ℝ𝕖̀𝕘𝕝𝕖 𝕟𝕦𝕞𝕖́𝕣𝕠 𝟙𝟛 : 𝕣𝕖𝕟𝕥𝕣𝕖𝕣 𝕝𝕖 𝕧𝕖𝕟𝕥𝕣𝕖
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Mona est parfaitement intégrée au village Re:Start. À l’instar des autres Lumineuses, elle profite de tous les avantages du village qui la rapprochent de jour en jour de son idéal. Mais si leur mentore Geneviève les aide à cultiver leur beauté pour être la meilleure (ou en tout cas la plus belle) version d’elles-mêmes, des choses plus sombres semblent se tramer dans les coulisses…
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𝕄𝕠𝕟 𝕔𝕠𝕣𝕡𝕤 𝕖𝕤𝕥 𝕤𝕒𝕔𝕣𝕖́ 𝕖𝕥 𝕛𝕖 𝕤𝕦𝕚𝕤 𝕦𝕟𝕖 𝕕𝕖́𝕖𝕤𝕤𝕖.
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Difficile de s’imaginer qu’une si courte novella puisse être aussi impactante. Et pourtant ! Voilà déjà huit jours que j’ai terminé ma lecture et je suis encore très marqué par cette lecture qui n’aura pas été de tout repos pour moi.
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Dès les premières pages, l’autrice nous donne le ton avec un prologue particulièrement réussi. On comprend très vite qu’il se passe des choses vraiment pas nettes dans ce village qui tient beaucoup plus de la secte qu’autre chose.
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En effet, si toutes les Lumineuses sont belles, minces et qu’elles semblent toutes respirer le bonheur, on se rend vite compte que tout est en surface. Si elles sont toutes aussi parfaites en apparence, c’est surtout parce qu’elles sont prêtes à tout pour obtenir ce qu’elles veulent, qu’il faille se bourrer de médicaments, se faire vomir, ou même se mutiler…
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Je ne veux pas beaucoup plus rentrer dans les détails concernant l’intrigue puisqu’il s’agit d’une courte novella (peut-être un peu trop courte d’ailleurs, j’aurais vraiment aimé en avoir plus) mais je veux quand même parler un peu de ce qui a rendu cette lecture aussi marquante à mes yeux. Je pourrais résumer ça en vous disant qu’avant de lire ce livre, j’étais persuadé de n’avoir aucun trigger. Maintenant je sais que j’avais tort.
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Il y a un passage du roman où la protagoniste tombe sur le journal de son amie. Cette dernière y détaille ses tentatives pour perdre du poids, les sacrifices que ça représente, le sentiment d’échec dès qu’elle fait « mal » quelque chose (bien plus fort que le sentiment de réussite lorsqu’elle accomplit quelque chose), et surtout, les horreurs qu’elle pense d’elle-même…
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Je pense que n’importe quelle personne un minimum empathique trouvera la lecture de ce journal éprouvante. Je peux vous garantir que n’importe quelle personne un minimum concernée par cette thématique la trouvera atroce. Honnêtement, les mots de l’autrice sont d’une telle justesse que j’aurais pu écrire ces extraits moi-même.
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Et si j’ai trouvé ce passage difficile à lire sur le coup, c’est surtout depuis, en ayant digéré le texte et en ayant pu en discuter avec d’autres personnes, que je me rends compte de la raison pour laquelle ça m’a tant marqué. En lisant ce passage, j’ai ressenti de la peine pour le personnage et de la révolte en voyant la violence avec laquelle elle parle d’elle-même. Sauf que quand je me fais les mêmes réflexions à moi-même, parfois même de manière encore plus violente, ça me paraît juste normal. Normal et mérité. Comment se fait-il qu’on soit capable de plus de bienveillance envers de parfaits inconnus, envers des personnages fictifs, qu’envers soi-même ?
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Si ce texte est aussi important, c’est pour ça. Non seulement il dénonce les diktats que nous impose la société (du point de vue des femmes ici mais ça peut s’appliquer à tout le monde, bien qu’à des échelles différentes), non seulement il permet aux personnes non concernées d’avoir une petite idée de la souffrance que certain.e.s d’entre nous peuvent ressentir, mais il nous permet surtout à nous, personnes concerné.e.s, de comprendre à quel point nous devons être plus bienveillants avec nous mêmes.
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Alors merci pour ça, pour ma part, j’ai bien reçu le message.