En quelques mots, excellente idée de base, très mauvaise exécution.
J'ai commencé ma lecture en étant immédiatement happée par le personnage d'Anita: je la trouvais tellement anti-héros, antipathique, énervante, détestable, que je ne pouvais faire autrement que de l'adorer. Je trouvais au départ que le sujet des troubles alimentaires était super bien exploité: Anita en parlait constamment et sans arrêt, illustration assez éloquente du fait que cette maladie prend malheureusement tellement de place dans la vie des personnes qui en souffrent. Elle passait son temps à se comparer et à critiquer chaque partie de son corps et de ceux des autres, ce qui était hyper redondant, mais quand même pas si loin de la réalité.
Mais je ne parle que des premières pages de ce livre, parce qu'après environs le quart, je commençais à trouver que le traitement des troubles alimentaires souffrait cruellement d'un manque de subtilité et de nuance. Loin d'être une maladie cartésienne, ce trouble de santé mentale ne peut à mon avis se discuter comme ce fut le cas dans le livre. Au lieu d'aller constamment davantage en profondeur dans les pensées de la protagoniste, de nous faire comprendre sa situation et de nous insuffler même l'envie d'avoir de l'empathie pour elle, le discours qu'on tenait au début du livre et à la fin était exactement le même. On n'a nullement avancé. Ça nous aurait permis de tomber avec elle dans le tourbillon de déchéance dans lequel elle s'enlisait de plus en plus, mais au lieu d'avoir envie de la sauver, on avait envie de la laisser couler. Ou peut-être n'est-ce que moi.
J'entends des commentaires à des km à la ronde venir me dire qu'il s'agit avant tout d'un livre d'horreur. Je le sais qu'il ne s'agit pas de non-fiction scientifique venant sensibiliser son lectorat aux troubles alimentaires, mais il demeure qu'il est possible d'atteindre un juste milieu, à mi-chemin entre la conférence stérile et la complète incompréhension. J'avais l'impression que l'autrice a voulu exploiter un sujet dont l'on parle de plus en plus, sans pourtant s'informer davantage avant de l'écrire. Cette présence à peine voilée d'incompréhension et même de désintéressement pour cette problématique transpirait à chaque page.
Je dois quand même avouer qu'écrire un roman d'horreur traitant d'un trouble alimentaire, c'est un défi de taille. Je ne sais même pas si j'aurais pu être complètement satisfaite, incertaine de l'existence d'un mariage parfait entre ces deux mondes. Mais je pense quand même que le travail aurait pu être mieux ficelé, plus peaufiné, mieux travaillé, plus réfléchi.
Du gore spectaculaire, du sang qui gicle et du sensationnalisme puant, ce n'est pas ce que je recherche quand je lis un livre d'horreur. C'est une réflexion entièrement personnelle, mais choquer pour choquer, dégoûter pour dégoûter, ça ne sert à rien. Ça ne me divertit même pas. Il me faut tout simplement plus de profondeur, de ténèbres, mais aussi d'intelligence dans un livre d'horreur pour que je l'apprécie.