La poésie moderne "enfonce" le monde et l'esprit pour y appréhender un sens enseveli. Elle naît de la profondeur multiple ; elle la mime, l'anime et l'opère, comme physiquement, par le jeu de son langage.
Ces essais, consacrés aux œuvres de Nerval, Baudelaire, Verlaine et Rimbaud, s'efforcent de saisir un moment originel de la création littéraire. Ils tentent d'analyser les quelques bonheurs d'expression à travers lesquels tout écrivain découvre sa voix et sa vérité d'homme.
Je me reconnais tout à fait dans la méthode critique adopté par J-P Richard qui garde l'équilibre entre la biographie des auteurs, la vie intérieure que l'on peut leur supposer, la structure des textes, la réception sensible par le lecteur, etc. De même, le modèle géométrique qui spatialise les mouvements sensible du texte (oscillations, mouvement d'un centre vers l'extérieur, etc) est pour moi très pertinent pour décrire le texte poétique et ses effets. Cependant, j'ai eu souvent du mal à reconnaitre mon expérience sensible des auteurs évoqués (Nerval, Baudelaire et Rimbaud), hormis pour Verlaine. J'avoue aussi que mon attention n'a pas été constante et que mon esprit a souvent vaqué ailleurs au cours de cette lecture, preuve qu'elle ne m'a pas convaincue car je suis généralement passionnée par ces sujets de critique littéraire et par les auteurs étudiés.