DANS UN MONDE SANS RÈGLES, UNE SEULE LOI : CELLE DU PLUS FORT... OU DU PLUS IMMORAL.
XXIIème siècle.Une guerre mondiale a décimé la planète.50 000 survivants se retrouvent à présent piégés dans une zone délimitée par un brouillard toxique infranchissable, les coupant du reste du monde. Parmi eux, deux clans sont en lutte constante pour le pouvoir : les Dux, fervents soldats de Dieu, et les Quetzals, défenseurs de la liberté.
Lorsque la femme de Spyridon est assassinée par les Dux, ce dernier fuit avec leur fille loin de ce clan religieux qu’il exècre plus que tout.
Désormais reclus et ivre de vengeance, il n’a plus qu’un seul objectif : mettre fin à la théocratie qui règne sur la Zone.
Mon avis en résumé : Un premier roman qui fait de l’ombre a tous les premiers romans. Une maîtrise du sujet, de ses thèmes (religion, fanatisme, transhumanisme, et d’autres), de la narration et de la construction des personnages. Ne vous laissez pas avoir par la dédicace désastreuse du début lol, elle ne fait que prouver l’investissement jusqu’à l’épuisement qu’a demandé son écriture.
Maintenant, rentrons dans les détails, sans spoils (of course). Pour celleux qui voudraient faire une comparaison avec sa sœur Noémie, je dirais que Salomé a bénéficié de son expérience, mais lui a coupé l’herbe sous le pied en matière de dégueulasserie et d’hécatombe de personnages (sorry, Noemie !)
Par contre, j’ai du mal à considérer ce roman comme un post-apo (ou comme une dystopie), car cela n’en est que le contexte. Ce sont les personnages, tous gris (et bien anthracite sa mère !), qui sont le fil conducteur de l’histoire. Vengeance, recherche de pouvoir, morale douteuse, fanatisme, chaque aspect détestable de l’humain est mis en lumière avec une… virtuosité oui, je n’ai pas d’autre mot. J’ai été scotchée, secouée. Je ne m’attendais pas à ça. Oui, baaaah pour un premier roman, même avec l’appui d’une autrice expérimenté, je ne m’attendais pas à autant aimer. Je n’ai RIEN à lui reprocher. RIEN (… OK si, la dédicace du début lol)
J’ai adoré, et adoré détester les personnages. Naora et Valerian, mes chouchous, seront dans mon cœur pendant longtemps ! Mais prenez garde. Salomé n’a RIEN épargné à ses personnages, soyez prêts a toutes les saloperies possibles, c’est vicieux, c’est sale, ça semble sans fin, bref : c’est extrêmement addictif. #TeamSadique
Elle a un don pour écrire les « vilains » et nous offre une héroïne badass sans tomber dans les clichés. Noara, ce n’est pas un personnage que tu aimerais avoir comme amie (on a connu plus aimable), mais on suit son aventure avec passion et elle nous le rend bien. Elle est forte, savage, avec des failles très… oui bon je me suis reconnue dedans, donc je ne vais pas épiloguer dessus. Niveau plume, j’ai appris après coup que l’autrice avait fait des études de cinéma et je comprends mieux ! C’est très visuel, les descriptions sont incisives, ni trop longue ni trop courtes, je sais pas mais j’avais l’impression de m’y trouver. J’ai retenu mon souffle lors des entrées en scène de certains personnages (ses vilains sont d’une badasserie !!!) et j’ai manqué d’air lors des scènes de tension au ralenti. Oui. Au ralenti. Et j’ai senti la bile monter lors de quelques scènes biiiiiiiiiien graphiques (pour mon plus grand plaisir).
Autre point excessivement positif : les scènes de combat. Pour avoir fait des arts martiaux pendant des années, j’ai KIFFÉ de lire des scènes de corps à corps aussi réalistes ! Merci pour ça, on en voit trop peu !
Trigger warning très personnel : si vous avez un problème avec l’énucléation, respirez un grand coup avant de vous plonger dans cette lecture. Je l’ai lu avec une conjonctivite de l’enfer et je ne remercie pas Salomé pour les cauchemars ! Œil pour œil…
En bref, un excellent, EXCELLENT premier roman. Je le recommande les yeux fermés ! (… préférable si vous ne voulez pas risquer d’en perdre un en cours de route, faut se protéger, merde !) Bravo Salomé. C’est le premier d’une longue lignée, je l’espère !