Parfois un peu doomeur, je trouve. Mais c'est le tempérament de Jallon, I guess. C'était, en tout cas, terriblement bien écrit.
Un rappel effrayant de ce qui est arrivé, de ce qui est en cours et de ce qui trépigne d'impatience d'advenir, pour notre plus grand malheur collectif.
La question, notamment pour les militant·es plus ou moins aguerri·es et pour les personnes plus ou moins informées, n'est pas tant d'apprendre quelque chose, que de comprendre des mécanismes historiques. C'est vraiment le plus grand accomplissement du livre, je pense, que de mettre à jour aussi lucidement des engrenages, des manières de faire propres à celleux que l'auteur identifie comme les « salauds », qui nécessitent normalement une bonne étude de l'Histoire longue pour les saisir. Là, on lit Hugues Jallon et on se dit : « Ah ouais, merde, c'est exactement ça… »
Das Buch „Le temps des salauds: Comment le fascisme devient réel“ von Hugues Jallon beginnt mit einem sehr lehrreichen, schonungslosen, analytischen und zutiefst ernüchternden Zitat: „Le fascisme, ça commence avec les fous, ça se réalise grâce aux salauds et ça continue à cause des cons.“ (Übersetzung: „Faschismus, das fängt mit den Verrückten an, das wird dank der Schweinehunde real und das geht wegen der Idioten weiter.“) Die in Jallons Zitat beschriebene Dynamik zeichnet eine dreiteilige Entwicklung nach, die den Aufstieg und Fortbestand des Faschismus erklärt: Es beginnt mit den „Verrückten“, den extremistischen Randfiguren, die die ideologische Saat legen. Diese Saat kann jedoch nur aufgehen, weil die „Schweinehunde“ sie mit ihrem skrupellosen Opportunismus nähren – sie verhelfen der Ideologie aus reiner Machtgier zur politischen Realität. Sobald das System etabliert ist, wird es von den „Idioten“ am Leben erhalten, jener Masse von unachtsamen und gleichgültigen Menschen, die durch ihre mangelnde Kritik und ihr unüberlegtes Handeln dazu beitragen, dass die Tyrannei bestehen bleibt. Hugues Jallon führt uns in „Le temps des salauds“ zu einer beunruhigenden Wahrheit: Der Faschismus schleicht sich nicht mit einem Donnern an, sondern beginnt oft als eine Art Possenreißerei. Was anfangs als die groteske Bouffonnerieder extremen Randfiguren abgetan wird – ihre schrillen Parolen und überzogenen Gesten –, dient in Wahrheit als Vorhang für eine gefährliche Normalisierung. In der Zeit der Schweinehunde nutzen opportunistische Eliten diese lächerliche Clownerie, um das Unakzeptable in den Salons der Macht salonfähig zu machen. Indem sie über die Possen lachen, werden sie zu Komplizen, die eine Ideologie verharmlosen, die bald nicht mehr zum Lachen ist. Es ist eine subtile, doch unheilvolle Entwicklung, in der die Verachtung der Werte zur gesellschaftlichen Etikette wird.
Le livre s'adresse probablement aux lâches. Le lâche, c'est un mélange du salaud, du con et du fou. Le lâche, c'est celui qui va, le lendemain des élections, jouer le rôle du stupéfié en disant comment ça se fait qu'on en arrive jusque-là.
Le lâche, c'est aussi celui qui refuse de dire génocide, et donc l'écrivain lui-même, qui utilise "voir génocidaire" au lieu de dire génocide quand il y a un génocide sous ses yeux, le génocide actuel des palestiniens.
Le livre est excellent en soi (en dehors de ce moment de lâcheté). on va en avoir besoin pour se rappeler du comment du pourquoi : comment l'extrême droite est arrivée au pouvoir. Dans cette ère d'accélération, de vitesse, si on reprend les termes de Paul Virilio, on a tendance à oublier les événements, et donc on aura tendance à oublier les événements qui ont mené à l'arrivée concrète de l'extrême droite au pouvoir. Ce livre sera comme un comme une espèce de mémoire sur les dîners, les sorties et les propos des ministres, politiques journlistes, et cetera, et cetera qui ont joué leurs rôles de salauds. Il va falloir ouvrir ce livre pour se rappeler que quelque part, nous sommes tous des fous, des salauds, des cons, et enfin, des lâches.
Ce pamphlet rassemble des exemples de normalisation du discours d’extrême droite, et tente de coller l’étiquette de salaud - le politique cynique et marchepied de l’ED - sur tous ces macronistes aux valeurs floues. Je suis plutôt convaincu, même si le ton est parfois caricatural et les sujets de fond évacués, comme si les postures étaient plus importantes encore que les idées… ce qui est sans doute vrai, dans bien des cas. Rien de nouveau, mais un rappel efficace du danger des prochaines élections.
"Le fascisme, ça commence avec les fous, ça se réalise grâce aux salauds et ça continue à cause des cons."
Cette citation (faussement) attribuée à Montherland inspire à Jallon une analyse impitoyable de la façon dont les "centristes" et les "modérées", tout en disant leur rejet de l'extrême droite, participent activement à la réalisation du fascisme dans le but de maintenir la stabilité d'un néolibéralisme à l'agonie.
Une réflexion passionnante à lire si on a le cœur bien accroché (et une boîte de Xanax à proximité).
The circumstances and details are different, but the processes and strategies by which our updated version of fascism is facilitated in the "Western" world are the same, and shockingly recognisable from the many France-based instances presented by Jallon.
Possibly Jallon's most striking points are that modern fascism is nihilistic. It aims for accelerationism and total destruction. To achieve realisation it presnts as "de-anguishing", and as such austerity and institutional chaos are the best catalysts it can be offered by the "bastards" enabling it.
Très clair et bien documenté. On peut quand même regretter que les principaux acteurs•ices qui participent à la fascisation du monde ne soient pas directement nommé•e•s dans le corps du texte. Cela rend un peu abstrait les faits, et donc nuit légèrement à l’objectif général de l’ouvrage.