*à lire avec votre plus belle voix de critique pédant qui s'écoute parler, probablement un homme blanc de 50 ans avec une clope au bec et des lunettes rectangulaires*
Le double de Dostoievski déploie toute l'angoisse existentielle du soi - angoisse universelle qui semble pouvoir toucher et s'étendre à l'infini. Dans ce fantastique à la fois terrorisant et diablement drôle, l'autre est à la fois soi-même, ennemi, menace et complémentarité. Mais la duplicité la plus importante de cette œuvre se cache peut-être ailleurs que dans ses personnages errants et névrosés: la langue se démultiplie au point de menacer son existence, de se répéter, de perdre et d'angoisser le lecteur. Le double linguistique, comme le double humain, oscille ainsi entre la multiplication et l'annihilation, questionnant ainsi les limites du soi, mais aussi les limites du verbe. Une lecture à méditer et à relire absolument.
*vous pouvez reprendre votre voix normale*
Note to myself : peut-être pas le meilleur choix de lecture quand on est soi même dans une période de crises d'angoisse régulières.