Un crime a été commis dans le multivers. Le problème : il semble que Sarah Pinsker ait tué Sarah Pinsker, et qu'une autre Sarah Pinsker soit chargée de l'enquête. Mais comment identifier le criminel lorsqu'il vous ressemble tant ? Que sa trajectoire ait déviée de la vôtre à une toute petite décision près ?
Avec Et il n'en resta plus que (n‒1), Sarah Pinkser croise Ils étaient dix d'Agatha Christie avec Dans la peau de John Malkovich dans un étonnant roman queer – car aucun homme n'est présent dans ces pages !
Sarah Pinsker, enquêtrice en assurances de son état, se rend à la première édition de la SarahCon où se réunissent de nombreuses Sarah Pinsker venues de multiples univers. Lorsque l’une d’elles est retrouvée morte, notre Sarah Pinsker devra mener l'enquête et découvrir si l'une de ses versions alternatives est coupable... ⠀ Avec un pitch pareil, on pourrait vraiment s'attendre à quelque chose de complètement absurde, et ça l'est quand même un peu par certains aspects, bien sûr, mais c'est aussi tellement plus. D'une certaine manière, cette courte novella m'a beaucoup fait penser à Entre autres univers d'Emet North, notamment dans ses thématiques. ⠀ C'est en fait plutôt logique dans une histoire qui parle de mondes parallèles et de versions alternatives de soi-même, mais ça tourne finalement pas mal autour de la notion de choix (ceux qu'on a fait, ceux qu'on aurait voulu faire) et de regrets/remords. Comme dans Entre autres univers, on a donc cette dimension assez intime, peut-être même encore plus puisque l'autrice se livre finalement beaucoup en mettant en scène ses versions alternatives. D'ailleurs, elle-même est présente dans le récit, bien qu'elle ne prenne pas vraiment part à l'action. ⠀ On pourrait se dire qu'il y a quelque chose de vraiment égocentrique dans la démarche de l'autrice, mais je pense que c'est surtout dans une optique cathartique qu'elle a écrit cette histoire, comme une fenêtre vers ce qu'elle aurait pu être en faisant des choix différents. Une façon pour elle de faire face à certains évènements qu'elle a vécu, et peut-être même de faire un genre de psychanalyse en toute autonomie (et devant une audience). ⠀ En tout cas, ce récit m'a vraiment beaucoup séduit, déjà par son originalité, mais aussi par son côté léger et amusant qui n'empêche pas l'autrice de développer des thématiques bien plus profondes. Pour ne rien gâcher, la dimension enquête apporte un rythme vraiment agréable à cette histoire. Une très jolie découverte qui donne bien envie de découvrir un peu plus cette maison d'édition que je ne connaissais pas !