J'ai arrêté ma lecture à un peu plus de la moitié, je vais tout de même vous en parler afin d'expliquer pourquoi il m'a fallu abandonner :
Le début était prometteur, cette alternance entre le tu et le elle par la narratrice était intrigant : elle pour parler de son amie Zoé, nous la décrire, nous raconter leur rencontre et leur amitié ; le tu pour s'adresser à Zoé comme on s'adresse intérieurement à quelqu'un qui a disparu. Car oui, on l'apprend dès le début, Zoé meurt.
Le problème, ou plutôt l'un des problèmes que j'ai rencontrés lors de cette lecture, c'est tout d'abord cette Zoé : personnage odieux et insupportable qui ne fait que contrôler la vie des gens parce qu'elle a raté la sienne. Mais comme elle possède apparemment un certain magnétisme, Eleonora se laisse happer, vampiriser.
Eleonora... vous l'avez remarqué, le prénom de la narratrice est le même que celui de l'autrice. J'ai découvert alors que ceci n'était pas vraiment un roman (dans le sens fiction, vous savez, quand les auteurices font preuve d'une réelle imagination) mais une autofiction (vous savez quand les auteurices pensent que leur vie mérite d'être étalée). J'admets qu'il y a beaucoup de gens dont la vie est palpitante et passionnante et que la partager peut être intéressant. Hélas ce n'est pas toujours le cas. D'une part, je me sens flouée quand on me vend un roman pour une fiction et que ça n'en est pas (donc vous êtes prévenu·es, ça n'en est pas), ensuite, si l'histoire est ennuyeuse, j'ai encore moins envie de continuer (c'était assez ennuyeux sur le long terme), enfin, quand en plus le personnage central me répugne, il m'est nécessaire d'arrêter là le calvaire.
C'est dommage, c'était fort bien écrit (en réalité trop bien : les phrases finissent par ne plus avoir de sens ou en tout cas ne plus être assez sincères et spontanées, alors qu'on est sur un roman qui devrait apporter des tonnes d'émotions contradictoires ; on se retrouve à enquêter pour savoir où veut en venir la narratrice avec ses mots savamment imbriqués), mais plus j'avançais, plus je détestais tous les personnages, et plus je me demandais pourquoi je m'infligeais ça.
Dont acte. Je suis passée à autre chose. Mais ça a bien failli me déclencher une panne de lecture...