Un excellent et court roman par une romancière résolument féministe qui revisite ici le mythe de Cassandre, maudite par Apollon parce qu'elle se refuse à lui, et qui la condamne à toujours dire la vérité et à n'être jamais crue. Ce qui est la malédiction éternelle des femmes. L'héroïne du roman, femme libre poursuivie par les assiduités de son patron d'usine chimique, remarque très vite les défaillances mettant en danger l'usine, ses salariés, les habitants autour et l'environnement, signale aux instances responsables tous les dysfonctionnements sans jamais être entendue. Sont finement analysés les mécanismes que met en place le corps social pour ignorer et faire taire les lanceuses/lanceurs d'alerte, jamais entendues, considérées comme troublant le consensus, maudites et finalement silenciées jusqu'à la catastrophe qui finit par leur donner raison. L'autrice évoque aussi bien Erin Brockovich, qu'Irène Frachon, Maureen Kearney, violée chez elle en représailles et pour la faire taire, Edgar Snowden exilé depuis, Karim, chauffeur chez Arcelor Mittal, d'autres, tous désobéissants à l'ordre social garant de l'impunité et défenseur du sacro-saint emploi à n'importe quel prix. Les femmes notamment, plus vulnérables car jamais légitimes dans un monde fait par les hommes sans elles et même contre elles. Car comment expliquer autrement le silence des salarié-es qui côtoient tous les jours les dangereux processus et manquements à la sécurité qui les mettent en danger ? Romand dédicacé "Aux femmes et aux hommes qui se battent pour la vérité au sacrifice de leur vie. A celles qu'on ne veut pas entendre parce que leurs mots dérangent. A celles à qui on a un jour craché dans la bouche. Aux corps qu'on dompte pour qu'ils plient quand on le leur demande. Aux petites filles qui sont, dans le monde, les premières victimes des violences. Aux femmes qu'elles tentent de devenir, et à ce qu'il faut de force pour y parvenir. "
À partir d’une fiction, un incendie dans une usine, Constance Rivière étudie la position des lanceurs d’alerte et particulièrement, lorsque ce sont des femmes. Construit en trois parties, L’incendiaire permet de comprendre à la fois les mécanismes à l’œuvre dans une organisation lorsque quelqu’un alerte d’un danger imminent, mais aussi, la particularité du langage féminin d’avoir des difficultés d’écoute et de reconnaissance. Secrétaire générale du Défenseur des droits de 2017 à 2022, les situations sont nombreuses où l’écrivaine a pu constater cet ostracisme. En bref, l’incendiaire de Constance Rivière est un témoignage difficile sur la vie de l’entreprise et les risques professionnels. La critique est acerbe, mais juste, surtout lorsqu’elle dénonce la parole des femmes encore trop souvent invisibilisée. À découvrir ! Chronique entière et illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Super livre sur une jeune fille qui commence un travail dans une entreprise où elle découvre que des règles de sécurité ne sont pas respectées. Elle veut parler mais personne ne veut l’entendre. Et elle va devenir victime > Super livre sur les lanceurs d’alerte …A lire pour comprendre certains rouages
La première partie est un peu trop longue c’est dommage, le reste se lit comme un super documentaire. Je n’ai pas particulièrement aimé l’écriture mais ce bouquin m’a interrogé sur mon propre rapport à la vérité.
"Lorsque Alexandra revient dans sa ville natale, elle perçoit le danger de l'usine de produits chimiques dans laquelle elle travaille. Après avoir alerté les autorités compétentes, elle se rend compte que rien ne change et qu'elle n'est écoutée de personne."