En débarquant à Tunis en 1907, Ranavalona III, dernière reine de Madagascar, est submergée par les souvenirs de sa jeunesse à Tananarive, ses amours passionnées et la tragédie de son exil forcé. Elle découvre aussi un pays où bat le pouls intellectuel de l’Orient d’alors, avec ses salons de pensée tenus par des souveraines lumineuses. Toutes ont en commun l’amour de la littérature et de la politique, et aux côtés de ces femmes, Ranavalona retrouve son souffle. Dans ce deuxième roman poétique et envoûtant, Hella Feki redonne voix à cette reine qui n’était pas destinée à régner. Un voyage d’un bout à l’autre de l’Afrique, une variation romanesque sur cette figure oubliée de l’Histoire.
Ce roman nous emmène à la rencontre de cette reine méconnue régnant sur l’exil. Or, nous ne la rencontrons jamais vraiment. On perçoit les tentatives de l’autrice de ne pas trahir la mémoire de cette souveraine dont il n’y a que peu de traces, alors tout est survolé au profit d’envolées lyriques sur les paysages. Quelques étincelles, mais la magie romanesque n’opère jamais vraiment.
Babelio me permet vraiment de faire des découvertes vers lesquelles je ne serais pas allée de moi-même et qui pourtant me correspondent à merveille. C'est le cas avec ce roman histoire tout en finesse et poésie sur une femme dont j'ignorais tout.
Hella Feki, l'autrice, est une professeure de lettres, théâtre et une formatrice d'enseignants, à qui on doit Noces de Jasmin en 2020 qui fut son premier roman. Dans ses deux romans, elle s'intéresse à l'Histoire des lieux où elle habite : Tunis en 2020, Madagascar et à nouveau Tunis aujourd'hui.
Une reine sans royaume est l'histoire de Ranavalona III, la dernière reine de Madagascar, déchue par l'Empire français quand il s'empare de l'île avec Gallieni. Exilée dans la métropole puis en Algérie, elle se rappelle les souvenirs éparses de sa vie faite de combats, de grands amours, de défaites mais toujours la tête haute et avec les conditions de vie de son peuple en tête.
Hella Feki se met dans sa peau, dans sa tête et imagine, à l'aide de recherche dans les archives, les souvenirs qu'elle aurait eu en exil de son passé mais aussi les rencontres humaines qu'elle a pu faire alors qu'elle était à Tunis. C'est une écriture très fine, très sensible d'une femme oubliée par l'histoire dont il ne reste que quelques photos, quelques écrits et où il a fallu croiser les informations avec d'autres figures culturelles de l'époque comme le traducteur français des 1001 nuits ou la première détentrice du Prix Femina : Myriam Harry, qui a elle aussi été effacée peu à peu de l'Histoire, malgré son rôle comme journaliste pour témoigner du colonialisme français.
J'ai à la fois beaucoup aimé le portrait de cette femme qui apparaît en filigrane, une épouse dont on tue le premier mari pour la forcer à épouser un vieillard, une femme politique qui va tenter de lutter contre l'impérialisme mais en misant sur le mauvais cheval (les Anglais), une amante passionnée qui ne peut oublier le seul homme qu'elle aurait aimé et auquel elle pense à chaque occasion avec nostalgie, une combattante qui ne partira que contrainte et forcée, puis une mondaine qui prend plaisir à la vie culturelle de son époque quand celle-ci vient à elle à Tunis. Elle m'a passionnée et émue. Ses souvenirs de Madagascar étaient particulièrement vivants et magnifiquement portés par la plume d'Hella Feki.
Et j'ai également beaucoup aimé la dénonciation du colonialisme qu'il y eu en filigrane dans ce texte à travers à la fois le portrait de son exil mais surtout les récits qui se croisent de ce qu'ont vécu son peuple et celui d'Algérie, tel que nous le raconte Myriam Harry. L'autrice n'a pas besoin d'en faire trop, quelques anecdotes suffisent pour qu'on réalise combien la France est coupable, combien sa méconnaissance et son méjugement sont grands. Ça ne peut pas laisser indifférent, des vies entières ont été bouleversées, traumatisées. Nous n'oublierons pas.
Alors merci à Babelio, JC Lattès et Hella Feki pour avoir fait revivre la destinée et l'histoire de cette femme et des milliers d'autres comme elle, bouleversée par les hommes et leurs désirs de conquête, là où elle désirait que paix et quiétude auprès de ceux qu'elle aime et des paysages chéris de son enfance. C'est avec finesse et poésie qu'Hella Feki la fait revivre et lui redonne sa place. Merci !
Alger 23 mai 1917, Ranavola III s'éteint , sa mémoire virevolte encore et encore, elle se souvient.... Voilà 20 ans qu'elle a été déchue de son titre de Reine de Madagascar, d'abord exilée à La Réunion, elle est ensuite éloignée de son île chérie. Gallieni l'expédie à Alger elle y restera jusqu'à sa mort. Seule éclaircie notable à son isolement le séjour qu'elle a fait à Tunis au printemps 1907. Elle y est reçue avec un faste qu'elle avait oublié et retrouve Marius Cazeneuve, le magicien, le grand amour de sa vie. Quelle heureuse coïncidence même si leur rencontre restera celle de deux amis. La mémoire est sa fidèle alliée, ses années de règne défilent sous nos yeux, l'invasion des troupes françaises, la résistance de son peuple et l'exil.
Tunis , au printemps 1907 , est une ville brillante et cosmopolite . Les femmes tiennent salon, la place de la femme dans la société musulmane est l'objet de discussions sans fin. Ranavola est encore belle, brillante et a su s'ouvrir à d'autres cultures découvrant l'altérité .
Hella Fekis se régale. et nous propose de plonger.dans l'histoire de sa ville natale avec comme fil d'Ariane le destin de cette reine en exil. Beaucoup d'informations rendent cette lecture intéressante et instructive mais si ce roman se lit vite et facilement , si le fond historique est digne de la plus haute attention, j'ai trouvé que l'écriture trop monotone et un brin trop terre à terre n'était pas à la hauteur de son ambition. Mais bien sur ceci n'est qu'un ressenti très personnel .
un grand merci aux éditions J.C Lattès pour e partage via Netgalley #Unereinesansroyaume #NetGalleyFrance !
Je viens de finir la lecture du roman "Une reine sans royaume" de Hella FEKI. Pour tout avouer, lorsque j'avais acquis ce livre, je croyais découvrir une version romancée de la vie de la femme de 3 Beys tunisien, Lella Kmar Beya (La quatrième couverture de page est un spoiler pour moi, j'évite de la lire). Ce que j'ai découvert, c'est un journal intime de la reine malgache Ranavalona III.
C'est un récit qui s'étale sur plusieurs siècles, je suis matheux et j'ai la conscience des chiffres. De la constitution de l'ADN biologique de cette femme d'exception jusqu'au façonnement d'un personnage qui incarne, à la fois, la lutte féministe et indépendantiste. Il faudra reconnaître que la lutte féministe est une lutte pour l'indépendance et l'affranchissement du joug de l'histoire des hommes et celle des Hommes (parce qu'il y a une sacrée différence entre les deux).
De Madagascar à La Réunion, l'Algérie, la Tunisie, l’Égypte, la France et autres contrées, en traversant le temps et l'espace, Hella avait recueilli les confessions de femmes de tous bords, aux destins convergents, dont une certaine ... Lella Kmar Beya (Finalement je n'ai pas atterri trop loin).
L'histoire est à la fois douce et bouleversante ; Dans son exil et désarroi, la reine arrive à se consoler par les tribulations de ses amies, la plume de l'écrivaine nous le décrit avec beaucoup de subtilité.
"Héritière d'une triple culture merina, protestante et insulaire, je finis par ne plus rien refuser de moi-même et d'autrui en partant vers d'autres terres, accueillant d'autres cieux et d'autres regards".
"La beauté de la langue est comme la diversité des tissus : ceux qui mêlent le velours à la soie, le lin au satin, le coton à la dentelle, et qui ne cessent jamais d'intégrer de nouvelles textures à leur composition."
J’hésite entre deux et trois étoiles pour ce roman historique de Hella Feki. On y suit la vie — ou plutôt l’exil — de la dernière reine de Madagascar, Ranavalona III. Malgré une thématique très intéressante, la forme narrative ne m’a pas vraiment accroché·e, et j’ai failli abandonner plusieurs fois. C’était toutefois très intéressant de découvrir l’histoire de Ranavalona III (même à travers une narration fictionnelle) et de plonger un peu dans l’histoire de la colonisation française à Madagascar.
Hella Feki, à travers ce récit, donne voix à la Reine Ranavalona III. Une plongée au cœur de son histoire, ses voyages, ses rencontres. C’est évidemment un livre qui est romancé mais cela permet de découvrir cette femme, et de pousser la recherche. L’écriture est très belle, légère et poétique, elle se marie avec brio à la voix de cette reine
(Service Presse)
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