Lisa, jeune professeur d'italien, se rend chaque jour au collège comme on va à la guerre, avec, en guise d'armée ennemie, les élèves. Au fond de la classe, les garçons se disputent le rôle de commandant en chef en rivalisant d'insultes et de menaces. Du côté des filles, ce n'est guère plus apaisé : comment faire comprendre à une gamine de douze ans qu'elle ne doit pas se prostituer, même pour se payer des vêtements de marque? Seule solution pour survivre sur ce champ de bataille ou règne la loi du plus fort, se forger une carapace, en attendant son heure... l'heure de la contre-attaque.
Quel méchant petit livre ! L'auteur, sans aucune distance, ni humour, ni poésie, nous crache sa haine teintée de racisme ! Espérons que cela lui a fait du bien à elle ! Ce doit être ce qu'on appelle un roman lepéniste ?
Un livre intéressant qui dénonce le quotidien de certains professeurs qui subissent tout au long de l'année, les élèves délinquants. Ici, Lisa, professeure d'italien, nous fait part de sa peur, de son dégoût d'enseigner à ces jeunes français issus de l'immigration qui ne respectent en rien le corps enseignant, les règles et j'en passe. Pour eux, le cours d'italien est un terrain de jeux où les insultes, bagarres et règlements de compte fusent dans tous les sens. Elle, fille d'un professeur retraité, aimé par ses élèves, loin du brouhaha des grandes villes et des banlieues, rêvait d'être à sa hauteur. Hélas, son rêve est devenu cauchemars, dans ce collège, en plein Marseille.
Citation : Ce qui s'est passé dans ma chair n'est autre que la conséquence directe de notre fabrication quotidienne de monstres, de notre impuissance à éliminer de la surface de la terre ces êtres inutiles et nuisibles, et de l'échec de notre entreprise. On nous demande de modeler ces merdes avec une abnégation dont tout le monde se contrefout, l'important est que les moutons soient bien gardés et ne traînent pas dans les rues quand les honnêtes citoyens sont de sortie, voilà ce que le monde attend de nous.
La relation qu'entretien Lisa avec ses élèves est vraiment surréaliste. Tout au long du livre elle passe son temps à se plaindre et fait ressortir tout son mépris, sa haine envers eux. Alors, oui, je comprends tout à fait qu'il n'est pas facile d'enseigner dans une classe qui s'en fout royalement d'apprendre ; qui passe son temps à s'insulter ou à l'insulter. à dégrader son image en dessinant des choses obscènes sur son compte. Forcément, la motivation se décline et une lassitude s'installe. Sauf qu'ensuite, l'auteur, dans cette fiction, qui sonne comme une vérité "très réaliste", se lâche par des pensées trop haineuses, presque racistes, envers ces ados. J'avais l'impression de ne plus être dans un collège avec des enfants (même les plus terribles), mais face à des truands, des meurtriers, des violeurs, des gangsters. C'est comme si la nana était envoyée dans la pire prison et qu'elle n'avait pas d'autre choix que de subir les phrases salaces et gestes dégradants des prisonniers. Ils sont déjà catalogués et vont forcément mal finir : prison ou mort. De plus, et la c'est le pire pour moi, elle décrit ces jeunes comme des êtres inutiles et nuisibles qu'il faut supprimer de la surface de la terre. Je sais que c'est humain et que ça arrive à tout le monde d'avoir des pensées négatives, parfois meurtrières, surtout quand on touche le fond, mais là, j'avoue, j'ai vraiment eu du mal avec ça.
Citation : Non, il n'y avait rien d'autre que je pouvais espérer : qu'ils crèvent, qu'ils crèvent, pour que les braves gens soient enfin tranquilles.
J'avais également cette impression que Lisa n'avait pas l'amour, cette passion du partage, d'enseigner à l'autre. Pour moi, à partir du moment où elle a atterri dans ce collège dit dégueulasse... a été le point déclencheur pour la suite. Pas une seule fois, je n'ai senti de l'autorité et de la fermeté chez cette femme. Merde, quoi ! Ça reste quand même des gosses avant d'être des soi-disant délinquants. Dès le départ, elle n'a pas su mettre le holà, le respect. Je pars du principe que les élèves savent très bien chez quel prof ils peuvent se permettre de faire ou de ne pas faire, et qu'à partir du moment où tu montres ta faiblesse, c'est terminé ! Alors, sans juger cette femme, parce que c'est tout de même un thriller avant tout, mais écrit comme un récit biographique, l'adulte est censé être l'autorité et trouver une solution pour faire régner l'ordre et faire aimer son cours. Certes, un professeur n'est pas un flic mais ça reste sa classe. Lui seul doit régner en maître.
Pour moi, trop de messages haineux avec une fin qui m'a laissée sans voix... Quoi qu'il en soit, l'histoire est prenante, mais je ressors toute de même mitigée après lecture.
Wow. Pour quelqu'un comme moi qui a toujours dit qu'elle préférerait bosser au McDo plutôt qu'au collège (j'enseigne dans le premier degré), la lecture de ce livre peut être comparée à la lecture de Ça pour une personne ayant une peur panique des clowns. Autrement dit c'était comme voir mon pire cauchemar couché sur le papier. J'ai beaucoup apprécié ce livre, qu'une impulsion subite m'a poussée à emprunter lors de mon dernier passage à la bibliothèque (d'abord attirée par ce titre inhabituel, puis par le principe d'un livre sombre sur une prof, par une prof). Le fait que je l'aie fini en une journée devrait suffire à l'illustrer (d'accord c'est un livre court et je suis en vacances, mais étant une lectrice plutôt lente, cela arrive assez peu souvent pour être noté). Le livre suit l'évolution mentale du personnage principal, confrontée à des élèves très difficiles dans le collège où elle enseigne. On voit son idéalisme se transformer en résignation, puis en impuissance, puis en haine la plus pure. L'auteure parvient parfaitement à montrer comment sa vie professionnelle finit par contaminer sa vie personnelle à tous les niveaux, et à nous faire comprendre le processus de pensée du personnage, qui ne parvient plus à trouver la moindre parcelle de beauté, de satisfaction ou même d'utilité dans une profession qu'elle avait pourtant choisie par vocation. Ce livre est terrifiant et addictif, et malheureusement est, j'imagine, assez proche de ce que vivent une partie des professeurs, souvent les plus jeunes et donc les moins formés. Le livre montre bien l'impuissance face aux parents dépassés, les rationalisations bien-pensantes qui tendent à disculper de toute responsabilité les élèves perturbateurs, les relations entre collègues (je pense que nous avons tous eu affaire à ce/cette prof qui vous regarde de haut parce que "Avec moi il n'y a aucun problème de discipline, il faut juste bien les visser dès le début de l'année, et ils n'ont pas intérêt à moufter. Je dois avoir une tolérance au bruit plus faible que toi." Merci bien. Moi je ne travaille dans le bruit et l'agitation que parce que je trouve ça inspirant.), la lâcheté de l'administration et de la hiérarchie, parfois. On sent le vécu, et il est désespérant. Certains verront en ce livre un exercice de catharsis malsaine. Mais finalement n'est-ce pas l'un des buts de la littérature ? Quant à moi la fin m'a semblé très satisfaisante. Un livre concis mais incisif qui trottera dans ma tête un bon moment.
Après mon coup de foudre sur Délicieuse, j'ai eu une envie subite et urgente de retrouver la plume de Marie Neuser. Intriguée par ce titre, je me suis jetée dessus et quelle bonne idée j'ai eu là ! J'ai envie de dire, maintenant que j'ai lu deux de ses livres, que quoi qu'elle écrive, ce sera bon, ce sera beau et que cela t'emportera là où tu n'avais pas forcément envie d'aller. Sa plume, elle me fait rêver. Ses mots, ses phrases sont comme une mélodie que tu peux écouter, réécouter inlassablement. Tout sonne juste sans aucune fausse note. C'est franchement orgasmique !!! "Je tue les enfants français dans les jardins", est un récit terrifiant à la première personne d'une prof, Lisa Genovese qui essaye, tant bien que mal, d'enseigner l'italien. Son quotidien, sa vie dans une classe de jeunes "défavorisés" de 16 ans environ. Un quotidien peu reluisant qui tient plus du combat, que de l'éducation. Un quotidien qui est, sans doute, le vrai quotidien de beaucoup de profs. Je crois que c'est un des récits le plus flippant que j'aie lu depuis quelques temps parce que, oui, j'ai réellement frissonné et, oui, ça m'a vraiment foutu les boules grave de grave d'imaginer cette jeune génération supposée être l'avenir de notre monde. Au travers de ce récit en apparence "banal", Marie dénonce toute une société, dénonce la problématique d'éducation aujourd'hui, la difficulté de se faire respecter, la difficulté pour certains jeunes de se faire une place dans notre monde qui est leur difficulté à eux aussi. Même s'il ne sont, certes, pas tous, à mettre dans le même panier, cette jeunesse pourrie existe pour de vrai. C'est génialement brillant ! Une montée crescendo tout en souplesse pour te conduire jusqu'au final ébouriffant comme seule Marie Neuser sait le faire. Un final qui te laissera interrogatif, c'est certain. Pour tout te dire, je n'ai jamais vraiment rêver d'être prof mais là encore moins… Par contre, la question qui reste puisque Marie Neuser est, elle-même, prof dans sa fausse vie : est-ce une expérience vécue ? 😜 A lire absolument !
Lecture malaisante car c’est écrit par une professeur de lycée. On peut donc se demander à quel point c’est autobiographique.
Le pitch : une prof qui bosse dans des conditions de merde et qui en peut plus. L’angle choisi : des relents de racisme intégrés (« l’ambiance africaine », « le destin (misérable évidemment) des femmes musulmanes »…), de mépris de classe et j’en passe. Tous les clichés sont là : - l’école c’était mieux avant - le voile c’est imposé par la famille - les élèves dealers qui gagnent plus que leur profs sont chanceux (comment ? Ils vivent dans un système qui ne leur donne aucune chance ? Mais non pas du tout)
Après je fais partie de ces gens qui croient en la sociologie (« qui transforme les bourreaux en victimes » d’après l’autrice) donc forcément je ne pouvais pas aimer le point de vue choisi.
J’ai adoré ce livre et complètement adhéré au ressenti de cette jeune femme prise entre son amour de l’enseignement, ses illusions de les faire partager et la réalité de certaines ecoles qui sont juste des endroits pour contenir des enfants jusqu’à 16 ans. Le vocabulaire et les descriptions admirables font que l’on est tout de suite plongé dans l’ambiance poisseuse de cette ecole dont on reve de s’enfuir.
Moi qui veux être prof, on peut dire que ce livre m'a terrifiée !! Lisa est une femme courageuse qui brave les non-dits et l'hypocrisie d'un système qui ne cesse de minimiser la responsabilité des individus. Un très bon roman noir, malheureusement assez "réaliste" !
La descente aux enfers d'une jeune prof d'italien à Marseille. Bien écrit, rapide et incisif et percutant. On jette un autre regard sur le monde de l'enseignement après ces quelques pages.
Une vraie claque ! J'ai retrouvé dans ce roman mes premières années d'enseignement en collège de région parisienne, même si les tensions et violences pourtant quotidiennes n'ont jamais pris cette ampleur : pas d'attaques personnelles, pas d'allusions sexuelles et toujours un grand soutien entre collègues et de la direction. Et ça ça changeait tout. Dans ce roman la tension déjà étouffante dès le début monte progressivement, on est tour à tour interloqué, révolté, abattu et le roman glisse parfois du côté du thriller. Il ne faut pas je pense chercher une morale à cette histoire, ou y accuser l'autrice de préjugés ou à l'inverse y voir une vérité journalistique. Tout a un fond de vrai, rien n'est à généraliser non plus mais il y a des constats qui doivent faire réfléchir et nous interroger sur l'avenir de cette jeunesse.
Le titre de ce livre m'a interpellé, c'est en grande partie grâce à lui que j'ai voulu voir de quoi ce roman parlait, je m'attendais à une intrigue de fer et finalement après lu ce livre en quelques heures, je déchante totalement.
Comme l'indique le résumé, on suit le quotidien de Lisa une jeune prof, âgée de 28 ans elle peine à se faire respecter par ses élèves qui n'ont de respect pour rien ni personne et qui baignent dans la vulgarité. Les conditions dans lesquelles elle exerce son métier la pèse, mais au cours d'un incident les choses vont se dégradées un peu plus poussant Lisa dans ses retranchements.
Déçue, totalement déçue. Dans le genre roman noir je m'attendais vraiment à tout sauf à ça. Ce roman m'a clairement fait penser au témoignage d'une prof harcelée parce qu'au final le sujet qui ressort principalement est le harcèlement des enseignants en ZEP.
L'histoire est bourrée de clichés : prof harcelée en ZEP, l'élève qui fait le tapin pour s'acheter des fringues de marque, bref des sujets qui existent mais qui ne sont pas très recherchés car trop connus. Et puis la vulgarité, que l'auteur nous expose les propos une fois ça va, deux fois ça passe mais plusieurs fois, non pas la peine d'en rajouter.
En bref une lecture décevante, qui m'a plus agacée qu'autre chose, les sujets sont importants mais trop mal exploités, l'intrigue ne m'a pas convaincu, il n'y a aucun rebondissement, je me suis fermement ennuyée, finalement je suis contente que le roman ne fait que 152 pages, sinon je l'aurais sûrement abandonné !
Malgré quelques éléments improbables, ce roman noir nous offre un portrait sombre, mais tout de même assez réaliste de ce à quoi ressemble l'enseignement dans des milieu très défavorisé et violent. On se surprend à tourner rapidement les pages pour voir qu'elle sera la fin, qui manque un peu d'éclat et est assez prévisible, mais bon. La personnage principale est attachante et on est pris d'empathie pour elle. Bref, un court roman intéressant, une belle découverte, ne passera probablement pas à l'histoire, mais mérite et vaut le coup d'oeil!
La vie de prof, dans ses plus sombres possibilité, est dépeinte ici. Armée de ses désillusions et de sa résignation, Lisa va petit à petit sombrer dans un état de froideur extrême face à ces élèves dont elle ne peut tirer qu'insultes et crachats. un livre inquiétant et interpellant, loin des petits miracles que Michel Pfeiffer arrive à produire dans esprits rebelles.
Très bien troussé, on le lit sans s'arrêter. L'auteure semble folle, haineuse, arrogante. Une enseignante finit par trouver moralement défendable de tuer un élève ?!?!