Avec « Le ciel est immense », Feurat Alani nous embarque sur les traces d’Adel, un pilote d’exception de l’armée de l’air irakienne qui a disparu en 1974 dans ces circonstances plus que floues. L’enquête est menée tout au long du récit par Taymour, son neveu, pour qui son oncle a toujours été une figure fascinante, surtout par son absence et les silences concernant sa disparition. Taymour, poussé par le poids des non-dits et du secret qui entourent son oncle (dont personne ne parle dans sa famille), décide d’avoir recours à une émission de télévision dédiée à la recherche de proches disparus afin de lever le voile sur ce mystère.
J’ai trouvé ce roman très bien rythmé, même si parfois on se perds un peu dans la temporalité étant donné que les retours dans le passé sont assez fréquents et pas toujours chronologiques, mais j’ai trouvé le fil conducteur de l’émission de télévision assez intelligemment ficelé. Feurat Alani étant journaliste et grand reporter d’origine irakienne, le contexte géopolitique de l’Irak des années 60-70 sous Saddam Hussein est décrit de manière très claire et assez pédagogique pour quelqu’un comme moi qui n’ai pas une appétence particulière pour la géopolitique de manière générale, encore plus quant il s’agit des conflits des pays du Moyen-Orient que je trouve particulièrement complexes à comprendre. Le fait que le récit ait comme toile de fond ce conflit armé était très instructif sans pour autant perdre le lecteur en donnant trop d’informations. J’avais peur d’une fin « sensationnaliste » mais pour le coup le dénouement est crédible et la révélation finale n’arrive pas comme un cheveu sur la soupe, même si celle-ci peut ne pas satisfaire tous les lecteurs.
Globalement une très bonne découverte qui m’a donné envie de lire le premier roman de l’auteur « Je me souviens de Falloujah ».