Hector et Luz sont amoureux depuis l'adolescence. Aux yeux du monde, pourtant, ils sont incompatibles : du panel des amours possibles est exclu le leur. Redouté par leurs familles respectives, empêché par la société, il n'a nulle place où s'installer. Hector et Luz sont handicapés et, visiblement, leurs coeurs ont des raisons que les autres font mine d'ignorer. Malgré tout, par leur force et la grâce des rencontres, celle de Carlo notamment, leur éducateur, un couple se construit. Roméo et Juliette fragiles et entravés, ils vont chercher à abattre petit à petit les obstacles, dont celui, si tenace, de l'infantilisant regard de l'autre. Avec une écriture aussi incarnée que précise, Gabrielle de Tournemire livre un roman d'apprentissage, chemin de compréhension de soi et de l'autre, micro-fresque de la naissance possible d'une famille différente, unique.
Un roman très touchant qui interroge sur notre rapport aux handicaps. La syntaxe est particulière (phrase très longue, prise de parole au sein du texte directement et indiqué par des majuscules) mais je trouve qu’elle apporte quelque chose justement comme une urgence et une plongée dans l’intime, dans la tête des différents protagonistes mais toujours avec une certaine pudeur. Un roman d’apprentissage qui apporte une prise de conscience sur la réalité sociale du handicap, révélateur et bouleversant !
Hector est aussi introverti que Luz est expensive, il est aussi silencieux qu'elle est volubile, il est aussi méticuleux qu'elle est volcanique. Et pourtant, tout ne les oppose pas, et de leur rencontre jaillira un couple presque comme les autres. Hector et Luz sont incontestablement uniques puisque souffrant de handicap, pourtant il et elle rêvent de toucher l'ordinaire de la vie.
Certains constats sont aussi réalistes que révoltants : "être handicapé, c'est apprendre sans cesse à se contenter de moins." Cette sentence, extraite de ce premier roman, reflète bien une bonne partie de l'histoire d'Hector et Luz. Gabrielle De Tournemire a la décence de ne pas présenter les faits comme des combats, sans pour autant oblitérer les parcours de combatant.es que doivent parfois mener les pères et mères d'enfants, d'adolescent.es et d'adultes handicapé.es. A travers ce court roman, l'autrice aborde plusieurs sujets ayant trait au quotidien des personnes handicapées et de leurs familles, sans aucun misérabilisme, avec, au contraire, beaucoup de luminosité, de pertinence et d'espoir. J'ai plusieurs fois été émue aux larmes, surtout lorsqu'il s'agit de sentiments, d'émotions, ce qui est au cœur du roman, mais aussi lorsqu'il s'agit de parentalité, ce qui est aussi un des fils rouges de l'histoire des deux familles. L'autrice soulève beaucoup d'interrogations autour du couple de personnes handicapées, et de tous les tabous que ce statut implique : amour, sexualité, finances, mariage, travail, parentalité, santé, autonomie "relative"...
L'écriture de Gabrielle De Tournemire est imagée, tortueuse, réaliste, sensitive et percutante. L'autrice maîtrise une plume moderne et une construction sans fioriture. J'ai parfois été gênée par les dialogues incorporés au corps de texte (décidément, je n'aime pas ce mode de narration "à la mode"), et j'ai repéré quelques tournures un peu trop hasardeuses ou alambiquées à mon goût. Pourtant, le style m'a plu dans l'ensemble et l'histoire m'a énormément touchée.
Un très joli récit, très touchant, qui aborde un nombre des sujets difficiles et tabou. L’écriture est fluide, le vocabulaire riche et précis. Les descriptions me donnaient l’impression de regarder un tableau impressionniste. Il y a des courts passages où on se retrouve dans une sorte de huit-clos que j’ai absolument adoré ; on y peut vraiment voir la solitude et l’isolation que ces familles subissent. L’autrice nous donne ici aussi une critique du système de soins qui n’arrive pas toujours à offrir un support adapté/individuel à ses patients et essaye de les mettre dans des cases. C’est l’un des rares romans où je pense qu’il mériterait de quelques chapitres en plus (d’habitude je dis toujours le contraire). J’aimerais qu’on donne plus d’espace à développer les parents de Luz/Mouche. Rebecca, la mère d’Hector, est le personnage le plus développé, nuancé et exploré. Bien que c’est un personnage intéressant, j’aimerais tout simplement voir autant de soins donné aux autres. Je n’ai pas vraiment apprécié la fin ; trop hâtive ?
C'est un premier roman aussi singulier qu'il est touchant. Sa syntaxe, ses tournures de phrases bien particulières et ses dialogues insérés directement dans la narration m'ont fait plusieurs fois penser que c'étaient les deux personnages principaux qui avaient mêlé leurs voix pour raconter l'histoire. Les phrases à tiroirs et à rallonges de Luz. La recherche du mot juste et précis d'Hector. C'est une histoire très touchante, très humaine, à la fois triste et joyeuse, qui met justement le doigt sur plusieurs tabous de notre société concernant le handicap. C'est pour moi une très belle rencontre. Je vais garder un œil sur cette autrice.
pour être tout à fait honnête, j’ai eu du mal avec la syntaxe au début (il m’a fallu 100 pages pour m’habituer) (en fait je l’ai lu au mauvais moment) et quand j’ai repris ma lecture après une bonne pause, j’ai mangé ce premier roman et je l’ai adoré, j’ai été émue, percuté, questionné.
une plume unique pour un sujet bien hors-dinaire. une bombe d’émotions qui ne demande qu’à être ressenties.
j’avais peur pour au moins mille raisons mais en fait c’est super bien écrit et vraiment intéressant !!! je ferai une critique plus constructive un jour mais vraiment super lecture