La maison des autres, c'est celle des Petiot, pâtissiers à Dole, où Julien Dubois, quatorze ans, entre en apprentissage. Ses parents, boulangers retraités à la campagne, ont peu de moyens : il faut qu'il travaille et d'ailleurs le métier lui plaît. Nous sommes en 1937, il n'y a guère de lois sociales; même les « bons patrons » exigent de leurs ouvriers mal nourris un effort qui n'en finit jamais. Pourtant, Julien se sent heureux : il découvre la bonne odeur de la pâte chaude, la joie de créer des chefs-d'oeuvres éphémères, l'amitié du chef, la liberté des rues que l'on dévale panier sur la tête au gré du vieux vélo, l'amour avec Hélène, la solidarité ouvrière, le sentiment de responsabilité...Tout cela lui construit une maturité précoce, riche de l'expérience personnelle vécue à fond. Lorsque le livre se termine, il a seize ans, mais il est déjà un homme.
Bernard Charles Henri Clavel (May 29, 1923 – October 5, 2010 was a French writer.
Clavel was born in Lons-le-Saunier. From a humble background, he was largely self-educated. He began working as a pastry cook apprentice when he was 14 years old. He later had several jobs until he began working as a journalist in the 1950s. After the war, he worked for the social insurance, and he could not dedicate himself to literature until 1964. He has lived and worked in many places and lived in Savoy until his death.
His first novel was L'Ouvrier de la nuit (Night Worker, 1956). He later published works for young people and numerous novels, at times organised into series: La grande patience (The Great Patience, 4 volumes — 1962–1968), Les Colonnes du ciel (Heaven's Pillars, 5 volumes — 1976–1981), or Le Royaume du nord (Northern Kingdom, 6 volumes — 1983–1989).[2]
In his writings, he employed simple language and attached importance to humble characters and to the defence of humanist values by questioning violence and war.
Quelle belle découverte. Un roman « coming of age » qui se passe juste avant la 2e guerre mondiale. Roman trouvé dans la boîte d’échange de l’aréna. C’est le premier de 4, je vais devoir trouver les autre.
Qu'il est dur d'avoir du mal à s'intégrer dans un livre, j'ai fait beaucoup d'aller-retour avant de m'installer dans l'histoire au moment où ce jeune garçon prend conscience de l'injustice dans le monde du travail. C'est à ce moment là précis que je me suis vu curieuse de connaitre l'issu de ce bras de fer qui s'engageait entre Petiot et le petit Julien^^ La finesse des descriptions en font un livre à lire sans discuter. J'ai beaucoup ri aux blagues que se faisaient les jeunes entre-eux... j'ai aussi eu mal au cœur à chaque coup ou insulte et j'ai pris conscience que le monde du travail est clairement ce qu'il est aujourd'hui, grâce à la mobilisation des différents syndicats pour faire respecter les droits des salariés. Finir le livre aujourd'hui a une grande symbolique quand à la coïncidence avec la date de ce jour étant la fête du travail ;) La fin du livre est simplement sublime et sans la révéler, Julien a su prendre sa revanche intelligemment et dans les règles de l'art !
L'histoire est celle d'un jeune garçon qui , en 1937, devient apprenti pâtissier et va, pendant deux ans, subir les exigences, les colères, la brutalité d'un patron vantard et fainéant et les minauderies paternalistes de son épouse. Lit infesté de punaises, travail harassant, horaires à rallonge, pratiquement pas de congés....il ne fait pas bon être apprenti dans ces années 30 où le syndicalisme est encore mal connu , voire inconnu dans certaines branches comme ici celle des « métiers de bouche », laissant leurs employés à la totale merci de patrons sans scrupules.
On sait que cette histoire est autobiographique : comme son héros Julien, Bernard Clavel est entré à 14 ans en apprentissage à Dole chez un pâtissier. De cette expérience il dira plus tard : « Mon patron était un vrai salaud, et pendant deux ans ce fut un enfer. C'était un avorton que j'aurais pu coucher d'une gifle, mais à cette époque le patron c'était le patron et on la fermait. »
Heureusement pour Julien/Bernard, il n'est pas seul dans cet enfer et le roman offre une belle galerie de portraits, des autres employés à l'oncle pêcheur et confident. Amitiés, solidarité, premiers émois amoureux, ces années seront capitales dans la formation du futur écrivain , alors que la guerre approche à grands pas.
J'étais curieuse de voir si ce roman que j'avais beaucoup aimé adolescente me plairait encore aujourd'hui.
Verdict : si l'écriture m'a semblé un peu « plate » au début de ma lecture, je me suis vite attachée aux personnages et j'ai trouvé ce roman très intéressant comme témoignage de la vie ouvrière dans les années 30. On est dans le roman réaliste, au plus près de cette classe populaire que Clavel connaît bien, avec des personnages bien campés et des dialogues enlevés. Les descriptions sont tellement précises qu'on a l'impression d'être dans le « laboratoire » nous aussi et de sentir les croissants chauds ! Auteur d'une littérature populaire, au bon sens du terme, un peu oublié aujourd'hui, Bernard Clavel mérite qu'on le redécouvre.
Having started the series with the fourth and final book, I decided to venture into this, the first. A little strange already knowing the future and fate of the main characters. This one focuses on Julien, who as a fourteen-year-old is apprenticed to a pattiseur in SE France.
It's not easy to get a "hook" into Clavel's stories. There's no bombast, no chase scene, no deep mystery to solve or resolve. You just watch people live, and learn and struggle - or work way their way through - what life and their own resolve create for and with them. But, in doing so, he does give you a glimpse into the complexity and richness of our lives. His are not novels of bright colors or harsh sounds; he writes a muted symphony, a soft, greyish weave of nothing terribly unexpected, with common people in small towns in an oft-overcast corner of France.
Why keep reading? Because, for the most part, the stories are warm and rich expositions of character. And of characters that you can believe in and feel for and, in thinking about, learn from. That last part, learning from, has hit me more than once in the two books I've now read.
Clavel is by no means perfect in execution. Some of his characters are mere characterizations, props for a story. And there is often a Disney-like tone to the dialogues on manhood and the like...but that may not be Clavel, it may be France in the '30s.
Anyway, I really enjoy these books. I can see how he has faded into history as a writer but if you find a copy of this book in the family attic one summer, you'll want to stop and read it. It's worth it.
A real insight into life of an apprentice in the avant-guerre period in France. Can't wait to read the other two books in this trilogy. There is a fourth, 'le Fruit de l'Hiver' that he wrote a bit later that I've already read and also enjoyed.