclenchant les 100 jours de génocide des Tutsis.
En octobre 1990, Jorik Arteta est militaire et arrive pour la première fois au Rwanda. Il tombera amoureux d'Espérance avec qui il aura une fille. On va suivre à travers leur histoire d'amour un morceau de l'Histoire de ce pays et surtout le rôle de l'état français dans le génocide de 1994.
30 ans plus tard, nous découvrons Maé, la petite fille de Jorik et sa maman Aline arrivée en France à l'âge de trois ans. Pour ses 15 ans, Maé va recevoir un radio cassette rouge reprenant des chants religieux rwandais, une photo de gorille du Viranga dont elle est passionnée, un billet d'avion les emmenant le lendemain le 24/12/2024 dans le pays de ses origines : le Rwanda. Jorik lui offrira aussi le journal d'Espérance, sa grand-mère qui nous accompagnera durant le récit.
30 ans que Jorik n'a plus remis les pieds là-bas ! 30 ans c'est long mais les fantômes du passé ne sont pas très loin.
Á travers l'histoire d'amour, c'est l'histoire d'un peuple qui va ressurgir, Espérance était une jeune professeure engagée dans la transition démocratique de son pays. Le récit est magnifiquement documenté mêlant fiction des personnages et faits historiques. Le récit est passionnant, instructif, rempli de rebondissements jusqu'au bout. La construction est parfaite, au fil de leur voyage, Maé découvre le journal de sa grand-mère, un vrai fil rouge retraçant l'Histoire du pays.
L'écriture est fluide, addictive, immersive. La plume décrit à merveille la région des lacs, les montagnes, la nature, on visualise, on s'imprègne. Impossible de lâcher le récit. Des personnages bien aboutis qui infusent et vous accompagnent bien après la lecture.
Un seul moyen d'en savoir plus, le lire, le vivre.
Immense coup de coeur ♥
Les jolies phrases
Seule l'instruction te permettra d'être respectée ! Si tu as un métier, tu ne seras ni hutu, ni tutsi, tu sera simplement quelqu'un.
Un garçon capable d'accorder de l'importance à un détail dont il ignore tout est forcément un garçon intéressant.
Pour savourer ses rêves, il faut savoir les laisser infuser ; mais pour les réaliser, il ne faut pas procrastiner.
Il n'y aura pas d'humanité sans pardon Il n'y aura pas de pardon sans justice Mais la justice sera impossible sans humanité
Tout ce que les gens réclament, c'est une tombe pour prier leurs parents, leurs frères, leur mari ou leurs enfants. Un endroit pour se recueillir auprès d'eux, pour cesser de vivre avec des fantômes.
On peut faire taire les hommes et les femmes, mais pas les mots, s'ils sont gravés et bien cachés.
Rien n'est inéluctable tant que le pire ne s'est pas produit.
L'art qui ne sauve rien mais qui guérit tout.
Le Rwanda compte trop d'enfants, presque quatre par femme, et pas assez d'anciens pour les éduquer. Je plains les dirigeants de ce pays. Vouloir gouverner un pays sans vieux, c'est comme vouloir diriger un bateau sans boussole.
Croyez-moi, le progrès est malédiction ! On l'oublie quand on vit avec lui, mais on le maudit dès qu'on en est privé.
Il n'y a jamais de génocide sans guerre. La guerre offre le droit de tuer, elle banalise la mort, elle normalise la barbarie, les barrières psychologiques sont attaquées, les normes morales abolies. Mais le génocide est bien différent. Il vise à exterminer un peuple, définitivement. Pour ne te donner qu'un exemple, dans une guerre on tue les hommes en premier, les soldats ennemis représentent la menace principale. Dans un génocide, on tue d'abord les femmes, parce qu'elles portent la vie, puis les enfants parce qu'ils représentent l'avenir, ainsi que les vieux, parce qu'ils sont les gardiens de la mémoire.
Un génocide, n'est pas un feu de broussailles qui s'élève sur deux ou trois racines, mais un nœud de racines qui a moisi sous terre sans personne pour le remarquer.
Tous les génocides du monde ont un point commun. A l'exception d'une poignée de justes, personne ne résiste à la machine à tuer quand elle s'est emballée. La désobéissance civile est un mythe. Tout le monde obéit, et plus encore quand les ordres sont insensés.
Les gens les plus dangereux sont souvent les plus bêtes. Quand on laisse la violence nous dévorer, c'est notre intelligence quelle grignote en premier.
« Les ombres du monde » m'a littéralement retourné. L'histoire, la géographie et la géopolitique m'ont toujours paru hermétiques ; ici, tout s'éclaire par un savoir vérifiable, pédagogique et incarné, jamais pesant. le récit est d'une telle fluidité que j'ai compris sans effort ce que je n'avais jamais réussi à saisir : comment un pays bascule, comment la rumeur devient arme, comment la mémoire se reconstruit.
Michel Bussi s'appuie sur trente ans de recherches (démarrées à l'université de Rouen dès 1994) et sur un terrain rwandais parcouru en 2023 aux côtés de Patrick de Saint-Exupéry. Son livre est à la fois reportage, histoire du génocide des Tutsi et enquête sur l'attentat du 6 avril 1994 : le Falcon 50 transportant Juvénal Habyarimana et Cyprien Ntaryamira est abattu au-dessus de Kigali, événement déclencheur des cent jours d'extermination et dont la boîte noire demeure introuvable.
Le roman se déploie sur plusieurs temporalités : • 1990 : le capitaine français Jorik Arteta, ex-officier français, hanté par ce qu'il a vu, silencieux mais droit, arrive au Rwanda et rencontre Espérance, professeure rwandaise, conscience vive du récit ; son journal donne chair à l'Histoire, une lumière au coeur de la tourmente. • 1994 : l'attentat puis l'engrenage du génocide, vus au ras du sol, sans voyeurisme mais avec précision. • 2024 : Jorik, sa fille Aline, née à Kigali, partagée entre refoulement et besoin de vérité, et sa petite-fille Maé, quinze ans, lignée et mémoire en héritage ; son regard rend tout accessible, s'envolent pour Kigali. Leur voyage via Butare, Kibeho, Bisesero jusqu'aux confins de Goma, rouvre les archives du passé. Nadine, journaliste belge née au Rwanda, tenace qui poursuit inlassablement les génocidaires et croise leur route. le journal d'Espérance devient le fil intime qui relie les générations.
Bussi éclaire minutieusement la mécanique du génocide des Tutsi (propagande, listes, milices, “banalité” des armes agricoles et efficacité meurtrière) ; les zones d'ombre de l'attentat du 6 avril 1994 et ses répercussions internationales ; des responsabilités et ambiguïtés, notamment françaises, replacées dans leurs contextes politiques ; le télescopage médiatique français (la mort de François de Grossouvre le 7 avril 1994 éclipsant l'attentat la veille). Ces révélations ne sont pas plaquées : elles naissent du croisement des sources, d'années de collecte de témoignages et d'un travail de terrain récent. Le va-et-vient 1990/1994/2024 crée une tension continue. Chaque époque a son tempo ; les fins de chapitres laissent en suspens juste ce qu'il faut, on est dans un thriller documenté. Le roman entremêle la grande Histoire et les trajectoires intimes. le journal d'Espérance humanise, la route de Jorik et Maé transmet ; Nadine incarne l'exigence de vérité. Les phrases sont claires, imagées sans afféterie, les descriptions concrètes du Rwanda (paysages, foules, routes, gorilles au parc des Volcans) qui font sens avec les enjeux. On apprend en lisant, on comprend en ressentant. Bussi ne “spectacularise” pas l'horreur ; il nomme, explique, relie. Fidèle à sa patte, il ménage des twists mais ils servent la compréhension, jamais le sensationnalisme. Tout y est : la mémoire et la transmission, la responsabilité et le silence, une “guerre des récits”, une identité héritée. le livre réussit ce pari rare : être page-turner et oeuvre-témoignage.
Moi qui me suis longtemps sentie démunie face à l'histoire, la géographie ou la géopolitique, j'ai lu ici sans buter : le fil narratif, la rigueur des références, la clarté des transitions rendent l'ensemble limpide. J'ai compris. Et cette compréhension, arrachée à la confusion, emporte tout : on referme le livre ému, mieux informé, et moins naïf sur les responsabilités.
Bien que Code Lupin soit mon Bussi n°1, c'est une grande révélation et un indispensable. Un roman-enquête qui éclaire, bouleverse et transmet, exactement ce que la littérature peut offrir de plus précieux.
Les Ombres du monde marque un tournant dans l’œuvre de Michel Bussi. En quittant le cadre du polar contemporain, il s’attaque à l’un des événements les plus tragiques du XXᵉ siècle : le génocide rwandais. Mais plutôt que d’en faire une fresque historique classique, il choisit la voie de l’intime, à travers l’histoire de Jorik Arteta, officier français, et de ses descendantes, dont les destinées sont irrémédiablement liées à celle du Rwanda.
L’histoire débute en octobre 1990. Envoyé en mission à Kigali, Jorik rencontre Espérance, jeune professeure engagée, porteuse des espoirs suscités par l’ouverture démocratique. Leur relation, pleine de douceur et d’idéalisme, fait exister un Rwanda encore lumineux, traversé par un souffle de liberté. En filigrane cependant, Michel Bussi laisse affleurer les premières tensions, les fractures ethniques, les discours de haine qui commencent à se diffuser.
Puis vient le 6 avril 1994 : une explosion dans le ciel de Kigali, l’avion présidentiel abattu, et avec lui, la bascule irréversible. En quelques lignes à peine, le roman fait passer le lecteur d’un monde fragile mais vivant à un déferlement de violence. Les cent jours qui suivent ne sont pas décrits pour choquer, mais pour montrer, avec dignité, la sidération, la peur, les disparitions. Bussi ne cherche pas à donner une vérité définitive sur les responsabilités : il s’intéresse à ceux qui savaient, à ceux qui se sont tus, à la façon dont les individus peuvent se retrouver pris dans une mécanique politique qui les dépasse.
C’est ce silence qui revient, trente ans plus tard, lorsque Jorik retourne au Rwanda avec sa fille et sa petite-fille, à Noël 2024. Chacun poursuit une quête différente. Jorik cherche à affronter enfin ce qu’il a refoulé depuis des années. Sa fille veut comprendre les zones grises d’un récit familial incomplet. Sa petite-fille, plus innocente, confronte son regard neuf à la complexité d’un pays qui porte encore les traces du génocide tout en se tournant vers l’avenir. Le Rwanda contemporain, tel que le décrit Bussi, n’est ni idéalisé ni misérablement figé : il est vivant, dynamique, mais hanté, lui aussi, par des ombres.
Le roman est construit comme un jeu de miroirs entre passé et présent, entre histoire collective et secrets familiaux. Ce procédé n’a rien d’un artifice : il permet de montrer combien les traumatismes ne disparaissent jamais véritablement, mais se transmettent, parfois sous forme de silence ou de malaise. Le suspense naît alors non pas d’un mystère policier, mais d’une tension morale : qu’a fait Jorik ? jusqu’où a-t-il vu ? jusqu’où a-t-il accepté ? Michel Bussi pose, sans dogmatisme, la question de la responsabilité individuelle face à l’engrenage de la violence.
L’écriture est volontairement sobre, presque retenue, mais régulièrement traversée d’images d’une vraie poésie. Ce choix de ton rend la lecture profondément émotive : là où un récit grandiloquent aurait pu affaiblir le propos, cette sobriété renforce au contraire la puissance tragique des événements, tout en permettant une respiration. Certains passages, notamment ceux qui évoquent la relation entre Jorik et Espérance, ou les découvertes de la petite-fille en 2024, sont d’une beauté saisissante.
Avec « Les Ombres du monde », Michel Bussi nous livre un roman d’une ampleur rare, à la croisée de l’Histoire, du suspense et de l’intime. Loin d’un simple divertissement, il signe ici une fresque bouleversante qui nous emmène au cœur d’un des épisodes les plus tragiques du XXe siècle : le génocide des Tutsi au Rwanda. Trois époques, trois destins, un drame commun
Le récit débute en octobre 1990, avec le capitaine français Jorik Arteta, envoyé en mission au Rwanda. Au détour de sa mission, il rencontre Espérance, jeune professeure idéaliste, portée par l’espoir d’une transition démocratique. Entre eux, un lien fragile mais intense se noue, sur fond de tensions politiques qui s’intensifient.
Le 6 avril 1994, l’Histoire bascule : l’avion du président rwandais est abattu, déclenchant cent jours de massacres d’une brutalité inouïe. Le roman ne s’attarde pas sur les détails gore, mais Michel n’édulcore rien de la violence, de la peur et du chaos qui s’installe.
Enfin, nous sommes projetés à Noël 2024. Jorik, désormais grand-père, part pour le Rwanda avec sa fille, Aline, et sa petite-fille, Maé. Trois générations, trois regards différents, trois quêtes intimes, mais un même besoin de vérité et de réconciliation. Les secrets enfouis, les non-dits et les blessures intergénérationnelles deviennent autant de pièces d’un puzzle où la mémoire et la culpabilité s’entrelacent. Une construction narrative maîtrisée
Michel alterne les temporalités avec une fluidité remarquable. Chaque époque porte sa propre tension :
-1990 est celle de l’éveil, de la rencontre, du souffle d’espoir.
-1994 est un vortex d’horreur et de perte.
– 2024 est celle de la quête, où l’on tente de démêler ce qui relève de l’Histoire et ce qui appartient à la légende ou au silence.
Cette structure donne au roman une respiration particulière : tantôt haletante, tantôt contemplative, toujours habitée par une question lancinante : peut-on vraiment pardonner sans connaître toute la vérité ?
Le lecteur découvre le passé d’Espérance à travers son journal intime, que Jorik confie à Maé. La jeune adolescente, lisant ces pages en même temps que nous, y apprend ses origines et plonge dans l’histoire dramatique de son pays natal. Ce carnet devient alors un fil conducteur entre les générations, mais aussi une clé pour comprendre l’ombre et la lumière qui façonnent les personnages.
Michel ouvre également une fenêtre sur un Rwanda sauvage et grandiose, peuplé de gorilles majestueux. Pour Maé, passionnée par ces créatures fascinantes, c’est l’accomplissement d’un rêve : passer quelques heures magiques au cœur de la réserve du parc national des Volcans. Ce passage, qui m’a énormément émue, dégage une beauté et une sérénité rares, offrant une pause bienvenue au milieu d’un récit chargé en émotions fortes.
« C’était comme si ces gorilles l’avaient invitée, elle, à venir partager une heure de leur vie. A condition de ne pas les déranger. De juste les regarder, là, à moins de cinq mètres d’eux. »
Quand le roman embrasse l’Histoire
Ce qui frappe, c’est la précision du contexte historique. Michel s’appuie sur des faits réels (la chute de l’avion présidentiel, les responsabilités encore floues, les interventions internationales) pour tisser une intrigue où fiction et réalité se répondent. Il ne tombe pas dans le piège du roman-dossier : au contraire, l’Histoire nourrit les émotions et les émotions éclairent l’Histoire.
On retrouve là sa patte de conteur : multiplier les points de vue, entrecroiser les voix, ménager le suspense tout en distillant des révélations jusqu’à la dernière page.
« N’oublie jamais, Aline, les gens les plus dangereux sont souvent les plus bêtes. Quand on laisse la violence nous dévorer, c’est notre intelligence qu’elle grignote en premier. »
Des personnages profondément humains
Jorik, le soldat qui a vu et qui se tait. Espérance, figure lumineuse et tragique. Et surtout, la nouvelle génération, Aline et Maé, qui se heurte aux ombres du passé. Leurs dialogues, leurs silences, leurs regards en disent souvent plus long que de longs discours. On ressent la force des liens familiaux, mais aussi leur fragilité lorsque la mémoire est fragmentée. Un roman qui brise le silence
Ce roman marque un tournant : pour la première fois, un auteur ose lever le voile sur l’implication de la France dans le génocide rwandais. Sans accuser gratuitement, il confronte le lecteur à des faits, à des zones d’ombre que l’Histoire officielle n’a jamais totalement éclairées. À travers ses personnages et ses choix narratifs, il force à regarder en face ce que beaucoup préfèrent taire. Cette audace confère au livre une portée politique et mémorielle rare, qui dépasse largement le cadre du roman. Un roman sur la transmission et le pardon
« Les Ombres du monde » est aussi un roman sur la façon dont les traumatismes se transmettent. Même ceux qui n’ont pas vécu directement le drame portent en eux ses échos. Les secrets familiaux agissent comme des ombres qui déforment les contours du présent.
Le pardon, dans ce livre, est loin d’être une évidence. Il est complexe, imparfait, parfois inaccessible. Michel montre avec justesse que pardonner ne signifie pas oublier, mais comprendre. Une écriture à fleur de peau
Michel signe ici certaines de ses plus belles pages. Les descriptions du Rwanda, ses paysages, ses contrastes de lumière, tranchent avec la noirceur des événements. Les images sont fortes, parfois poétiques, toujours ancrées dans le concret. On referme le roman avec l’impression d’avoir voyagé, mais aussi d’avoir été témoin.
« Le reste tient de l’inconscient, des barrières qu’érige parfois le cerveau entre la réalité et ce que l’on croit être la vérité, pour nous protéger de la folie, quand plus rien d’autre ne peut l’empêcher de nous submerger. »
Sa plume, à la fois sensible et précise, capte l’émotion sans jamais tomber dans le pathos, tout en maintenant un rythme narratif qui ne faiblit pas. Fidèle à sa réputation, Bussi maîtrise l’art des rebondissements : des twists parfaitement dosés qui, au détour d’un chapitre, laissent le lecteur ébahi et obligent à reconsidérer tout ce que l’on croyait acquis. Le poids insoutenable d’un mot
Pour ma part, j’ai vécu entre les pages de « Les Ombres du monde » une expérience émotionnelle incroyable. Bouleversée, j’ai ressenti presque physiquement l’horreur de ces innocents massacrés lâchement à la machette. Michel Bussi a trouvé des mots d’une intensité brute, qui restent gravés bien après la lecture. Parmi eux, ce mot qui revient comme un leitmotiv : « Coupé ». Simple, répété, implacable. Un mot lourd de sens, qui claque comme une lame, qui dit tout sans besoin de fioritures. À chaque apparition, il m’a glacée.
« Il fallait nettoyer les cancrelats une bonne fois pour toutes ! Tous avaient des machettes à la main, certains revenaient des champs (…). Au lieu de couper des troncs de bananiers ou des tiges de sorgho, aujourd’hui, ils couperaient des Tutsi. »
En un regard
« Les Ombres du monde » est un roman dense et bouleversant, à la fois page-turner et œuvre de mémoire. Michel Bussi y déploie toute son habileté de narrateur, mais aussi une profondeur émotionnelle qui marque durablement. C’est un livre qui interroge, qui dérange parfois, mais qui surtout rend hommage à celles et ceux dont la voix a été étouffée.
« Tu commences à comprendre? Pas de chambres a gaz ici, pas de mitrailleuses lourdes, pas de solution finale inventée par des savants. C’est un génocide agricole, commis par des meurtriers équipés d’outils archaïques, mais aucun n’a jamais été aussi efficace depuis que l’humanité existe. Un million de morts en cent jours, plus de dix mille par jour. Même les nazis n’ont pas fait mieux. »
Je remercie Editis, Lisez ! et les Presses de la Cité pour cette lecture.
Je remercie #NetGalleyFrance et les Éditions Lizzie pour l'écoute de #LesOmbresdumonde en service de presse.
Rwanda, 6 avril 1994 : le tir qui atteint le Falcon 50 transportant Juvénal Habyarimana, président du Rwanda, et Cyprien Ntaryamira, président du Burundi fait basculer le "Petit Pays" dans le chaos. Espérance tente le tout pour le tout pour survivre et sauver sa fille, Aline. Normandie, 25 décembre 2024 : Mae apprend qu'elle va enfin pouvoir aller voir les gorilles ! Son grand-père, Jorik, leur offre un voyage au Rwanda, terre des grands singes mais aussi pays natal de sa mère, Aline... Aucun de ces trois personnages ne s'attend à un tel voyage ni à de telles découvertes !
En secret, Jorik lègue aussi à sa petite-fille le journal de sa grand-mère et une vieille cassette de chants en kinyarwanda : ces deux éléments seront déterminants dans le puzzle historique agencé de main de maître par Michel Bussi... L'auteur à succès nous entraîne dans les années 1980 et 1990, sur les traces des Tutsis, des Hutus, et des pays colonisateurs qui s'y sont succédé, plus ou moins officiellement, plus ou moins pacifiquement... Sans se contenter de retracer cet épisode sombre, il prolonge ses réflexions au-delà des conséquences immédiates des erreurs politiques et militaires, en nous projetant dans leurs répercussions à long terme. J'ai énormément appris au sujet du "Petit Pays" grâce à ces ombres du monde. J'aurais aimé lire ce roman-là avant de lire ceux de Gael Faye car je pense que je les aurais beaucoup plus appréciés si j'avais eu plus de connaissances historiques sur le sujet...
Michel Bussi introduit une grande part de fiction à travers l'histoire des ancêtres de Mae. Il met son talent de conteur-enquêteur au service d'une histoire de femmes, de familles, de peuples meurtris par l'Histoire. Les allers-retours temporels sont parfaitement maîtrisés, autant que les coups de théâtre et révélations auquel Michel Bussi nous a habitué.es. Comme souvent avec cet auteur, la narration et la construction sont impeccables (et je me suis encore laissée "piéger"). Le style de Michel Bussi reste accessible et agréable, emprunt du sérieux et du respect nécessaires pour aborder des sujets conflictuels et décrire les horreurs d'un génocide si meurtrier.
De mon point de vue, ce sont surtout les aspects historiques et instructifs qui font toute la valeur de ce "nouveau Bussi".
Lizzie a fait l'excellent choix d'opter pour une lecture à trois voix : Clémentine Domptail, Daniel Njo Lobé et Lila Tamazit. Ces trois interprètes aux voix agréables nous aident à nous situer dans les dates et les histoires croisées. Leurs interprétations sont justes, leurs dictions impeccables et leurs énergies sont communicatives, même dans la tristesse...
Michel Bussi is one of those authors whose books I've slowly made my way through ever since I discovered Un Avion Sans Elle And I can honestly say he's never let me down.
Taking on the conflict in Rwanda and doing his homework thoroughly, as he's gotten me used to by now, his latest success Les Ombres Du Monde shows us the evil that's inside each of us and how the interference of foreign powers only complicates matters further. Without going into too much detail, you should know the difference between hutus and tustsis was completely arbitrary when foreign countries decided to split the country into two 'castes' and give them different ID cards. This is how easily the blooodiest conflict in modern history gets started. And if you don't believe me, the Rwandan war saw more than over 1 million deaths in 100 days, so that's more than 100.000 deaths a day, more victims than the WW2 registered per day. Having said that, the dual timeline, present and that of a personal diary a grandmother leaves her granddaughter, build a pot of tension. You should know all the characters Michel chooses as his protagonists will draw you in and endear themselves to you so that you're more than happy to follow them along all their trials. By turns, Maé, Espérance and Alina will unveil personal and historical mysteries you'll be more than happy to keep on reading about.
Another strength of the book is that does give insights into what happened between the hutus and tustsis without becoming too pedantic but still managing to be highly accurate.
Ouah, quelle lecture. J'ai écouté ce livre grâce à @netgaley et je dois dire qu'après le point final, je suis restée les yeux dans le vide, tentant d'assimiler ce que je venais d'entendre, d'essayer de démêler la fiction de la réalité. Toutes les scènes ne sont pas vraies, certains personnages sont inventés, mais tout ce que contient ce livre s'est soit vraiment passé, soit aurait pu se passer. Dans ce roman, @michel_bussi donne vie à des histoires, dans l'Histoire, et c'est très réussi. Les notes à la fin du roman "prouvent" toutes les recherches qui ont été effectuées. Mais on n'aurait pas pu en douter, vu le nombre de détails qui ne peuvent pas être inventés. J'ai beaucoup aimé suivre les personnages au présent, tout en suivant l'histoire d'Espérance dans le passé. Le contraste entre la jeune Maé qui vient pour la première fois sur les terres de ses ancêtres, et le journal d'Espérance qui relate la violence, les massacres, la survie... est saisissante. C'etait une lecture riche en émotion, et en rebondissements. Les révélations m'ont complètement retourné le cerveau, je n'ai rien vu venir, j'ai été surprise jusqu'à la dernière ligne. Certaines scènes sont très difficiles à lire, et m'ont totalement bouleversé. Il faut lire ce livre, le devoir de mémoire se fait aussi à travers ce genre de roman.
"Je me suis lancé dans l'écriture de ce livre avec une conviction : sensibiliser, par la puissance de l'imagination, des lecteurs peu informés sur un génocide oublié..."
Pari tenu pour Michel Bussi. En lisant Les Ombres du Monde, on en apprend beaucoup sur le Rwanda, sa culture, son peuple et le génocide qui a exterminé tant de monde. J'ai beaucoup hésité à acheter et lire ce roman en voyant qui l'avait écrit. En effet, je ne suis pas du tout amatrice du style de Bussi. Finalement, il ne m'a pas posé problème jusqu'à la toute fin. Je trouve dommage qu'il n'ait pas résisté à la tentation de rajouter ses habituels personnages jouant un double jeu qui amènent un plot twist inutile et un peu trop lourd. L'histoire est pourtant très belle : un grand-père qui, pour faire plaisir à sa petite fille, part au Rwanda à la recherche de gorilles et pour découvrir un pays qu'elle connaît peu dont l'origine coule dans ses veines puisque sa maman y est née.
Je recommande tout de même fortement ce roman qui nous balade dans différents endroits rwandais et nous enseigne énormément sur un grand drame de l'histoire.
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Quel roman ! quelle prouesse Monsieur Bussi! Chapeau bas!
Rwanda, 6 avril 1994 , le Falcon 50 qui transporte le président rwandais explose en plein vol au dessus de Kigali, abattu par un missile sol-air.. quelques minutes plus tard les Hutus sortent de l'ombre , la machette à la main et l'hécatombe des Tutsis commence.. Noël 2024, Jorik Arteta, Aline, sa fille, et Mae, sa petite-fille, atterrissent à Kigali, pour une visite du parc des Montagnes du Virunga lieu unique au monde où l'on peut aprocher les gorilles. Jorik était à Kigali en 1994 , il n'était pas revenu au Rwanda depuis.. Et si ce retour ne plaisait pas à tout le monde? ''' Roman historique, roman d'aventure, roman intemporel et incontournable que le lecteur ne peut refermer sans s'interroger une fois encore sur le pourquoi du comment. Si les personnages principaux relèvent de la fiction, les évènements les intervenants, rwandais, français, onusiens et autres sont réels.
Roman indispensable à mettre entre toutes les mains... Je laisse les derniers mots à Espérance : "Rien n'est inéluctable, garde ce message bien au fond de ton coeur, Aline, rien n'est inéluctable tant que le pire ne s'est pas produit" /p233
s’asseoir et applaudir. écrire, pour inscrire l’Histoire. celle ignorée impossible à oublier désormais. j’ai appris, en silence, le génocide des Tutsi dont on ne m’a jamais parlé à l’école, révoltée par ces cent jours d’atrocité, frappée par l’inaction, l’impuissance, l’inhumanité. il fallait oser : mêlé la fiction à la réalité, les plot twists et la poésie aux corps inanimés. je termine ma lecture le corps à l’eau, consciente que le pluriel est d’actualité, et qu’un jour, on s’excusera aussi de ne pas avoir agi aujourd’hui.
🙏🏻 l’œuvre de cette rentrée littéraire 2025, une source d’informations capitale.
Les Ombres du monde est bien plus qu’un simple roman : c’est une immersion captivante dans une page de l’Histoire dont je connaissais très peu de choses. À travers une intrigue riche et sensible, l’auteur m’a permis de découvrir et de comprendre le génocide des Tutsis au Rwanda, un événement tragique mais trop souvent méconnu. J’ai eu le sentiment de recevoir une véritable leçon d’histoire romancée, où le suspense et l’émotion se mêlent à une transmission de mémoire indispensable. C’est ce qui rend ce livre unique : en plus du plaisir de lecture, il m’a offert un savoir et une conscience nouvelle.
Une saga qui court sur trois générations pour appréhender l’histoire du dernier génocide du 20ème siècle en essayant d’en dégager la nature de la responsabilité du gouvernement français, voici Les ombres du monde de Michel Bussi. Cumulant ses talents d’écrivain avec ses connaissances d’enseignant, chercheur en géographie politique, ce roman est un grand roman historique populaire ! Chronique entière et illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
La 1ere moitié du livre, je pensais : l’auteur abuse. Nous raconter l’histoire du genocide rwandais, et utiliser les ficelles du carnet intime pour faire coexister 2 récits espacés dans le temps… pas très imaginatif. Très bien documenté, un excellent moyen d’apprendre du genocide si vous n’avez ps déjà lu, mais pas très imaginatif. Et… suspense et imagination deviennent prépondérants en 2e partie. Finalement… un très bon livre. Quant au fond… je n’ai pas de mots pour qualifier l’horreur de ce genocide, et l’incompréhension de ce qui y amène, y compris l’attitude de la France…
J’ai écouté la version audio de ce livre. La narration, la lecture est incroyable. A plusieurs voix sans exagération. Une histoire inspirée de faits réels, chaque détail prenant sa source dans des recherches et entretiens. A lire (ou écouter!) absolument.