Les Ecrits des Forges ont le plaisir d'annoncer la sortie du second recueil de poésie du poète et musicien québécois David Goudreault, intitulé S'édenter la chienne :« Le poème brisé à la gencive (...) Dépècerai secrets et silences Génocide intime Tout à la fois Sauverai la bête Dompterai le chien fou »Pour son second recueil, David Goudreault s'est construit un univers poétique proche du quotidien. Ses images, qui portent le sceau de l'oralité, suscitent la complicité du lecteur qui se sent à la fois pris à témoin et confident. Ses propos, parfois très directs, portent la marque de l'observateur attentif, rôle que le poète ne manque pas d'endosser avec perspicacité, certes, mais aussi avec humour, ironie et même une touche d'autodérision : « Mes dragons sur mon char Mon chien devant ma maison Mes tatous sur mon corps Mes ecchymoses sur ma femme Mes photos sur la toile Mes toiles au musée Mon aménagement dans ma cour Mes livres à la librairie Mes placements dans le monde Mon monde à moi Exister en caractère gras Est capital » S'édenter la chienne pour réfléchir librement, comme le poète, aux faits divers de la vie, aux idées qui nous font ou qui nous défont, qui tissent notre monde, notre quotidien, notre pensée.
3,5/5. Recueil de poésie bien écrit, dans la langue poétique et incisive de David Goudreault. Probablement pas son meilleur selon moi, il s'agit d'une réédition d'un recueil qui date de près de dix ans je crois et ces dix ans paraissent au niveau de la maitrise du style peut-être un peu moins aboutie. Certains passages sont néanmoins percutant d'une violente franchise, trash même, mais remplie de vérité et de beauté malgré tout. Sans doute pas le meilleur point de départ pour découvrir David Goudreault, mais si vous aimez son style vous pouvez vous y plonger sans crainte.
J'ai adoré la séparation en chapitres et chacun de leurs sous-titres qui venaient énoncés brillamment la thématique à venir ainsi qu'agrémentés les poèmes qui en suivent. Ces poèmes ont une belle profondeur et le recueil est soupoudré d'une agréable touche d'humour et d'autodérision. David Goudreault nous offre un style poétique direct sur un ton perspicace, épuré et proche de l'oralité.
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« […] Par les viols bienveillants du néocolonialisme Par le libéralisme sauvage et subventionné Par le sauvetage des banquiers criminels Par les montagnes de cadavres J’ai mal au monde […] »
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« Jeux de mains attachées Sous la pénombre Pétrir l’autre à notre fatalité
Pour être celui que tu voudrais que je sois Il te faudrait devenir celle que celui-là aimerait »
J’ai beaucoup aimé certains poèmes ou certains vers, mais j’ai trouvé que c’était inégal à travers le recueil. La division des « chapitres » était intéressante ceci dit.
J’en suis encore à apprivoiser la poésie il faut dire… un fanatique plus averti saura peut-être apprécier plus l’oeuvre dans son ensemble!