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Les bourreaux en France: Du Moyen Âge à l'abolition de la peine de mort

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Depuis l'instauration de la charge au Moyen Age, le bourreau est un personnage à la fois craint et méprisé, mais indispensable dans une société où la peine de mort constitue durant des siècles la clef de voûte de toute justice. Comment est-il choisi ? Comment vit-il ? Pourquoi et dans quelle mesure sa femme et ses enfants participent à l'exécution des condamnés ? Pourquoi l'Eglise ferme-t-elle les yeux sur les mariages incestueux des bourreaux ? Pourquoi y a-t-il eu des dynasties de bourreaux, les Jouanne, Desmorest, Sanson ou Deibler ? Comment le public lui-même participe-t-il à la mise à mort des condamnés ? Autant de questions qui trouvent ici des réponses claires et illustrées d'exemples. Les aspects techniques de la fonction - question, pendaison, décapitation, noyade, ébouillantage, écartèlement - sont essentiels, car ils répondent à un système très codifié de mise à mort, tenant compte du crime commis et du rang social du condamné. La Révolution bouscule les rites séculaires, et l'adoption de la guillotine constitue à elle seule une rupture majeure dans l'application de la peine de mort et dans l'existence même des bourreaux, jusqu'à l'abolition en 1981 qui porte un coup fatal à la profession.

332 pages, Paperback

First published January 1, 2012

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Displaying 1 - 2 of 2 reviews
7,061 reviews83 followers
April 24, 2018
Même si le sujet est très intéressant et bien documenté, ce livre ne m'a pas vraiment plu. La chronologie est inégale (on avance, on recule, on avance), la constance va du Moyen Âge à aujourd'hui, mais il a quand même plusieurs écarts. Je n'ai pas aimé l'écriture, oui c'est un texte informatif et pas de la poésie, mais tout de même, le ton ne me plaisait pas. Bref, mon manque d'appréciation est plutôt dû à l'écriture et à l'édition de l'ouvrage et non pas au contenu ou à la qualité de la documentation. Ce livre pourrait donc certainement plaire à certains, mais ce ne fut pas mon cas.
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53 reviews6 followers
July 26, 2015
Un livre que j'ai ouvert par pure curiosité - on passe difficilement à côté d'une silhouette de bourreau armé d'une hache lorsqu'on a un penchant pour l'histoire médiévale, - mais que j'ai refermé la tête pleine de réflexions.
On commence par un récit très factuel, parfois même cocasse, sur la situation des bourreaux en France médiévale - leur recrutement, leur métier, leur position sociale… Quelques mythes sont brisés, par exemple celui de la cagoule couvrant la tête du bourreau (au contraire, l'impureté du métier exigeait que le bourreau porte à tout moment un enseigne sur ses vêtements afin que les bonnes gens n'entrent pas en contact avec lui par inadvertance). Les responsabilités quotidiennes de l'exécuteur sont étoffés de fonctions telles que le ramassage d'animaux morts ou bien la vente des cadavres d'exécutés aux apothicaires ou relieurs… Bien sûr on ne passe pas à côté des différentes types d'exécutions, le tout très bien documenté avec des exemples.
Puis, les choses se corsent. Le statut du bourreau est discuté en tant qu'émanation de la justice: ce n'est donc pas un tueur mais bien un exécuteur, qui obéit aux décisions des juges. Tandis que ses mains sont salies, il reste toutefois dissocié de l'aspect juste ou non de la peine capitale: ainsi, lors des guerres, les bourreaux des villes conquises continuent leur service sous les envahisseurs, exécutant les opposants politiques sans qu'on cherche à s'en prendre à eux le jour de la libération.
Vient la guillotine, avec son caractère "humain" mais aussi mécanisé, déshumanisé en quelque sorte: le bourreau est désormais plus technicien que chirurgien. Les derniers bourreaux de France seront d'ailleurs parfois recrutés parmi des mécaniciens. En parallèle, la loi "s'humanise", elle aussi: on dénonce la peine de mort, on en réduit l'application, et avec elle on réduit le nombre de bourreaux - la profession est bientôt mise à mort, avec un seul survivant: le bourreau de France et ses quelques apprentis. Ainsi, la fin du livre se transforme plutôt en une galerie de portraits, décrivant plus les hommes que le métier, jusqu'à se terminer par l'abolition pure et simple de la peine de mort.
Ainsi, à fur et à mesure que les dates se rapprochent de notre temps, le livre prend un aspect plus détaché. On est frappé par le train de vie des bourreaux, qui deviennent bourgeois, mais aussi par les exécutions, qui tout d'un coup semblent si proches: on reconnaît l'adresse de l'endroit où la guillotine était stockée, on se souvient avoir passé là où l'une des dernières exécutions a eu lieu… On apprend avec horreur que la dernière exécution publique datait d'il y a bien trop peu de temps. On se pose des questions.
Le coup final est porté par l'épilogue qui, seul, sort des frontières françaises pour s'intéresser à la situation d'aujourd'hui. On parcourt les nouvelles méthodes - injection, chaise électrique, - pour apprendre que celles-ci, mal testées et exécutées, sont bien plus barbares qu'une pendaison. Et la touche finale est l'histoire des bourreaux égyptiens et saoudites, qui semblent ressurgir tout droit du Moyen Âge: décapitations publiques à l'épée, transmission du métier du père en fils… Sauf que maintenant, ces hommes donnent des interviews à la télévision et que les voleurs aux mains amputés sont aussitôt pris en charge par les médecins.
Finalement, pense-t-on, dans toute cette histoire, la guillotine, c'était le moindre mal.
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