En 2017, l'artiste Fleur Pierets devait épouser sa partenaire Julian dans tous les pays où deux femmes étaient autorisées à se marier, soit 22 pays. Ce fut le fameux Project 22, relayé dans le monde entier. Mais après le quatrième mariage officié à Paris, le « tour du monde de l'amour » est interrompu : on détecte une tumeur cérébrale fulgurante chez Julian. Elle mourra deux mois plus tard, le 22 janvier 2018.En travail de deuil, en guise d'hommage, Fleur redonne vie à la femme qu'elle a aimée, amatrice d'art, d'écologie, de drag king, et explore dans un récit bouleversant émaillé d'anecdotes l'alliance sacrée de l'amour et de l'art : elle évoque Susan Sontag et Annie Leibowitz, Woolf et Sackville-West, Tennessee Williams, Barthes, Ginsberg et Orlovsky, Hujar et Wojnarowicz, Marielle Franco... Mausolée « heureux » célébrant la force des sentiments au-delà de la mort et l'engagement dans l'art, Julian est considéré comme un « Année de la pensée magique » LGBT et a été salué par tous. Il est en cours d'adaptation au cinéma par Michiel et Lukhas Dhont (Girl, Close) et sera projeté au festival de Cannes 2025.
« Mon histoire d’amour préférée, c’est la nôtre. » Ce livre m’a énormément touchée. J’ai adoré l’idée du Projet 22, et c’est ce qui a d’abord déclenché ma lecture : une idée géniale qui mêle amour, militantisme et art. Puis j’ai découvert l’histoire de Fleur et Julian, cet amour absolu de chaque instant et leur manière tellement libre de vivre m’a complètement séduite. L’autre thème très fort est la mort de l’être que l’on aime le plus au monde. Comment survivre après ce choc? Cette question universelle est traitée avec une authenticité et un courage bouleversants. Affronter le déclin physique et psychologique, et la force d’accompagner l’autre vers cet inconnu, vers « le froid et le noir », sont des combats existentiels que nous rappellent ce témoignage livré de l’intérieur, avec une qualité rare, la grâce. Beaucoup de citations sur le rôle de l’art, la liberté, l’amour rendent cette expérience de lecture vraiment unique.
« J’ai toujours aimé les excentriques, parce qu’ils osent être différents, parce qu’ils se réinventent tous les jours. » Tim Lienhard
« Pour moi, l’art doit être activiste, sinon il ne marche pas. Pour d’autres artistes, il peut s’agir d’une quête de beauté, mais pour moi, c’est un outil pour activer les gens » Jeroen Olyslaegers