intense en émotions, je suis toujours admirative devant cette faculté à mettre en mots l’indicible et la douleur abyssale qu’est la perte de son enfant. un court roman qui me rappelle la franchise d’annie ernaux.
on retrouve dans ce livre le phrasé de Laure Adler. Une langue admirable. Elle y décrit avec une sincérité mêlée de douceur la perte d'un enfant. La douleur abyssale, l'opacité médicale. Un très grand livre.
Ce livre m’a vidée. Car, sans la nommer réellement, sans le dire ouvertement, tout en subtilité et avec délicatesse, il décrit la détresse vertigineuse de parents face à la mort d’un enfant. C’est poignant. Effrayant. Violent. Bouleversant. Et bizarrement, léger, doux, presque rassurant ?
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« Je n’écris pas pour me souvenir. Je n’écris pas pour apaiser la douleur. Je sais depuis dix-sept ans que la douleur est et demeurera ma compagne. Je vis avec elle. Je la tiens en laisse. Quelquefois, elle me bouscule et me fait tomber. Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille. » *****
Toute la force de ce récit court et poignant tient dans ces quelques lignes. À la suite d’un accident de voiture sans conséquences, Laure Adler éprouve le besoin de revenir sur la mort de son tout jeune enfant, Rémi, dix-sept ans auparavant. Une mort qualifiée de subite mais qui sera néanmoins précédée d’un long séjour à l’hôpital et d’une succession de périodes d’espoir et de moments difficiles jusqu’à la fin tragique.
Laure Adler nous ouvre un peu la porte de la communauté qu’elle a rejointe lors du décès de son enfant (« nous –cette communauté désignée par le destin pour endurer la plus grande des injustices, cette tribu silencieuse et honteuse, sommes toujours écorchés vifs. Les blessures de nos mémoires sont toujours béantes. Quoi que nous fassions. ») et elle parvient à le faire avec douceur et délicatesse.
«À ce soir» est le genre de récit qui pourrait aisément verser dans le pathos mais tel n’est pas le cas. Pas de détails sordides mais beaucoup de pudeur dans la narration du chagrin et de l’insoutenable. J’ajoute que ce n’est pas seulement un témoignage mais également une œuvre littéraire car l’auteur écrit très bien et pose des mots très justes sur sa douleur et sa relation avec l’enfant lors de sa courte vie. Elle nous parle également du «vivre après », lorsque les mots gravés sur le cadran d’une montre, «À ce soir», résonneront désormais comme une menace.
Un livre court et émouvant qui parle avec beaucoup de finesse du plus terrible des deuils.
A ce soir est un récit très personnel. Laure Adler raconte l'hospitalisation de son enfant suite à une détresse respiratoire. L'histoire est poignante, l'écriture magnifique mais on ne peut pas s'empêcher de rester en dehors de tout ça, d'observer de loin ce qui arrive à cette mère. C'est donc un livre à part, un témoignage tellement personnel qu'il en paraît presque indécent de noter ou commenter ce livre.
Un extrait du livre, lorsque l'optimisme gagne les parents du petit Rémi :
Que de phrases peut-on prononcer, répéter en toute bonne foi quand, de toutes ses forces on prend son désir pour une réalité. Tout devient vrai parce qu'on le dit.