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Nancy-Saïgon

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Quelque part en Lorraine un jour de 2020, pour faire de la place dans le caveau familial, Simone est incinérée. On redécouvre alors l’habit traditionnel indochinois qu’elle portait dans son cercueil. Une tunique de couleur bleue dont on ne savait qu’une chose : le mari de Simone, Paul, la lui avait envoyée au début de la guerre d’Indochine, avant de disparaître.
Le narrateur hérite de ce vêtement en même temps que d’un carton portant la mention « Nancy-Saïgon » et contenant la correspondance de Paul et Simone. Reclus dans son studio, il parcourt ces lettres. Au fil des pages, un homme apparaît – un certain Tilleul. Un homme dont le rôle se révèle complexe, voire trouble. Et qui semble faire le lien entre des désirs et des crimes.
Dans ce roman au style éblouissant, le face-à-face entre deux êtres, égarés ensemble au bout du monde, évolue au gré des langueurs et des férocités de la guerre. À travers le passé colonial de l’Indochine, c’est ainsi l’histoire d’une famille qui se trouve bouleversée.

Adrien Genoudet est né en 1988. Écrivain et cinéaste, il est l’auteur de L’Étreinte (Inculte, 2017). Aux Éditions du Seuil, il a signé Le Champ des cris (2022) pour lequel il a reçu le prix Révélation de la Société des gens de lettres et le prix Millepages.

273 pages, Kindle Edition

Published August 22, 2025

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19 people want to read

About the author

Adrien Genoudet est né en 1988. Cinéaste et historien des images, il est l’auteur d’un essai sur la figure d’Albert Kahn (L’Effervescence des images, Les Impressions Nouvelles, 2020) et d’un récit, L’Étreinte (Inculte, 2017).

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Displaying 1 - 6 of 6 reviews
Profile Image for Julien L..
267 reviews49 followers
August 26, 2025
Un bon 3,5/5

Tout commence en Lorraine, en 2020, lorsqu’on incinère Simone, on découvre dans son ancien cercueil… un ao-dai, la robe traditionnelle indo-chinoise envoyée jadis par son mari, soldat en Indochine.

Pour débarrasser la maison de ses affaires le narrateur hérite d’un carton estampillé « Nancy-Saïgon ». À l’intérieur, une correspondance amoureuse, des fragments d’histoire, et l’ombre d’un soldat nommé Tilleul.

Le narrateur reconstitue une mémoire familiale mais aussi coloniale. Entre désir et violence, amour et culpabilité, se dévoile la part intime et trouble de la guerre d’Indochine.
C’est une enquête sensible sur le souvenirs enfouis et les silences de l’Histoire.
Profile Image for Angelique KEARSLEY.
81 reviews
August 25, 2025
ce récit m’a marquée par son intensité et sa capacité à faire vivre, presque physiquement, une époque complexe : la guerre d’Indochine.

Une couverture qui raconte déjà l’histoire

Avant même d’ouvrir le roman, la couverture interpelle. Fidèle à l’identité visuelle du Seuil, elle arbore un bandeau corail encadrant le titre sur fond blanc. Mais ce qui retient le regard, c’est la partie inférieure : une étoffe bleu profond, finement brodée de fleurs rouges, jaunes et vertes, avec une grande fleur blanche à peine esquissée.

Ce tissu n’est pas un simple ornement graphique : il illustre et incarne le cœur du roman. Il évoque la tunique traditionnelle indochinoise retrouvée dans le cercueil de Simone, véritable objet-relique et point de départ de l’intrigue. La couture verticale au centre rappelle le lien – et la fracture – entre Nancy et Saïgon, entre le passé et le présent.

La grande fleur inachevée, quant à elle, symbolise les absences et les non-dits : Paul disparu, la mémoire familiale trouée, et ces destins que la guerre fauche avant qu’ils ne s’épanouissent pleinement. Une couverture qui, loin d’illustrer passivement, met déjà en scène les tensions et les émotions du récit.

Une intrigue entre correspondances et secrets enfouis

Le roman débute en Lorraine, en 2020. Pour libérer de la place dans le caveau familial, Simone est incinérée. À cette occasion, on redécouvre la tunique bleue qu’elle portait dans son cercueil – un vêtement envoyé par son mari, Paul, au début de la guerre d’Indochine, avant qu’il ne disparaisse.

Le narrateur hérite de cette tunique, ainsi que d’un carton portant la mention « Nancy-Saïgon ». À l’intérieur : la correspondance entre Paul et Simone. Ces lettres deviennent le fil rouge du récit, reconstituant à la fois une histoire d’amour naissante et la lente transformation d’un homme projeté dans l’horreur coloniale.

Paul Sanzac : un personnage à la neutralité dérangeante

Dans les premières pages, Paul est encore le jeune marié qui quitte Marseille à bord du Pasteur pour rejoindre l’Indochine. Quatre semaines de navigation jusqu’au Cap Saint Jacques, puis quelques heures de plus sur le fleuve Đồng Nai avant de rejoindre Saïgon.

Mais une fois sur place, l’homme change. L’Indochine du roman n’est pas une carte postale : elle est celle de la guerre d’indépendance, que le Viêt Nam appelle « guerre de résistance antifrançaise » (1946-1954). Le conflit, tel que le décrit Adrien Genoudet, est brutal, sans fard : violences physiques et sexuelles, drogue, humiliations, exécutions.

Face à cette plongée dans les ténèbres humaines, Paul reste, pour moi, un personnage neutre – ni haïssable, ni attachant. Il n’offre pas de clé psychologique claire. Chaque lecteur pourra l’interpréter différemment : héros brisé par la guerre ou complice passif de ses horreurs.

Simone et Tilleul : les figures qui marquent la lecture

Si Paul reste énigmatique, Simone m’a touchée par sa fidélité et sa solitude. Elle écrit à son mari chaque jour, élevant seule leur fille Édith, née sans avoir connu son père. Sa voix épistolaire apporte un contraste tendre à la dureté des scènes de guerre.

Et puis, il y a Tilleul. Un prénom rare, un personnage encore plus singulier. Souffre-douleur dans l’armée, marginal, solitaire, il noue une relation étrange avec Paul. Pas assez proche pour échapper aux humiliations, mais suffisamment pour exister à ses côtés dans ce chaos. Ce personnage m’a intriguée, émue même, et j’ai guetté jusqu’au bout son destin : reviendrait-il ? Et dans quel état ?

Un style littéraire immersif et percutant

La plume d’Adrien Genoudet est à la fois fluide et coupante. Il parvient à rendre l’atmosphère de l’Indochine coloniale palpable : la moiteur des paysages, la tension constante, la lente désagrégation morale des hommes. Son écriture n’adoucit pas la réalité : elle expose, sans détour, ce que la guerre a de plus ignoble.

Certaines descriptions sont difficiles à lire, mais elles participent à l’authenticité du récit. Elles rappellent que cette guerre, souvent reléguée au second plan dans la mémoire collective française, est une page sombre de l’histoire nationale.

Une lecture nécessaire pour l’effort de mémoire

Ce qui fait la force de Nancy-Saïgon, c’est qu’il ne s’agit pas seulement d’une fiction historique : c’est aussi un travail de mémoire. À travers l’histoire de Paul, Simone et Tilleul, Adrien Genoudet questionne la responsabilité, le silence, et la manière dont les familles héritent – ou choisissent d’ignorer – les vérités dérangeantes.

Ce roman rappelle que la guerre d’Indochine n’a pas seulement été une défaite militaire pour la France : elle a été une fracture morale et humaine, dont les cicatrices traversent encore les générations.

Verdict : un roman exigeant et marquant

Nancy-Saïgon est un roman qui demande un lecteur attentif, prêt à plonger dans des zones inconfortables. Il ne cherche pas à séduire par le romanesque, mais à confronter à une réalité brutale, tout en maintenant un fil narratif intime grâce aux lettres de Simone.

La force du texte réside autant dans ce qu’il raconte que dans la façon dont il le raconte : une écriture précise, évocatrice, jamais gratuite dans sa dureté. Un livre à lire pour comprendre, pour se souvenir, et pour réfléchir à ce que la guerre fait aux hommes et à ceux qui les attendent.
1,894 reviews50 followers
October 6, 2025
A young man is all alone in his apartment in Paris during the pandemic. A relative sends him some items that belonged to Simone, his grandmother (? not clear) : the wonderful Vietnamese garment she was buried in, an a batch of letters exchanged between Simone and her first husband, Paul Sansach, in 1949-1950. Based on this modest treasure trove, the author imagines the encounter between Simone and Paul in the heady days immediately after the Liberation, their love and happy early marriage. But then Paul, a career military man, is sent to Saigon for the guerre d'Indochine . An enlisted man, a certain Tilleul, crosses his path repeatedly, and the narrator invents for him a role in the sad ending of Paul and Simone's love story.

I liked the novel, but I didn't find it particularly original. The framework of using belongings of the dead to recreate their lives has been done before, and it seems that some of the story may have been inspired by the author's real-life family, as witnessed by the inclusion of some grainy snapshots of unidentified places and soldiers in 1950s Vietnam. The scene where Paul and his company slog through the jungle, not really knowing what to do or where to go, reminded me of Tim O' Brien's "The Things They Carried". The description of the bars, bordellos and opium dens of Saigon reminded me of Graham Greene's "The Quiet American". The legend that springs up around Tilleul resonates with many of the stories/myths that emerged from that period. I also felt that the book suffered a bit from what is in my mind the curse of French literature: too much telling and not enough showing. That is: lots of literary descriptions of what people might think or feel, including the otherwise uninteresting narrator, rather than allowing this emerge to the reader's consciousness from a more sober language.
81 reviews
November 13, 2025
Une très belle découverte qui nous plonge en plein cœur de la guerre d’Indochine. La relation entre Simone et Paul, l’attente, les horreurs de la colonisation… Ce livre nous fait vivre le quotidien d’une base militaire en pleine guerre d’Indochine, on y évoque la torture, la prostitution, les brimades, les violences… De l’autre côté, Simone attend le retour de son mari, enceinte de leur premier enfant. Le cœur du récit, c’est eux, mais on se base sur leur correspondance, ou plutôt la narrateur dont on ne sait rien si ce n’est qu’il vit avenue d’Italie et qu’il a connu Simone étant plus jeune se base sur leur correspondance pour mieux comprendre qui était le premier, le seul amour de Simone.
On découvre la lâcheté des hommes, leur violence au milieu de cette moiteur avilissante, et on plaint Simone d’avoir cru à des mensonges, à des omissions énormes.
Au milieu de ça, Tilleul, qui voit tout mais ne dit rien.
Ce que je déplore tout de même ce sont les intrigues irrésolues : la petite fille du hangar à vin, le lien entre le narrateur et Simone et Édithe, ce qu’il est advenu de Simone après la fin tragique de Paul… C’est l’étoile que j’ai retiré : pour la frustration de ne pas tout savoir.
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1 review
January 6, 2026
Honnêtement je suis dans l’incompréhension…
Je l’ai lu avec une amie dans le cadre d’un prix littéraire et je suis tellement déçue.
L’histoire promet beaucoup : un livre qui retrace une histoire de famille marquée par la guerre d’Indochine (dont on parle peu en roman!!).
Pourtant dès le début quelque chose coince, le style de l’auteur est rempli de maladresses, les points de vue s’enchaînent de manière brouillonne perdant le lecteur. J’ai l’impression que le texte est resté au stade du brouillon !
Puis la fin ! L’histoire ne se dénoue jamais vraiment !
Profile Image for Elisa Peña.
55 reviews1 follower
January 10, 2026
3.25, alors en soi j’ai bien aimé l’idée du roman de jongler entre le présent et le passé à travers les lettres et des fragments d’histoire, mais je pense justement que ce présent avec son narrateur aurait dû être plus exploité. J’aurais aimé avoir plus son ressenti sur ces lettres qu’il découvre et peut-être plus de contexte aussi. Mais globalement une assez bonne lecture qui m’emmène dans l’histoire de la guerre d’Indochine.
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