Affrontant le mystère de la mort, Mahmoud Darwich évoque le dépérissement des êtres et leur désir d'éternité. Un chant fluide et poignant qui rappelle les hymnes éternels de l'Orient ancien.
Le titre renvoie d'emblée aux grandes fresques antiques et médiévales, celles où l'artiste-artisan figure en général les deux dualités fondamentales : vie/mort et mort/résurrection. Murale, par référence à une autre tradition culturelle, est aussi une mu‘allaqa (la "suspendue"), ode qui exprimait avant l'islam la vision du monde des Arabes du désert, et qui était accrochée, en signe de vénération, au mur du temple de La Mecque.
Affrontant donc le mystère de la mort, pour la deuxième fois (la première, en 1985, dans "C'est une chanson", in Au dernier soir sur cette terre), Mahmoud Darwich nous livre son poème le plus ambitieux sur le plan thématique, et sans doute le plus complexe du point de vue formel. Le dépérissement des êtres et leur désir d'éternité, la lutte corps à corps avec la mort y sont explorés sous trois angles : la relation du poète à la femme, au langage et à l'Histoire, dans un foisonnement d'images et de références religieuses (la Bible et le Coran), mythologiques (Anat, Gilgamesh, Osiris...), littéraires (la poésie préislamique, Ma‘arrî, René Char...), philosophiques, géographiques... Mais grâce à une exceptionnelle maîtrise de la prosodie arabe, Darwich parvient à fondre tous ces éléments en un chant fluide et poignant qui rappelle les hymnes éternels de l'Orient ancien.
Mahmoud Darwich (en arabe : محمود درويش), né le 13 mars 1941 à Al-Birwah en Galilée (Palestine sous mandat britannique) et mort le 9 août 2008 à Houston (Texas, États-Unis), est une des figures de proue de la poésie palestinienne. Profondément engagé dans la lutte de son peuple, il n'a pour autant jamais cessé d'espérer la paix et sa renommée dépasse largement les frontières de son pays. Il est le président de l'Union des écrivains palestiniens. Il a publié plus de vingt volumes de poésie, sept livres en prose et a été rédacteur de plusieurs publications, comme Al-jadid - (الجديد - Le nouveau), Al-fajr (الفجر - L'aube), Shu'un filistiniyya (شؤون فلسطينية - Affaires palestiniennes) et Al-Karmel (الكرمل) . Il est reconnu internationalement pour sa poésie qui se concentre sur sa nostalgie de la patrie perdue. Ses œuvres lui ont valu de multiples récompenses et il a été publié dans au moins vingt-deux langues. Dans les années 1960, Darwich a rejoint le Parti communiste d'Israël, le Rakah, mais il est plus connu pour son engagement au sein de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). Élu membre du comité exécutif de l'OLP en 1987, il quitte l'organisation en 1993 pour protester contre les accords d'Oslo. Après plus de trente ans de vie en exil, il peut rentrer sous conditions en Palestine, où il s'installe à Ramallah. (Son oeuvre est traduite en anglais sous l'orthographe Mahmoud Darwish.)