Au moment où l'équipe termine les travaux sur cette réédition tant attendue, quelques mots à propos des différences entre la première édition de cet opus (2008) et celle-ci (2017)... et quelques mentions marginales à propos d'Hyperfocus :
La seule différence notable avec l'édition originale réside dans le changement d'un pan des images (nouvel illustrateur / remplacement des illustrations) et le format, évidemment, qui est plus grand cette fois. Les lecteurs qui possèdent déjà cet OVNI n'y trouveront pas nouveau.x texte.s, et les nouveaux lecteurs ne seront ni avantagés ni désavantagés en ce qui concerne le "petit jeu pour Sherlock Holmes experts et geeks forcenés" encapsulé dans ses pages.
Autre aspect important : Fovéa constitue le premier volet du diptyque de recueils-liés 'Error_Type', et son jumeau annoncé, Stereocilia ne paraîtra sans doute qu'au terme de l'éclectique exploration de nos "déclics" à laquelle s'attache la série dont il fait partie : 'Hyperfocus'.
'Hyperfocus' n'est pas un cycle. Les ouvrages n'ont pas à être lus dans un ordre particulier, ni ne nécessitent d'être tous lus pour remplir leur mission.
Il faut les considérer, plutôt, comme un miroir que vous auriez brisé un jour de larsen. Chaque éclat contient un fragment de reflet. Aucun de ces reflets n'est plus exact qu'un autre, ni ne réclame d'être considéré en premier. Il n'est pas non plus obligatoire de fixer (un à un) chaque éclat pour reconstituer le visage de celui ou celle qui s'y contemple.
Certains sont entrés dans ce palais des glaces au travers du premier volume, lors de sa sortie.
D'autres y entreront via 340 mps , ou l'un ou l'autre des opus suivants de la série.
Cela n'a aucune importance pour l'expérience. Chaque trajet est unique, puisque chaque lecteur l'est. C'est tout le but, aussi, de l'exercice ! ;-)
De même, personne n'assemblera cette mécanique de la même façon, et c'est très bien ainsi.
J'ai toujours envisagé cette série comme un outil d'auto-définition, de "test machine", et donc prêtant intégralement à la subjectivité de chacun.
L'avertissement en dernière de couverture proclame : "ceci n'est pas un livre". Je le maintiens.
Fovéa est davantage un rack de fioles dans un laboratoire ; un ensemble de réactifs et de révélateurs.
Je comprends que certains lecteurs aient pu être troublés par l'aspect et la structure singuliers de ce monstre. Ceux qui y cherchent des "histoires" et un "récit" en sortent avec l'impression, sans doute, d'avoir plongé dans un mixer ! Mais voilà : il ne s'agit pas d'histoires et de récits. Si les amateurs de la Trame y cherchent des compléments à l'un ou l'autre de mes cycles, ils en trouveront, oui ; ils peuvent simplement choisir d'ignorer l'aspect "littérature expérimentale" et "cross-média" de l'opus, et sauter directement aux textes inédits qui y sont inclus. Ceci aussi peut parfaitement être un biais / choix / angle de lecture, et il est aussi prégnant, en un sens, que l'immersion dans la dimension "ARG" / "jeu holmésien" / "décodage" de Fovéa.
Il n'existe pas de "bonne façon" d'aborder Fovéa en particulier ou Hyperfocus en général : il n'existe que votre façon.
Mais dans la grille de ce Tramage, s'il existe des "livres" (340 mps en est un, est donc plus facile d'accès), Fovéa et son jumeau Stereocilia appartiennent à un tout autre système. Ignorer cet aspect fait totalement passer à côté du moyeu de l'expérience. Et je le répète : c'est un choix aussi valide qu'un autre ! Dans ce rack de révélateurs, refuser de sortir d'un certain classicisme littéraire apprend au lecteur un "petit quelque chose" sur lui-même, tout autant.
A tous ceux qui attendaient que ce "livre maudit" soit à nouveau disponible, je souhaite amicalement une bonne découverte de ses méandres. Attention : comme tout grand 8 et labyrinthe de foire, cela secoue un peu, et on se perd souvent. Mais... ironiquement, n'est-ce pas cela, justement, qui est drôle ?
Enjoy the ride !