L’histoire se perd en sous-intrigues et rebondissements tous plus grandiloquents les uns que les autres – ce qui avait fonctionné dans Changer l’eau des fleurs, qui je crois est l’une des raisons pour lesquelles beaucoup se sont jetés comme moi sur ce livre, ici est de trop. Ce n’est pas mauvais en soi, on passe de bons moments, y a de jolies histoires, des bonnes choses, de belles amitiés, un grand amour de son prochain, mais c’est de trop, au bout d’un moment on finit par se dire « quoi encore », à soupirer face à un énième personnage prétexte à faire chouiner et aux nombreuses fautes d’orthographe et de noms (on parle d’un éditeur comme Albin Michel, pas d’une petite maison d’édition, c’est un peu honteux qu’il n’y ait pas eu une véritable relecture, même si ok 650 pages). Le livre est interminable, comme ma phrase précédente, et les histoires trop faciles.
Alors ok, ça fait chouiner un peu, y a tout qui est bien rassemblé ; l’amour, l’Amour, la Shoah, la pédophilie, la Musique, la mort parentale, le désamour, l’homosexualité, les gens qui s’unissent, la beauté qui surpasse la pauvreté, le sida, les vraies amitiés éternelles, l’inceste (quoi ? si, non mais… fin pardon mais y a quand même un moment où c’est un peu « mais enfin ?? »). Y a aussi toute la ribambelle de personnages caricaturaux qu’on attend dans des films un peu type années 80 / 90, avec le flic qui passe tout le temps outre les lois pour les beaux yeux d’une nana random, l’homosexuel victime de lui-même, la paysanne basse de plafond, les artistes qui ne vivent que pour leur art, etc. J’ai eu plus de sympathie sur la fin pour le Grand Méchant Octogénaire que pour toute la smala de protagonistes, c’est dire (même si je dois avouer que Perrin sait très bien donner un côté sympathique ou pathétique à ses antagonistes). C'est touchant par moment, je dis pas le contraire, mais...
Je crois, pour moi, que Perrin a voulu rendre trop compliqué et dense quelque chose qui aurait pu être plus simple – je ne dis pas que j’ai été perdue, mais que je me suis surtout sentie lancée dans une surenchère de situations plus invraisemblables les unes que les autres, toujours dénouées par un deus ex machina ou une personne « je vous trouve fort sympathique ma foi, je vais vous aider malgré tout ce qui va à l’encontre de cette décision ». Je veux bien « aimez votre prochain » mais bordel, on n’est pas à un cadavre exquis d’élèves de primaire. Ce livre avait suffisamment d’intrigues pour en faire 4 autres, et c’aurait ptet été mieux.