Heureuse de retrouver la plume de Marie-Pierre Jadin, wavrienne comme moi et libraire chez Claudine.
J'avais beaucoup aimé "Brasiers" son premier roman publié chez Ker en 2020, lauréate du Prix Fintro, et j'ai ressenti le même plaisir de lecture, la même addiction à son écriture.
On retrouve Luc Delcourt, inspecteur de la police judiciaire à Bastogne mais pas de panique si vous n'avez pas lu "Brasiers", il y a des liens entre les deux mais aucune nécessité d'avoir lu le premier pour comprendre !
Luc Delcourt a bouclé une enquête 6 mois plus tôt concernant le meurtrier de Saint-Ode, le coupable disparu sans laisser de traces serait un homme violent et extrémiste en lien avec des groupuscules néonazis hollandais. Parti vivre aux Pays-Bas, on a perdu sa trace.
Un article publié dans la presse est transmis par une amie à Julie, la fille de l'accusé vivant en Inde. Julie découvre cet article six mois plus tard et décide de revenir sur les traces de son passé. L'enquête sera réouverte.
Nous sommes en juin 2010, à la même époque, Bruno, un fermier local met fin à ses jours, un suicide qui interpelle, une nouvelle affaire qui s'ouvre pour notre jeune inspecteur.
En parallèle des deux enquêtes, Julie se replonge dans son enfance, revient sur cette période difficile aux Pays-Bas, à Rotterdam chez son père qu'elle découvre à l'âge de 9 ans, un homme violent, alcoolique, haineux, raciste, fréquentant les milieux de l'extrême droite hollandaise.
C'est passionnant, addictif, on voyage dans le temps, d'une affaire à l'autre. L'écriture est agréable, fluide, on ressent l'amour de la nature, les descriptions de nos Ardennes sont très belles.
Un polar mené habilement mettant en avant notre beau terroir et des sujets de société tels le racisme, la haine de l'extrême droite, la maltraitance animale, les changements climatiques mais aussi les traumas de l'enfance, l'abandon éprouvé par Julie.
C'est habilement construit, très agréable à lire, on ne le lâche pas avant de l'avoir terminé.
Bravo Marie-Pierre.
Lisez local , c'est un régal !
Coup de ♥
Les jolies phrases
C'est du racisme, et le racisme, ça devient vite de la haine. Et la haine, ça tue !
Vivre est dangereux en Inde, surtout en ville. Traverser une route, monter ou descendre d'un train, respirer l'air pollué, circuler en rickshaw, côtoyer la saleté perpétuellement. Il faut fuir les chiens errants qui peuvent avoir la rage, se méfier des singes voleurs et parfois agressifs. Tout est plus intense. La chaleur de l'été, les pluies torrentielles de la mousson.