En Iran, selon la loi islamique, le père de famille est propriétaire du sang de ses enfants, il ne peut donc être poursuivi pénalement s’il s’en prend à sa progéniture. De là découle en partie la construction de la société iranienne où l’homme a les pleins pouvoirs, notamment sur les femmes, en toute impunité. Mansoureh Kamari se souvient ici de son enfance et de son adolescence sous ce joug masculin. Elle expose des faits : les interdictions multiples (rire, chanter, danser, aimer), la possibilité d’être mariée à 9 ans, exécutée à 15, après avoir été violée... Elle raconte les agressions sexuelles répétées, dans la rue, le taxi, chez le médecin, à la fac... Et la peur constante, l’impuissance, l’incapacité à maîtriser son destin. Mais Mansoureh a fuit l’Iran, elle a réussi à sortir de cette oppression permanente, et cet album est aussi l’histoire d’une métamorphose, celle d’une femme recouvrant sa liberté.
Je me permettrais pas de mettre une note car c’est un récit personnel L’illustration est magnifique et l’histoire touchante, il se lit d’une traite et apporte un autre regard sur la vie des femmes en Iran, beaucoup plus lié aux questions d’oppressions patriarcales au sein de la société et des familles
Les traits sont fins, la couleur noire accentue la gravité de ce qu’on lit, de ce qu’on ressent, et de ce que ressent l’autrice/personnage.
Je trouve qu’on entre facilement dans la psyché du personnage et qu’on voit directement les effets des violences sur les femmes et de la pure misogynie sur une jeune fille, ainsi que la façon dont la peur se crée et s’ancre dans son corps, même lorsqu’elle ne se trouve plus en Iran.
Wow ! une sacrée claque que j'ai pris. Très beau, émouvant, terrifiant et poétique. l'histoire d'une femme, qui a grandit en Iran, qui parle avec tellement de simplicité des peurs de son enfance. Avec tellement de beauté aussi. Je ne m'attendais pas à ce voyage. Qui est doux, malgré le sujet, et qui est encourageant malgré la terreur.
Dès les premières pages, le dessin de l'auteure m'a beaucoup touché. Les couleurs souvent délicates, contrastent avec la brutalité du récit. On suit les souvenirs de la protagoniste (Mansoureh Kamari), une enfant puis une adolescente qui découvre, pas à pas, que grandir en tant que femme à Téhéran, c’est apprendre à vivre dans un corps qui n’est jamais tout à fait le sien. Chaque scène est un coup de pinceau sur la toile d’une existence où la puberté rime avec prison, où l’éveil à soi se heurte aux murs invisibles - mais bien réels - d’une société patriarcale et castratrice.
Pourtant, dans ce monde où tout semble réducteur, où la violence est quotidienne et systémique, une lueur persiste. Mansoureh, l’héroïne et auteure, dessine. Elle s’échappe. Son crayon devient une clé, son imaginaire une porte entrouverte vers un ailleurs qui semble meilleur. L’art, ici, n’est pas un luxe : c’est une nécessité, une bulle d'oxygène, une révolte silencieuse mais tenace. Kamari nous rappelle que la création est un acte de résistance, une façon de reprendre possession de son corps et de son destin, même quand tout semble verrouillé.
Ce qui me frappe aussi dans ce roman graphique, c’est son universalité. Bien sûr, l’histoire se déroule à Téhéran sous le joug d’un régime oppressif et à Paris dans un studio d’art. Mais en tant que femme belge, je me suis reconnue dans certaines scènes : ces regards masculins pesants et intrusifs, ces injonctions à la discrétion, cette culpabilité insidieuse qui vous colle à la peau dès que vous osez exister un peu trop. Ce livre parle de toutes les femmes, partout, qui ont un jour senti leur liberté se rétrécir.
La narration est fluide et graduelle. On avance pas à pas, entre présent et passé, entre l’enfance volée et l’âge adulte où Mansoureh tente, tant bien que mal, de se reconstruire. Le rythme est juste et retranscrit avec une justesse incroyable les émotions : colère, tristesse, peur, violence. J'ai ressenti toutes ces émotions et ai pu m'identifier au personnage. Je me suis sentie vraiment avec elle durant toute ma lecture. On est saisi par cette poésie de la violence, où la douleur est le plus souvent suggérée, mais parfois exhibée avec une crudité qui glace le sang.
Ce livre est un coup de poing. Un de ceux qui vous laissent sonnée, le souffle coupé, et qui vous font dire, une fois la dernière page tournée : « Wow. » Wow, parce que ce livre est beau — par la délicatesse de son dessin, par la justesse de sa narration, et par cette universalité qui nous rappelle que la quête de liberté est un combat partagé. C’est un livre qui devrait trôner dans chaque foyer, car il parle de ce qui nous lie tous : la quête de liberté, la puissance de l’art, et cette résistance obstinée qui, malgré tout, trace aussi des lignes d’espoir sur les corps brisés.
Coup de cœur, coup de poing, un album magnifique, émouvant, autobiographique qui nous parle de la condition de la femme en Iran.
Mansoureh pose comme modèle vivant, on entend juste les traits de fusain qui dessine son corps de manière bienveillante. Elle s'évade vers son passé et se souvient de son enfance. Les planches représentant le corps en mouvement sont couleur chair, elles passent au gris et noir, lourdes de tristesse pour sa vie à Téhéran.
Elle se souvient de sa petite enfance, de ses jeux en toute liberté avec son frère qui se sont terminés lors de l'entrée à l'école à l'âge de 7 ans. Fini de rire, commence alors la loi de l'interdit, le port d'un petit voile, de jupes au dessous du genou. Elle se souvient de la tristesse de sa mère, des tâches ménagères, de son asservissement à un seul homme, son père, celui dont elle a peur.
A 9 ans en Iran, une fille reçoit le voile fleuri - Jashn-e-taklif - marquant le passage à l'âge adulte, le droit d'être donnée en mariage par le simple consentement du père. Elle se souvient des INTERDICTIONS : rire, marcher librement, de sport, de chant, de danse, de s'habiller comme elle le veut, d'être elle-même.
Aujourd'hui, elle a fait le choix d'être modèle vivant, de dessiner, mais cela ne l'empêche pas de replonger à nouveau dans sa vie passée, avec le poids de la honte, la peur, le devoir d'accepter le regard et les gestes déplacés des hommes, la peur de payer de sa vie comme ses cousines pour avoir été en possession d'un tract dissident, et d'être violée avant d'être mise à mort.
Un récit fort, qui secoue, qui émeut et témoigne de la condition des femmes paralysées par la peur, cette peur, séquelle de ce passé qui fait perdre confiance, qui rabaissait son talent et son devenir d'artiste. Un témoignage bouleversant, d'espoir qui nous montre l'éclosion d'un talent, d'une femme recouvrant sa liberté.
Dans cet album autobiographique d’une force rare, Mansoureh Kamari livre un témoignage d’une clarté implacable sur ce que signifie grandir en Iran sous l’autorité d’un père détenteur légal du sang de ses enfants. En retraçant les années de son enfance puis de son adolescence, elle documente, sans pathos mais avec une intensité saisissante, la mécanique d’un système où les hommes exercent un pouvoir absolu, où les femmes ne disposent d’aucune marge de sécurité ni de liberté, et où la terreur devient un horizon quotidien.
Page après page, l’autrice expose les interdictions, les humiliations, les agressions — banales pour celles qui en sont victimes, inimaginables pour celles et ceux qui les lisent de loin. On y découvre cette existence corsetée où rire, chanter, aimer, marcher seule ou même exister trop fortement relèvent du délit ; où une fillette peut être mariée à neuf ans, exécutée à quinze, où le viol n’est qu’une énième violence effacée par la loi. Le trait accompagne ce récit avec une sobriété lucide : chaque dessin semble tracer littéralement la cartographie d’un corps qui se souvient, qui porte les marques visibles et invisibles du patriarcat d’État.
Mais ce livre n’est pas seulement le constat glaçant d’une oppression. C’est aussi l’histoire d’une reconquête, celle d’une femme qui parvient à fuir, à sortir de l’emprise, à réapprendre à posséder son propre corps après une enfance confisquée. À travers cette parole réappropriée, Mansoureh Kamari transforme son récit personnel en dénonciation politique et en acte de résistance. Ce geste éditorial, profondément intime et résolument universaliste, fait de cet album une œuvre essentielle, bouleversante, qui rappelle à quel point raconter peut devenir un acte de survie.
Puissant, nécessaire, d’une honnêteté déchirante, Ces lignes qui tracent mon corps s’impose comme un document graphique majeur sur la violence systémique et sur la possibilité, malgré tout, de se relever.
We leven in een verwarrende wereld. Als een land een ander land aanvalt zeggen we meteen dat dit niet mag. Maar als er dan beelden verschijnen van juichende ex-bewoners van het aangevallen land, gevlucht of verbannen, dan is het niet meer zo zwart-wit. Als buitenstaander is het makkelijk om snel met een mening klaar te staan, maar hoeveel weten we er nou echt van af?
Een paar dagen nadat de eerste bommen zijn gevallen, valt dit boek op mijn deurmat. De Franse editie is er al een paar maanden, maar vandaag verschijnt de Nederlandse editie van ‘De lijnen die mijn lichaam tekenen’. Een grafische autobiografie van @mansoureh.kamari, die haar gehele jeugd en adolescentie onderdrukt is, maar als jonge vrouw haar vrijheid vindt.
Dit boek is zo puur, zo kwetsbaar, en toch ook zo krachtig. Ik durf er bijna niks over te zeggen, omdat ik bang ben de verkeerde woorden te gebruiken. Je moet dit verhaal zelf beleven. Woorden doen geen recht aan hoe sterk dit boek is. Veel woorden zijn er ook niet gebruikt in het boek. De illustraties zeggen genoeg. In voornamelijk zachte tinten zwart, wit, grijs en bruin weet Kamari emoties te vangen en haar verhaal te vertellen.
In een slimme opzet, waarbij ze als naaktmodel steeds van houding moet veranderen en zich kwetsbaar durft op te stellen, neemt ze ons mee in haar verhaal. Naar een jeugd vol regels, geweld, intimidatie en angst. En het is niet alleen haar verhaal, maar ook dat van vele andere meisjes en vrouwen.
Een boek om stil van te worden. Een boek dat pijn doet. Maar tegelijkertijd ook een boek dat enorm krachtig is 🩶
Hartelijk dank voor dit recensie-exemplaar @standaard_uitgeverij!
Je ne peux apporter une critique sur un témoignage.. et encore moins lorsqu’il est retranscrit avec tant de créativité et de beauté !
Je ne lis jamais de BD et je ne pense pas que j’en aurais lu si on ne m’en avait pas offerte une…
Et c’est une découverte incroyable !
J’ai mis plus ou moins 2h à lire cette œuvre et j’ai été super touchée par l���histoire. On fait face à un témoignage, la vie d’une femme en Iran, ses marques, ses peurs, ses maux…
Je ne pensais pas apprendre quoi que ce soit en ouvrant ce livre et pourtant j’en sors avec une belle leçon de vie.
Les dessins sont magnifiques, la mise en page nous fait ressentir ce qu’il faut, quand il faut.
C’est un témoignage touchant dont je me souviendrais, j’en parlerais autour de moi c’est sûr et certain !
TW : Certains dessins sont explicites et peuvent heurté la sensibilité des plus jeunes !!! Malgré ça, c’est une triste réalité et il est important de comprendre que les femmes ont encore un chemin énorme à parcourir pour enfin être reconnues comme des personnes à part entière aux yeux des hommes dans encore trop de pays.
Les illustrations sont magnifiques et les horreurs décrites sont tellement bien illustrées que ça m’a remuée à des moments.
Nous suivons une femme Iranienne, l’autrice et illustratrice, à travers des bouts de sa jeunesse, son adolescence jusqu’à l’âge adulte dans cette société misogyne et patriarcale.
Malgré les dénonciations des choses horribles que vivent les femmes en Iran, c’est une ode à la liberté, à l’amour de soi et à la reconstruction que j’ai trouvé absolument magnifique.
Je ne la conseille pas à lire car j’estime qu’elle est essentielle à lire. Pour comprendre, soutenir et faire savoir la réalité des choses en Iran.
« Mais dans cette rue, la solitude est de courte durée pour une jeune fille. Je suis déshabillée par des regards appuyés qui m’entourent et m’écœurent ; les bouches nauséabondes murmurent, elles s’approchent au près de moi que je peux sentir la chaleur de leur souffle indécent… »
« Depuis mon départ, je m’efforce d’oublier mon passé. D’oublier cette part de moi qui vivait dans un terreur constante. Je n’aspire qu’à aller de l’avant ; à créer une nouvelle version de moi-même. Une version plus confiante, libre, intrépide, pleine de joie de vivre… »
BD extrêmement bien faite, sur le destin des jeunes filles en Iran (la responsabilité légale à 9 ans, la propriété du père de famille sur ses enfants, le regard des hommes sur les femmes). L'autrice rend compte de la terreur constante dans laquelle vivent les femmes en Iran et l'impossibilité d'être libre et épanouie.
wow, les dessins étaient vraiment magnifiques et permettaient de nous mettre dans la tête de la protagoniste/l'auteur, de comprendre son passé et la difficulté de sa vie passée en Iran Ça m'a permis d'en apprendre plus sur ce pays et de voir les difficultés que les femmes ont et la chance que j'ai de pouvoir disposer librement de mon corps
"Mon père me possédait, il nous possédait tous. Selon la loi islamique, le père de famille est propriétaire du sang de ses enfants. Cela veut dire qu'il ne risque qu'une peine mineure, voire aucune, s'il les tue."
Lu au travail parce que je n’arrivais pas à me motiver à travailler. Ça m’a clairement mis un coup de pied aux fesses.
C’est bouleversant, tellement puissant, tellement terrifiant. Le dessin est sublime, le texte pur et poétique et glaçant à la fois. Tout est réussi, et ça m’a beaucoup émue.
Être une petite fille en Iran puis grandir... Et vouloir s'échapper de tout ça pour se (re) construire. Voilà de quoi parle cette BD autobiographique extrêmement touchante et puissante. Bonus : les dessins, tout en crayonné, sont incroyablement beaux.
Impossible à noter. C'est une BD magnifique mais en même temps un témoignage de la souffrance des femmes iraniennes et de leur corps. Un livre précieux.
⭐️ 4,5/5 Un roman graphique poignant sur la vie d’une femme Iranienne qui a réussit à sortir de son pays. Une mise en page très belle. Le travail des couleurs est top!
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j'arrondis vers le bas témoignage d'une iranienne qui a décidé de s'affranchir de ses "obligations" en quittant son pays, assez touchant aurait peut être mérité plus de pages