Le male gaze façonne nos imaginaires, sexualise les corps, euphémise la violence et compartimente les savoirs. Partout dans notre littérature, des classiques incontournables aux poètes maudits, de l'antiquité gréco-romaine aux essais contemporains, on retrouve cette banalité du mâle qui naturalise et esthétise la domination masculine. On relit Ovide, Molière, Laclos, Maupassant, Zola et les autres d'un œil neuf. L'hégémonie du male gaze se fissure littéralement et dans tous les sens par les female gaze, feminist gaze, lesbian gaze, animal gaze, child gaze… autant de manières de subvertir le virilisme, de bordéliser, de queeriser, pour ouvrir une pluralité de mondes possibles et de récits d'émancipation.
j’ai beaucoup aimé la première partie, avec des analyses de classiques que l’on connaît (Zola, Laclos, Mérimée, Baudelaire, Maupassant…). les définitions et les analyses sont claires.
j’ai trouvé le reste assez flou, jargonneux et bourré de références, mais peu approfondies parfois et sur lesquelles l’autrice se repose, sans vraiment détailler ou dérouler une/sa pensée.
la deuxième partie m’a semblé longue à lire et obscure pour quelqu’un qui ne travaille pas dans la critique littéraire
globalement, je suis assez déçue de cet ouvrage, étant donné que j’avais adoré son précédent. peut-être l’apprécierai-je plus quand mes connaissances sur le sujet seront plus amples ?
ps : c’était fun de trouver ma prof de poésie mentionnée dans le texte, et l’article de Marie-Jeanne Zenetti sur les « standpoint » que j’ai dû lire pour mon cours de théorie et critique.
Travaillant sur ce sujet, je suis “obligée” de lire les livres de cette autrice pour être au courant de la recherche. Il y a plusieurs idées intéressantes dans ce livre, mais elles sont noyées dans une marée de références (qui n’apportent pas grande chose au contenu), dans des chapitres un peu fourre-tout quand-même, créant plus de confusion qu’autre chose. Pourtant il y a des idées justes, mais enrobées de trop. Et tout cela dans un style assez lourd qui personnellement m’est très irritant. Difficile de naviguer dans tout cela sans une solide formation littéraire.